La langue française

Pélican

Sommaire

  • Définitions du mot pélican
  • Étymologie de « pélican »
  • Phonétique de « pélican »
  • Citations contenant le mot « pélican »
  • Images d'illustration du mot « pélican »
  • Vidéos relatives au mot « pélican »
  • Traductions du mot « pélican »

Définitions du mot pélican

Trésor de la Langue Française informatisé

PÉLICAN, subst. masc.

I.
A. − ORNITHOL. Gros oiseau aquatique palmipède, dont la mandibule inférieure est garnie d'une grande poche membraneuse extensible où il met en réserve le produit de sa pêche. Parmi les becs non tranchans on doit remarquer d'abord ceux qui sont applatis horizontalement. Lorsqu'ils sont longs et forts comme dans le pélican, ils servent à avaler une forte proie (Cuvier, Anat. comp., t.3, 1805, p.195).C'est ce souci persévérant [d'inquiétude et de sobriété] qui a doué le pélican d'un organe tout particulier, lui creusant sous son bec distendu un réservoir mobile, signe vivant d'économie et d'attentive prévoyance (Michelet, Oiseau, 1856, p.61):
. Lorsque le pélican lassé d'un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage, En le voyant au loin s'abattre sur les eaux. Déjà, croyant saisir et partager leur proie, Ils courent à leur père avec des cris de joie, En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux. Musset, Nuit mai, 1835, p.66.
Rem. Le pélican est le symbole de l'amour paternel, la fable voulant qu'il s'ouvre la poitrine avec son bec pour nourrir ses petits de son sang; c'est la raison pour laquelle l'iconographie chrétienne en a fait un symbole du Christ. Lorsque le sauvage pélican se résout à donner sa poitrine à dévorer à ses petits, n'ayant pour témoin que celui qui sut créer un pareil amour, afin de faire honte aux hommes, quoique le sacrifice soit grand, cet acte se comprend (Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p.151). Chacun de nous est sauvé par le pélican rédempteur qui peut sauver jusqu'à des notaires! Mais il vous sauve très-particulièrement, parce que le coeur de Jésus avait besoin d'un peintre et qu'aucun peintre ne se présentait. À force d'amour et de foi, vous avez été jugé digne d'entrevoir le pélican rouge, le pélican qui saigne pour ses petits (Bloy, Journal, 1906, p.299).
Empl. adj. [En parlant d'une personne ou d'un sentiment qui l'anime] Qui fait penser au pélican en tant que symbole de l'amour paternel. Du côté de cette femme (...) qui n'était pas la maîtresse de Marchenoir (...) la sollicitude pélicane de son mamelouk le délivrait de tout rongeur souci (Bloy, Désesp., 1886, p.68).On y touche [dans une lettre de George Sand] l'intelligence; on y pèse la bonté un peu lourde, derechef maternelle, pélicane (G. de Pourtalès, Chopin, 1927, p.117).
HÉRALD. ,,Meuble de l'écu, représentant un oiseau qui (...) placé debout dans son aire et les ailes éployées, fouille du bec sa poitrine d'où s'échappent quelques gouttes de sang que boivent ses petits, au nombre de trois`` (Nouv. Lar. ill.). Dans l'écu, le pélican paraît de profil sur son aire (Grandm.1852).
B. − P. anal.
1. CHIM. ,,Alambic de verre d'une seule pièce, avec un chapiteau tubulé, d'où sortent deux becs opposés et recourbés, qui font anse et se rendent à la cucurbite, où ils rapportent les vapeurs condensées dans le chapiteau`` (Chesn. t.2 1858). Le pélican servait de récipient circulatoire: sa panse était également surmontée d'un chapiteau duquel partaient deux tubes qui rentraient latéralement dans cette même panse, de sorte que le liquide distillé retombait constamment dans cette dernière (Caron, Hutin, Alchimistes, 1959, p.63).
2. CHIR. Instrument utilisé pour l'extraction des dents molaires (d'apr. Chesn., loc. cit.). Un charlatan, revêtu d'un costume en serge rouge, se démenait, un pélican à la main, sur une estrade enjolivée par des guirlandes de dents canines, incisives ou molaires, enfilées dans des fils de laiton (Gautier, Fracasse, 1863, p.296).
3. MENUIS. ,,Crochet de fer dont les menuisiers font usage pour assujettir sur l'établi les morceaux de bois qu'ils veulent travailler`` (Havard 1890; dict.xixeet xxes.). Synon. valet.
II. − BOUCH. L'un des muscles piliers du diaphragme. Chez le boeuf, le pilier droit s'appelle l'onglet, le gauche est atrophié et ne compte guère à côté de son frère droit. C'est celui-là qu'on appelle le pélican et c'est ce morceau que le tueur prélève habilement et garde pour lui: c'est sa dîme (Dr. Bécart ds R. Lallemand, La Vraie cuis. de Paris et de l'Île-de-France, La Rochelle, 1975, p.103).
REM.Arg., vx. Paysan. Le pélican jouant de l'orgue, J'aguige [son argent] (...) (L. de Bercy) (Bruant1901,p.85).
Prononc. et Orth.: [pelikɑ ̃]. Ac. 1694, 1781: pellican; 1740: peli-; dep. 1762: péli-. Étymol. et Hist.1. 1remoitié du xiies. zool. (Psautier Oxford, 101, 7 ds T.-L.); 2. ca 1516 «alambic» (J. Perréal, Les Remonstrances ou la Complainte de Nature à l'alchymiste errant ds Rose, éd. Méon, t.4, p.127); 3. 1540 «instrument de dentiste» (Triomphe de dame verolle ds Anc. poés. fr., éd. A. de Montaiglon, t.4, p.277). Empr. au b. lat. pelecanus, pelicanus «pélican», gr. π ε λ ε κ α ́ ν «id.». Fréq. abs. littér.: 139. Bbg. Gossen (Ch.-Th.). Du pélican au coq de bruyère. Notes d'ornithonymie. R. Ling. rom. 1974, t.38, pp.231-244.

Wiktionnaire

Nom commun

pélican \pe.li.kɑ̃\ masculin

  1. Oiseau palmipède aquatique, à bec long, large et plat, et dont la mandibule inférieure présente une sorte de poche extensible dans laquelle il met en réserve des aliments pour lui et pour ses petits.
    • On fait du pélican le symbole de l’amour paternel, parce qu’on a cru que cet oiseau nourrissait ses petits de son propre sang.
    • En iconographie religieuse et en blason, le pélican est représenté se perçant le cœur avec son bec.
    • Les cathares, eux, avaient recours à une très belle image mythologique : la parabole du pélican.— (Anne Brenon, Les Cathares, 2013)
    • C'est le cas de la grande colonie de pélicans d’Uzlina qui en 1961 avait enthousiasmé l’ornithologiste Hollom, cette colonie a beaucoup diminué en 1962 pour disparaître complètement en 1963.— (Institut Roumain de Recherches Marines, Biologie des eaux saumâtres de la mer Noire, 1977, p.293)
    • Une fois admise l’information traditionnelle qui veut que le pélican nourrisse ses petits en arrachant avec son bec des morceaux de chair de sa poitrine, celui ci devient le symbole du Christ qui offre son sang pour le salut de l'humanité.— (Umberto Eco, Art et beauté dans l'esthétique médiévale, 2014)
    • De grandes quantités de ces algues microscopiques ont à l'époque été découvertes dans les estomacs des poissons de la zone, que mangeaient les pélicans.— (Pierre Barthelemy, Passeur de sciences, 2014)
  2. (Par analogie)
    1. (Chimie) (Vieilli) Cornue à col recourbé.
      • Les distillats suintaient des pélicans chauffés sur les grands fourneaux construits à cet effet. L’apothicaire les recueillait ensuite dans des cuvettes puis les conditionnait dans des centaines de fioles.— (Karine Lebert, Les Demoiselles de Beaune, 2017)
    2. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Il est généralement représenté sur son aire se déchirant la poitrine avec son bec pour nourrir de son sang trois oisillons, ses ailes sont éployées. Le sang est représenté par des gouttes appelées piété.
      • De gueules au pélican avec sa piété d’argent sur son aire d’or, soutenu d’une croisette ancrée du même, au chef d’azur chargé de trois coquilles aussi d’or, qui est de Tautavel → voir illustration « armoiries avec un pélican »
    3. (Dentisterie) (Vieilli) Instrument de chirurgie qui sert à arracher les dents.
      • Un charlatan, revêtu d’un costume en serge rouge, se démenait, un pélican à la main, sur une estrade enjolivée par des guirlandes de dents canines, incisives ou molaires, enfilées dans des fils de laiton. — (Théophile Gautier, Le Capitaine Fracasse, 1863, page 296)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PÉLICAN. n. m.
Oiseau aquatique, de l'ordre des Palmipèdes, à bec long, large et plat, et dont la mandibule inférieure présente une sorte de poche dans laquelle il met en réserve des aliments pour lui et pour ses petits. On fait du pélican le symbole de l'amour paternel, parce qu'on a cru que cet oiseau nourrissait ses petits de son propre sang. En iconographie religieuse et en blason, le pélican est représenté se perçant le cœur avec son bec.

Littré (1872-1877)

PÉLICAN (pé-li-kan) s. m.
  • 1Oiseau aquatique (famille des palmipèdes), muni d'une poche qui a son ouverture entre les deux branches osseuses dont est formée sa mandibule inférieure ; cette poche est composée de deux feuillets dont l'interne est contigu à la paroi de l'oesophage, tandis que l'externe est la peau du cou, pelicanus onocrotalus, L.

    Le pélican a été pris pour le symbole de l'amour paternel, parce que des auteurs ont écrit faussement qu'il nourrissait ses petits de son propre sang. Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage… Pour toute nourriture il apporte son cœur, Musset, Nuit de mai.

  • 2 Terme de chimie. Alambic avec un chapiteau, d'où sortent deux becs.
  • 3Instrument dont les dentistes se servent quelquefois pour l'extraction des dents molaires.
  • 4Crochet de fer dont le menuisier se sert pour assujettir sur l'établi les morceaux de bois qu'il travaille.
  • 5Ancienne pièce d'artillerie de 6, pesant 2400 livres.

HISTORIQUE

XIIIe s. Tout ensi com li pelicans, Qui resuscite ses phaons De sa char et de ses braons Et du sanc qui del cuer lui court, Baudouin de Condé, t. I, p. 40.

XIVe s. Par alambics et descensoires, Cucurbites, distillatoires, Par pelicans et matheras, Nat. à l'alch. 4.

XVe s. Querez nous ce popelican S'il voloit comme un pelican, S'y heurtera il à nos talons, Martyre de St-Denis.

XVIe s. Daviers, policans à tirer et rompre les dents, Paré, III, p. 639.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PELICAN, s. m. Onocrotale, Grand gosier, Goettreuse, Livane, onocrotalus, sive pelicanus, Ald. Pl. X. fig. 4. oiseau aquatique de la grandeur du cygne. M. Perrault de l’académie des Sciences, a donné la description de deux pélicans morts à la ménagerie de Versailles. Ces deux oiseaux différoient par la couleur ; l’un étoit en entier d’un blanc mêlé d’un peu de rouge, ou couleur de chair, à l’exception des petites plumes du bord supérieur de l’aile & des premieres grandes plumes extérieures qui avoient du noir & du gris brun. L’autre pélican étoit d’une couleur de chair plus foncée, & les plumes du bord supérieur de l’aile n’avoient point de noir. Les plumes du cou étoient très-courtes & semblables à du duvet ; celles du derriere de la tête avoient un peu plus de longueur que celles du cou. La piece supérieure du bec étoit plate, & presque de la même largeur dans toute sa longueur, & terminée par une sorte d’ongle crochu, creux par-dessous & d’un rouge très-vif ; les côtes du bec au lieu d’être dentelés comme ceux du cygne, étoient tranchans ; le dessous du bec avoit une couleur grise pâle ; le milieu étoit brun & les bords avoient un peu de rouge mêlé de jaune. Il y avoit sous la piece inférieure du bec une poche composée de deux peaux, l’une intérieure & l’autre extérieure ; celle-ci n’étoit autre chose que la peau du cou, qui s’étendoit le long de la piece inférieure du bec ; cette peau en se dilatant formoit un grand sac, & elle avoit beaucoup de petites rides qui ressembloient à du du duvet. Ces deux pélicans n’avoient à chaque pié que quatre doigts tous unis ensemble par une membrane. La longueur de ces oiseaux étoit de cinq piés depuis la pointe du bec jusqu’au bout des ongles, & ils avoient onze piés d’envergure ; la longueur du bec étoit d’un pié deux pouces. Le pélican passe pour avoir les plus grandes aîles & pour voler plus haut que tous les autres oiseaux ; il se nourrit de poissons ; il en remplit sa poche, ensuite il se retire sur quelque montagne. Mémoire pour servir à l’hist. nat. des animaux, par M. Perrault, tome III. troisieme partie. Voyez Oiseau.

Pelican, instrument de chirurgie dont on se sert pour arracher les dents. La forme ordinaire de cet instrument est très-défectueuse ; notre objet n’étant point de faire l’énumération des inconvéniens que s’y trouvent, nous allons nous borner à la description exacte de la forme qui paroît la plus avantageuse. On peut diviser cet instrument en quatre parties, qui sont le corps, le manche, & ce qui en dépend, le pivot & la branche. Voyez la figure 9. Pl. XXV.

Le corps est d’acier ; c’est une canule à jour d’un pouce dix lignes de longueur, & qui a plus de cinq lignes de diametre. Les côtés de cette canule, ou espece de niche, sont deux lames d’acier, planes en dedans, légerement arrondies en dehors, & qui ont une ligne d’épaisseur.

De l’extrémité antérieure de cette canulé s’éleve une tige qui a un pouce de long, & trois lignes de diametre. La tige est fendue par son extrémité, ce qui laisse deux avances, une supérieure & l’autre inférieure, lesquelles sont percées par un trou, pour contenir une demi-roue ronde.

La face antérieure de cette demi-roue n’est point circulaire comme on a coutume de la fabriquer aux pélicans ordinaires ; la convexité de la roue regarde la canule, & la face antérieure est une cavité semi-lunaire superficielle : elle doit représenter un arc, dont la corde livrée d’une corne à l’autre, auroit neuf lignes de longueur. L’épaisseur de cette demi-roue est de deux lignes deux tiers ; il y a un trou dans le milieu de l’épaisseur de la roue, de sorte que cette derniere s’ajustant entre les avances de la tige, elle y est arrêtée par un clou à rivûre perdue ; ce qui donne un petit mouvement de charniere à cette piece ajoutée.

L’extrémité postérieure de la canule, est une espece de mitte qui porte sur le manche, & qui est percée dans son milieu pour laisser passer la soie d’une vis.

Le manche est composé de deux pieces, dont la premiere est une double vis, c’est-à-dire, qui a deux pas ou deux filets ; sa matiere est d’acier, & sa longueur est d’un pouce sept lignes, sur deux lignes de diametre ; elle a une soie qui a environ seize lignes de longueur, & qui est cylindrique l’espace de deux lignes, afin de tourner facilement dans le trou que nous avons fait observer dans la mitte de la canule ; le reste de la soie est quarré pour tenir avec plus de fermeté dans le manche.

Il est essentiel d’observer ici que la vis occupe le dedans de la canule, & qu’elle y tient par une méchanique toute singuliere ; car la mitte de la vis étant arrêtée par la surface antérieure de la mitte de la canule ; elle y est tellement engagée, qu’elle n’en peut sortir ; & son extrémité antérieure, taillée comme un pivot, roule dans une petite cavité gravée à l’extrémité antérieure de la canule.

La seconde piece du manche est d’ivoire ; sa figure est celle d’une petite poire, & sa longueur est d’un pouce sur dix lignes de diametre dans l’endroit le plus large. Il est percé dans le milieu de sa longueur pour laisser passer la soie quarrée de la vis, qui est rivée à sa partie postérieure sur une rosette d’argent assez solide.

Le vrai pivot qui se rencontre dans la machine est mobile ; & c’est lui qui avance ou retire la branche par un méchanisme industrieux. Sa base est une espece de piédestal exactement quarré, & dont chaque surface a trois lignes de largeur, & autant de haut.

Ce piédestal est comme soudé sur un rondeau aussi d’acier, avec lequel il fait corps, & qui sert comme de borne au pivot, en glissant sur la surface inférieure de la canule. Il est encore percé en écrou, pour donner passage à la vis dont nous avons parlé ; de sorte qu’en tournant le manche de gauche à droite, ce piédestal s’approche du manche ; au contraire quand on tourne le manche de droite à gauche, il s’en éloigne & s’approche de la partie antérieure de la canule, ce qui donne de grands avantages à la machine.

Il s’éleve de la partie supérieure du piédestal une tige de la hauteur de sept lignes, & de deux lignes & demie de diametre : elle est exactement cylindrique l’espace de près de trois lignes ; & c’est cette partie qui est le pivot autour duquel la branche tourne : le reste de la tige est une vis simple, c’est-à-dire, qu’elle n’a qu’un filet.

La branche est un crochet d’acier, dont le corps a environ trois pouces de longueur : elle est plate du côté qu’elle doit toucher la canule, arrondie de l’autre, & percée par un trou, afin de loger la tige cylindrique ou le pivot autour duquel elle tourne. Cette branche est tenue ferme dans cet endroit par le moyen d’un écrou en forme de rosette, qui s’engage dans les pas de la vis simple que j’ai décrit à la tige. Cette branche est ordinairement droite, & la force du levier en est plus grande ; il est néanmoins à propos d’avoir des branches coudées pour l’extraction des dernieres dents, & même d’en avoir deux différemment contournées, pour s’en servir aux deux côtés, de la mâchoire. L’extrémité antérieure de ces branches est un crochet d’environ cinq lignes, terminé par deux petites dents garnies en dedans d’inégalités transversales, pour mieux s’appliquer contre la dent qu’on veut arracher : il faut que ce crochet soit bien trempé.

Cet instrument est un des meilleurs dont on puisse se servir pour l’extraction des dents. On le prend avec la main droite, si la dent qu’on veut arracher est à droite, & de la main gauche, si la dent est à gauche. On tourne le manche pour avancer la branche plus ou moins, suivant que la dent est plus ou moins dans le fond de la bouche. On fait asseoir le malade par terre ou sur un coussin, & dans un endroit où le jour éclaire bien. Le chirurgien derriere le malade, lui fait appuyer la partie postérieure de la tête sur ses cuisses qui sont un peu approchées l’une de l’autre : puis le malade ayant la bouche ouverte, le chirurgien porte le crochet de l’instrument contre la dent qu’il veut arracher, du côté qui regarde la langue, observant d’avancer les dents du crochet entre la gencive & la dent, autant qu’il est possible ; ce qui se fait facilement. Lorsque la couronne est usée par la carie, ou qu’elle a été cassée par les tentatives qu’on a faites pour arracher la dent, on doit avoir la précaution de séparer la gencive du collet de la dent, ce qui s’appelle déchausser. Voyez Déchaussoir.

Le crochet ainsi posé, le chirurgien doit tenir le pélican de maniere qu’il embrasse son manche & presque toute la canule avec les quatre doigts ; le pan doit être appuyé sur la branche, en s’alongeant presque sur la tête du crochet. On approche alors la cavité sémi-lunaire de la demi-roue sur les deux dents voisines de celle qu’on veut arracher : on peut garnir la roue avec le coin d’un mouchoir ou d’une serviette fine.

L’instrument en place, comme on vient de le dire, il ne s’agit plus que de donner le tour de main pour arracher la dent. Ce tour de main consiste à tirer l’instrument en dehors, en soulageant autant qu’on peut la demi-roue qui appuie sur les dents saines, & fort près de la gencive. On observe que les dents du crochet portent seulement sur la dent qu’on arrache, & on culbute la dent, en faisant que l’instrument décrive une ligne oblique avec la dent, en élevant un peu le poignet si c’est à la mâchoire inférieure, & en l’abbaissant si c’est à la mâchoire supérieure. Si l’on tiroit horisontalement, on n’arracheroit pas la dent d’un seul coup sans éclarter beaucoup la mâchoire ; dans ce cas, quand on s’est apperçu que la dent s’est un peu penchée en dehors, il ne faut pas faire d’efforts avec le pélican ; on peut achever de tirer la dent avec les doigts, ou avec un davier.

On pince ensuite la gencive avec deux doigts, pour resserrer l’alvéole, & on fait gargariser avec de l’eau tiede & un peu de vinaigre. (Y)

Pelican, (Chimie.) vaisseau de verre qui servoit autrefois en Chimie pour les digestions & pour les circulations des liqueurs : on les y faisoit entrer par un bec ou cou étroit, qu’on bouchoit ensuite hermétiquement ; la figure du vaisseau étoit diversifiée, tantôt ronde, tantôt longue. On employe maintenant en sa place les vaisseaux de rencontre qui sont deux matras dont le cou de l’un entre dans celui de l’autre. (D. J.)

Pélican, (Artillerie.) on a donné ce nom à une piece d’artillerie, qui est un quart de coulevrine, portant six livres de boulet.

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Étymologie de « pélican »

(1694) Du bas latin pelicanus.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Prov. pellica, pelican ; esp. pelicano ; ital. pellicano ; du lat pelicanus ; grec, πελεϰάνος ou πελεϰὰν, proprement le pic, de οελεϰᾷν, percer, couper, πέλεϰυς, hache, dénomination transportée ensuite au pélican pour on ne sait quelle ressemblance. Comme on a dit polican (voy. l'historique), on a prétendu que le nom de l'instrument de chimie ou de chirurgie dérivait de polycampus, mais rien ne justifie cette dérivation ; et il faut voir dans pelican une comparaison avec le bec d'un oiseau, comparaisons qui ne sont aucunement rares.

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Phonétique du mot « pélican »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pélican pelikɑ̃

Citations contenant le mot « pélican »

  • Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage En le voyant au loin s'abattre sur les eaux. Alfred de Musset, Poésies, la Nuit de mai
  • Une SURPRISE se terminant par la bataille épique entre un crocodile et un pélican a été capturée à la caméra par un pêcheur stupéfait de Cardwell. JAPANFM, CROC VS PELICAN: Twist surprise dans une attaque épique – JAPANFM
  • Le Sénégal va rouvrir ses frontières aux touristes le 15 juillet prochain. L'occasion de découvrir le magnifique parc ornithologique du Djoudj au nord du pays. Abritant plus de 300 espèces différentes, ce site exceptionnel est inscrit au patrimoine de l'Unesco. Un véritable paradis pour les oiseaux migrateurs comme les flamants roses, les hérons, ainsi que l'emblème de la réserve, le pélican. Mais depuis quelques années, certains ont quasiment disparus. Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 01/07/2020 présenté par Gilles Bouleau sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 1er juillet 2020 des reportages sur l'actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français. Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 01/07/2020 présenté par Gilles Bouleau sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 1er juillet 2020 des reportages sur l'actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français. LCI, À la découverte du parc aux oiseaux du Sénégal | LCI
  • Un jeune pélican, dont les plumes n’avaient pas encore été coupées, s’est échappé de son enclos du zoo de Berne, mardi après-midi. Décidé à ne pas aller bien loin, le volatile a fini sa course sur les rives de l’Aar, à quelques battements d’ailes du Parc aux ours. , Mission spéciale pour attraper un pélican échappé du zoo - 20 minutes

Images d'illustration du mot « pélican »

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Vidéos relatives au mot « pélican »

Traductions du mot « pélican »

Langue Traduction
Anglais pelican
Espagnol pelícano
Italien pellicano
Allemand pelikan
Chinois
Arabe بجع
Portugais pelicano
Russe пеликан
Japonais ペリカン
Basque pelican
Corse pelicanu
Source : Google Translate API
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