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Objectal

Sommaire

Définitions du mot objectal

Trésor de la Langue Française informatisé

OBJECTAL, -ALE, -AUX, adj.

A. − PSYCHANAL. [Correspond à objet II B 2 α psychanal.; en parlant d'un processus mental ou d'un comportement] Qui se rapporte à un objet indépendant du moi. Choix objectal, relation objectale (synon. choix, relation d'objet*). Parmi les instincts objectaux, il faudrait (...) distinguer entre les instincts sexuels objectaux (amour centrifuge), formant la première classe des instincts de vie, et les instincts de mort objectaux (haine, agression centrifuge, sadisme) (J. Vuillemin, Essai signif. mort,1949, p.28).V. aimance ex.
B. − Rare. [Correspond à objet I] Qui est propre ou exclusivement relatif à l'objet, d'objet. Ne plus percevoir les objets comme avant. Dans leur densité, leur lourdeur, leur fermeté (oui!), leur inamovibilité, leur résistance à être autre chose que ce qu'ils sont, chacun à part. Leur valeur objectale a diminué. Leur indépendance objectale. (...) (Michaux,Connaissance par les gouffres,1961, p.188 ds Rheims 1969).Ce qui a plu à Robbe-Grillet dans ce livre c'est son côté inventaire, précis, méticuleux, descriptif, en un mot «objectal» (Le Monde,7 mai 1966ds Gilb. 1971).
Prononc.: [ɔbʒ εktal], plur. masc. [-o]. Étymol. et Hist. 1. 1946 psychanal. libido objectale (Mounier, Traité caract., 1946, p.145); 2. a) 1951 gramm. «relation de verbe à objet dans les langues finno-ougriennes» (Mar. Lex.); b) 1961 «qui appartient, qui est propre à l'objet» (Michaux, loc. cit.). Dér. sav. du lat. scol. objectum, v. objet; suff. -al*.

Trésor de la Langue Française informatisé

OBJECTAL, -ALE, -AUX, adj.

A. − PSYCHANAL. [Correspond à objet II B 2 α psychanal.; en parlant d'un processus mental ou d'un comportement] Qui se rapporte à un objet indépendant du moi. Choix objectal, relation objectale (synon. choix, relation d'objet*). Parmi les instincts objectaux, il faudrait (...) distinguer entre les instincts sexuels objectaux (amour centrifuge), formant la première classe des instincts de vie, et les instincts de mort objectaux (haine, agression centrifuge, sadisme) (J. Vuillemin, Essai signif. mort,1949, p.28).V. aimance ex.
B. − Rare. [Correspond à objet I] Qui est propre ou exclusivement relatif à l'objet, d'objet. Ne plus percevoir les objets comme avant. Dans leur densité, leur lourdeur, leur fermeté (oui!), leur inamovibilité, leur résistance à être autre chose que ce qu'ils sont, chacun à part. Leur valeur objectale a diminué. Leur indépendance objectale. (...) (Michaux,Connaissance par les gouffres,1961, p.188 ds Rheims 1969).Ce qui a plu à Robbe-Grillet dans ce livre c'est son côté inventaire, précis, méticuleux, descriptif, en un mot «objectal» (Le Monde,7 mai 1966ds Gilb. 1971).
Prononc.: [ɔbʒ εktal], plur. masc. [-o]. Étymol. et Hist. 1. 1946 psychanal. libido objectale (Mounier, Traité caract., 1946, p.145); 2. a) 1951 gramm. «relation de verbe à objet dans les langues finno-ougriennes» (Mar. Lex.); b) 1961 «qui appartient, qui est propre à l'objet» (Michaux, loc. cit.). Dér. sav. du lat. scol. objectum, v. objet; suff. -al*.

Wiktionnaire

Adjectif

objectal \ɔb.ʒɛk.tal\

  1. (Néologisme) Relatif à l’objet.
    • En banalisant la décomposition morphologique à la faveur de la globalité objectale, Négrité peut ainsi référer à un espace géographique, socioculturel ou même philosophique. — (Martin Lemotieu, D’Aimé Césaire à Mongo Béti : deux jalons de (re)questionnement sur le développement de la négrité francophone (d’hier à aujourd’hui), in Richard Laurent Omgba, ‎André Ntonfo, éditeurs, Aimé Césaire et le monde noir : Actes du colloque international de Yaoundé du 8 au 10 juin 2010, L’Harmattan, Paris, 2012)
  2. (Psychologie) En psychologie du développement, relatif à reconnaissance de l’objet en tant qu'ensemble homogène et distinct de perceptions contigües.
    • On distingue les stades anobjectal, préobjectal, puis objectal vers 7-8 mois.
  3. (Psychologie) Relatif à l’objet a de la théorie lacanienne.
    • Le besoin est physique et objectal, tandis que le désir est sa représentation sociale et symbolique.
    • Alors que Sigmund Freud décrit des pulsions, partielles, et travaillant indépendamment les unes des autres, et qu’il considère par ailleurs d’autres objets que l’objet pulsionnel, soit, dans certains textes, l’objet au sens psychologique classique, les psychanalystes par la suite reverront ce statut objectal.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « objectal »

(Date à préciser) De objet via sa racine latine avec le suffixe adjectival -al. Ce néologisme est créé pour suppléer le fait que l’adjectif objectif a pris un sens différent.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « objectal »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
objectal ɔbʒɛktal

Citations contenant le mot « objectal »

  • 1L’objet‑fétiche est une histoire. Une histoire qui implique passion et séduction et qui raconte des moments exquis — une rencontre, une relation, une présence ou une absence, un départ, etc. — marqués d’un passé plus ou moins révolu et d’un espace à saveur mémorielle. Imaginons une incursion dans une brocante, un espace objectal impressionnant, où la couleur du temps a la teinte du cuivre. Une teinte rose saumon, cachée discrѐtement sous la poussiѐre des années. Parmi ce méli‑mélo exotique et baroque, combien d’objets ? Combien d’histoires s’y cachent qui racontent, dans leur langage muet, des liaisons d’âme et dont les valeurs symboliques ou affectives transforment en fétiches ? Parmi eux, pourquoi pas, , L’imagerie objectale fétichiste (Acta Fabula)
  • Spitz montrait ainsi l'importance des relations intersubjectives initiales dans le développement du sujet. A partir de ces observations, les travaux de Spitz portèrent sur la "construction du lien objectal". Après une période où le nouveau-né ne fait aucune distinction entre lui-même et son environnement, le sourire intentionnel à sa mère ("premier organisateur psychique") marque le début de la reconnaissance de cette mère comme objet de son amour. Puis l'angoisse du huitième mois ou "peur de l'étranger" ("deuxième organisateur") prouve que l'enfant fait une différence entre ses proches et les autres. Enfin son premier "non" ("troisième organisateur") affirme son identité face à autrui. Doctissimo, Les grands auteurs : René Arped Spitz - Doctissimo
  • Le terme « narcissisme » est dû au célèbre sexologue Havelock Ellis, qui qualifiait ainsi une forme d’autoérotisme intense. Le mot a été popularisé par Freud, qui l’utilisait pour désigner un stade de développement situé entre l’auto-érotisme du nourrisson et l’amour « objectal », c’est-à-dire d’autrui. Freud distinguait le narcissisme normal et des formes pathologiques. Le terme est entré dans le célèbre manuel diagnostique américain (DSM) pour désigner une personne caractérisée par un sens grandiose de son importance, une demande incessante d’admiration, l’indifférence aux autres, l’absence d’empathie, l’intolérance aux critiques et aux échecs. Afis Science - Association française pour l’information scientifique, Tous narcissiques - Afis Science - Association française pour l’information scientifique
  • Freud introduit le concept de «narcissisme» dans l'analyse du cas Schreber. Daniel Paul Scherber avait publié ses Mémoires, Mémoires d'un névropathe, en 1903, et Freud les avait analysés en 1910. Ce cas célèbre de psychose paranoïaque (que l'on peut trouver dans Cinq psychanalyses et que nous verrons en détail par la suite) allait donner à Freud l'occasion de montrer qu'il existait une phase de développement de la sexualité où «le sujet commence par se prendre lui-même, par prendre son propre corps comme objet d'amour». Ce stade du narcissisme étant intermédiaire entre l'autoérotisme des pulsions partielles (c'est-à-dire l'érotisme dégagé par les lèvres, les narines, la peau... dans les échanges fusionnels avec la mère lors de la 1re année de la vie) et l'amour objectal (l'érotisme tendu vers l'autre), ce stade permet donc à Freud de réfuter les thèses de Jung : même dans la psychose, la libido est là. Dans la schizophrénie, la libido régresse à l'autoérotisme, alors que dans la paranoïa du Président Schreber, la libido régresse au narcissisme.Grâce à ce concept de narcissisme, ou d'amour porté à l'image de soi comme dans le mythe de Narcisse, Freud préservait l'unité de sa théorie. Névrose et psychose fonctionnent selon la même logique. Ce concept lui permettait aussi de comprendre plusieurs tendances attribuées au moi et désexualisées auparavant. La fatigue, le sommeil, la douleur, la maladie sont les conséquences d'un retrait de la libido du monde extérieur vers le moi. Le moi est donc lui aussi érotisé, sexualisé.À partir de 1914, un nouveau dualisme pulsionnel apparaît: la libido du moi et la libido d'objet. (Nous verrons plus loin comment Lacan reprendra cette question avec le stade du miroir.) Si ce nouveau dualisme entre libido narcissique et libido objectale ne rend pas complètement caduc le premier dualisme entre fonctions d'autoconservation et pulsions sexuelles, il amorce néanmoins un mouvement d'élaboration théorique qui va conduire Freud à un dernier dualisme pulsionnel opposant pulsions de vie et pulsions de mort, ainsi qu'à la seconde topique de l'appareil psychique: ça, moi et surmoi.Ce qui va amener Freud à ce nouveau et dernier dualisme pulsionnel opposant pulsions de vie et pulsions de mort, c'est la nécessité de rendre compte de certains faits observés cliniquement et que le dualisme précédent ne pouvait plus expliquer. Ainsi, si le plaisir est lié à la réduction d'une excitation et le déplaisir provient d'une accumulation de ces excitations, comment comprendre la compulsion à répéter des situations déplaisantes, désagréables, voire douloureuses? Comment comprendre l'importance prise par les autoreproches dans une affection comme la mélancolie? Comment comprendre le masochisme primaire et la haine de soi?Le principe de plaisir, tel que nous l'avons vu rapidement, ne pouvait plus aux yeux de Freud rendre compte de ces phénomènes. De même, dans la cure analytique, la «réaction thérapeutique négative» et le refus inconscient de guérir ne pouvaient être interprétés à la seule lumière de l'opposition entre principe de plaisir et principe de réalité. Freud postule alors l'existence des pulsions de mort, et les oppose aux pulsions de vie. L'opposition entre l'amour et la faim devient l'opposition entre l'amour et la mort. Les pulsions de mort tendent à ramener l'organisme vivant à un état anorganique, antérieur à la vie. Leur but est de dissoudre les assemblages en unités de plus en plus petites. Les pulsions de vie tendent, au contraire, à constituer des unités toujours plus grandes.De ce point de vue, la psychanalyse elle-même, en tant qu'elle opère par déliaison, déconstruction, serait l'œuvre de la pulsion de mort. L'interprétation d'un rêve par exemple, qui nécessite sa déconstruction, sa dissolution en petits éléments afin de mettre en évidence le désir du rêve, est l'œuvre de la pulsion de mort.On comprend alors la résistance farouche qui a frappé les analystes lorsque Freud a ajouté ce concept à sa théorie. Jusqu'à aujourd'hui, il y a des analystes qui rejettent la pulsion de mort, pourtant si essentielle à la compréhension d'une clinique qui est de plus en plus actuelle.Dans ce nouveau dualisme pulsionnel, toutes les pulsions sexuelles décrites auparavant se trouvent regroupées dans les pulsions de vie, y compris les fonctions d'autoconservation qui étaient dévolues au moi. Or, cette notion de moi, présente depuis le début de l'élaboration freudienne, allait subir des remaniements progressifs et aboutir au statut d'instance, le moi opposé au ça et au surmoi dans la seconde topique. Nous verrons cela la prochaine fois. L'Orient-Le Jour, Le narcissisme et le deuxième dualisme pulsionnel chez Freud - L'Orient-Le Jour
  • Ce terme, connu de tous, est tiré de la mythologie grecque. Œdipe, ce jeune homme sous le coup d’une prophétie calamiteuse, en vient (sans le savoir) à tuer son père et à épouser sa mère. Cette référence antique n’est pas anodine ; les grands mythes de l’humanité, les contes populaires… nous disent tous quelque chose des mécanismes psychiques propres aux humains. Le complexe d’Œdipe est fondamental car il assure le dépassement de l’auto-érotisme primitif en orientant l’enfant vers les objets extérieurs (ce rôle étant tenu par les parents durant cette période). Nous passons d’un stade narcissique à un stade objectal, sous le primat de la zone génitale. La loi fondamentale de la prohibition de l’inceste est l’enjeu de cette nouvelle relation triangulaire (père, mère, enfant). L’enfant est attiré par le parent de sexe opposé, mais il peut l’être également par le parent de même sexe (on parlera dans ce cas de forme négative du complexe d’Œdipe, la forme complète correspondant à une oscillation entre ces deux attirances). Infirmiers.com, Complexe d’Œdipe, adolescence : passages obligés du développement

Traductions du mot « objectal »

Langue Traduction
Anglais objectal
Espagnol objetal
Italien oggettuale
Allemand objektiv
Chinois 客观的
Arabe موضوعي
Portugais objetal
Russe objectal
Japonais 異議あり
Basque objectal
Corse ogettuali
Source : Google Translate API
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