La langue française

N

Définitions du mot « n »

Trésor de la Langue Française informatisé

N, n, subst. masc.

A. − La quatorzième lettre de l'alphabet; un spécimen de cette lettre. C'est à l'N que nous avons affaire. Eh bien? Voyons, que lui voulons-nous à l'N? (Dumas père, Monte-Cristo,t.2, 1846, p.9).Venimeux a été formé de venin; on commença par venimeux, puis le second n s'est dissimilé; en des parlers provinciaux l' n est devenu l et on dit velimeux (Gourmont,Esthét. lang. fr.,1889, p.163):
1. ... je vous serais infiniment reconnaissant de vouloir bien veiller à ce que quelques fautes soient corrigées dans mon sonnet, l'une d'elles surtout qui le rend absolument incompréhensible: C'est la substitution d'une n à un u, dans le mot tressant weaving au lieu de tressaut starting. Mallarmé,Corresp.,1877, p.142.
Double n, doubler l'n. Donnery, qu'il faut prononcer Deaunnery, avec un o très long, un eau qui n'en finit pas, qui devant le double n résonne comme un tonnerre grave très long (Péguy,V.-M., comte Hugo,1910, p.683):
2. Je ne savais guère ce qu'était Albertine Simonet. Elle ignorait certes ce qu'elle devait être un jour pour moi. Même ce nom de Simonet que j'avais déjà entendu sur la plage, si on m'avait demandé de l'écrire je l'aurais orthographié avec deux n (...) les Simonet s'étaient, paraît-il, toujours irrités comme d'une calomnie quand on doublait leur n [it. ds le texte]. Proust,J. filles en fleurs,1918, p.845.
N majuscule. P. métaph. Lavoix me racontait que dans sa dernière visite à Bruxelles, le quidam lui avait dit à propos de ses lettres à la princesse: «Nous avons reçu vos lettres...» Un Nous où il semblait qu'il y eût un N très majuscule! (Goncourt,Journal,1871, p.784).
N mouillé, n vélaire. [L'attention porte alternativement sur le signe graph., et sur sa valeur phon.] L'n mouillée (...) est une articulation unique qui devrait être représentée par un seul caractère (Destutt de Tr.,Idéol. 2,1803, p.364).
[L'attention porte plus partic. sur la valeur phon. de la lettre] Il articulait avec rigueur, mais prononçait les l comme des n, en sorte qu'on entendait «n'idéanisme, n'intennigence»... (Duhamel,Nuit St-Jean,1935, p.21).
[L'attention porte plus partic. sur le signe graph.] Péclet, tout en remplissant de noir l'n de J'envoie, avec une légère glissade du petit doigt sur le calicot, (...) s'interroge sur la façon dont il poursuivra l'exécution du sujet artistique (Romains,Hommes bonne vol.,1932, p.77).
P. ext., IMPR. Mesure de l'espace moyen pris par les lettres. Il y a 1200 n à la page de ce volume (Littré).
P. méton. ,,Poinçon de fer ou d'acier, au bout duquel un N est gravé en relief, pour imprimer cette lettre`` (Raymond 1832).
[L'attention porte sur la silhouette du signe graph.; analogies avec d'autres objets] Nous retrouverions peut-être ces caractères radieux dans nos lettres romaines; car les trois jambes de l'M, les deux perpendiculaires de l'N, les deux inclinées de l'A, les deux renversées du V, de l'X, le Z, etc. ressemblent aux racines végétales de l'alphabet chinois (Bern. de St-P.,Harm nat.,1814, p.111):
3. Les personnes qui voudront se représenter, d'une manière assez exacte, les pâtés de maisons qui se dressaient à cette époque, près la pointe Saint-Eustache, à l'angle nord-est des halles de Paris, où est l'embouchure de la rue Rambuteau, n'ont qu'à se figurer, touchant la rue Saint-Denis par le sommet et par la base les halles, une N dont les deux jambages verticaux seraient la rue de la Grande-Truanderie et la rue de la Chanvrerie et dont la rue de la Petite-Truanderie ferait le jambage transversal. Hugo,Misér.,t.2, 1862, p.311.
[Épellation d'un mot] Le Dantec, chez les Van Rysselberghe, prétend n'avoir aucune espèce d'imagination visuelle. − Mais enfin, lui dit MmeVan Rysselberghe, un peu agacée, quand on vous dit: «Maison», par exemple, que voyez-vous? − Je vois M. A. I. S. O. N. simplement, répondit-il (Gide,Journal,1905, p.180).
[La lettre fait l'objet d'un codage numérique secondaire, prenant comme base son rang à l'intérieur de l'alphabet] :
4. Il compta neuf apparitions successives: Ceci est un I, dit-il; en effet, l'I est la neuvième lettre de l'alphabet. Il y eut ensuite, après un repos, quatorze apparitions: Ceci est un N; puis, encore après un repos, une seule apparition: C'est un A; le mot est Ina. Quelle ne fut pas sa joie et son étonnement, quand les apparitions successives, toujours séparées par de petits repos, vinrent compléter les mots suivants: Ina pensa a te. Stendhal,Chartreuse,1839, p.324.
[Les valeurs numériques s'additionnent] Calcule maintenant pour Noé. − N égal 14. O égal 16. E égal 5. Encore 35, dis-je (Abellio,Pacifiques,1946, p.120).
[La lettre représente un mot, un nom dont elle est l'initiale; N représente, en l'occurrence, «Napoléon», «(sciences) naturelles», tout en conservant son identité de lettre] À Annecy-le-Vieux, école de garçons: la date 1866 sur un N un peu effacé: l'habilité de «l'Empire» à se concilier ces Annexés (Larbaud,Journal,1931, p.244):
5. L'N surtout m'effrayerait [l'N de P.C.N., (sciences) physiques, chimiques, naturelles]. Je n'ai jamais pu retenir le nom d'une veine et j'ai toujours fait se ballader du phosphore ou de l'albumine dans des vaisseaux «que fallait pas». Alain-Fournier,Corresp.[avec Rivière], 1905, p.45.
B. − [N sert à former des abrév., des symboles, des sigles]
1. [N, initiale des mots en cause]
GRAMM. N [désigne la catégorie «nom»] Breton définit: Surréalisme, n. m. [nom masculin] automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer (...) le fonctionnement réel de la pensée (Béguin,Âme romant.,1939, p.390).
N [euphém. pour nom (de Dieu)] Leurs s n d D [sacré nom de Dieu] de prononciation est telle, que je reconnais à peine un mot sur mille (Flaub.,Corresp.,1850, p.265).
N [désigne une pers. qu'on ne peut ou ne veut nommer, ou une pers. indéterminée] Synon. de untel:
6. Voyez les marges de l'Histoire d'Angleterre de Hume; à chaque instant, vous y lisez une petite note marginale, disant: N se distingue, Ses actions, Ses grandes qualités, Sa condamnation, Son exécution... Stendhal,L. Leuwen,t.2, 1835, p.181.
Rem. Ce N, conventionnellement identifié comme l'initiale de nomen ou de nescio, etc., provient peut-être, en réalité, d'une mauvaise lecture de ille, illa.
N plus souvent No, abrév. de numéro. Figurez-vous que je n'ai pas encore lu le N [numéro] d'octobre (Tocqueville,Corresp.[avec Reeve], 1858, p.277).
N abrév. de nord. Vent de N.N.O. (de nord-nord-ouest). Cape Race signalait (...) trois icebergs par G 41 degrés 21'W [Ouest] et L 47 degrés 28'N [Nord] (Peisson,Parti Liverpool,1932, p.128).
N abrév. de Nancy dans rayons N, syntagme calqué (en 1903) sur rayons X. [Dans] l'affaire des rayons «N» un grand mandarin universitaire français de Nancy a entraîné avec lui son clan et une partie de ses amis (D. Buicands Le Monde dimanche,31 oct. 1982, p.xi):
7. L'hypothèse d'un rayonnement vital ne soulève assurément aucune objection de principe, quelque idée philosophique que l'on se fasse des phénomènes vitaux; mais (...). Qui ne se souvient encore de la fâcheuse aventure des rayons N, créés de toutes pièces par d'estimables savants victimes d'une illusion collective? J. Rostand,La Vie et ses probl.,1939, p.80.
Rem. Une entrée est consacrée aux rayons N, en 1907 ds Nouv. Lar. ill. Suppl. À noter qu',,après 1905, peu de savants français restèrent dans le camp des rayons N`` (D. Buican, loc. cit.).
N.B. abrév. de nota bene. Je suis rentré claqué de cette sacrée Florence où j'ai souffert une chaleur infâme (N. B. Florence est au nord de Montpellier) (Valéry,Corresp.[avec Gide], 1910, p.421).
NN.-SS. Nosseigneurs (les évêques), plur. de Monseigneur.
N.R.F. initiales de Nouvelle revue française. Au milieu d'un silence général, il se tourne vers Gide et lui lance: «On est dur pour ma pièce, à la N. R. F.» (Green,Journal,1931, p.68).
2. [Attribution arbitraire de N] Milan, lundi 25 janvier 1932. (...) Dans l'autobus N, entre 6 et 7 h. [heures] (Larbaud,Journal,1932, p.257).
CHIM. N symbole de l'azote (nitrogène).
MATH. N désigne en math. le terme indéfini d'une suite. Si un théorème est vrai du nombre 1 et si l'on démontre qu'il est vrai de n plus 1, pourvu qu'il le soit de n, il sera vrai de tous les nombres entiers (Poincaré,Valeur sc.,1905, p.21).Soient enfin les économies nationales elles-mêmes, les complexes totaux A, B, C,..., N (Perroux,Écon. XXes.,1964, p.59).
[Avec le sens de «beaucoup»] Il faut à trente ans (...) tirer à N mille (Gide,Corresp.[avec Valéry], 1899, p.363).
N nombre* d'Avogadro.
N, enne barre, désigne l'ensemble des entiers naturels.
Rem. gén. 1. L'usage en math. sous l'influence de nombre s'impose.. 2. Sous le nom de enne, ène, etc., N est fém. ds Ac. y compris Ac. 1935, Lar. 19e, Littré, DG, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e. Sous la forme api [Assoc. Phonét. internat.] du nom, [εn], il est masc. et fém. ds Davau-Cohen 1972, masc. ds Lar. Lang. fr., Lexis 1975, Hachette 1980. Sous l'appellation par la valeur de N, ne (Ac. 1762-1878, etc.), il est masc. Rob. admet, indifféremment, semble-t-il, les formes èn' et ne, et un genre masc. et fém. Ceux des passages cités ci-dessus dans lesquels un genre est décelable offrent une première idée des conditions réelles de la substitution du masc. au fém.: pas d'attest. du fém. postérieurement à 1877 où les deux s'emploient concurremment.
REM. 1.
N-ième, Ennième, énième subst.(v. -ième),Le n-ième terme. Au fig. Pour la n-ième fois.
2.
N-uple, subst.La théorie relativiste (...) substitue aux droites de Descartes le n-uple ondoyant des coordonnées curvilignes de Gauss (Valéry,Variété V,1944, p.224).
Prononc. et Orth.: [εn]. Formes orth. enne (Ac., Besch. 1845); ène (Lar. 19e); èn' (Littré, DG, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e). L'élision est gén. dans les ex. A. L'élision entraîne la liaison, deux N. Quant à le n final, le n de ces syllabes, ds Besch. 1845, Lar. 19e, art. N, il faut lire sans doute le ne, puisque c'est sous cette forme que N est masc. dans ces dict. L'observation vaut pour le passage cité ds Raymond 1832, supra. Dans les ex. B, de n (Poincaré, loc. cit.), la N.R.F. (Green, loc. cit.), dans lesquels il ne s'agit pas de la lettre en tant que telle, l'élision n'a pas lieu. Fréq. abs. littér.: 1467. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2242, b) 1897; xxes.: a) 1159, b) 2612.

N, n, subst. masc.

A. − La quatorzième lettre de l'alphabet; un spécimen de cette lettre. C'est à l'N que nous avons affaire. Eh bien? Voyons, que lui voulons-nous à l'N? (Dumas père, Monte-Cristo,t.2, 1846, p.9).Venimeux a été formé de venin; on commença par venimeux, puis le second n s'est dissimilé; en des parlers provinciaux l' n est devenu l et on dit velimeux (Gourmont,Esthét. lang. fr.,1889, p.163):
1. ... je vous serais infiniment reconnaissant de vouloir bien veiller à ce que quelques fautes soient corrigées dans mon sonnet, l'une d'elles surtout qui le rend absolument incompréhensible: C'est la substitution d'une n à un u, dans le mot tressant weaving au lieu de tressaut starting. Mallarmé,Corresp.,1877, p.142.
Double n, doubler l'n. Donnery, qu'il faut prononcer Deaunnery, avec un o très long, un eau qui n'en finit pas, qui devant le double n résonne comme un tonnerre grave très long (Péguy,V.-M., comte Hugo,1910, p.683):
2. Je ne savais guère ce qu'était Albertine Simonet. Elle ignorait certes ce qu'elle devait être un jour pour moi. Même ce nom de Simonet que j'avais déjà entendu sur la plage, si on m'avait demandé de l'écrire je l'aurais orthographié avec deux n (...) les Simonet s'étaient, paraît-il, toujours irrités comme d'une calomnie quand on doublait leur n [it. ds le texte]. Proust,J. filles en fleurs,1918, p.845.
N majuscule. P. métaph. Lavoix me racontait que dans sa dernière visite à Bruxelles, le quidam lui avait dit à propos de ses lettres à la princesse: «Nous avons reçu vos lettres...» Un Nous où il semblait qu'il y eût un N très majuscule! (Goncourt,Journal,1871, p.784).
N mouillé, n vélaire. [L'attention porte alternativement sur le signe graph., et sur sa valeur phon.] L'n mouillée (...) est une articulation unique qui devrait être représentée par un seul caractère (Destutt de Tr.,Idéol. 2,1803, p.364).
[L'attention porte plus partic. sur la valeur phon. de la lettre] Il articulait avec rigueur, mais prononçait les l comme des n, en sorte qu'on entendait «n'idéanisme, n'intennigence»... (Duhamel,Nuit St-Jean,1935, p.21).
[L'attention porte plus partic. sur le signe graph.] Péclet, tout en remplissant de noir l'n de J'envoie, avec une légère glissade du petit doigt sur le calicot, (...) s'interroge sur la façon dont il poursuivra l'exécution du sujet artistique (Romains,Hommes bonne vol.,1932, p.77).
P. ext., IMPR. Mesure de l'espace moyen pris par les lettres. Il y a 1200 n à la page de ce volume (Littré).
P. méton. ,,Poinçon de fer ou d'acier, au bout duquel un N est gravé en relief, pour imprimer cette lettre`` (Raymond 1832).
[L'attention porte sur la silhouette du signe graph.; analogies avec d'autres objets] Nous retrouverions peut-être ces caractères radieux dans nos lettres romaines; car les trois jambes de l'M, les deux perpendiculaires de l'N, les deux inclinées de l'A, les deux renversées du V, de l'X, le Z, etc. ressemblent aux racines végétales de l'alphabet chinois (Bern. de St-P.,Harm nat.,1814, p.111):
3. Les personnes qui voudront se représenter, d'une manière assez exacte, les pâtés de maisons qui se dressaient à cette époque, près la pointe Saint-Eustache, à l'angle nord-est des halles de Paris, où est l'embouchure de la rue Rambuteau, n'ont qu'à se figurer, touchant la rue Saint-Denis par le sommet et par la base les halles, une N dont les deux jambages verticaux seraient la rue de la Grande-Truanderie et la rue de la Chanvrerie et dont la rue de la Petite-Truanderie ferait le jambage transversal. Hugo,Misér.,t.2, 1862, p.311.
[Épellation d'un mot] Le Dantec, chez les Van Rysselberghe, prétend n'avoir aucune espèce d'imagination visuelle. − Mais enfin, lui dit MmeVan Rysselberghe, un peu agacée, quand on vous dit: «Maison», par exemple, que voyez-vous? − Je vois M. A. I. S. O. N. simplement, répondit-il (Gide,Journal,1905, p.180).
[La lettre fait l'objet d'un codage numérique secondaire, prenant comme base son rang à l'intérieur de l'alphabet] :
4. Il compta neuf apparitions successives: Ceci est un I, dit-il; en effet, l'I est la neuvième lettre de l'alphabet. Il y eut ensuite, après un repos, quatorze apparitions: Ceci est un N; puis, encore après un repos, une seule apparition: C'est un A; le mot est Ina. Quelle ne fut pas sa joie et son étonnement, quand les apparitions successives, toujours séparées par de petits repos, vinrent compléter les mots suivants: Ina pensa a te. Stendhal,Chartreuse,1839, p.324.
[Les valeurs numériques s'additionnent] Calcule maintenant pour Noé. − N égal 14. O égal 16. E égal 5. Encore 35, dis-je (Abellio,Pacifiques,1946, p.120).
[La lettre représente un mot, un nom dont elle est l'initiale; N représente, en l'occurrence, «Napoléon», «(sciences) naturelles», tout en conservant son identité de lettre] À Annecy-le-Vieux, école de garçons: la date 1866 sur un N un peu effacé: l'habilité de «l'Empire» à se concilier ces Annexés (Larbaud,Journal,1931, p.244):
5. L'N surtout m'effrayerait [l'N de P.C.N., (sciences) physiques, chimiques, naturelles]. Je n'ai jamais pu retenir le nom d'une veine et j'ai toujours fait se ballader du phosphore ou de l'albumine dans des vaisseaux «que fallait pas». Alain-Fournier,Corresp.[avec Rivière], 1905, p.45.
B. − [N sert à former des abrév., des symboles, des sigles]
1. [N, initiale des mots en cause]
GRAMM. N [désigne la catégorie «nom»] Breton définit: Surréalisme, n. m. [nom masculin] automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer (...) le fonctionnement réel de la pensée (Béguin,Âme romant.,1939, p.390).
N [euphém. pour nom (de Dieu)] Leurs s n d D [sacré nom de Dieu] de prononciation est telle, que je reconnais à peine un mot sur mille (Flaub.,Corresp.,1850, p.265).
N [désigne une pers. qu'on ne peut ou ne veut nommer, ou une pers. indéterminée] Synon. de untel:
6. Voyez les marges de l'Histoire d'Angleterre de Hume; à chaque instant, vous y lisez une petite note marginale, disant: N se distingue, Ses actions, Ses grandes qualités, Sa condamnation, Son exécution... Stendhal,L. Leuwen,t.2, 1835, p.181.
Rem. Ce N, conventionnellement identifié comme l'initiale de nomen ou de nescio, etc., provient peut-être, en réalité, d'une mauvaise lecture de ille, illa.
N plus souvent No, abrév. de numéro. Figurez-vous que je n'ai pas encore lu le N [numéro] d'octobre (Tocqueville,Corresp.[avec Reeve], 1858, p.277).
N abrév. de nord. Vent de N.N.O. (de nord-nord-ouest). Cape Race signalait (...) trois icebergs par G 41 degrés 21'W [Ouest] et L 47 degrés 28'N [Nord] (Peisson,Parti Liverpool,1932, p.128).
N abrév. de Nancy dans rayons N, syntagme calqué (en 1903) sur rayons X. [Dans] l'affaire des rayons «N» un grand mandarin universitaire français de Nancy a entraîné avec lui son clan et une partie de ses amis (D. Buicands Le Monde dimanche,31 oct. 1982, p.xi):
7. L'hypothèse d'un rayonnement vital ne soulève assurément aucune objection de principe, quelque idée philosophique que l'on se fasse des phénomènes vitaux; mais (...). Qui ne se souvient encore de la fâcheuse aventure des rayons N, créés de toutes pièces par d'estimables savants victimes d'une illusion collective? J. Rostand,La Vie et ses probl.,1939, p.80.
Rem. Une entrée est consacrée aux rayons N, en 1907 ds Nouv. Lar. ill. Suppl. À noter qu',,après 1905, peu de savants français restèrent dans le camp des rayons N`` (D. Buican, loc. cit.).
N.B. abrév. de nota bene. Je suis rentré claqué de cette sacrée Florence où j'ai souffert une chaleur infâme (N. B. Florence est au nord de Montpellier) (Valéry,Corresp.[avec Gide], 1910, p.421).
NN.-SS. Nosseigneurs (les évêques), plur. de Monseigneur.
N.R.F. initiales de Nouvelle revue française. Au milieu d'un silence général, il se tourne vers Gide et lui lance: «On est dur pour ma pièce, à la N. R. F.» (Green,Journal,1931, p.68).
2. [Attribution arbitraire de N] Milan, lundi 25 janvier 1932. (...) Dans l'autobus N, entre 6 et 7 h. [heures] (Larbaud,Journal,1932, p.257).
CHIM. N symbole de l'azote (nitrogène).
MATH. N désigne en math. le terme indéfini d'une suite. Si un théorème est vrai du nombre 1 et si l'on démontre qu'il est vrai de n plus 1, pourvu qu'il le soit de n, il sera vrai de tous les nombres entiers (Poincaré,Valeur sc.,1905, p.21).Soient enfin les économies nationales elles-mêmes, les complexes totaux A, B, C,..., N (Perroux,Écon. XXes.,1964, p.59).
[Avec le sens de «beaucoup»] Il faut à trente ans (...) tirer à N mille (Gide,Corresp.[avec Valéry], 1899, p.363).
N nombre* d'Avogadro.
N, enne barre, désigne l'ensemble des entiers naturels.
Rem. gén. 1. L'usage en math. sous l'influence de nombre s'impose.. 2. Sous le nom de enne, ène, etc., N est fém. ds Ac. y compris Ac. 1935, Lar. 19e, Littré, DG, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e. Sous la forme api [Assoc. Phonét. internat.] du nom, [εn], il est masc. et fém. ds Davau-Cohen 1972, masc. ds Lar. Lang. fr., Lexis 1975, Hachette 1980. Sous l'appellation par la valeur de N, ne (Ac. 1762-1878, etc.), il est masc. Rob. admet, indifféremment, semble-t-il, les formes èn' et ne, et un genre masc. et fém. Ceux des passages cités ci-dessus dans lesquels un genre est décelable offrent une première idée des conditions réelles de la substitution du masc. au fém.: pas d'attest. du fém. postérieurement à 1877 où les deux s'emploient concurremment.
REM. 1.
N-ième, Ennième, énième subst.(v. -ième),Le n-ième terme. Au fig. Pour la n-ième fois.
2.
N-uple, subst.La théorie relativiste (...) substitue aux droites de Descartes le n-uple ondoyant des coordonnées curvilignes de Gauss (Valéry,Variété V,1944, p.224).
Prononc. et Orth.: [εn]. Formes orth. enne (Ac., Besch. 1845); ène (Lar. 19e); èn' (Littré, DG, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e). L'élision est gén. dans les ex. A. L'élision entraîne la liaison, deux N. Quant à le n final, le n de ces syllabes, ds Besch. 1845, Lar. 19e, art. N, il faut lire sans doute le ne, puisque c'est sous cette forme que N est masc. dans ces dict. L'observation vaut pour le passage cité ds Raymond 1832, supra. Dans les ex. B, de n (Poincaré, loc. cit.), la N.R.F. (Green, loc. cit.), dans lesquels il ne s'agit pas de la lettre en tant que telle, l'élision n'a pas lieu. Fréq. abs. littér.: 1467. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2242, b) 1897; xxes.: a) 1159, b) 2612.

Wiktionnaire

Adjectif numéral

n \ɛn\ invariable

  1. (Mathématiques) Adjectif numéral cardinal qui correspond à un nombre indéterminé.
    • Un individu est représenté par l’ensemble des valeurs qu’il prend pour chaque variable. On peut donc les représenter dans un espace à n dimensions, n étant le nombre de variables différentes. — (Fabien Ponchon, Mise en place d’une méthodologie pour la définition d’un réseau écologique, 2006)

Adjectif numéral

n \ɛn\ invariable

  1. (Mathématiques) Adjectif numéral cardinal qui correspond à un nombre indéterminé.
    • Un individu est représenté par l’ensemble des valeurs qu’il prend pour chaque variable. On peut donc les représenter dans un espace à n dimensions, n étant le nombre de variables différentes. — (Fabien Ponchon, Mise en place d’une méthodologie pour la définition d’un réseau écologique, 2006)

Adjectif numéral

n \ɛn\ invariable

  1. (Mathématiques) Adjectif numéral cardinal qui correspond à un nombre indéterminé.
    • Un individu est représenté par l’ensemble des valeurs qu’il prend pour chaque variable. On peut donc les représenter dans un espace à n dimensions, n étant le nombre de variables différentes. — (Fabien Ponchon, Mise en place d’une méthodologie pour la définition d’un réseau écologique, 2006)

Adjectif numéral

n \ɛn\ invariable

  1. (Mathématiques) Adjectif numéral cardinal qui correspond à un nombre indéterminé.
    • Un individu est représenté par l’ensemble des valeurs qu’il prend pour chaque variable. On peut donc les représenter dans un espace à n dimensions, n étant le nombre de variables différentes. — (Fabien Ponchon, Mise en place d’une méthodologie pour la définition d’un réseau écologique, 2006)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

N. n. f.
La quatorzième lettre de l'alphabet. Une N. Elle représente une des consonnes. Quand N, à la fin d'un mot ou devant une consonne, est précédée de A, E, I, O, U, Y, elle forme généralement avec cette lettre une voyelle nasale, et, par suite, ne se prononce pas séparément, comme dans Ban, Bien, Chacun, Donc, Encan, Indice, Lynx, etc. Elle ne forme pas de voyelle nasale, et, par conséquent, se prononce séparément dans certains mots d'origine étrangère, tels que Hymen, Amen, Abdomen, Éden, etc. Quand N est redoublée, le plus souvent la seconde N seule se prononce, comme dans Année, Connaître, Donner, Ennemi, Innocent, etc. Parfois, cependant, les deux N se prononcent, comme dans Connexe, Inné, etc. Quand N est redoublée après le préfixe En, la première N forme avec l'E une voyelle nasale, et la seconde se prononce, comme dans Ennoblir; on dit de même Ennui. N précédée de G forme ce qu'on appelle l'N mouillée, qui se prononce comme dans Montagne, Régner, Vigne. Toutefois, les deux lettres se prononcent indépendamment dans certains mots empruntés du latin ou du grec, tels que Igné, Diagnostic. N majuscule, suivie d'un point, sert encore à une désignation générale et indéterminée de personne dans les livres de piété. Seigneur, inspirez et dirigez vous-même notre Saint-Père le Pape N., notre Évêque N. et généralement tous ceux qui font profession de la Foi catholique, apostolique et romaine. Prions pour vos bienfaiteurs N. et N. N minuscule se dit, dans le langage mathématique, pour exprimer un Nombre indéterminé.

Littré (1872-1877)

N (èn'. Il est masculin dans la nouvelle épellation, et alors il se prononce ne) s. f.
  • 1Consonne, la quatorzième lettre de l'alphabet. Une grande N.
  • 2N majuscule, avec un point, s'emploie, dans des actes, des récits, pour tenir la place du nom d'une personne qui est inconnue ou que l'on ne veut pas désigner, ou bien d'un nom que le lecteur devra remplacer.

    N. S. signifie Notre-Seigneur (Jésus-Christ). N. D. signifie Notre-Dame (la sainte Vierge).

  • 3En astronomie et marine, N marque le nord, ou signifie : qui est au nord ; N. E. nord-est ; N. O. nord-ouest ; N. N. E. nord-nord-est, etc.
  • 4En chimie, N désigne le nitrogène ou azote.
  • 5N° indique, dans les formules médicales, la quantité numérique de la substance prescrite. Ainsi : éther, gouttes n° XX, signifie vingt gouttes d'éther.
  • 6N. ou N. B., abréviation des mots latins nota ou nota benè [remarquez, remarquez bien], s'écrit en tête d'une remarque, d'une note.
  • 7N simple ou surmontée d'une couronne, sur les monnaies et les monuments de l'empire français, signifie Napoléon.
  • 8 En termes d'imprimerie, on met n pour lettre, parce qu'on se sert de l'n pour mesure moyenne. Il y a 1200 n à la page de ce volume.
  • 9N est la marque de l'ancienne monnaie de Montpellier.
  • 10Les jurisconsultes romains usaient de cette abréviation, N. L. pour signifier non liquet, c'est-à-dire que la chose en question ne leur paraissait pas évidente.

HISTORIQUE

XIIIe s. Vous savez bien que grant devis A d'emme à N par un trait, Senefiance de l'ABC, JUBINAL, t. II, p. 281.

XVIe s. De cest entrelas d'i et n avec le g, vous en avez fait l'n mignarde, Pasquier, Lettres, t. I, p. 139.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

N.-W. (nor-ouèst), s. m. La partie nord-ouest d'un pays. M. Hébert est un des hommes qui connaissent le mieux les terrains du N.-W. de la France (on écrit maintenant ainsi nord-ouest en français, depuis la convention météorologique de Vienne)…, G. Pouchet, le Siècle, 20 fév. 1876.

HISTORIQUE

XVIe s. De faict, une heure après, se leva le vent nord nord west, ouquel ilz donnarent plaines voiles, et preindrent la haute mer…, Rabelais, Pant. II, 24.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

N, subst. f. selon l’ancienne épellation enne ; subst. m. selon l’épellation moderne ne. C’est la quatorzieme lettre, & la onzieme consonne de notre alphabet : le signe de la même articulation étoit nommé nu, νῦ, par les Grecs, & nun ou noun, par les Hébreux.

L’articulation représentée par la lettre N, est linguale, dentale & nasale : linguale, parce qu’elle dépend d’un mouvement déterminé de la langue, le même précisement que pour l’articulation D ; dentale, parce que pour opérer ce mouvement particulier, la langue doit s’appuyer contre les dents supérieures, comme pour D & T ; & enfin nasale, parce qu’une position particuliere de la langue, pendant ce mouvement, fait refluer par le nez une partie de l’air sonore que l’articulation modifie, comme on le remarque dans les personnes enchifrenées qui prononcent d pour n, parce que le canal du nez étant alors embarrassé, l’émission du son articulé est entierement orale.

Comme nasale, cette articulation se change aisément en m dans les générations des mots, voyez M : comme dentale ; elle est aussi commuable avec les autres de même espece, & principalement avec celles qui exigent que la pointe de la langue se porte vers les dents supérieures, savoir d & t : & comme linguale, elle a encore un degré de commutabilité avec les autres linguales, proportionné au degré d’analogie qu’elles peuvent avoir dans leur formation ; N se change plus aisément & plus communément avec les liquides L & R, qu’avec les autres linguales, parce que le mouvement de la langue est à-peu-près le même dans la production des liquides, que dans celle de N. Voyez L & Linguale.

Dans la langue françoise la lettre N a quatre usages différens, qu’il faut remarquer.

1°. N, est le signe de l’articulation ne, dans toutes les occasions où cette lettre commence la syllabe, comme dans nous, none, nonagénaire, Ninus, Ninive, &c.

2°. N, à la fin de la syllabe, est le signe orthographique de la nasalité de la voyelle précédente, comme dans an, en, ban, bon, bien, lien, indice, onde, fondu, contendant, &c. voyez M. il faut seulement excepter les trois mots examen, hymen, amen, où cette lettre finale conserve sa signification naturelle, & représente l’articulation ne.

Il faut observer néanmoins que dans plusieurs mots terminés par la lettre n, comme signe de nasalité, il arrive souvent que l’on fait entendre l’articulation ne, si le mot suivant commence par une voyelle ou par un h muet.

Premierement si un adjectif, physique ou métaphysique, terminé par un n nasal, se trouve immédiatement suivi du nom auquel il a rapport, & que ce nom commence par une voyelle, ou par un h muet, on prononce entre deux l’articulation ne : bon ouvrage, ancien ami, certain auteur, vilain homme, vain appareil, un an, mon ame, ton honneur, son histoire, &c. On prononce encore de même les adjectifs métaphysiques un, mon, ton, son, s’ils ne sont séparés du nom que par d’autres adjectifs qui y ont rapport : un excellent ouvrage, mon intime & fidele ami, ton unique espérance, son entiere & totale défaite, &c. Hors de ces occurrences, on ne fait point entendre l’articulation ne, quoique le mot suivant commence par une voyelle ou par un h muet : ce projet est vain & blâmable, ancien & respectable, un point de vûe certain avec des moyens sûrs, &c.

Le nom bien en toute occasion se prononce avec le son nasal, sans faire entendre l’articulation ne : ce bien est précieux, comme ce bien m’est précieux ; un bien honnète, comme un bien considérable. Mais il y a des cas où l’on fait entendre l’articulation ne après l’adverbe bien ; c’est lorsqu’il est suivi immédiatement de l’adjectif, ou de l’adverbe, ou du verbe qu’il modifie, & que cet adjectif, cet adverbe, ou ce verbe commence par une voyelle, ou par un h muet : bien aise, bien honorable, bien utilement, bien écrire, bien entendre, &c. Si l’adverbe bien est suivi de tout autre mot que de l’adjectif, de l’adverbe ou du verbe qu’il modifie, la lettre n n’y est plus qu’un signe de nasalité : il parloit bien & à-propos.

Le mot en, soit préposition soit adverbe, fait aussi entendre l’articulation ne dans certains cas, & ne la fait pas entendre dans dans d’autres. Si la préposition en est suivie d’un complément qui commence par un h muet ou par une voyelle, on prononce l’articulation : en homme, en Italie, en un moment, en arrivant, &c. Si le complément commence par une consonne, en est nasal : en citoyen, en France, en trois heures, en partant, &c. Si l’adverbe en est avant le verbe, & que ce verbe commence par une voyelle ou par un h muet, on prononce l’articulation ne : vous en êtes assûré, en a-t-on parlé ? pour en honorer les dieux, nous en avons des nouvelles, &c. Mais si l’adverbe en est après le verbe, il demeure purement nasal malgré la voyelle suivante : parlez-en au ministre, allez-vous-en au jardin, faites en habilement revivre le souvenir, &c.

On avant le verbe, dans les propositions positives, fait entendre l’articulation ; on aime, on honorera, on a dit, on eût pense, on y travaille, on en revient, on y a réfléchi, quand on en auroit eu repris le projet, &c. Dans les phrases interrogatives, on étant après le verbe, ou du moins après l’auxiliaire, est purement nasal malgré les voyelles suivantes : a-t-on eu soin ? est on ici pour long-tems ? en auroit-on été assûré ? en avoit-on imaginé la moindre chose ? &c.

Est-ce le n final qui se prononce dans les occasions que l’on vient de voir, ou bien est-ce un n euphonique que la prononciation insere entre deux ? Je suis d’avis que c’est un n euphonique, différent du n orthographique ; parce que si l’on avoit introduit dans l’alphabet une lettre, ou dans l’orthographe un signe quelconque, pour en représenter le son nasal, l’euphonie n’auroit pas moins amené le n entre-deux, & on ne l’auroit assurement pas pris dans la voyelle nasale ; or on n’est pas plus autorisé à l’y prendre, quoique par accident la lettre n soit le signe de la nasalité, parce que la différence du signe n’en met aucune dans le son représenté.

On peut demander encore pourquoi l’articulation inserée ici est ne, plûtot que te, comme dans a-t-il reçu ? c’est que l’articulation ne est nasale, que par-là elle est plus analogue au son nasal qui précéde, & conséquemment plus propre à le lier avec le son suivant que route autre articulation, qui par la raison contraire seroit moins euphonique. Au contraire, dans a-t-il reçu, & dans les phrases semblables, il paroît que l’usage a inseré le t, parce qu’il est le signe ordinaire de la troisieme personne, & que toutes ces phrases y sont relatives.

Enfin on peut demander pourquoi l’on a inseré un n euphonique dans les cas mentionnés, quoiqu’on ne l’ait pas inseré dans les autres où l’on rencontre le même hiatus. C’est que l’hiatus amene une interrogation réelle entre les deux sons consécutifs, ce qui semble indiquer une division entre les deux idées : or dans les cas où l’usage insere un n euphonique, les deux idées exprimées par les deux mots sont si intimement liées qu’elles ne font qu’une idée totale ; tels sont l’adjectif & le nom, le sujet & le verbe, par le principe d’identité ; c’est la même chose de la préposition & de son complément, qui équivalent en effet à un seul adverbe ; & l’adverbe qui exprime un mode de la signification objective du verbe, devient aussi par-là une partie de cette signification. Mais dans les cas où l’usage laisse subsister l’hiatus, il n’y a aucune liaison semblable entre les deux idées qu’il sépare.

On peut par les mêmes principes, rendre raison de la maniere dont on prononce rien, l’euphonie fait entendre l’articulation ne dans les phrases suivantes : je n’ai rien appris, il n’y a rien à dire, rien est-il plus étrange ? Je crois qu’il seroit mieux de laisser l’hiatus dans celle-ci, rien, absolument rien, n’a pu le déterminer.

3°. Le troisieme usage de la lettre n, est d’être un caractere auxiliaire dans la représentation de l’articulation mouillée que nous figurons par gn, & les Espagnols par ñ : comme dans digne, magnifique, regne, trogne, &c. Il faut en excepter quelques noms propres, comme Clugni, Regnaud, Regnard, où n a sa signification naturelle, & le g est entierement muet.

Au reste je pense de notre gn mouillé, comme du l mouillé ; que c’est l’articulation n suivie d’une diphtongue dont le son prépositif est un i prononcé avec une extrème rapidité. Quelle autre différence trouve-t-on, que cette prononciation rapide, entre il denia, denegavit, & il daigna, dignatus est ; entre cérémonial & signal ; entre harmonieux & hargneux ? D’ailleurs l’étymologie de plusieurs de nos mots où il se trouve gn, confirme ma conjecture, puisque l’on voit que notre gn répond souvent à ni suivi d’une voyelle dans le radical ; Bretagne de Britannia ; borgne de l’italien bornio ; charogne ou du grec χαρώνια, lieu puant, ou de l’adjectif factice caronius, dérivé de caro par le génitif analogue caronis, syncopé dans carnis, &c.

4°. Le quatrieme usage de la lettre n est d’être avec le t, un signe muet de la troisieme personne du pluriel à la suite d’un e muet ; comme ils aiment, ils aimerent, ils aimeroient, ils aimoient, &c.

N capital suivi d’un point, est souvent l’abregé du mot nom, ou nomen, & le signe d’un nom propre qu’on ignore, ou d’un nom propre quelconque qu’il faut y substituer dans la lecture.

En termes de Marine, N signifie nord ; N E, veut dire nord-est ; N O, nord ouest ; N N E, nord-nord-est ; N N O, nord-nord-ouest ; E N E, est-nord-est ; O N O, ouest-nord-ouest.

N sur nos monnoies, désigne celles qui ont été frappées à Montpellier.

N chez les anciens, étoit une lettre numérale qui signifioit 900, suivant ce vers de Baronius :

N quoque nongintos numero designat habendos.

Tous les lexicographes que j’ai consultés, s’accordent en ceci, & ils ajoûtent tous que N avec une barre horisontale au-dessus, marque 9000 ; ce qui en marque la multiplication par 10 seulement, quoique cette barre indique la multiplication par 1000, à l’égard de toutes les autres lettres ; & l’auteur de la méth. lat. de P R dit expressément dans son Recueil d’observations particulieres, chap. II. num.iv. qu’il y en a qui tiennent que lorsqu’il y a une barre sur les chiffres, cela les fait valoir mille, comme V, X, cinq-mille, dix-mille. Quelqu’un a fait d’abord une faute dans l’exposition, ou de la valeur numérique de N seule, ou de la valeur de N barré ; puis tout le monde a répété d’après lui sans remonter à la source. Je conjecture, mais sans l’assurer, que N=900000, selon la regle générale. (B. E. R. M)

N, dans le Commerce, ainsi figurée N°. signifie en abregé numero, dans les livres des Marchands, Banquiers & Négocians. N. C. veut dire notre compte. Voyez Abréviation. (G)

N n n, (Ecriture.) cette lettre considerée par rapport à sa figure, a les mêmes racines que l’m. Voyez-en la définition à la lettre m, ainsi que la méthode de son opération.

n double, en terme de Boutonnier, un ornement ou plûtôt un rang de bouillon qui tombe de chaque côté d’une cordeliere ou d’un épi sur le rostage, & qui avec l’épi ou la cordeliere, forme à-peu-près la figure de cette lettre de l’alphabet. Voyez Epi, Cordeliere & Bouillon.

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Étymologie de « n »

Latin, n ; grec, νῦ ; du noun phénicien.

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Phonétique du mot « n »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
n n

Citations contenant le mot « n »

  • Apprenti n’est pas maître. De Proverbe français
  • Nul n’est méchant volontairement. De Socrate
  • Tanguer n’est pas chavirer. De Proverbe sénégalais
  • Rien n'est évident. De Bernard Werber / La révolution des fourmis
  • Aventure n’est pas adultère. De Paul Carvel / Jets d’encre
  • Celui qui n’a que des vertus n’est guère meilleur que celui qui n’a que des défauts. De Proverbe scandinave
  • Ce n’est pas possible ; cela n’est pas français. De Napoléon Bonaparte / Lettre
  • Personne n’est indispensable. De Proverbe français
  • Qui n'imite point n'invente point. De Alain
  • Qui n'observe rien n'apprend rien. De Proverbe français
  • Il n’est si petit chat qui n’égratigne. De Proverbe français
  • Pauvreté n’oblige pas à voler, ni richesse n’empêche. De Proverbe scandinave
  • Le Chilien Nicolas Zepeda est arrivé sur le sol français ce vendredi matin. L'homme de 29 ans est le suspect principal dans l'assassinat de Narumi Kurosaki, cette étudiante japonaise disparue à Besançon en 2016. France Bleu, Disparition de Narumi : Nicolas Zepeda, le suspect n°1, est arrivé en France
  • On pensait le feuilleton de la possible vente de l'OM clos après le refus officiel d'entamer toute négociation de l'avocat de Frank McCourt jeudi. Il a redémarré dans la nuit de jeudi à vendredi par un long communiqué de Greenberg Hornblower Deschenaux & Partners, une société suisse de juristes financiers qui affirme représenter les intérêts du candidat au rachat du club marseillais, l'homme d'affaires Mohamed Ayachi Ajroudi. Contacté, l'ancien président du Rugby club toulonnais Mourad Boudjellal - impliqué dans ce projet de rachat - confirme l'authenticité du texte, également attribué à Ajroudi par l'un de ses avocats. Une autre source du clan Ajroudi n'était pas en mesure de nous en confirmer l'authenticité. leparisien.fr, OM : Bernard Tapie dans le projet d’Ajroudi ? L’ex-président n’est «pas intéressé» - Le Parisien
  • Consulterle journal Le Monde.fr, Yoko Tawada, romancière : « Si personne n’en mourrait, je ferais du coronavirus la métaphore du citoyen idéal du monde »
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Traductions du mot « n »

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