La langue française

Mythème

Sommaire

  • Définitions du mot mythème
  • Étymologie de « mythème »
  • Phonétique de « mythème »
  • Citations contenant le mot « mythème »
  • Traductions du mot « mythème »

Définitions du mot mythème

Wiktionnaire

Nom commun

mythème \mi.tɛm\ masculin

  1. (Anthropologie) Unité fondamentale que partagent les mythes.
    • Selon la présence ou l’absence de tel ou tel mythème pour chaque version du mythe […] — (J. Huy, « La Généalogie des mythes », Pour la science, août 2014, page 27)
    • La structure nécessaire des mythes est ainsi constituée par une logique de combinaison que l’on peut dire scientifiquement, en isolant des unités constitutives, appelées mythèmes. — (Olivier Dekens, Le structuralisme, Armand Colin, coll. « 128 », Paris, 2015, page 108)
    • Enfin nous relevons deux occurrences reprenant le schème de la femme dangereuse, un des mythèmes principaux de la construction de l'image de la candidate socialiste, et dont nous avons parlé supra : « Matriarche» et « mère fouettarde ». — (Florence Absolu, Les femmes politiques dans la presse: mythèmes, biographèmes et archétype, Verlag Königshausen & Neumann, 2014, p. 424)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « mythème »

(Date à préciser) Inventé par Claude Levi-Strauss, influencé par l’approche structuraliste de la linguistique (dont les équivalents sont phonème, morphème, sémantème…).
→ voir mythe
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « mythème »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mythème mitɛm

Citations contenant le mot « mythème »

  • Avant le développement du numérique, les consommateurs croyaient ce qu'ils voyaient : la réalité des points de vente, leur look, les codes sensoriels utilisés. Les marques racontaient déjà le monde à la manière des mythes et l'on pouvait opposer L'Oréal, le chantre de la science, à Yves Rocher, le défendeur de la nature. Le "mythème" (l'opposition binaire frontale) de la culture (assimilée à la science) contre la nature s'était déjà imposé. Tout comme celui des good boys de Coca-Cola contre celui des bad boys, celui de Red Bull. Mais désormais, les marques deviennent leur propre média et la source des contenus. Elles nous racontent notre histoire de A à Z. Red Bull est à la fois message ("avoir des aiiiles"), contenu par le film des exploits en live des héros, et média, grâce à la diffusion de ces exploits. https://www.e-marketing.fr/, [#MarketingA20ans] Georges Lewi : "Les marques sont nos mythologies contemporaines"
  • De même, apparenter « phonème » et « mythème » dans leurs variations respectives est au fondement de l’entreprise des quatre volumes des Mythologiques (Le cru et le cuit, Du miel aux cendres, L’origine des manières de table, L’homme nu). « L’analogie entre le mythe et le langage – résument les préfaciers – est donc le lieu de réalisation le plus tangible, le plus substantiel, le plus convaincant de l’existence du structuralisme. » France Culture, Lévi-Strauss / Jakobson : la correspondance
  • Cette méthode est cependant critiquée pour plusieurs raisons. Les contes européens étant les plus étudiés, ils introduisent un biais sur le choix des mythèmes servant à établir les catégories. Il est parfois difficile d’intégrer dans ces catégories les contes africains ou asiatiques. En outre, certains contes partagent des caractéristiques appartenant à plusieurs catégories, et certaines catégories sont très proches. C’est le cas des catégories ATU 333 du Petit Chaperon rouge et ATU 123 du Loup et des sept chevreaux (dans ce conte, une maman chèvre laisse ses chevreaux à la maison et le loup profite de son absence pour s'introduire dans la maison et dévorer les petits). On retrouve dans cette dernière catégorie des fables d’Ésope et une histoire venant d’Inde. Mais certains contes, tel celui de La Grand-Mère Tigre, en Corée, en Chine et au Japon, ou telles certaines histoires africaines, présentent des similarités avec les deux catégories. Pourlascience.fr, La phylogénie du Petit Chaperon rouge | Pour la Science
  • Au-delà des débats idéologiques ou méthodologiques dans les études sur l’imaginaire, un point semble faire l’unanimité : l’imaginaire opérerait essentiellement selon les mécanismes de la répétition. Ainsi, pour ne citer que des exemples emblématiques, Mircea Eliade voit dans la reproduction des archétypes la raison de tout geste humain, Claude Lévi-Strauss souligne l’importance de la récursivité des mythèmes, alors que Gilbert Durand défend le principe de la redondance perfectionnante. En forgeant la notion de l’imaginaire sériel, nous proposons de revenir sur l’étroite solidarité entre, d’une part, cette faculté qui conditionne et organise les va-et-vient riches de sens entre l’expérience et sa représentation et, d’autre part, un mode opératoire qui repose sur la répétition cadencée d’un ou de plusieurs paradigmes, dans un ensemble isolable, déterminé et cohérent, qui permet leur reproduction et leur inflexion. Le concept de la sérialité lié à de l’imaginaire suggère que ce dernier forme un ensemble inachevé, en évolution constante. Dans quelle mesure les mécanismes de la sérialité déterminent-ils le déploiement de l’imaginaire ? Existe-t-il une interdépendance entre les modes de production de l’imaginaire et les pratiques artistiques ? La dernière question est particulièrement délicate dans la mesure où l’on peut difficilement comprendre le fonctionnement de l’imaginaire en dehors de ses manifestations, que ce soit sur le plan artistique, social, culturel ou idéologique. Et sur ce point, c’est en effet le principe de redondance, lié à celui de réseau (images, mythèmes) qui nous permet souvent de savoir si nous avons affaire à un effleurement mythique structuré en profondeur par un certain imaginaire ou à un simple épiphénomène.  Les recherches menées par Patricia Falguières sur la portée philosophique du concept de la reproductivité incitent enfin à interroger l’historicité du phénomène : y a-t-il des époques ou des courants artistiques particulièrement sensibles aux mécanismes de la sérialité ? Quelles seraient alors les raisons de cette prédilection ? , L'imaginaire sériel
  • La série comme fabrique mythique : par son aptitude à bâtir des récits collectifs, par sa capacité d’inscription dans un temps long qui peut couvrir plusieurs années, la série télévisuelle, surtout lorsqu’elle adopte la forme du cycle (Lise Dumasy-Queffélec), apparaît comme un espace de création particulièrement fécond pour élaborer de nouveaux mythèmes offerts comme autant d’opérateurs de lisibilité au spectateur contemporain. Autour de schémas narratifs récurrents (chute / rédemption, transgression / châtiment), la série télévisée nous propose un xixe siècle érigé au rang de mythe fondateur, au miroir duquel le xxie siècle naissant s’efforce d’appréhender sa propre genèse. , Le XIXe siècle en série(s) (Atelier de la SERD & Musée d'Orsay, Paris)
  • 13Marc Parayre montre enfin que la métamorphose animale a aussi servi de support à tout un jeu de parodisation et de détournement du merveilleux, et qu’un certain nombre d’illustrateurs contemporains et d’auteurs de bandes dessinées ont voulu procéder à un retour à une forme de réalisme et de « désublimation » du merveilleux. Un tel choix, paradoxal pour le genre du conte, permet en réalité de déjouer certains stéréotypes et mythèmes conformistes (le prince charmant et le mariage, la beauté féminine et les princesses, l’opposition bestialité / humanité...). , Suivre la grenouille (Acta Fabula)

Traductions du mot « mythème »

Langue Traduction
Anglais mytheme
Espagnol mi tema
Italien mytheme
Allemand mein thema
Chinois 神话
Arabe موضوعي
Portugais meu tema
Russe mytheme
Japonais 神話
Basque mytheme
Corse mytheme
Source : Google Translate API
Partager