La langue française

Accueil > Dictionnaire > Définitions du mot « munitionnette »

Munitionnette

Variantes Singulier Pluriel
Féminin munitionnette munitionnettes

Définitions de « munitionnette »

Wiktionnaire

Nom commun - français

munitionnette \my.ni.sjɔ.nɛt\ féminin

  1. (Histoire) Femme qui travaillait à la chaîne dans une usine d’armement au temps de la première guerre mondiale.
    • Par ostentation, parfois, une munitionnette, qui ne paye d'ailleurs pas son loyer comme femme de mobilisé, et mème cumule son salaire avec le salaire de son mari en certain cas, n'hésite pas à payer 10 fr. un méchant poulet, au lieu d'acheter un honnête bifteck. — (« Revue des questions alimentaires », Bulletin de la Société scientifique d’hygiène alimentaire et d'alimentation rationnelle, vol. 5, Paris, 1917, p. 351)
    • Le recrutement se fait à proximité : 70 % des munitionnettes de chez Panhard résident à Paris, 49 % dans le seul XIIIème arrondissement où est localisée l'usine, et 28,7 % dans la banlieue sud […]. — (Catherine Omnès, Ouvrières parisiennes: marchés du travail et trajectoires professionnelles au 20e siècle, École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1997, p. 103)
    • Le terme pourrait prêter à sourire si il ne recouvrait pas une terrible réalité : les munitionnettes travaillaient debout jusqu'à quatorze heures par jour dans les vapeurs toxiques pour fabriquer obus et autres munitions destinées au front. — (Cécile Jaurès, Les héroïnes de l'ombre, dans le Journal La Croix, page 24, 11-12 octobre 2014)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « munitionnette »

(1915) Terme dérivé de munition avec le suffixe diminutif -ette.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « munitionnette »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
munitionnette mynitjɔnɛt

Évolution historique de l’usage du mot « munitionnette »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « munitionnette »

  • « Si les femmes qui travaillent dans les usines s'arrêtaient vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre » La formule est signée Joseph Joffre. Dans les usines, beaucoup d’ouvriers étaient partis au combat. Pour les remplacer, des femmes ont été recrutées. On les surnomma munitionnettes. France 3 Hauts-de-France, Histoires 14-18 : les "munitionnettes" des usines d'armement
  • Libéré, le football féminin va retrouver de sa superbe. Partout, on veut que ces femmes reprennent le flambeau de ceux partis aux combats. Dans la gazette « The Bombshell », on pourra lire : « Dans leur effort déterminé pour sauver leur pays, les femmes n’ont pas seulement supporté sur leurs épaules le travail des hommes, mais aussi leurs passe-temps et leurs récréations ». Ainsi, entre 1915 et 1918, plus de 150 équipes de munitionnettes vont voir le jour en Angleterre, organisant régulièrement des matchs de charité au profit des hôpitaux. La dimension caritative de ce que l’on pense être des épiphénomènes permet d’obtenir la bienveillance des quelques sceptiques, qui voient cette curiosité comme inoffensive. We Sport - "Partageons notre passion !", Les "Munitionnettes", ou la naissance du football féminin anglais
  • En effet, dès 1916, des équipes féminines se constituent et le football joué par les femmes s’implante solidement sur le sol britannique. Ces créations s’effectuent dans un contexte où la Grande Guerre modifie la traditionnelle hiérarchie entre les sexes. En effet, tout comme en France, les femmes sont appelées dans les usines pour suppléer les hommes partis au front. Le patronyme de «munitionnettes» est attribué à celles qui travaillent dans les usines d’armement ou l’industrie de guerre. En 1918, on en compte 400 000 en France et un million en Angleterre. Outre-Manche, c’est dans ces usines que se développe la pratique du football féminin. Soucieux d’offrir une indispensable compen… Libération, Il y a cent ans, les femmes anglaises étaient privées de football – Libération
  • Indispensable à l’effort de guerre, le travail des munitionnettes est particulièrement pénible, ainsi que le soulignent alors nombre d’observateurs. L’ouvrière qui travaille dans les usines d’armement étant une figure nouvelle, elle intrigue et suscite la curiosité, et de nombreux reportages lui sont consacrés. , 1914-1918 - Les femmes au travail dans la Grande Guerre - Herodote.net
  • De la postière à la boulangère ou la munitionnette, elles seront, aussi, marraines de guerre : Marie, Lilly, Augustine, Angèle, Edmonde, Léone ou Anna. On ne pourra plus jamais les ignorer ! Et quelle que soit l’issue du conflit dans toute l’Europe, il mènera inexorablement à leur émancipation. Le Telegramme, Pontivy - Théâtre : à Pontivy, les Tréteaux du Blavet rendent hommage aux femmes de guerre - Le Télégramme
  • Et au nom de cette « Union sacrée », pas question de les payer comme les hommes à travail égal. Ce n’est qu’en juin 1917, après une série de grèves, que les 420 000 « munitionnettes » obtiennent des conventions collectives et un salaire minimum identique à celui des hommes. L'Humanité, Centenaire de la Guerre de 14-18, et les femmes dans tout ça ? | L'Humanité
  • Ils ont tort. Le 18 mai, 10 000 ouvrières se massent à la Bourse du travail. Les cousettes ont servi d'aiguillon aux femmes d'autres professions qui leur emboîtent le pas : employées de banque, vendeuses de Félix Potin, dactylos, métallurgistes : la fronde des femmes, qui s'étend dans plusieurs villes de France, touche une soixantaine de secteurs d'activité, dont l'armement. Fin mai, la contagion gagne l'entreprise Renault qui produit obus et camions. Les « munitionnettes » entrées dans la danse, le gouvernement, débordé comme les syndicats, comprend l'urgence d'éteindre le feu. leparisien.fr, En 1917, quand les «midinettes» se révoltaient contre l’injustice salariale - Le Parisien
  • En 1917, un emploi sur trois est occupé par les femmes, dans les champs, mais aussi à l'usine. C'est une nouveauté. La guerre mobilise les hommes. Les femmes les remplacent par centaines de milliers. Elles tournent les obus, elles frappent le fer, elles filent, elles sont au travail dans les tramways, aux PTT, dans toute la ville. Dans les usines d'armement, on les appelle les "munitionnettes". Celles-ci en profitent parfois pour glisser un mot gentil dans le casque des soldats. Mais la guerre n'en finit pas et la vie est chère. Franceinfo, En 1917, les femmes accèdent à une première reconnaissance sociale
  • La baronne envoie Madame Zaza et sa gouvernante Louise, une ancienne munitionnette, retrouver le soldat Carapat sur le front pour lui remettre le chèque en main propre et se faire photographier en sa compagnie. Dans cette mission, les deux femmes sont escortées du sous-lieutenant Philibert Trouffon, un timoré militaire de bureau, et du soldat Schrapnel, un indestructible colosse au corps balafré et couturé. ActuaBD, Va-t’en guerre ! - Par Aurélien Ducoudray, Marion Mousse et (...) - ActuaBD

Munitionnette

Retour au sommaire ➦

Partager