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Kémaliste

Définitions du mot « kémaliste »

Wiktionnaire

Adjectif

kémaliste \ke.ma.list\ masculin et féminin identiques

  1. Dénomme et caractérise les partisans de Mustafa Kemal Atatürk, président de la Turquie.
    • Les milieux kémalistes évoquaient depuis au moins un an la possibilité d’un coup d’État, à cause du «mécontentement populaire» et de la «violation des règles fondamentales de la République et du kémalisme».— (Ragip Duran, (à Istanbul), Turquie : qui sont les auteurs du coup d'Etat manqué ?, Libération le 16 juillet 2016)

Nom commun

kémaliste \ke.ma.list\ masculin et féminin identiques

  1. Partisan de Mustafa Kemal Atatürk, président de la Turquie de 1923 à 1938.
    • Les travaux des chercheurs turcs permettent également de mesurer en détail la filiation, longtemps tenue cachée, entre les unionistes de 1915 et les kémalistes ultérieurs. — (Pierre-Yves Le Priol,- Les historiens turcs s'y mettent- Journal La Croix, page 15, 16 avril 2015)
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Étymologie de « kémaliste »

Du nom de Mustafa Kemal Atatürk.
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Phonétique du mot « kémaliste »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
kémaliste kemalist

Citations contenant le mot « kémaliste »

  • A regarder les déclarations d’Erdogan, les kémalistes et le kémalisme ne sont pas les seuls à avoir reçu ainsi une leçon. En qualifiant la transformation de « touche finale d’une conquête », il se déclare le fier successeur de Mehmet le Conquérant et d’autres sultans ottomans. « Conquête » est un terme qui appartient à la terminologie ou à l’idéologie d’une ère passée, où le vainqueur occupait et annihilait le vaincu sans se soucier de morale. Le Monde.fr, Asli Erdogan : « Sainte-Sophie en mosquée est une gifle au visage de ceux qui croient encore que la Turquie est un pays séculier »
  • Il ne faut pas idéaliser la république kémaliste – ce qu’ont fait beaucoup de Français qui adorent se voir en modèle. Le dictateur Kemal, à la tête d’un régime de parti unique, s’apparente davantage à Lénine ou Mussolini qu’à un président du Conseil de la IIIe République. Son modernisme autoritaire n’a jamais visé que la soumission du religieux au politique – pas une laïcité à la française. Et comme ailleurs dans le monde musulman (les Palhavi en Iran, Nasser en Égypte, les Baath syrien et irakien), il n’a cessé de se heurter à un traditionalisme islamique profondément enraciné dans les masses, dont l’AKP (Parti de la Justice et du développement) n’est que l’expression la plus récente. , 16 juillet 2020 - Sainte-Sophie prise en otage par Erdogan - Herodote.net
  • Le traité de Sèvres reste le diktat antiturc par excellence. A la différence de Lausanne, il n’a pas été signé par le gouvernement d’Ankara, mais a été d’emblée déclaré nul et non avenu. Et pour cause : un Etat ottoman croupion réduit à une partie de l’Anatolie, le reste partagé entre les puissances victorieuses de l’Entente, un Kurdistan autonome, une grande Arménie, les détroits du Bosphore et des Dardanelles ouverts à tous les pavillons, y compris en temps de guerre. Les erdoganistes reprennent un élément de la condamnation kémaliste : l’entrée en 1914 dans ce qui était avant tout une guerre intra-européenne n’aurait pas été un vrai choix des autorités impériales, mais le résultat d’une manipulation diplomatique, dans une guerre de l’Europe contre les Turcs. Le Monde.fr, « En Méditerranée, Recep Tayyip Erdogan cherche une revanche néo-ottomane »
  • Ce geste pourrait sembler normal à un observateur détaché de considération symboliques : la société turque est actuellement musulmane dans une proportion très largement majoritaire, et elle s’est engagée depuis une vingtaine d’années dans une politique de ré-islamisation qui la conduit à remettre en cause peu à peu tout l’héritage laïc issu de l’époque kémaliste. D’un point de vue strictement utilitariste, il est donc totalement cohérent que le pouvoir affecte à la religion professée par sa population un édifice religieux aussi vaste. Causeur, Sainte-Sophie transformée en mosquée: derrière la consternation… - Causeur
  • Le testament politique qu’Atatürk laisse derrière lui est inscrit dans l’article 2 de la Constitution. En effet, depuis la révision constitutionnelle de février 1937, les six grands principes du parti unique qu’il a créé en 1923, le Parti républicain du peuple (CHP ; encore actif), sont devenus l’idéologie officielle de la République. La doctrine kémaliste (en Turquie, on parle d’Atatürkçülük) est symbolisée par une gerbe de six flèches représentant six concepts clés théoriquement indissociables les uns des autres : le républicanisme, le nationalisme, le populisme, l’étatisme (ou dirigisme), le laïcisme et le progressisme. Un héritage idéologique que les successeurs d’Atatürk ont accepté, mais peinent à assumer. Ismet Inönü est un conservateur dans l’âme qui guide avec succès la Turquie au milieu des embûches de la Seconde Guerre mondiale, mais ses successeurs à la tête de l’État seront tous des politiciens sans grandes convictions, à l’exception peut-être de l’inclassable Turgut Özal, président de 1989 à 1993. Alors que s’est installé pour longtemps dans le fauteuil d’Atatürk un dirigeant aux sympathies islamistes affirmées – Recep Tayyip Erdogan, depuis 2014 –, il est intéressant d’examiner si les six concepts clés du kémalisme ont oui ou non résisté à la marche du temps. , Le kémalisme, une parenthèse dans l’histoire turque ? – Areion24.news
  • Il faut faire attention à une notion qui peut induire des contresens. La Turquie actuelle ne cherche pas à refonder l'ancien Empire ottoman. Ce terme d'ailleurs n'a jamais été explicitement invoqué et utilisé par les dirigeants turcs. La politique étrangère d'Ahmet Davutoğlu, ancien chef de la diplomatie turque, puis premier ministre de Recep Tayyip Erdoğan, a été qualifiée de néo-ottomane parce qu'elle sortait de l'isolationnisme traditionnel, qui était celui de l'establishment kémaliste, et qu'elle renouait avec une présence turque dans des espaces qui avaient été ottomans. Mais, la politique étrangère d'Ankara a changé depuis, et elle est toujours souvent qualifiée de néo-ottomane. Je pense que le fil directeur de cette tendance et cette allusion à un néo-ottomanisme, bien que cela s'applique à des orientations qui évoluent, c'est l'affirmation décomplexée par la Turquie d'une certaine puissance dans son étranger proche, voire sur d'autres continents et plus généralement au niveau international.Cette offensive turque dans l’espace anciennement ottoman n’est pas uniquement militaire... TV5MONDE, En Turquie, le projet "néo-ottoman" du président Erdoğan veut-il effacer l'héritage d'Atatürk ?
  • En Turquie, même l’opposition kémaliste laïque soutient la guerre lancée par Ankara contre les Kurdes. Cela fait d’elle une pâle copie du parti islamiste au pouvoir, s’insurge ce journaliste turc installé à Hambourg. Courrier international, Offensive en Syrie : la Turquie malade de son nationalisme
  • Affaibli politiquement par la perte de l’ancienne capitale ottomane, passée aux mains de l’opposition kémaliste lors des municipales du printemps 2019, le numéro un turc entend bien redorer son blason auprès de son électorat désenchanté. Le Monde.fr, « L’île de la démocratie et des libertés », la nouvelle promesse d’Erdogan
  • Recep Tayyip Erdogan le président de la république de Turquie a déclenché une attaque contre les Kurdes du Nord de la Syrie avec le soutien du principal parti d’opposition le Parti républicain du peuple, qui s’inscrit dans l’héritage politique kémaliste. Le documentaire Turquie, nation impossible pourrait apporter quelques explications à cette union de rivaux politiques. Les réalisateurs Jean-François Colosimo et Nicolas Glimois établissent un parallèle entre les deux grandes figures de l’histoire politique de la Turquie : Mustafa Kemal Ataturk et Recep Tayyip Erdoğan. France Culture, La Turquie, de Mustafa Kemal Ataturk à Recep Tayyip Erdoğan
  • Lors de la campagne du «non» au référendum d’avril 2017, les lieutenants d’Akşener refusaient de parler d’un rapprochement avec les autres nationalistes turcs, les kémalistes du Parti républicain du peuple (CHP). Slate.fr, Meral Akşener, une «louve» nationaliste face à Erdoğan | Slate.fr
  • Face à la puissante armée turque, qui se présente depuis près d'un siècle comme la garante des idéaux kémalistes et a mené trois coups d'Etat entre 1960 et 1980, les autorités ont mené ces dernières années une offensive judiciaire. Accusés de complot, des centaines de généraux et d'officiers se sont retrouvés en prison. Challenges, Turquie: le kémalisme, héritage menacé ? - Challenges
  • Le CHP "social démocrate". Le CHP kémaliste est un parti historiquement fasciste, à l'image de la Turquie, parti kémaliste responsable de toutes les génocides, à tel point que nombre d'Arméniens et de Kurdes s’obstinent à voter Erdogan même après que celui s'est montré tout aussi fascisant. L'Orient-Le Jour, Le CHP peut-il mettre fin à l’ère Erdogan ? - L'Orient-Le Jour
  • Cette volonté de construire une nation laïque sans le peuple ne survivra pas à la disparition d'Atatürk. (...) C'est parce qu'Erdogan est plus démocrate qu'Atatürk qu'il peut fermer la parenthèse kémaliste en se servant de l'Etat fort qu'il lui a laissé. C'est parce qu'il a gagné toutes les élections depuis 2002 qu'il redonne sa place à un islam majoritaire. Mais, une fois de plus, il avait été clair : «La démocratie est un moyen, non une fin : c'est comme un tramway, on en descend quand on est arrivé à destination.» Marianne, Islam : la leçon turque | Marianne
  • L’arrivée au pouvoir d’une nouvelle direction se revendiquant de l’héritage kémaliste a poussé au départ une trentaine des meilleures plumes du quotidien, un des derniers bastions de la presse d’opposition, bête noire du président Erdogan et de son appareil judiciaire. Mediapart, Turquie: le journal d’opposition «Cumhuriyet» décimé après un changement de dirigeants | Mediapart
  • FIGAROVOX/TRIBUNE - Il y a quatre-vingts ans mourait Mustapha Kemal. Alexandre Jevakhoff retrace les ambitions et les politiques pro-européennes portées par Atatürk, et constate que la Turquie actuelle choisit de rompre avec l'héritage kémaliste. Le Figaro.fr, « Erdogan a entrepris de jeter par-dessus bord l'héritage d'Atatürk »
  • Ekrem Imamoglu, issu du parti kémaliste CHP (social-démocrate), a pu compter sur l’appui de la formation nationaliste Iyi et les pro-Kurdes du HDP, canalisant ainsi les principales forces hostiles au président Erdogan.   SudOuest.fr, Turquie : à Istanbul, le candidat d’Erdogan concède sa défaite aux municipales
  • La France est disposée à des concessions sans contreparties, au mépris de ses engagements envers l’allié britannique et les Arméniens de Cilicie, à qui elle avait promis l’émancipation et la protection dans le cadre d’un mandat. Des territoires chèrement acquis par l’armée française du Levant sont ainsi abandonnés, et des populations chrétiennes qui avaient combattu les Turcs aux côtés des Français seront bientôt massacrées. Paris est prêt à sacrifier la Cilicie afin de consolider sa présence en Syrie et au Liban. Côté turc, la portée de cet accord a été considérable, car il aura conforté la fragile légitimité du pouvoir dissident kémaliste. Le Monde diplomatique, L’Accord d’Angora de 1921. Théâtre des relations franco-kémalistes et du destin de la Cilicie, par Tigrane Yégavian (Le Monde diplomatique, mai 2019)
  • En 1937, Sabiha Gökçen est photographiée à la une des journaux turcs, sanglée dans un uniforme d’officier de l’armée de l’air. A 24 ans, elle vient d’obtenir son brevet de pilote de chasse, une première mondiale qui va faire d’elle l’icône féministe de la Turquie kémaliste. La jeune femme, dont les parents ont été tués en 1915 durant la guerre, est l’une des sept filles adoptives de Mustafa Kemal. Le président l’a rencontrée en 1925 à l’occasion d’une visite officielle dans un orphelinat, à Bursa, dans l’ouest du pays, et il l’a prise sous sa protection, lui permettant de suivre des études supérieures. Sabiha Gökçen va vite connaître le baptême du feu. Fin 1937, son escadrille est envoyée à Dersim pour réprimer une révolte des Kurdes. Elle participe au bombardement de la ville qui fera plus de 13 000 morts, combattants et civils confondus, dont des femmes, des enfants, des vieillards et de nombreux Arméniens qui y avaient trouvé refuge après le génocide de 1915-1916. Adulée par les nationalistes, Sabiha Gökçen mourra en 2001, à l’âge de 88 ans, comblée d’honneurs par le gouvernement qui donnera son nom au deuxième aéroport international d’Istanbul. Geo.fr, Et si la fille d’Atatürk avait été… arménienne ? - Geo.fr
  • Fortement endettée et ainsi dépendante des États-Unis, elle y reste assujettie ce qui l’empêche dans ses velléités d’autonomisation vis-à-vis de ceux-ci. C’est dans ce contexte que naît le parti de l’actuel président Recep Tayyip Erdoğan, l’AKP – Parti de la justice et du développement – sur fond de crise économique et de méfiance grandissante vis-à-vis de la bureaucratie militaire kémaliste. Pur produit de la synthèse entre le parti ANAP de Turgut Özal, issu de l’après coup d’État de 1980 et le Refah Partisi de l’islamiste Necmettin Erbakan, l’AKP d’Erdoğan s’alliera dans un premier temps à la confrérie güléniste, du nom de son leader, Fethullah Gülen – communauté religieuse islamique influente au sein de l’administration turque depuis les années 1990 notamment dans la police et la justice mais aussi à l’international (« universitaires islamistes ») – pour renforcer son pouvoir. C’est avec l’aide de ces réseaux qu’Erdoğan montera par exemple de toute pièce le procès Ergenekon afin d’affaiblir l’armée, lequel se traduira par l’inculpation de nombreux hauts gradés. Ceci démontre bien le double jeu de la Turquie qui a souhaité par ce procès truqué démontrer sa capacité à reprendre l’acquis communautaire pour faire avancer les négociations avec l’Union européenne. Cela provoquera l’entrée de nombreux capitaux européens sur le marché turc. Déstabilisé par l’influence grandissante des gülénistes au sein du pouvoir, Erdoğan rompra l’alliance en 2013, ce qui débouchera sur la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 attribuée aux gülénistes. L’islamisme modéré prôné par l’AKP d’Erdoğan au début de son mandat, pour amadouer l’Europe, a été finalement un opportunisme politique considérant la radicalisation actuelle de sa politique. Parler d’ « agenda caché » peut paraître abusif, mais c’est ce même homme qui lors d’un discours en 1994 cita des versets du Coran à un conseil municipal ou en 1997 repris un texte du sociologue nationaliste Ziya Gölkap lors d’un meeting politique à Siirt :  « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes », lorsqu’il était encore maire d’Istanbul, ce qui lui coûta plusieurs mois de prison, lors desquels il a travaillé sa stratégie. Le Vent Se Lève, La Turquie, membre indocile de l’OTAN
  • Il sera peut-être, dans une semaine, l’homme qui tient tête à Erdogan. Dimanche prochain, les Turcs votent pour un double scrutin : législatives à un tour et présidentielle, avec une forte incertitude : Recep Tayyip Erdogan sera-t-il contraint à un second tour ? En face de lui cinq candidats dont l’un se détache en tête avec un peu plus de 30% des voix selon les enquêtes d’opinion : Muharrem Ince. Le député du CHP, le vieux parti kémaliste, a déjà réussi à s’imposer dans cette campagne-éclair. Portrait. RFI, Turquie: Muharrem Ince, candidat à la présidentielle pour le CHP kémaliste - Européen de la semaine
  • Jean Marcou : Les partis d’opposition existent en Turquie, mais leur rayon d’action est limité et leur influence fortement entamée par le régime. Trois partis d’opposition sont représentés au parlement : les kémalistes (CHP), les nationalistes (MHP) et le parti prokurde (HDP). Toutefois on peut s’interroger sur le caractère d’« opposition » du parti nationaliste MHP. Depuis un an, il se comporte même comme un soutien au parti de Recep Tayyip Erdoğan, l’AKP. Ce sont les nationalistes qui ont permis l’organisation du référendum transformant le régime turc en un régime présidentiel autoritaire. La Croix, Partis d’opposition en Turquie : « leur rayon d’action est limité »
  • La laïcité kémaliste, notons-le, n’est pas une neutralité religieuse de l’État sur fond de pluralisme des croyances. De fait, le culte religieux fut contrôlé dès l’origine par l’État, qui n’a reconnu comme légitime qu’un seul islam, l’islam sunnite, malgré la présence d’une très importante communauté hétérodoxe, les Alévis (difficiles à dénombrer, et évalués entre 10 et 20% de la population actuelle). , La Turquie d’Atatürk à Erdoğan - L'introuvable synthèse de l'islam et de la laïcité - Herodote.net
  • L’histoire du peuple kurde est une longue succession de conflits, de massacres et d’insurrections. Éternellement partagés entre des empires, puis des États indépendants, ils rêvent depuis des années d’acquérir leur propre souveraineté, toujours en vain. D’abord assujettis aux Ottomans, ils ont cru pouvoir créer leur propre État en 1918, mais il n’en a rien été, et ils se sont retrouvés répartis entre quatre pouvoirs, la nouvelle république turque kémaliste, l’Iran, l’Irak sous protectorat britannique, et la Syrie sous protectorat français. Chacun les ayant systématiquement réprimés et, dans le cas des Turcs, en partie déportés durant l’entre-deux-guerres. Courrier international, Mais que faisaient les Kurdes pendant la Seconde Guerre mondiale ?
  • L’offensive des troupes de Bachar Al-Assad sur Idlib, la dernière poche de la rébellion syrienne soutenue par la Turquie, met M. Erdogan au pied du mur. Critiqué par l’opposition kémaliste sur l’impéritie de sa politique en Syrie, incité par son allié ultranationaliste Devlet Bahçeli à porter le fer « jusqu’à Damas » et à « renverser le tyran », Recep Tayyip Erdogan doit montrer qu’il est prêt à tenir tête au monde entier. C’est dans ce rôle que ses partisans le préfèrent. Le Monde.fr, Sur la défensive militairement en Syrie, la Turquie menace l’armée d’Assad et la Russie
  • Ekrem Imamoğlu, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP), un mouvement kémaliste, à la mairie d’Istanbul, a été officiellement déclaré vainqueur, le 17 avril 2019, soit plus de deux semaines après la tenue du scrutin. Ce résultat constitue la plus sévère défaite du Parti de la justice et du développement (AKP), depuis son arrivée au pouvoir, en 2002. Ce revers est, en outre, surtout celui de Recep Tayyip Erdoğan, qui s’était totalement engagé en l’occurrence, en menant une campagne frénétique (102 meetings en 50 jours), alors qu’en tant que président de la République, rien ne l’y obligeait. The Conversation, Istanbul, nouveau défi à la Turquie d’Erdoğan
  • Ni voile ni barbe. Pendant plus d’un demi-siècle et demi, les fonctionnaires turcs devaient être «en cheveux» pour les femmes, et glabre pour les hommes. Mal supportée par nombre d’entre eux, l’interdiction du port du voile et de la barbe heurtaient leurs convictions. Tandis que l’establishment kémaliste (du nom du général Mustafa Kémal, le fondateur de la république de Turquie en 1923) voyait dans ces voiles et ces barbes bien plus qu’une affaire de croyances religieuses: l’affirmation d’une adhésion à l’islam politique. Slate.fr, En Turquie, les fonctionnaires peuvent être voilées | Slate.fr
  • Les auteurs du coup d’Etat manqué du 15 juillet ne sont pas encore identifiés. Mais la terminologie de leur communiqué indique qu’il s’agit probablement d’un groupe kémaliste, qui s’oppose aux dérives islamistes et liberticides du Président Erdogan. Le communiqué publié par les putschistes montre qu’un groupe de généraux et d’officiers désirait renverser le gouvernement, au nom «de la démocratie, de la liberté d’expression et de l’état de droit». Il critiquait nommément le Président de la République et le Premier ministre, «qui ont violé la Constitution et les valeurs universelles du droit». Auto-proclamé «Conseil de la Paix dans le Pays», le groupe de putschistes cite dans son communiqué Mustapha Kemal Ataturk, premier président de la république turque: «Paix dans le monde, paix dans le pays». Libération.fr, Turquie : qui sont les auteurs du coup d'Etat manqué ? - Libération
  • La troisième raison de cette offensive est une question de politique intérieure. Il s'agit de replâtrer une sorte de front nationaliste en Turquie. Alors qu'on commençait à voir un début de rapprochement entre l'opposition kémaliste du CHP (Parti républicain du peuple) et les Kurdes, le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, superstar du CHP, a apporté aujourd'hui son soutien aux soldats turcs. Pas forcément à l'opération militaire en tant que telle, mais il est dans l'obligation de soutenir les troupes turques en Syrie. CNEWS, Dorothée Schmid, chercheuse spécialiste de la Turquie : «Avec l'offensive turque en Syrie, il y a un risque que Daesh reprenne ses opérations» | CNEWS
  • Avec Mustafa Kemal, la Turquie devient en effet le premier pays du Moyen-Orient à inscrire ses choix de politique intérieure (ses choix de société) dans le sillon européen et occidental. La Turquie devient alors l’unique République laïque dans le monde musulman. Les kémalistes transforment la Turquie en un État-nation modernisé, industrialisé et laïque. Ils n’ont pas ressenti le besoin de maintenir des éléments traditionnels comme la plupart des leaders nationalistes des pays en développement. Par ailleurs, la religion n’a pas été utilisée pour mobiliser les masses en Turquie comme dans les autres pays musulmans. L’idée d’une communauté nationale et kémaliste est contraire à la conception islamique. Pour cette raison, les révolutionnaires kémalistes de 1920 ne considèrent pas la religion comme un moyen de préserver l’ordre traditionnel dont ils préfèrent sa transformation totale, car les caractéristiques inhérentes à la culture ottomane sont considérées comme des entraves à la construction de l’État-nation ainsi qu’à l’affirmation et au développement de la culture turque. Engagée dans ce processus d’occidentalisation, la République turque instaure un système politique démocratique notamment via le multipartisme et la tenue d’élections régulières à partir de 1950. C’est parce que la Turquie est le seul pays du Moyen-Orient à avoir un système politique démocratique comparable avec ceux des États européens que les négociations en vue d’une adhésion sont lancées ; et ce, depuis le début de la construction européenne. Aujourd'hui la Turquie, L'occidentalisation de l'État turc - Aujourd'hui la TurquieAujourd'hui la Turquie
  • Le parti AKP de Recep Tayyip Erdogan a perdu à coup sûr la capitale Ankara lors des élections municipales qui se sont déroulées dimanche 31 mars en Turquie. Alors que l’opposition kémaliste réalise aussi des gains dans le sud du pays, Istanbul, la métropole dont le président a été maire dans le passé et où les résultats, très serrés, se font attendre, pourrait aussi basculer. La Croix, En Turquie, un camouflet électoral pour le président Erdogan
  • Sous couvert d'anonymat, un analyste turc relève que les deux hommes ne sont pas politiquement incompatibles, adversaires du kémalisme, tenants d'un islamisme modéré et d'un programme de société conservateur. Ils ont été longtemps alliés, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, s'appuyant sur les réseaux gulenistes pour asseoir son pouvoir face à l'influence kémaliste et laïque dans l'administration. Le Point, Qui sont les gulenistes, accusés d'avoir installé un "Etat parallèle" ? - Le Point
  • La Turquie a aussi subi plusieurs coups d’Etat militaires. A trois reprises, au cours de la 2° moitié du XX° siècle, en 1960, 1971 et 1980, l’armée turque est sortie des casernes. Mais elle l’a fait au nom des valeurs kémalistes – nationalisme et laïcité. Or, Erdogan s’identifie à Adnan Menderes, son héros politique. Menderes a été le premier chef de gouvernement turc à avoir gagné le pouvoir par des élections libres, à la tête de son Parti démocrate, en 1950. Il a été renversé dix ans plus tard par les militaires kémalistes, qui l’ont exécuté en 1961. France Culture, Qu'est-ce que l'AKP ? Le retour, en Turquie, du refoulé islamique
  • Pour Tansel Cölasan, présidente de l'Association de la pensée kémaliste (ADD), le gouvernement veut utiliser l'éducation pour créer une mentalité hostile à la république, «effacer les valeurs de la république, comme la laïcité, les droits des femmes, supprimer la sagesse d'Atatürk et d'Inönü». La Croix, Un Erdogan renforcé suscite des craintes pour l'héritage d'Atatürk
  • Les relations entre la Turquie et le monde Arabe ont été marquées par une longue histoire de domination, attraction puis aversion. Se libérant du joug Ottoman, les pays arabes se distancièrent du legs de cet empire, les turcs firent de même avec leur héritage civilisationnel commun avec les arabes et le fossé fut creusé entre ces deux cultures. Les idéologies dominantes durant le XXè siècle de part et d’autre des frontières anatoliennes ne firent qu’accentuer cette divergence. A la suite à des bouleversements géopolitiques au Moyen Orient et Afrique du Nord et à un revirement idéologique au sommet de la république kémaliste, une brèche s’est ouverte dans ce rempart de méfiance. Cette fenêtre de tir fut habilement exploitée par la Turquie pour lancer une offensive de soft power sans précédent qui a complètement renversé la tendance. Faisant d’elle la nouvelle idole des masses Arabes, cette campagne se déployant sur plusieurs fronts ne manqua pas de créer la polémique : elle fut décriée comme un retour de l’expansionnisme ottoman, ayant un agenda idéologique qui n’est pas du goût des classes dirigeantes dans plusieurs pays ciblés. Infoguerre, La montée de l’influence turque dans les pays arabes - Infoguerre
  • Recep Tayyip Erdoğan est au pouvoir depuis seize années. Lorsque son parti, l’AKP, gagne les élections législatives de novembre 2002, l’instabilité gouvernementale caractérise cette démocratie parlementaire sous tutelle militaire. C’est à l’issue d’un long combat que le Président réussit à s’imposer ; combat contre l’Armée dominante en s’appuyant sur une certaine gauche, les libéraux et l’Union européenne, combat contre la caste bureaucratique kémaliste en s’appuyant sur le solide réseau güléniste qui s’était implanté dans l’appareil étatique, combat ensuite contre ces alliés gülénistes pour réussir enfin, à la faveur du Coup d’Etat manqué de juillet 2016, à réduire toute opposition par une répression impitoyable au long de deux années d’Etat d’urgence avant d’imposer un régime résolument autocratique contre la classe politique réticente. Le projet de l’homme fort de Turquie ne s’est dessiné que progressivement. Membre du parti islamiste, il comprit après l’intervention militaire qui conduisit, en 1997, à la démission du premier ministre Erbakan, son mentor, qu’il convenait d’avancer prudemment. D’où l’image d’un libéral pro-européen qu’il arbora dans un premier temps, puis celle d’un partisan d’un Etat fort et stable, avant de préciser au rythme de discours successifs le type de société qu’il entendait instaurer, que l’on pourrait esquisser par quelques formules : ancrer une identité nationale islamique forte dans un récit national mettant l’accent sur la grandeur passée de l’empire ottoman. Celle-ci justifiant l’ambition d’imposer son pays comme le leader du monde arabo-musulman, de dénoncer le complot maléfique du monde occidental, aussi bien américain qu’européen, acharné à s’opposer à son pays pour imposer une domination de type impérialiste, et d’instaurer enfin un pouvoir fort et stable appuyé sur une population convaincue. Le « coup » de juillet 2016 fut, à cet égard, largement instrumentalisé pour illustrer à la fois le « complot » occidental et la présence des ennemis de l’intérieur. La Turquie se range ainsi dans cette catégorie de régimes dits de « Démocratie illibérale », qui se veulent une démocratie car leurs dirigeants procèdent de l’élection populaire, mais estiment que tous les moyens peuvent être employés pour réaliser leurs desseins et que le scrutin remporté vaut chèque en blanc. Un discours résolument populiste et souvent caricatural appuie la mise en œuvre de ce projet. Boulevard Extérieur, Turquie : économie, S-400, AKP, la fin des illusions - Boulevard Extérieur
  • La fin de la guerre froide, l’accélération de la mondialisation libérale, la relance en 1987 de la demande d’adhésion à la Communauté économique européenne allaient ébranler le vieil ordre kémaliste autarcique et autoritaire. Le pays s’interrogea sur son identité, sur sa place dans l’échiquier régional et mondial. Ces bouleversements et introspections déboucheraient sur la victoire en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP), une formation « postislamiste », et l’accession, l’année suivante, de M. Recep Tayyip Erdogan au poste de premier ministre. En une décennie, ce parti allait conforter sa domination sur la scène politique, remportant les élections législatives pour la troisième fois d’affilée en 2011, avec près de 50% des suffrages et un taux de participation avoisinant 87%. Le Monde diplomatique, Turquie, une puissance pérenne, par Alain Gresh (Le Monde diplomatique, décembre 2013)
  • Les dirigeants et stratèges turcs, qui méprisent la faiblesse et la désunion d'une Europe complexée réceptive aux chantages moraux, ont eu raison, de leur point de vue, d'essayer de tenter d'intégrer l'UE en la culpabilisant, notamment en la sommant de "prouver qu'elle n'est pas un club anti-musulman". Toutefois, la promesse européenne irréalisable de faire d'intégrer une Turquie incapable de remplir les critères requis n'a fait qu'empirer les relations UE-Turquie: le droit européen et la démocratie invoqués habilement par Erdogan au titre de la pré-adhésion, ont permit de démanteler "légalement" le pouvoir des militaires laïques (5 ème paquet de réformes européennes exigeants la fin du pouvoir des kémalistes-militaires). Une fois débarrassé des Kémalistes, aujourd'hui en prison, Erdogan n'a en fait plus rien à attendre de l'Europe qui l'obligerait à renoncer à son ADN autoritaire-national-islamiste. Le néo-Sultan a récemment comparé cette vielle Europe qu'il méprise à un "continent en voie de putréfaction", faible, pervers, déchristianisé, où il invite les Musulmans et Turcs à ne pas s'intégrer, à s'enrichir et à faire plein d'enfants, jusqu'à ce que les "Européens n'oseront plus sortir de chez eux dans les rues"… Une déclaration de guerre géo-civilisationnelle. Plus que jamais, le néo-ottoman Erdogan teste les réactions de ses voisins. Il ne s'arrêtera que lorsqu'il trouvera en face de lui une résistance et une unité. Ce constat est partagé aussi par nombre d'intellectuels arabes comme le président du Centre d'Etudes du Moyen Orient (CEMO), Abdelrahim Ali, également essayiste et député égyptien, qui vient de publier L'Etat des Frères Musulmans, l'Europe et l'expansion de l'organisation internationale (L'Harmattan). L'auteur ne cesse d'avertir les Européens sur la "stratégie séparatiste des Frères musulmans et de leurs alliés le Qatar et la Turquie d'Erdogan, dont l'action subversive en France et en Occident consiste à saper les valeurs de la laïcité et à pousser les musulmans pris ainsi en otage et fanatisés, à ne pas s'intégrer. Les concepteurs de ce projet sont les Frères musulmans et leur leader incontesté est Erdogan, qu'ils voient (via Al-Qardaoui) en nouveau Calife". Valeurs actuelles, Alexandre Del Valle : Menace turco-ottomane en Méditerranée, jusqu'où ira le Sultan-président Erdogan ? | Valeurs actuelles
  • La laïcité est un des piliers de la République kémaliste, inscrite d’abord dans la Constitution de 1924, puis dans celle de 1980, aujourd’hui en vigueur. Les pouvoirs kémalistes ont été inspirés et ont largement bénéficié du principe de laïcité, adopté le 9 décembre 1905, il y a 114 ans, en France, dans lequel l’Église catholique mettait fin complètement à son éducation dans tous les domaines de la vie et permettait la séparation des affaires religieuses et de l’État. L'Humanité, Face au « néo-ottomanisme » d’erdogan. La laïcité est le pilier essentiel de la démocratie en Turquie | L'Humanité
  • Les réformes entreprises par le parti du président turc depuis son arrivée au pouvoir ont changé l’idéologie kémaliste traditionnelle de l’armée en la remplaçant par un modèle plus « islamisé ». L'Orient-Le Jour, Comment l’AKP a dompté l’armée turque - L'Orient-Le Jour
  • Les laïcs du parti kémaliste CHP portent le candidat d’origine sunnite Muharrem Ince dont les meetings font salles combles à travers tout le pays. Le HDP pourrait quant à lui passer la barre des 10% de voix aux législatives, exigé pour siéger au parlement. Son candidat, Selahattin Demirtaş, continue de passionner les foules… depuis la prison où il est incarcéré sans procès depuis deux ans. Rue89 Strasbourg, Entre l'urne et la mosquée, des élections turques à Strasbourg sous tension
  • Des parades et rassemblements ont aussi été organisés à travers la Turquie. Par exemple, en plus du programme officiel, plusieurs mairies d’Istanbul ont prévu des rassemblements et concerts, comme celles de Maltepe, Kadiköy, ou encore Atasehir en présence de Kemal Kiliçdaroglu, le responsable du CHP – parti kémaliste et principale force d’opposition. Aujourd'hui la Turquie, 19 mai : la commémoration d’Atatürk, la fête de la jeunesse et du sport - Aujourd'hui la TurquieAujourd'hui la Turquie
  • Avec Ergenekon, la peur a changé de camp. Pendant des années, ce furent les islamistes, l’extrême gauche et les militants kurdes qui subissaient gardes à vue abusives, détentions préventives attentatoires à la liberté, procédures expéditives et bavures judiciaires dont la justice turque n’est pas chiche. Désormais, ce sont les «puissants» d’hier, les militaires et membres de l’establishment kémaliste (républicains laïcs) qui sont dans l’œil du cyclone judiciaire turc et en subissent les dysfonctionnements. Slate.fr, L'Affaire Ergenekon | Slate.fr
  • Arda porte une écharpe du club de Galatasaray. À ses côtés, deux supporteurs de Fenerbahce et Besiktas. "D'habitude, on se fout sur la gueule. Mais là, notre ennemi, c'est eux", dit-il en montrant les policiers à bonne distance de la place Taksim, bastion de la contestation à Istanbul. Sur les pelouses en pente qui surplombent l'Inönü, le stade historique de Besiktas, des dizaines de fans des trois plus importants clubs de la ville sont prêts à en découdre avec la police antiémeute. Les supporters stambouliotes se vouent d'habitude une haine farouche. Surtout les partisans de Fenerbahce, le club de "nouveaux riches", sur la rive asiatique du Bosphore, et ceux de Galatasaray, le club de l'élite à la tradition kémaliste, sur sa rive européenne. Aujourd'hui, l'appartenance à l'un ou l'autre des clubs dépend beaucoup de la tradition familiale. On dit à la terrasse des cafés que leur rivalité est aussi vieille que la République. Le Point, Istanbul : les fans de foot tous unis contre Erdogan - Le Point
  • Même poussé par son opposition kémaliste, ce n’est pas très prudent de faire de telles déclarations. L’espace aérien syrien étant contrôlé par les Russes et au service de l’armée régulière, l’armée turque n’a aucune capacité de pouvoir sortir de sa zone, et même de s’y maintenir. Erdogan devrait se méfier de son impulsivité, inversement proportionnelle au caractère « calculateur » du bon joueur d’échecs qu’est Poutine. Atlantico.fr, Les mésaventures d’Erdogan en Syrie | Atlantico.fr
  • Comme l’an passé, Edhem Eldem revient sur les chausses-trappes qui guettent l’historien de l’Empire ottoman. Il avait déjà évoqué les difficultés de son métier d’historien "face au rapport frénétiques des Turcs à l’histoire, le domaine étant vicié, selon ses mots, par l’emprise du politique et de l’idéologique », que ce soit la vision kémaliste déformante au XXe siècle ou que ce soit l’islamo-nationalisme du pouvoir au XXIe siècle.  France Culture, Reprise et rappels - Ép. 1/9 - L’Empire ottoman et la Turquie face à l’Occident, les années 1820-1830
  • Mais il n’en fut pas ainsi, et la promesse faite aux Kurdes s’envola, les Américains étant revenus, dès 1920, à une politique isolationniste. Surtout, à Istanbul, le gouvernement du sultan Mehmed VI signa l’accord, mais son concurrent d’Ankara, le mouvement national dirigé par Mustafa Kemal, le refusa. Ce fut la guerre d’indépendance turque, remportée par le camp kémaliste, elle fit tomber l’Empire ottoman en 1922. Un an plus tard, les Occidentaux signaient avec la Turquie le traité de Lausanne, qui venait remplacer le traité de Sèvres, devenu caduc. Plus favorable à la Turquie militairement victorieuse, il enterra le projet d’une Grande Arménie, soutenue par les Français, et d’un Kurdistan. Le Figaro.fr, Après la Première Guerre mondiale, les Kurdes déjà oubliés
  • Cette démonstration aussi rappelait irrésistiblement le mantra kémaliste bien connu “Père, levez-vous et laissez-moi descendre dans la tombe”, citation d’un célèbre poème que tout écolier turc doit apprendre par cœur. Autorité absolue. Il faut dire que ces deux cultes de la personnalité édifiés autour d’Atatürk et d’Erdogan ne sont pas les seuls du genre en Turquie. Il existe un troisième personnage qui, aux yeux de ses partisans, jouit aussi de l’image d’un demi-dieu : Abdullah Öcalan, le chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Courrier international, TURQUIE. A la recherche d’un père infaillible
  • Très peu connu en Turquie avant de se lancer pour les élections municipales, le 31 mars dernier, Ekrem Imamoglu, 49 ans, est l’homme qui a fait le plus de mal au président Recep Tayyip Erdogan en plus de vingt-cinq ans de vie politique.Bien que le parti au pouvoir dans le pays, l’AKP (parti de la Justice et du Développement), refuse sa défaite lors du dernier scrutin d’Istanbul et continue d’épuiser tous les recours pour le faire annuler pour « irrégularités », le candidat du CHP (Parti républicain du peuple, kémaliste), Ekrem Imamoglu, a reçu mercredi son mandat de maire de la plus grande ville du pays de la part de l’autorité électorale, après sa victoire avec 13 500 voix d’avance sur son adversaire, l’ancien Premier ministre Binali Yildirim (AKP), véritable poids lourd de la vie politique turque.C’est une défaite au goût plus qu’amer pour le président Erdogan, qui a lui-même été le maire de la ville de 1994 à 1998 et qui déclare régulièrement que « remporter Istanbul, c’est remporter la Turquie ». En l’espace de dix ans, depuis son adhésion au sein du CHP en 2008, Ekrem Imamoglu a su gravir les échelons de son parti. Il remporte une victoire politique et symbolique dans l’ancienne Constantinople qui, depuis un quart de siècle, était sous la domination des partis de la mouvance islamiste turque, qu’il s’agisse de l’AKP ou d’autres partis.Né à Trabzon (l’ancienne Trébizonde), sur les bords de la mer Noire dans le nord de la Turquie, Ekrem Imamoglu (dont le nom de famille veut littéralement dire « le fils de l’imam » ) « est issu d’une famille traditionnellement située du côté social-démocrate, c’est-à-dire de la “gauche”, mais avec des tendances conservatrices, où l’islam occupe une place importante », explique Asli Aydintasbas, spécialiste de la politique turque au sein du European Council of Foreign Relations (ECFR), contactée par L’Orient-Le Jour. L'Orient-Le Jour, Qui est Ekrem Imamoglu, le nouveau maire d’Istanbul ? - L'Orient-Le Jour
  • BHL a été utilisé par Erdogan pour critiquer le renversement du président Morsi par les militaires en Egypte; mais en donnant une interview à Cumhuriyet, BHL se retrouve tout autant instrumentalisé par le camp adverse pour cette fois critiquer Erdogan. Le principal journal kémaliste et nationaliste d’opposition à l’AKP aurait eu bien du mal à trouver en Turquie un pourfendeur s’exprimant aussi radicalement que BHL, ne serait-ce que par peur d’être traduit en justice. Slate.fr, Ce que révèle l'affrontement verbal entre Recep Tayyip Erdogan et Bernard-Henri Lévy | Slate.fr
  • Mal vu à l’époque kémaliste, le carré de tissu islamique, qui encadre le visage sans le cacher, a repris ses droits dans l’espace public depuis que le numéro un turc, Recep Tayyip Erdogan, l’a autorisé, à l’université, à l’école, dans l’administration et, tout récemment, dans l’armée. Pour autant, le foulard n’est pas obligatoire en Turquie. Son utilisation dépend du milieu familial, de l’origine sociale, de l’appartenance politique. Il se décline en plusieurs variantes, que seul un œil exercé parvient à déchiffrer. Cinquante-trois pour cent de la gent féminine turque le porte actuellement, soit seulement 1 % de plus qu’en 2008, selon un sondage publié, en janvier, par l’institut turc d’étude de l’opinion publique Konda. Dans le même temps, toujours selon Konda, le pourcentage des personnes se décrivant comme « pieuses » a tendance à diminuer. Elles étaient 55 % en 2008 et ne sont plus que 51 % dix ans plus tard. Réalisé fin 2018 sur 5 800 citoyens à travers 36 des 81 provinces du pays, le sondage indique aussi une légère augmentation des sondés se déclarant « athées » (3 % en 2018 contre 1 % en 2008). Le Monde.fr, En Turquie, une jeunesse moins pratiquante
  • Mais la motivation d’une telle escalade, estime Marc Pierini, "est une pure question de politique intérieure". Confronté à des difficultés économiques et malmené dans les sondages depuis qu’il a perdu, dans les urnes, la mairie d’Istanbul, au profit de son adversaire, Ekrem Imamoglu, en juin dernier, Erdogan cherche à reconquérir les cœurs. "En dix-sept ans de pouvoir, le président turc n’a jamais été en aussi mauvaise posture, c’est donc une façon pour lui de reprendre la main, de flatter la fibre nationaliste, de défendre l’indépendance du pays pour faire diversion, poursuit Pierini. Cela n’a que des avantages, jusqu’à ce qu’il fasse le pas de trop." Le parti d’extrême droite, le MHP, est le seul à le soutenir, tandis que l’opposition kémaliste, plus prudente, s’est élevée contre une "aventure désastreuse". Son propre parti est divisé. Challenges, Erdogan rêve d’un nouvel empire ottoman - Challenges
  • Le kémalisme nait en 1919 lors de la Guerre d’Indépendance turque. Il puise son nom de son architecte : Mustafa Kemal. Les forces étrangères qui occupaient la Turquie après la Première Guerre mondiale ainsi que le sultan Vahdettin et son gouvernement collaborationniste dirigé par Damat Ferit qualifiaient, non sans dédain, de « kémalistes » ou de « kémalis » ou encore de « kemaljis » les résistants turcs qui luttaient pour la libération de la Turquie. (Source : Mustafa Albayrak, “Kemalizm’in Düşünsel Temelleri ve Tarihsel Oluşumu”, Atatürk Araştırma Merkezi Dergisi, S. 77, s.309.) Turquie News - Site d'information sur la Turquie, LE KÉMALISME - Turquie News - Site d'information sur la Turquie
  • Plus de sept décennies après sa mort, Ataturk semble toujours vivant. Son portrait trône partout: du bureau du Premier ministre à la plus petite échoppe; Ataturk pendant la guerre d'indépendance, Ataturk en queue de pie, Ataturk fumant, Ataturk et sa fille adoptive, Ataturk de face, Ataturk de profil, le masque mortuaire d'Ataturk... il y en a pour tous les goûts. Dans les écoles, tous les lundis matins, les élèves s'alignent face à l'effigie kémaliste et font le serment d'offrir leur existence à la Turquie. Slate.fr, La Turquie toujours sous le signe d'Ataturk | Slate.fr
  • Oui, et c'est pour cela qu'il y a un espoir pour l'Iran (comme il y en avait un avec la Turquie de Mustafa Kemal, avant que l'U.E. sous prétexte de "démocratie" encourage les islamistes à abattre l'Armée turque kémaliste qui était le gardien de la laïcité puisque l'Islam, cela se combat par les armes, et pas par les bougies et les poèmes...). Parce que sous l'Islam, ce truc arabe, il reste malgré tout encore un peu de la Perse. Valeurs actuelles, La seule médaillée olympique d'Iran fuit son pays et dénonce l'“hypocrisie” d'un système | Valeurs actuelles
  • "Les mesures inspirées par la religion vont se multiplier, la démocratie va reculer, l'espace des libertés va se réduire", pronostique à l'AFP le vice-président du très kémaliste Parti républicain du peuple (CHP), Faruk Logoglu. ladepeche.fr, Turquie: Erdogan en perpétuateur contesté de l'héritage d'Atatürk - ladepeche.fr
  • Comment le Traité de Sèvres de 1920 est-il remis en cause? Comment Grecs et Turcs kémalistes renouent-ils avec les guerres balkaniques de 1912-1913? Quelles exactions meurtrières de part et d’autres? Qu’est ce que le drame de Smyrne? Demande l’historien Henry Laurens France Culture, Grecs, Turcs et Britanniques - Ép. 10/12 - Crises d'Orient : le Moyen-Orient à partir de 1914
  • Le Diyanet (Ditib en dehors de la Turquie) fonctionne comme une présidence sous la tutelle du premier ministre. Il exerce une influence considérable sur les croyants afin de leur « imposer » une version de l’islam sunnite d’interprétation hanafite, une des écoles juridiques les plus souples. Il avait été créé comme un projet de domestication de la religion au service de l’État-nation turc qui est basée sur les deux principes kémalistes : le nationalisme et la laïcité. En fait, le peuple suit plus particulièrement cette version de l’islam, qui insiste sur le respect de l’État, la nation, le régime kémaliste, les militaires, l’ordre politique, représentée par le Diyanet en Turquie. La Croix, Comment expliquer les tensions autour de l’islam en Turquie ?
  • Depuis les années 2000, les développements de la situation politique en Turquie, la détérioration des relations avec les Etats-Unis - la deuxième guerre d’Irak (2003-2011) avive les revendications kurdes dans l’ensemble de la région -, puis les tribulations de la candidature à l’Union européenne expliquent le changement de nature de l’eurasisme professé en Turquie et l’intérêt de certains milieux pour les thèses d’Alexandre Douguine, intérêt surprenant au regard de l’inimitié historique et des nombreuses guerres entre Russes et Turco-Ottomans, et du rôle de flanc-garde tenu par la Turquie sur la frontière sud de l’URSS, pendant la Guerre Froide. Outre le fait que la République turque entretient de longue date une relation ambivalente à l’Occident, l’accès au pouvoir de l’AKP (Parti de la Justice et du Développement), en 2002, et l’instrumentalisation du processus de négociation avec l’Union européenne, afin de refouler l’armée dans les casernes, suscite l’hostilité renforcée de milieux politico-militaires kémalistes à l’encontre de l’Occident. Aux yeux d’Ali Külebi, ancien directeur du Centre de recherche stratégique pour la sécurité nationale, la Russie fait figure de contrepoids et d’allié contre l’influence multiforme de l’Occident dans l’environnement géopolitique de la Turquie. Au-delà, la diplomatie turque devrait se rapprocher des régimes autoritaires-patrimoniaux d’Asie centrale et de la Chine populaire, malgré la question ouïghoure, avec en vue l’adhésion à l’Organisation de coopération de Shanghaï (Ankara bénéficie du statut de « partenaire de dialogue » avec l’OCS). Sur la scène politique turque, Dogu Perincek et le Vatan Partisi (le Parti de la Nation), qui ne dépasse pas les 2 % des suffrages électoraux, semble exercer une réelle influence dans les milieux politico-militaires. Ce sont d’ailleurs des officiers un temps victimes des procès Ergenekon et Balyoz (2007-2008) qui, une fois libérés, auraient pris langue avec Alexandre Douguine et Constantin Malofeev, afin de travailler à une réconciliation turco-russe, préalable à la constitution d’un axe Moscou-Ankara. Cette rencontre serait intervenue entre la crise turco-russe de novembre 2015 (la chasse turque abat alors un bombardier russe) et la tentative d’un coup de force contre Recep T. Erdogan, dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016. Vladimir Poutine fait immédiatement part de son soutien au président turc. Les deux hommes se rencontrent le mois suivant et un partenariat turco-russe prend forme, en Syrie et sur un plan plus large (énergie et achats d’armes). Boulevard Extérieur, L’eurasisme à la mode turque : errances et enseignements - Boulevard Extérieur
  • Bien formés, bien éduqués, laïques et kémalistes, la grande majorité des officiers de l’armée turque, souvent d’origine modeste, croient qu’ils sont les seuls et vrais représentants de la République. Libération.fr, Le coup d'Etat, une tradition des militaires turcs - Libération
  • Le centralisme dominant la construction de l’État-nation moderne dans la Turquie kémaliste contribue-t-il à consolider le fait national kurde ? L'Humanité, Gérard Chaliand : « La revendication d’autonomie kurde s’est affirmée tardivement » | L'Humanité
  • L’émotion qui saisit beaucoup de Turcs le 10 novembre à 9 heures 05 n’est pas feinte ; celle qui unissait les participants aux immenses marches kémalistes des 25 et 29 octobre 1998 était réelle aussi. Les Turcs voient sincèrement dans Atatürk un principe paternel protecteur, et la simple perspective d’un affaiblissement de cette structure mentale peut provoquer une sourde inquiétude : c’est ce qui s’est passé en 1996-1997. , La transcendance d’Atatürk - À quoi sert Atatürk dans la Turquie d’aujourd’hui ? (4e partie) - Turquie Européenne
  • Décembre 2013 : la rupture entre Fethullah Gülen et Recep Tayyip Erdogan est consommée. Pourtant, une décennie plus tôt, les deux hommes avaient arrêté un plan : avancer de concert et jeter à terre la citadelle kémaliste. Une fois les portes du pouvoir franchies (2002), l’alliance tourne à plein régime. D’un côté, l’AKP apporte son inépuisable réservoir de voix issues de l’Anatolie profonde, de l’autre, la confrérie injecte la matière grise indispensable à la bonne marche des institutions. Le Hizmet dispose d’un vaste réseau médiatique, universitaire et financier. Ses écoles accouchent d’une nouvelle élite, appelée en Turquie la « génération dorée ». À charge pour elle de régénérer le pays et de rendre à l’islam la place qui lui revient. Un à un, les « fethullahçi » gravissent les échelons de l’État et s’immiscent au cœur des ministères régaliens. La police, les académies militaires, la justice rejoignent l’escarcelle de la confrérie. Face aux velléités factieuses des cercles militaro-laïques, les gülenistes instruisent d’une main de fer les procès qui envoient croupir des centaines d’officiers supérieurs en prison. , Derrière Recep Tayyip Erdogan : les confréries ? – Areion24.news

Traductions du mot « kémaliste »

Langue Traduction
Anglais kemalist
Espagnol kemalista
Italien kemalista
Allemand kemalist
Chinois 凯马斯特
Arabe الكماليست
Portugais kemalist
Russe кемалистская
Japonais ケマリスト
Basque kemalist
Corse kemalista
Source : Google Translate API

Kémaliste

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