Irreprésentabilité : définition de irreprésentabilité

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Irreprésentabilité : définitions subjectives sur Dicopedia

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Phonétique du mot « irreprésentabilité »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
irreprésentabilité irɛpresɑ̃tabilite play_arrow

Citations contenant le mot « irreprésentabilité »

  • Clara Royer et László Nemes ne sont pas naïfs. Ils savent que le sujet est explosif, et que le diktat lanzmannien de « l'irreprésentabilité » des camps sera brandi tel un totem par leurs détracteurs. Mais on les sent calmes et déterminés. Le Fils de Saul est leur façon de transmettre une histoire dont ils se disent les héritiers. « C'est à nos yeux un sujet éminemment contemporain. Extrêmement important à l'heure où l'Union européenne est en danger. Car après tout, l'Europe s'est aussi bâtie sur la Shoah. » Télérama, “Le Fils de Saul” : “on a voulu aller contre la mythification de la Shoah”
  • Le film a réconcilié deux voies, incarnées par deux voix qui se sont fait entendre : celle de Claude Lanzmann et celle de Georges Didi-Huberman. Le premier, gardien du temple de l'irreprésentabilité de la Shoah, a adoubé le film à Cannes, le présentant comme « l'anti-Liste de Schindler » dans un entretien accordé à Télérama : « László Nemes a inventé quelque chose. Et a été assez habile pour ne pas essayer de représenter l'Holocauste. Il savait qu'il ne le pouvait ni ne le devait. Ce n'est pas un film sur l'Holocauste mais sur ce qu'était la vie dans les Sonderkommandos. [...] Ce que j'ai toujours voulu dire quand j'ai dit qu'il n'y avait pas de représentation possible de la Shoah, c'est qu'il n'est pas concevable de représenter la mort dans les chambres à gaz. Ici, ce n'est pas le cas. Le réalisateur s'intéresse à ces commandos spéciaux chargés de la tâche atroce de forcer d'autres Juifs à se dévêtir, à laisser leurs vêtements puis à entrer dans les chambres à gaz. » Télérama, “Le Fils de Saul”, ou comment rendre visible l'inimaginable
  • Les maximes sur l’impossibilité de représenter la mort ne manquent pas. En particulier quand il s’agit de la mort de masse, celle qui fut donnée dans les camps d’extermination. Au nom d’une « irreprésentabilité » supposée de la Shoah, une école de pensée a délégitimé a priori l’archive visuelle, se fondant sur le parti pris formel de Claude Lanzmann dans Shoah (1985), qui excluait toute image d’époque. Siegfried Kracauer, dans Théorie du film (Flammarion, 2010), anticipant ce débat dans les années 1950, avait suggéré que l’horreur pouvait être vue, mais seulement de façon détournée (il recourut pour cela à l’allégorie de la tête de Méduse, dont Persée évita le regard mortifère en contemplant son reflet sur son bouclier). Dans Images malgré tout (Minuit, 2004), le philosophe et historien d’art Georges Didi-Huberman a, sans craindre la polémique, voulu restituer un statut « imaginable » à la déchirure du génocide, en commentant quatre photographies d’Auschwitz prises à l’insu des gardes SS par des Sonderkommandos en août 1944, alors que la machine meurtrière battait son plein avec le gazage des juifs hongrois. Mais la rareté de ces clichés, pris clandestinement, continuera à être inversement proportionnelle à l’énormité de l’événement. Le Monde.fr, Regarder l’horreur en face
  • Vous prenez également comme exemples les « rouleaux d’Auschwitz », qui ont inspiré le film Le Fils de Saul… Ce sont des témoignages, la plupart en yiddish, écrits par des membres du Sonderkommando, le groupe de prisonniers obligés de brûler les cadavres du camp d’Auschwitz-Birkenau, enfouis dans des récipients sur les lieux mêmes des exterminations. Leur découverte et leur lecture ont bousculé un certain nombre d’idées reçues à propos de ces déportés, souvent représentés comme des complices ou des automates, et ont aussi fragilisé le dogme de l’irreprésentabilité de la Shoah. Ce n’est pas un événement indicible : la preuve avec la dimension concrète et littéraire de ces textes. Ces capsules de temps s’orientent aussi bien vers le passé que vers le futur – elles opèrent un « sauvetage » contre le négationnisme. Télérama, Les capsules de temps : pourquoi l’humanité enfouit sa mémoire à destination du futur 
  • Tous ces avocats s’accordent peu ou prou sur l’idée que la grandeur du film tient à son parti pris, le choix de se river aux perceptions subjectives d’un seul et même personnage, seule façon tolérable d’évoquer l’irreprésentable du meurtre de masse industrialisé. Mais une telle plaidoirie bute, nous semble-t-il, sur un impensé manifeste des discours contemporains et anciens relatifs à cette «irreprésentabilité» : la question du son - pas moins vecteur d’une représentation que l’image -, quand la tonitruante bande sonore du Fils de Saul ne fait l’économie d’aucun effet spectaculaire, d’aucune stylisation. Faut-il que l’essentiel des spectateurs très informés du film soient sourds pour que cette partition pour hurlements d’agonie, portes qui claquent, brasiers et autres souffleries de locomotives devienne à ce point la tache aveugle de leurs discours ? Libération.fr, «Le Fils de Saul», choc sans réplique - Culture / Next
  • Un écran de tulle sépare le public de la scène, le réel du lieu de représentation, tout en jetant une incertitude visuelle, un effet grisant et déréalisant. Dans un tableau générique, débuté sur scène durant l’entrée du public, Romeo Castellucci nous plonge dans les années 1950, un groupe de comédiens, élégants, prennent les mesures des uns des autres, se jugent, ils sont déjà en représentation. En fond, l’affiche d’un lièvre, l’animal impur condamné dans l’Ancien Testament, annonce l’absence de Moïse, auquel il se substitue. Rendu à l’irreprésentabilité qu’il incarne, le patriarche n’apparaîtra jamais. Go Down Moses image la vie du prophète biblique, plutôt qu’en retracer la ligne biographique. Représenté par une turbine cylindrique qui tourne à toute allure, dans un bruissement strident, puissant et inconfortable, le buisson ardent incarne avec violence le destin d’une humanité condamnée, à l’instar des perruques qui, tombant du ciel, se prennent au piège de sa folle rotation. Paris Art, Go Down Moses de Romeo Castellucci : Une fable énigmatique
  • La profondeur et la durée de l’impact du film sont, par ailleurs, farouchement soutenues par la présence médiatique de son réalisateur. Auréolé de son amitié avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir dans un premier temps, ses prises de positions sans concession sur l’irreprésentabilité de la Shoah lui confèrent une voix à part entière sur la scène intellectuelle française. France Culture, Claude Lanzmann (1925-2018), un corps, une oeuvre - Ép. 3/8 - 1945 : 75 ans après

Traductions du mot « irreprésentabilité »

Langue Traduction
Corse irrapprezentabilità
Basque irudikaezintasuna
Japonais 表現できない
Russe неизображенность
Portugais irrepresentabilidade
Arabe عدم القدرة على التمثيل
Chinois 无代表性
Allemand unrepräsentierbarkeit
Italien irrappresentabilità
Espagnol irrepresentabilidad
Anglais unrepresentability
Source : Google Translate API

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