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Intersubjectif

Définitions du mot « intersubjectif »

Trésor de la Langue Française informatisé

INTERSUBJECTIF, -IVE, adj.

PHILOS., PSYCHOL.
A. − Qui concerne les relations de personne à personne, chaque personne étant considérée du point de vue de sa subjectivité (opinions, croyances, sentiments). Échange intersubjectif; communication intersubjective. Seule de toutes les opérations expressives, la parole est capable de se sédimenter et de constituer un acquis intersubjectif (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 221).La relation intersubjective de l'accueil sous la forme développée de l'hospitalité (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 76):
« Pourquoi crois-tu? − Parce que mon père m'a dit de croire » (Kierkegaard). Ce mot ne peut tromper : la relation de père à fils renvoie à tout un système de rapports intersubjectifs. Philos., Relig., 1957, p. 38-05.
B. − ,,Qui relève de la subjectivité collective (croyances, sentiments, stéréotypes, idéologie, etc.)`` (Mucch. Sc. soc. 1969). La Tradition, les Écritures, les Églises ne sont pas des choses, mais le produit de conduites intersubjectives (Philos., loc. cit.).
Prononc. : [ε ̃tε ʀsybʒ εktif], fém. [-i:v]. Étymol. et Hist. 1. 1931 « qui concerne les relations de personne à personne » (E. Husserl, Méditations cartésiennes, trad. de l'all. par G. Peiffer et E. Levinas, p. 90). 2. 1957 « qui relève de la subjectivité collective » (Philos., loc. cit.). Composé de inter-* et de subjectif*. Terme de philos. déjà attesté en 1886 par l'all. intersubjectiv « ce que tout individu trouve immédiatement dans sa conscience individuelle » (cf. J. Ritter et K. Gründer, Historisches Wörterbuch der Philosophie, t. 4, col. 521) et en 1899 par l'angl. intersubjective « qui existe entre deux consciences individuelles » (cf. NED Suppl.). Fréq. abs. littér. : 20.

Wiktionnaire

Adjectif

intersubjectif \ɛ̃.tɛʁ.syb.ʒɛk.tif\ masculin

  1. (Psychologie) Relatif aux subjectivités distinctes.
    • L'explication la plus simple de cet accord intersubjectif est que les deux personnes voient les mêmes choses parce qu'il y a réellement deux arbres, un massif de fleurs et de l’herbe dans le jardin qu’ils observent. — (Les limites de la connaissance - Page 284, Hervé Zwirn - 2000)
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Étymologie de « intersubjectif »

 Dérivé de subjectif avec le préfixe inter-.
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Phonétique du mot « intersubjectif »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
intersubjectif ɛ̃tɛrsybʒɛktif

Citations contenant le mot « intersubjectif »

  • Le premier stade de négociation du sens, le plus minimal, est celui d’une régulation plus ou moins consciente de sa propre production, afin que celle-ci soit transmise de façon la plus « recevable » possible : il est en effet question d’une mise en adéquation du contenu du message avec la réalité extralinguistique, avec sa propre pensée, et avec les représentations de l’autre (ou du moins celles qui lui sont prêtées). Ainsi, des processus d’ajustement intersubjectif[1] peuvent être sollicités, afin notamment d’affiner le choix des notions employées, par le biais de marqueurs permettant de les commenter (just, truly, frankly, almost, etc.) ou encore de les réviser (I mean, you know, well, or rather, etc.). Dans ce dernier cas, il s’agit plus exactement de procédés de réajustement, puisque le travail de régulation s’effectue a posteriori. Les notions employées font ainsi l’objet d’un travail de régulation fréquent, favorisant une meilleure transmission du message. , "Stratégies intersubjectives en discours et négociation du sens" (Toulouse)
  • Vérité objective, donc, qui ne se distingue pas si aisément de l’accord intersubjectif quant aux faits, à commencer par la factualité elle-même, si bien que de proche en proche on atteint le consensus et ses vérités consensuelles. C’est bien pour cela, d’une part, que les scientifiques eux-mêmes parlent aujourd’hui avant tout de degrés de conviction — et non plus de vérité — tandis que la culture scientifique, en tant qu’elle recherche assidument « la réalité réelle », ne correspond pas aux cultures sociohistoriques — encore que « la science » ait bien un développement culturel sociohistorique, aussi, y compris comme culture scientifique. Néanmoins la culture scientifique n’admet pas aisément les validités (« vérités consensuelles ») des autres cultures, pourtant nécessaires pour qu’elles soient cultures, c’est-à-dire scientifiquement vie commune, tandis que la scientificité n’hésite pas à détruire cette vie commune aux besoins de la recherche, et ainsi de suite ... la dialectique est immense. AgoraVox, Y a-t-il une différence entre « vérité consensuelle » et « vérité objective » ? - AgoraVox le média citoyen
  • 34La présence est une notion régulière dans les écrits de G. Marcel. Elle se comprend à plusieurs niveaux, mais tous convergent vers une même idée. Elle est d’abord présence d’autrui, et donc présence à autrui dans l’établissement, le maintien et l’épanouissement du lien intersubjectif : « C’est l’existence même de l’autre, en acte et en toute liberté, qui lui assure une présence. Cette dernière ne tient pas à un message quelconque, à un contenu, mais à un être‑là, tout entier dans l’instant et dans l’immédiateté, dans l’immanence. » (p. 158) Ce premier niveau de la présence n’est pas séparable d’un autre, « la présence à soi‑même » (p. 158). Cette dernière est à la fois une condition première et nécessaire pour que la présence à autrui surgisse, et à la fois un bénéfice subséquent de cette présence à autrui. L’ouverture intersubjective favorise la présence à soi‑même, autant que celle‑ci favorise la qualité du rapport intersubjectif, de sorte que les deux présences sont inter‑agissantes. À la faveur de ce va‑et‑vient perpétuel, il est permis de parler d’une « présence créatrice » (p. 160) plus globale. G. Marcel utilise un vocabulaire significatif qui rend bien compte de l’effet de la présence d’autrui sur mon propre être : la présence d’un autre être est un « apport » (p. 157) ou un « influx » (p. 162). Autrement dit : la présence d’autrui peut accroitre ma propre substance. Une telle approche est évidemment structurée dans son fond par la pensée religieuse de ce qui serait une présence absolue : celle de Dieu. , Le théâtre de Gabriel Marcel : une philosophie en « actes » (Acta Fabula)
  • Cette invitation s’adresse à tous les praticiens en art, les chercheurs et les chercheurs-créateurs, bref à tous ceux et celles qui, au sein des universités ou dans les lieux artistiques, réfléchissent aux questions que nous posons ici. Nous interrogeons les processus intersubjectifs et les éléments philosophiques, poétiques, intimes, sensibles, symboliques, politiques ou éthiques qui inspirent et conditionnent nos projets. Dans un esprit d’exploration des dimensions humaines de l’art qui n’est ni seulement anthropologique ni seulement poétique, ni seulement psychanalytique, ni seulement philosophique, ni seulement formel ou esthétique, mais tout cela à la fois, nous proposons quatre volets de réflexion : , Trésors de l’œuvrement. La pratique artistique comme mode de vie et manière de réfléchir le monde (Univ. du Québec à Rimouski)
  • A la différence de Zoom et de Discord, plateformes qui ne le sont que par métaphore, l’école est un lieu social. C’est d’ailleurs le seul lieu où un enfant peut choisir par lui-même ses fréquentations. Dans ce contexte de post-confinement plus que jamais, les jeunes ont besoin de se construire parmi les autres. De se regarder dans les yeux, de s’approcher, de partager un verre ou un repas. A dix-huit ans, on se demande comment se construire soi, comment construire un monde. On ne devient soi, on n’existe que dans l’intersubjectif. L’action en société associative ou politique, se situe très précisément à la croisée de la trajectoire individuelle autonome et du plan commun. Le défi pour les jeunes en post-confinement est de parvenir à continuer d’articuler la singularité (l’indépendance individuelle) et la solidarité (l’interdépendance collective) en dépit de la conjoncture inédite. Marianne, L’écran n'est pas une classe : comment le confinement a montré le rôle indispensable de l'école républicaine | Marianne
  • Dès lors, si le vivre ensemble du sujet est empêché, comment pourrait-on accepter le vivre ensemble intersubjectif ? Comment accepter l’autre sujet, l’autre tout court, si je ne vis pas d’abord ce processus d’acceptation, de conciliation, de délibération en moi ? En outre, obstruer la subjectivation, c’est créer une docilité confinant à une « nouvelle servitude volontaire ». The Conversation, L’avenir de la robotique sociale : assistance ou surveillance ?
  • La sincérité est la fable du langage. Elle jouit dans la poétique moderne d’une réputation de neutralité et de transcendance dont Rhétorique de la sincérité entreprend la nécessaire réévaluation. Quels sont les dangers sociologiques, les apories esthétiques et les incohérences historiographiques des visions traditionnelles de la sincérité en poésie ? Comment perpétuent-elles le mythe d’un langage libre de toute convention ? Ce sont là les questions que cette étude s’efforce d’élucider à la lumière des révolutions rhétoriques modernes. Il est alors possible d’identifier, chez des poètes tels que Paul Celan, Philippe Jaccottet, W.H. Auden, Yves Bonnefoy ou encore Louis Zukofsky, de nouvelles formes de sincérité tout aussi attachées à la connaissance qu’à l’émotion, à la durée qu’à l’immédiateté, à l’intersubjectif qu’au subjectif. La sincérité poétique n’est plus alors érigée au rang de parole authentique, garante de l’intégrité du sujet. Elle n’est plus réduite au statut de simple technique élocutoire. Elle est la figure rhétorique qui condense en une unique locution cette double fonction de la poésie moderne – parole de persona et de personne.   , N. Manning, Rhétorique de la sincérité. La poésie moderne en quête d’un langage vrai
  • Dans l'esprit des Achuar, le savoir-faire technique est donc indissociable de la capacité à créer un milieu intersubjectif où s'épanouissent des rapports réglés de personne à personne : entre le chasseur, les animaux et les esprits maîtres du gibier, et entre les femmes, les plantes du jardin et le personnage mythique qui a engendré les espèces cultivées et qui continue jusqu'à présent d'assurer leur vitalité. Loin de se réduire à des lieux prosaïques pourvoyeurs de pitance, la forêt et les essarts de culture constituent les théâtres d'une sociabilité subtile où, jour après jour, l'on vient amadouer des êtres que seuls la diversité des apparences et le défaut de langage distinguent en vérité des humains. L'Obs, Les plantes et les animaux ont-ils une âme ?
  • Les troubles du spectre autistique ne pourront donc émerger qu’à travers des cascades d’événements, induisant des spirales interactives auto-entretenues, sous la forme d’un « processus autistisant » (J. Hochmann) : un bébé ayant par exemple des particularités sensorielles endogènes l’amenant à ne pas maintenir la réciprocité interactive pourra favoriser une forme de désengagement relationnel de la part de ses parents, ce d’autant plus si certaines fragilités peuvent exister au préalable ou être renforcées par l’évitement du nourrisson (dépression du post-partum, situation socio-familiale précaire, évènements traumatiques, indisponibilité concrète et affective, etc.). Une circularité rétroactive peut alors s’enclencher dans les modalités interactives, sans qu’il soit possible d’en définir l’origine. Cependant, cette spirale peut venir aggraver, dans un second temps, les entraves dans l’intégration sensorielle et le partage intersubjectif du côté du bébé, mais aussi les frustrations relationnelles et le découragement du côté de son entourage. « La réponse du personnage maternant aux troubles moteurs et toniques du bébé, à son défaut de pleurs, à ses anomalies du regard, à son défaut d’anticipation lorsqu’on s’avance pour le prendre, inscrit nécessairement ces troubles dans une histoire qui cherche à traiter l’anomalie et à rétablir la continuité narrative »  (J. Hochmann). Mais, les défaillances des ajustements toniques de l’enfant, son incapacité biologique à réagir de manière prévisible, adressée et réciproque, peuvent venir désorganiser toute tentative de mise en récit du lien. Les parents s’obstinent parfois en vain à chercher du sens, et peuvent dès lors être tentés de désinvestir l’interaction affective ; en même temps, l’enfant peut également s’épuiser, du fait de sa difficulté à s’identifier à l’autre à et s’approprier son activité narrative, ne parvenant pas à développer une « agentivité » suffisante, « un sentiment d’être l’opérateur d’un effort efficace pour modifier son environnement, et donc de donner sens à son monde et à son action sur ce monde ». Politis.fr, Entre les murs ? 3 : Des soins pour l’autisme ? par Docteur BB | Politis
  • La notion de validité se substitue donc à celle de vérité. Une énonciation peut être valide sans être vraie. Le noyau rationnel et intersubjectif de la communication est donné dans cette possibilité toujours ouverte de justification. Le Temps, Jürgen Habermas, un demi-siècle d’une pensée en action - Le Temps
  • Ce travail explore la façon dont les féministes mobilisent la notion d'universel dans leurs revendications de justice. Depuis les années 1950, l'universalisme latent ou assumé de certains discours féministes a été beaucoup critiqué. On a reproché à ces discours de se déployer dans les cadres philosophiques à la fois ethnocentriques, impérialistes et patriarcaux hérités des Lumières. Ces critiques, qui sont principalement relayées, depuis quelques années, par les féminismes queer et postcoloniaux, ont conduit certaines féministes à prendre leurs distances avec la rhétorique des droits universels, et à privilégier des approches éthiques et contextualistes. Tout en parcourant la diversité de ces critiques, ma thèse examine la possibilité de maintenir l'universel à l'horizon d'une théorie féministe de la justice. Partant de l'intuition selon laquelle l'universel est d'emblée ambigu, ou équivoque, je suggère qu'il est possible de le conserver comme un horizon des luttes féministes, au niveau intersubjectif comme au niveau politique. Concevoir l'universel comme ambigu offre selon moi la possibilité de repenser le sujet et les éthiques postmodernes à la lumière des critiques adressées par les féministes queer et postcoloniales. Après avoir examiné les critiques féministes adressées à certaines théories de la justice (principalement celle de Rawls), mais également les débats féministes en matière d'éthique (éthiques du care, ou éthiques écoféministes par exemple), je propose d'articuler une éthique féministe à une théorie politique des institutions justes. Tout en maintenant l'ambigüité de l'universel, cette conception de la justice permet non seulement de concevoir de nouvelles formes de solidarités transnationales mais aussi de repenser les termes d'un cosmopolitisme féministe. CDÉACF, Thèse de doctorat « Féminisme et universalisme : vers une définition commune de la justice » | CDÉACF
  • J’imagine que l’éditorialiste présume avec confiance que l’exercice intersubjectif de l’arbitraire par lequel s’applique le pouvoir autoritaire de la personne qui le détient au dépens d’une autre qui en est démunie se fera entre gens raisonnables dotées du gros bon sens partagé qui pourront s’entendre pour reconnaître le signe religieux qui sera « raisonnablement considéré comme faisant référence à une appartenance religieuse» tel que le stipule cet élément de définition dudit signe religieux. Après tout, l’apprentissage de l’obéissance fait partie du processus éducatif de préparation à la vie citoyenne. Marc Therrien Le Devoir, Signes religieux: heureux retour à la raison | Le Devoir
  • En conclusion, la médiation animale dans le champ de la santé ou zoothérapie, relève de protocole et d’un processus de connaissance de soi et de l’autre. L’animal de compagnie est un être aimé qui donne à la personne soignée du sens à la vie. La médiation animale s’articule entre le soi et les pertes qui se caractérisent par un vide (cognitif, sensoriel moteur). L’altérité est la confrontation des expériences dans un cadre relationnel comprenant souvent trois personnes, le soignant, la personne soignée et l’animal. Ce triangle soignant implique la prise en compte des capacités émotionnelles et interroge le processus mental pour aller vers un apaisement certain. Le caractère intersubjectif dessine un mouvement, une dynamique, un cercle vertueux qui favorise l’ancrage thérapeutique scénarisé, créatif, formalisé. Infirmiers.com, La médiation animale ou le triangle soignant, animal, patient
  • L’auteur termine sur le constat qu’Internet est loin de nous prémunir contre des erreurs de jugement. Il écrit : « Le Web a renforcé la polarisation des opinions par la mécanique du communautarisme idéologique. Quelle que soit votre opinion, vous trouverez toujours sur le Net un groupe de personnes partageant la même opinion que vous, ce qui renforcera votre conviction. Or les animaux rationnellement limités que nous sommes tendent à croire que l’intersubjectif et l’objectif possèdent le même statut épistémique : croyance partagée équivaut à vérité. […] Le Web permet de toucher en masse cette “démocratie des crédules” selon les termes du sociologue Gérald Bronner, sur laquelle prospèrent les désinformateurs, les marchands de doute, et les auteurs de fake news » (p. 202) 1. Afis Science - Association française pour l’information scientifique, L’erreur est humaine - Afis Science - Association française pour l’information scientifique
  • Sa théorie de la justice sociale est plus largement bâtie sur la possibilité d’un écart entre irréprochabilité procédurale et injustice substantielle. Et toutes les oppressions qu’elle pense reposent sur des mécanismes qui n’ont rien d’intersubjectif, l’inégalité étant toujours un effet de structures. Un de ses refus théoriques marquants vise ainsi une conception dyadique de la subordination féminine, et l’utilisation du modèle maître/esclave, tel que l’on peut le trouver dans la critique du contrat sexuel par Carole Pateman, par exemple. Pour Nancy Fraser, l’inégalité de genre repose non pas sur ces formes brutes d’assujettissement, mais sur des mécanismes structurels plus impersonnels qui se perpétuent dans des formes culturelles fluides. , Nancy Fraser ou la théorie du « prendre part » - La Vie des idées
  • La Vie des Idées : Dans l’ensemble de vos travaux, vous êtes soucieuse de dégager les interdépendances qui font une vie. C’est ce qui la rend précaire, le fait d’être par définition dans son être et son identité tributaire et dépendante des autres. Ce tissu social et intersubjectif de la subjectivité n’est pas sans rapport avec votre lien à Hegel, qui plus que tout autre, vous le soulignez dans Sois mon corps, ne cesse de rappeler que le sujet est constitutivement lié au tout et au commun qui lui donnent son sens. N’y a-t-il aucun sens à penser des phénomènes de la subjectivité indépendants de ce tissu social ? Par exemple une relation éthique solitaire de soi à soi, indépendante des interactions et interdépendances qui font par ailleurs une vie. , Une analytique du pouvoir - La Vie des idées
  • Le paradoxe est réel et même central. Cette liberté de l’improvisation n’est pas donnée gratuitement : son exercice suppose un travail spécifique, obéissant à des principes et à des règles (écouter l’autre, ne pas occuper tout l’espace sonore, éviter les automatismes). Mais ces règles se présentent moins comme des contraintes extérieures limitant la liberté de l’improvisateur que comme des conditions de possibilité d’un espace de liberté authentique. La liberté de l’improvisateur ne consiste pas à évoluer à sa guise dans un espace indéterminé mais bien plutôt dans la construction et le maintien d’un espace intersubjectif dont la géométrie n’est pas imposée de l’extérieur, mais émerge et varie au fil des interactions. , Les règles de l’impro - La Vie des idées
  • De plus, à l’instar du communautarien Charles Taylor, Habermas voit dans la formation et le maintien de l’i dentité d’une personne un processus dialogique et intersubjectif. Il en tire alors com me conséquence le droit pour chacun de maintenir, via des symboles et des pratiques, ses engagements fondamentaux à l’endroit d’une conception du bien. Le Devoir, Le Devoir de philo - Habermas contre la laïcité québécoise stricte | Le Devoir
  • Il est tentant de vérifier si les dessins sont fidèles aux textes, aussi présents dans l’exposition, mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans le stratagème intersubjectif qui a consisté pour ces personnes à déléguer leur regard à l’artiste et, pour elle, à incarner par le dessin l’expérience très intime et répétée des sites décrits. Entre les mots et les images, le résultat cultive avec fécondité l’indicible, à mille lieues de la carte postale. Le Devoir, Elles font des paysages | Le Devoir
  • 8Dans cette « situation complexe de discours, dont le livre est moins l’objet que la conséquence » (120), il s’agit donc de se satisfaire soi en montrant qu’on est capable d’en parler ; et, si l’on est plus habile, de satisfaire l’autre en lui donnant ce qu’il demande. Le livre désigne donc d’abord un manque, intime ou collectif, un fossé intersubjectif que la parole va chercher à combler. , La bibliothèque comme dispositif. La non-lecture selon P. Bayard (Acta Fabula)
  • Les scientifiques et intellectuels algériens ont toujours essayé de lire la réalité et de l’interpréter à partir de modèles théoriques préétablis conçus à partir de et pour d’autres contextes, démarche qui les amène à chaque fois à considérer médiocre cette réalité qui s’avère non conforme à leur vérité. Lounès Matoub, quant à lui, a choisi sciemment d’être le poète de Victor Hugo " …qui, malgré les épines, l’envie et la dérision, marche courbé dans (les) ruines, ramassant la tradition. De la tradition féconde (il fait sortir) tout ce qui couvre le monde, tout ce que le ciel peut bénir» ; nous ajoutons, tout ce qui à l’humain peut utilement servir. C’est ainsi qu’il est allé dans les profondeurs de la mine de nos traditions en empruntant tout ses labyrinthes pour nous restituer tous ces débris oubliés et tout ces trésors enfouis, reconstruits sous forme de nouvelle vision, vision dont les racines tiennent au passé ancestral et dont les branches tirent vers un avenir s’inscrivant dans les valeurs universelles. Par cette posture, Matoub se montre encore une fois plus scientifique que nos scientifiques, puisque, en vérité, «indépendamment des perspectives théoriques, disaient Berger et Luckmann, la connaissance est disponible dans le monde de la vie quotidienne. Cette connaissance est donnée et aussi objectivée, rendant possible un sens commun dans un monde intersubjectif". Le Matin d'Algérie, Lounès Matoub, de la vie tragique à l’œuvre mythique | Mémoire
  • Mon argument sera qu’il s’agit néanmoins d’une réalité. Car nous construisons toutes nos réalités sur le même mode du consensus intersubjectif. Mais c’est encore un autre chapitre  AgoraVox, QU'EST-CE QUE LA PSYCHOLOGIE ? (Projet de psychologie synthétique VII) - AgoraVox le média citoyen
  • Le fanatisme appartient bien à l’homme et pas à l’animal. On rappelera la distinction entre le fanatisme lié au processus de déstructuration du sujet et une autre « psychopathologie » moins toxique, le fantasmatique, qui relève plus de l’obsession. En usant de la distinction forme et contenu, le fanatisme se conçoit avec une altération du contenu subjectif et intersubjectif, autrement dit une incapacité du sujet à accepter le monde et se conformer à quelques valeurs et règles sociales permettant de « faire société ». Dans le phénomène fantasmatique, c’est plutôt la forme qui, devenue envahissante tel un virus dans la pensée, perturbe le système du désir sans modifier le contenu subjectif ou altérer les déterminations relationnelles essentielles. Bien souvent, le fantasmatique s’insinue chez des individus en déficience de contenu spirituel et qui cherchent à fuir leur vide d’Etre. Il y a une différence entre le fanatisme qui se fait sauter dans le métro et le fantasme des écolos obsédés par le réchauffement climatique ou bien la pureté des aliments bio. Le principe de précaution relève aussi d’une dérive fantasmatique. Ce principe n’a rien d’une valeur ni d’une vertu. La prudence guide les hommes doués de raison. Le principe de précaution conduit souvent à des mesures irrationnelles comme fermer un parc à l’occasion d’un coup de vent ou interdire une plage parce qu’il y a de grosses vagues. AgoraVox, Fanatisme et fantasmatique comme altération du religieux ou du rationnel - AgoraVox le média citoyen
  • Il y a ce qui se donne à voir à un observateur extérieur et à un niveau beaucoup plus subtil, il y a l’inconscient - l’intersubjectif - de ce qui se donne à voir : le pervers narcissique ne jouit pas de dominer sa proie, il jouit de sa mise en déroute à coup dédoublé (contraintes paradoxales, cf. mes trois articles sur l’emprise déjà cités). Cela flatte son narcissisme et le rassure sur sa propre valeur. Ce qui n’est absolument pas incompatible avec le fait qu’il considère autrui comme un objet.Par ailleurs un dernier point, j’ai également précisé dans cet article et dans l’un des commentaires ci-dessus à l’attention de Katherine que : « individualiser [les troubles de l’identité] sous la forme de catégories diagnostiques paraît de plus en plus contestable, même si les médecins – psychiatres ou non – sont plus à l’aise avec ce type de classification qu’avec le continuum des différentes dimensions psychologiques. » AgoraVox, Pathologie du pouvoir : Psychologie des leaders psychopathes – Question de narcissisme – (1/3) - AgoraVox le média citoyen
  • Cette perspective me paraît assez excitante car un tore peut se comprendre comme le croisement de deux cycles situés sur deux dimensions différentes, de sorte que si on simplifie en projetant le tout sur un plan, la dynamique du double tore se trouve clairement apparentée à celle manifestée par l’interaction entre ces deux oscillateurs bio-psycho-sociologiques que sont les cycles perception-action (cf. ci-dessous la figure 3 illustrant la contagion du cri chez le bébé) et ce, tant sous le rapport de l’accrochage (coordination ou imitation entre cycle intra ou intersubjectifs) que celui de l’expansion / contraction tellement importante pour comprendre la complexité et la créativité du vivant. [12] AgoraVox, Théorie de la résonance générale - AgoraVox le média citoyen

Traductions du mot « intersubjectif »

Langue Traduction
Anglais intersubjective
Espagnol intersubjetivo
Italien intersoggettiva
Allemand intersubjektiv
Chinois 主体间
Arabe بين الذات
Portugais intersubjetivo
Russe интерсубъективный
Japonais 主観的
Basque intersubjektiboen
Corse intersubettivu
Source : Google Translate API

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