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Historiographique

Sommaire

  • Définitions du mot historiographique
  • Étymologie de « historiographique »
  • Phonétique de « historiographique »
  • Citations contenant le mot « historiographique »
  • Traductions du mot « historiographique »

Définitions du mot historiographique

Trésor de la Langue Française informatisé

Historiographique, adj.Relatif à l'historiographie. Les pièces d'archives n'appartiennent pas à la littérature historiographique (L'Hist. et ses méth.,1961, p. 633).[istɔ ʀjɔgʀafik]. 1reattest. 1832 (Raymond); de historiographie, suff. -ique*.

Wiktionnaire

Adjectif

historiographique masculin et féminin identiques

  1. Qui concerne l’historiographie, soit les récits historiques écrits.
    • Au Québec, toutes les sensibilités historiographiques mènent à la célébration de la Révolution tranquille. — (Éric Bédard, Recours aux sources, Montréal, Boréal, 2011, p. 215)
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Littré (1872-1877)

HISTORIOGRAPHIQUE (i-sto-ri-o-gra-fi-k') adj.
  • Qui concerne l'historiographe.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « historiographique »

(Siècle à préciser) Dérivé de historiographe avec le suffixe -ique.
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Phonétique du mot « historiographique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
historiographique istɔrjɔgrafik

Citations contenant le mot « historiographique »

  • Si Mai 1958 a eu droit à des travaux de grande qualité et commence à bénéficier du renouvellement historiographique depuis une décennie, certaines questions restent encore peu traitées. Ainsi, l’importance du contexte international est peu mise en valeur malgré l’intérêt que lui portèrent quelques chercheurs lors du colloque organisé par la Fondation Charles de Gaulle en 2008. Pourtant, elle eut un impact puissant sur les événements qui se déroulèrent cette année-là. De même, l’état d’esprit de la population française n’a pas eu droit à une étude approfondie et gagnerait à être sondé – des articles et chapitres d’ouvrages isolés ont pu s’intéresser à « l’opinion publique » à travers les grands journaux de l’époque et les sondages, mais il n’y a pas eu d’ouvrage consacré à la confrontation de ces sources avec les rapports des forces de l’ordre (RG, commissariat central, gendarmerie). The Conversation, Mai 1958 : une histoire encore inachevée
  • Interviewé par Elisabeth Lévy le mois dernier sur REACnROLL, Marcel Gauchet faisait un triste constat : la France achève de sortir de l’Histoire sans même s’en émouvoir, trop occupée qu’elle est à se mettre au diapason américain. Disparus les Michelet, Grousset, Furet : le temps n’est plus aux questions ni même aux querelles mais aux problèmes. Au temps des déboulonnages de statues, le débat historiographique semble devoir se limiter à la question de savoir si Colbert était méchant. Causeur, Japon: le coeur battant de l'Histoire - Causeur
  • Artistes, historiens, linguistes, tous se sont interrogés sur l’art de regarder en arrière. A travers l’objectif d’Erwin Wurm et du prisme historiographique de Dominique Kalifa, nous interrogeons la manière de faire mémoire. Regardons dans le rétroviseur ! France Culture, Regards dans le rétro
  • Les 400 ans du comédien-auteur sont l’occasion de reconfigurer ce « moment Molière » par un geste à la fois historiographique et méthodologique : mettre au premier plan les auteurs·trices, corpus, pratiques, usages et approches souvent tenus en marge de la discussion critique ou limités à des rôles ancillaires. Au lieu de réfléchir à partir de Molière et de son œuvre, nous invitons ainsi des communications qui s’appuient sur d’autres auteurs·trices, d’autres genres, d’autres arts, d’autres lieux ou d’autres champs d’études. Très concrètement, il ne s’agit pas seulement d’enrichir l’étude du Bourgeois gentilhomme par l’histoire du ballet, mais bien de partir de l’histoire du ballet pour réinscrire Le Bourgeois gentilhomme dans une pratique et des usages plus larges ; d’étudier les raisons pour lesquelles Chauveau a illustré les œuvres de Molière et de cerner la place qu’occupent ces gravures dans la production de l’artiste ; d’observer comment les gazettes traitent de théâtre, de littérature et de musique en général afin de relire le discours qu’elles tiennent sur Molière ; de repenser la première scène de La Comtesse d’Escarbagnas à l’aune des discours contemporains sur le contrôle de l’information ; de comprendre que le Récit de la farce des Précieuses ou l’édition du Cocu imaginaire ne sont pas de simples transcriptions des pièces, mais des opérations éditoriales complexes qui dépassent de loin la seule question de Molière. , Décentrer Molière / Decentering Molière (Yale / NYU)
  • Dans ce grand livre qui tranche dans une production historiographique franco-française généralement composée d’ouvrages collectifs assez hétérogènes, l’auteur part du constat simple qu’il a existé des révolutions avant la Révolution française et qu’il est nécessaire de les prendre en compte pour mettre 1789 à la fois dans sa continuité avec les mouvements qui lui sont antérieurs et dans sa radicalité nouvelle. L'Orient-Le Jour, Les révolutions avant la révolution - L'Orient-Le Jour
  • La rencontre sera également une occasion pour s’arrêter sur les facteurs historique et historiographique de la mise en place au XIXe siècle. d’une Histoire Universelle de la musique, où la Musique Occidentale serait la plus évoluée, sur la progression des pratiques musicologiques francophones issues de la musicologie comparée, de l’ethnomusicologie ou de la musicologie générale ainsi que sur la pratique de la musicologie francophone dans les pays partiellement francophones, notamment au sein de l’écosystème scientifique et pédagogique du Maghreb et du Moyen Orient (départements, laboratoires de recherche, associations musicologiques, sources de financement, structures d’édition, mécanismes de publication, etc.) Webmanagercenter, Projet Epistémuse: Le Cmam accueillera la 5ème rencontre sur la musicologie francophone dans un contexte multiculturel | Webmanagercenter
  • Julien Cohen-Lacassagne* rappelle que, dans un entretien accordé en 1972, l'écrivain algérien Kateb Yacine exprimait son désir de voir l'Afrique du Nord s'approprier son histoire : « Depuis la Kahina jusqu'à Abdelkader, nous ignorons pratiquement tout. Or, c'est un explosif terrible, une force extraordinaire que nous perdons là. » Cet « explosif terrible », l'historien Julien Cohen-Lacassagne tente de le retrouver à travers un livre fouillé et dense**. Remontant les traces historiques et historiographiques, il développe la thèse qui sous-tend le livre : montrer que juifs et musulmans du Maghreb « partagent les mêmes origines, confondues dans un univers arabo-berbère où les liens de solidarité reposent parfois sur l'appartenance religieuse, mais non exclusivement ». L'auteur relève et conteste d'abord une fausse opposition qui se heurte à la réalité historique, celle entre juifs et musulmans, supposément qui remonte à « une nuit des temps ». L'auteur rappelle que « d'un point de vue théologique, ces deux religions sont proches et se sont réciproquement emprunté des composantes ». Le Maghreb a été le lieu précis de ces échanges féconds, interpénétrations diverses et cohabitation millénaire. L'une des hypothèses fortes du livre pose que le judaïsme au Maghreb y fut prosélyte, à l'instar du christianisme et de l'islam. Une hypothèse que l'auteur travaille et étaye à travers diverses sources. Mais la force de ce livre est, par ses contrepoints historiques, d'interroger cette « histoire au présent » qui est la nôtre. Sans s'appesantir sur des questions brûlantes d'actualité et d'acuité, le livre de Julien Cohen-Lacassagne apporte pourtant des réponses subtiles, mais plus encore de larges pistes de réflexion. Entretien. Le Point, Julien Cohen-Lacassagne : « Au-delà des Berbères juifs… » - Le Point
  • Que le passé soit l'expression d'une tradition populaire, une imposition politique ou le fruit d'une réflexion historiographique n'enlève rien à son aspect construit, donc éminemment destructible. Tout cela ne signifie pas qu'il faille rejeter la démarche historique, seul outil dont nous disposions actuellement. Encore doit-on en redéfinir la portée. Vivre dans un monde globalisé demande un enseignement de l'histoire attentif à la planète qui nous entoure et à sa diversité. Il doit obligatoirement insérer les histoires nationales dans une histoire globale qui nous arrache à un eurocentrisme et à un ethnocentrisme partout encore écrasants. Cette tâche ne peut pas rester cantonnée à l'espace universitaire. Elle doit toucher le grand public et prioritairement les nouvelles générations. Mais les ponts qui existent entre la recherche et l'école sont encore insuffisants. Sans compter d'autres obstacles bien sous-estimés comme la prédominance d'une forme d'histoire patrimoniale et ethnocentrée sur les chaînes de télévision, dans les parcs d'attraction ou les circuits touristiques : elle entretient dans l'esprit des classes moyennes et du grand public en général un imaginaire en porte-à-faux avec les réalités de l'Europe et de notre pays. Sciences et Avenir, Serge Gruzinski : "Qui sont les Français d’aujourd’hui ?" - Sciences et Avenir
  • 3Dans un premier temps, l’ouvrage retrace minutieusement les éléments contextuels historiques, politiques et esthétiques qui ont permis la naissance de ce théâtre. Le premier chapitre fournit ainsi une précieuse synthèse historiographique de la révolution qui a rendu son nom autochtone (Haïti) à la colonie de Saint‑Domingue. Le mouvement révolutionnaire est précédé par des mécontentements de la part des planteurs blancs, soucieux d’accroître leur pouvoir face à la métropole. Mais ce sont ensuite des révoltes antiesclavagistes qui éclatent et obtiennent l’abolition de l’esclavage (1794), avant de devenir une révolution sous la houlette de Toussaint Louverture qui obtient l’autonomie (1801). Enfin, son successeur Jean‑Jacques Dessalines proclame l’indépendance de l’île en 1804. Or on ne peut comprendre ces événements historiques sans saisir les enjeux économiques et raciaux de la colonie qui « rapporte à elle seule les trois quarts de la production mondiale de sucre dans le dernier tiers du xviiie siècle3 ». En effet, l’économie sucrière sous‑tend toute l’organisation de l’île, qui passe d’une agriculture sur des lopins au système des habitations‑plantations « principalement tourné vers une économie d’exportation4 » au détriment de l’agriculture vivrière. Favorisant l’importation des produits de première nécessité, ce système entérine alors la dépendance de l’île et entraîne des « révoltes blanches5 » contre la métropole, avant les révoltes d’esclaves6. Du reste, une telle production intensive, qui s’appuie sur la déportation esclavagiste, est justifiée par une « racialisation de la structure sociale7 ». Cette racialisation hiérarchise la société selon la couleur de peau et elle rend difficile la victoire de la révolution puisque les « hommes de couleur », qui pouvaient être propriétaires d’esclaves, et les Noirs esclaves s’opposent d’abord, avant de s’allier sous le commandement de Dessalines et d’obtenir l’indépendance8. , La révolution haïtienne sur scène : un théâtre populaire afro-caribéen (Acta Fabula)
  • Pourtant, d’après nos recherches, les pédopsychiatres intervenant sur ces structures avaient bénéficié d’une formation approfondie leur permettant de mener une véritable évaluation clinique de la situation singulière d’un enfant, amenant à proposer un projet thérapeutique ajusté et cohérent– en dépit d’une abominable pénurie de moyens attestée par de nombreuses sources historiographiques, et reconnus par les instances politiques…De surcroit, ces praticiens étaient soumis à la référence du code de déontologie médicale, texte qui, par sa pertinence éthique, a pu perdurer à travers les âges et les civilisations, et qui soulignait la nécessaire indépendance et la responsabilité individuelle du médecin par rapport à son évaluation diagnostique et à ses prescriptions… Politis.fr, Ethno-historiographie de l’ARS en Nouvelle-Aquitaine par Docteur BB | Politis
  • Ce livre rassemble vingt-cinq articles de l’auteur portant sur la matière et les traditions de l’écriture épiques du Moyen Âge français, pour mettre en valeur les évolutions et des transformations qui se dessinent dans les rapports entre la chanson de geste et l’historiographie. Il envisage successivement divers aspects de la poétique des chansons, de leur univers, de la place de l’idéologie dans la création épique, et enfin les transformations que subit leur matière et leur écriture dans des textes historiographiques (Chronique de Turpin, chroniques de Philippe Mousket et de Jean d’Outremeuse). , D. Boutet, L’Épique au Moyen Âge. D’une poétique de l’Histoire à l’historiographie
  • Il défendait avec une ardeur quasi guerrière ses positions historiographiques, cette fois usant d’arguments, mais sans jamais craindre de se faire des ennemis, dès lors qu’il s’attaquait aux personnages les plus intouchables ou à des collègues hostiles, détestant par-dessus tout la médiocrité ou le copinage. Le Monde.fr, Zeev Sternhell, historien israélien spécialiste du fascisme, est mort
  • Profitant de l’effervescence de la réflexion historiographique actuelle, ce projet de journée d'étude, qui sera suivi de la publicationd'un ouvrage collectif, veut précisément mettre en lumière les diverses formes de participation et de contribution des femmes du Canada français au dynamisme d’un champ historique en constante métamorphose. La consultation des principaux traités d’historiographie (Gagnon, 1978 et 1997; Lamarre, 1993; Rudin, 1998) ou des anthologies (Bédard et Goyette, 2006) pourrait décourager quiconque d'une telle entreprise. Les seules figures féminines ayant droit de cité au panthéon historiographique semblent ces rares académiciennes ayant réussi à percer le fameux plafond de verre. À lire les noms des Louise Dechêne, Micheline Dumont et Nadia Fahmy-Eid, par exemple, on mesure certes la valeur de leur contribution, mais aussi la légèreté du poids des femmes dans la mémoire historiographique du Québec et du Canada français. , Profession historienne ? Les femmes dans la production et la diffusion des savoirs historiques au Canada français, XIXe et XXe s. (Montréal)
  • Traditions historiographiques et travaux en cours    55 , Les Femmes et le Savoir / Women and Knowledge / Frauen und Wissen
  • Vies oubliées – Au cœur du XVIIIe siècle est à la fois une proposition historiographique, une plongée dans des archives parfois incroyables, une forme d’autoportrait de cette historienne du siècle des Lumières et du Paris populaire qu’est Arlette Farge, et un livre qui aurait quasiment pu faire partie de la rentrée littéraire. Mediapart, L’histoire sensible d’Arlette Farge | Mediapart
  • Alors que les mémoires s’enflamment et après l'apparition du slogan "Je suis Charlie Martel" à la suite du massacre de "Charlie Hebdo", il est temps de rétablir sereinement la vérité de cet événement de l’histoire de France, peu à peu devenu mythe historiographique et enjeu de mémoire. France Culture, Charles Martel et la bataille de Poitiers : de l’histoire au mythe identitaire
  • La tradition de François Furet, selon laquelle Terreur et Révolution sont intimement liées est moins puissante dans le débat historiographique aujourd’hui, où la tradition jacobine reprend du poil de la bête. Il pensait à juste titre que l’interprétation marxiste de la Révolution française était fausse, mais il a donné ensuite selon moi une interprétation qui était elle aussi erronée. Il pensait que les révolutions créent leur propre culture politique à partir de l’expérience , et que la Terreur fut son moment de vérité. Je crois que c’est complètement faux, car tous les intellectuels de l’époque ayant une vue positive de la Révolution française sans exceptions, en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, aux États-Unis, pensent que Robespierre est un monstre qui est en train de saper et détruire la Révolution, un désastre qui permettra aux ennemis de la Révolution d’assimiler les Lumières à la Terreur. Je crois que les Jacobins comme les furetiens se trompent en prenant la Révolution comme un bloc. Je suis très critique dans mon livre quant à la tentative de réhabilitation de Robespierre par une certaine historiographie alors qu’il n’était qu’un tyran n’ayant rien à voir selon moi avec les grands principes des Lumières. Le Figaro.fr, «Sans l’histoire des idées on ne peut pas comprendre le sens de la Révolution française»
  • Pour plusieurs générations d'historiennes et historiens en France, Fernand Braudel apparaît comme l'héritier de l'école des Annales fondée par Marc Bloch et Lucien Febvre, comme un inventeur de systèmes mais aussi comme un immense organisateur de la recherche.  La publication en 1949 de sa thèse sur la Méditerranée à l'époque de Philippe II est d'abord une révolution historiographique puisqu'il prend un lieu géographique comme personnage central de son travail.  France Culture, Avoir raison avec... Fernand Braudel
  • Romain Bertrand  : L’expression «grandes découvertes» est une tard venue. Elle n’apparaît qu’au XIXe siècle. Ce qui est frappant, c’est que ceux qui l’ont inventée, le naturaliste Alexandre de Humboldt d’abord, puis Michelet et Burckhardt, inventent en même temps la «Renaissance» et les «Temps modernes», c’est-à-dire qu’ils créent la scansion même de l’histoire – ou de la fable politique – européenne. Nous avons donc pris à rebrousse-poil les généalogies que les «grandes découvertes» ont charriées dans le récit européen. On parle souvent de Christophe Colomb et de Marco Polo, mais il y a aussi Al-Idrîsî qui remet sa carte du monde au roi de Sicile en 1154, ou encore Ibn Battûta qui rallie l’Inde et les Maldives dès le XIVe siècle. Nous n’inventons rien : ces figures longtemps remisées sont réinvesties par la recherche historique aujourd’hui. Le renouveau historiographique, ce n’est pas seulement que les spécialistes ont changé de mots et de notions, c’est aussi que le savoir sur ces hommes et ces situations un temps oubliés est considérablement plus étoffé aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Ce qui change considérablement le ton, et même la donne du récit. Les explorations, désormais, c’est un peu l’histoire dont vous n’êtes plus vraiment le héros. Libération.fr, «L'histoire dont vous n'êtes plus vraiment le héros» - Libération
  • C’est pourquoi la périodisation s’est imposée comme une opération historiographique majeure. Même si périodiser a toujours suscité des débats et des contestations, le procédé demeure indispensable car lui seul permet de mettre au jour des séquences signifiantes et d’agencer l’ordre du temps. , Les noms d'époques - La genèse des « chrononymes » - Herodote.net
  • Les spécialistes ne manquent pas de souligner l'importance historiographique de cet ouvrage, présenté comme l'un des premiers récits de voyage connus : « Il ne s'agit pas uniquement d'un ouvrage descriptif, mais bien réflexif puisque Agostino Giustiniani présente également, en bon Génois de son siècle, toutes les ressources produites par les Corses, mais aussi toutes les richesses pouvant faire l'objet de »mise en valeur« , de bonifier la terre au grand profit de notre cité, selon ses propres mots. » (3) Corse Matin, Le ''Dialogo nominato Corsica'' d'Agostino JustinianoPremière description de la Corse par un évêque voyageur | Corse Matin
  • En 2003, François Hartog livrait un essai historiographique passionnant sur la manière dont les sociétés humaines appréhendent le temps et se pensent en fonction de ce maître des horloges. Entre un passé conçu comme « champ de l'expérience » et un avenir comme « horizon d'attente », il décrivait la diversité des rapports au temps (ce qu'il nomme les « régimes d'historicité ») qui ont existé dans l'histoire. Depuis le 18e siècle, les sociétés européennes étaient tournées vers un futur axé sur la croyance dans le progrès. Elles ont vécu sous un régime futuriste d’historicité jusqu’à environ les années 1960, lorsqu’on a pris conscience, après la Seconde Guerre mondiale, que progrès technique et progrès de l’humanité ne marchaient pas toujours ensemble. Alors que les régimes communistes, qui étaient les plus tournés vers le futur avec la lutte des classes et le projet d’un avenir radieux,  se sont effondrés, la chute du mur de Berlin  a  sonné la fin de la perspective futuriste et, du même coup, les sociétés occidentales ont vécu dans un régime « présentiste ». Le présent serait devenu notre seul horizon. Est-ce toujours le cas en ces temps de pandémie et de confinement de la moitié de la planète ? Sciences Humaines est allé à la rencontre de cet historien pour recueillir son analyse. Sciences Humaines, Troubles dans le présentisme Entretien avec François Hartog
  • Les franchissements de frontières historiographiques n’impliquent pas de nier l’importance dans le passé européen des frontières politiques et religieuses. Le livre s’ouvre par la mémoire des guerres du XXe siècle comme fondement de l’Europe actuelle. Jamais unifiée politiquement jusqu’à une date récente, à la différence de la Chine, l’Europe a été au fil des siècles profondément divisée. Son unité, issue de deux Guerres mondiales et de la guerre froide, a été imaginée comme promesse de paix. In varietate concordia : la version latine de la devise européenne sonne comme le dépassement d’affrontements internes. Mais à l’heure où l’identité européenne est de plus en plus souvent définie par opposition à ce qui constituerait une altérité irréductible et menaçante, en l’occurrence l’Islam, l’ouvrage revient, par plusieurs contributions, sur l’intrication en longue durée de l’Europe et de l’Islam. C’est dans la Chronique mozarabe de 754 qu’apparaît le terme « Européens » pour désigner les troupes de Charles Martel. Et John Tolan souligne dans sa contribution que : , Faut-il encore écrire l’histoire de l’Europe ? - La Vie des idées
  • « Le judéo-christianisme renvoie aux chrétiens d’origine juive qui observent les prescriptions de la Loi mosaïque. Mais ce concept forgé au dix-neuvième siècle par des théologiens chrétiens, et qui a longtemps dominé l’approche historiographique de ces sujets, est contesté au début du vingt-et-unième siècle. AgoraVox, Comment une liberté est devenue prohibée ! - AgoraVox le média citoyen
  • Le livre n’est pas sans laisser quelques zones d’ombre historiographiques. La principale à notre sens est le peu de relief qu’il donne au Parti communiste français, réduit le plus souvent à une instance monolithique, masse sombre toute d’adversité qui ne semble presque jamais entrer en dialectique ou en connivence avec le parcours du Général. Les relations de non-agression concertée, voire de soutien épisodique entre de Gaulle et le PCF sont liquidées en quelques phrases, notamment pour signaler le soutien à bas bruit apporté par certains communistes au nouveau régime ou à ses référendums. Les conditions de construction de la sécurité sociale à la Libération (qui n’aboutira, il est vrai, qu’après la démission du Général) ne sont pas évoquées par Jackson. Tout juste y apprend-t-on que de Gaulle, qui avait lu à Londres le rapport Beveridge, était soucieux de conjuguer « sécurité sociale » et « sécurité nationale ». Dans cet esprit, on aurait aussi aimé en savoir plus sur la « participation », cette formule originale de société censée refondre étatisme et corporatisme pour traduire le souci gaullien d’une réorganisation des rapports entre capital et travail. Jackson nous la représente comme une idéalité gazeuse, presque incompréhensible, et s’attarde surtout sur la perplexité qu’elle suscite chez les membres du gouvernement. Dans un ouvrage récent (De Gaulle 1969, l’autre révolution, Perrin, 2019), Arnaud Teyssier a pourtant bien démontré que la participation n’avait rien d’une idée désinvolte, d’une bouteille lancée au crépuscule dans le débat. Enfin, concernant l’épisode de Baden-Baden, rien n’est dit du scénario – par ailleurs contestable – d’un de Gaulle partant s’assurer d’un éventuel soutien soviétique pour faire face à la grève générale. Au final, il semble bien que Jackson ait pris le parti de répudier par le silence l’ensemble des pistes historiographiques touchant à ce qu’on a appelé le « gaullo-communisme », et qui comportait deux dimensions. D’abord une rencontre d’intérêts manifestes, pragmatique, articulant politique intérieure et géopolitique : le PCF, en tant que parti national de la classe ouvrière après 1945 (quand Thorez rentre de Russie, il n’appelle pas à faire la révolution, mais à se retrousser les manches pour reconstruire le pays), a pu être « gaullien » à ses heures, de même que le gaullisme, tempéré par l’acceptation (relative) de la sécurité sociale en tant qu’héritage, et par un indépendantisme qui n’hésitait pas à recourir à la Russie ou à la Chine, a souvent donné des satisfactions au PCF. Ensuite, une alliance implicite et de revers contre l’establishment représenté par le parlementarisme de la IVe République – assimilé par de Gaulle au « système des partis » et par les communistes à la « démocratie formelle ». Or, on peut penser que cette hypothèse historiographique, même si elle a été opportunément exagérée ou instrumentalisée a posteriori, parfois pour être exaltée (chez les « souverainistes »), parfois pour être condamnée (chez les libéraux ou atlantistes), méritait à tout le moins d’être problématisée à nouveaux frais. Le Vent Se Lève, De Gaulle, entre mémoire et espoir : À propos de la biographie de Julian Jackson
  • C’est pour ces raisons que Fureix et Jarrige exhortent à porter le regard sur l’actualité historiographique du XIXe, dans un contexte d’inquiétudes et de mutations sociales importantes, qui suscitent des débats houleux sur les structures, expériences, et marges temporelles de cette modernité héritée du XIXe : sommes-nous actuellement dans un nouveau cycle de la modernité ? dans une « postmodernité » ? Une « hypermodernité » ? Quelles implications revêtent ces paradigmes ? L’ouvrage s’adresse donc à un public averti, mais non un public de spécialistes du XIXe : car il prétend justement introduire à l’actualité de ce champ scientifique, tout en attirant l’attention sur ses tendances fortes depuis les trente ou quarante dernières années. , Actualité du XIXe siècle - La Vie des idées
  • 2Le projet s’inscrit dans la tradition des grands dictionnaires historiques et historiographiques des années 1970 et 1980, en particulier Faire de l’histoire,5 La Nouvelle Histoire6 et le Dictionnaire des Sciences Historiques.7 André Burguière évoquait dans l’introduction à ce dernier ouvrage une communauté historienne dans laquelle régnait « un large accord sur la définition et les exigences de la discipline8 ». Depuis, cependant, personne ne s’était risqué à reproduire la formule, signe peut être des doutes qui s’étaient emparés de la profession, notamment au sein du courant des Annales, au point d’évoquer une « crise de l’histoire9 ». Les bilans d’étape s’étaient donc cantonnés à des mises au point sur des champs plus restreints10, si l’on excepte l’ouvrage plus ambitieux, bien que limité au cadre français, dirigé par François Bédarida à l’occasion d’un Congrès international des sciences historiques11. Cependant, la production d’ouvrages théoriques sur l’histoire, stimulée sans doute par ces interrogations, s’est pour sa part affirmée depuis les années 1990. C’est donc « après trente ans de débats, d’importantes remises en cause, de renouvellements » que les maîtres d’œuvre souhaitent proposer un « nouvel état des lieux » (p. 13). À l’inverse du Dictionnaire des sciences historiques où était avancée la vocation à « englober » le produit des synthèses précédentes12, il n’y a pas ici de prétention à la cumulativité : ce tour d’horizon se fait en grande partie à nouveaux frais. , Des nouvelles écritures de l’histoire au seuil du XXIe siècle (Acta Fabula)
  • Pour juger de l'histoire, même récente, il faut la documenter, la nommer, la catégoriser... Après 20 ans de débats sur la présence de l'historien dans le prétoire, vient une question : même en se bornant à parler depuis le droit, magistrats et avocats ne scellent-ils pas le récit historiographique ? France Culture, Crimes contre l'humanité : les juges et les avocats font-ils l'histoire ?
  • Et d’abord, il aura fallu plus d’un siècle pour que les « Lumières » deviennent une catégorie historiographique. C’est ce que rappelle Antoine Lilti dans un ouvrage très documenté, publié en coédition EHESS Gallimard Seuil sous le titre L’héritage des Lumières. Ambivalences de la modernité. Le terme lui-même est très disputé : on parle des Lumières écossaises, mais aussi anglaises – conservatrices – ou encore allemandes – savantes et religieuses, à ne pas confondre avec l’Aufklärung – espagnoles, lusophones etc. Maïmonide est à bon droit considéré comme le représentant des « Lumières juives » du Moyen Âge et Averroès la référence des Lumières arabes du XVIIe siècle. Par ailleurs La recherche a mis en valeur « la présence de l’ésotérisme et de l’hermétisme, voire de l’irrationnel au cœur des Lumières ». Sur les droits de l’homme et l’universalisme du genre humain, on a montré que l’anthropologie des Lumières pouvait être entachée de racisme et que les droits des femmes n’y étaient pas reconnus. Sans compter la mise en cause de l’humanisme universaliste par les études postcoloniales. « L’image traditionnelle, celle d’un petit groupe de philosophes parisiens maniant l’ironie et l’esprit critique contre l’intolérance religieuse et l’absolutisme, a volé en éclats » écrit Antoine Lilti. Mais on voit bien le sens d’une telle référence aujourd’hui.  France Culture, La dialectique des « Lumières »
  • L’élargissement du champ historiographique et le développement de la connaissance et de la culture des traces du passé, donnent aux "lieux d’histoire, lieux de mémoire", une place stratégique pour assurer la compréhension, la transmission et l’appropriation de l’histoire. France Culture, Pierre Nora : "L’histoire s’est toujours écrite en fonction de ce que l’avenir nous dictait de retenir du passé"
  • Dévoiler les coulisses de son travail, n’est-ce pas pour l’historien prendre le risque de le fragiliser ?P. B. : Non, je considère au contraire que c’est une obligation et que ce serait une faute de méthode de ne pas le faire. L’historien doit à son lecteur de lui rappeler que c’est un « je » qui parle. C’est d’ailleurs la principale avancée de la discipline historiographique du XXe siècle, et qui est d’ailleurs constitutive des sciences sociales en ­général. Celles-ci ont pris conscience du fait que leur contexte épistémologique a radicalement changé sous l’influence de la théorie de la relativité. On sait tous désormais que le fait d’observer un phénomène modifie le phénomène en question. L’histoire ne s’écrit pas d’elle-même : c’est bien toujours quelqu’un qui l’écrit et qui le fait à partir de ce qu’il observe depuis un point de vue.  Ce qui l’autorise aussi à intervenir dans le débat public, comme c’est le cas avec votre récente Histoire mondiale de la France, qui a déclenché une vague de polémiques ?P. B. : Ce n’était pas l’intention première de ce livre, même si ce n’était pas un livre de recherche, avec les mêmes exigences et les mêmes ambitions que l’Histoire du monde au XV e siècle. Mais après la publication de ce dernier ouvrage en 2009, j’ai observé qu’on opposait toujours l’histoire de France et l’histoire mondiale, comme si on devait choisir entre l’une et l’autre. Certains en utilisant l’histoire mondiale comme antidote à l’histoire de France, parce que notre pays se trouvait alors en plein débat sur le déclin et l’identité ­nationale ; d’autres, défenseurs exclusifs de l’histoire de France, en nous reprochant de faire l’histoire du monde par ressentiment vis-à-vis de l’histoire nationale. Aucune de ces deux positions ne nous semblait tenable, alors nous nous sommes dit : démontrons par l’exemple qu’il est possible de réconcilier ces points de vue. L ’Histoire mondiale de la France est une manière d’affirmer que nous n’avons pas à choisir entre l’histoire mondiale et l’histoire de la France. Le titre est certes un peu provocateur et contre-intuitif, mais il veut seulement dire : ne choisissez pas !  On vous a beaucoup reproché de ne pas mentionner des dates importantes, comme la naissance de Clovis ou la séparation de l’Église et de l’État en 1905, et d’en retenir d’autres qui semblent très décalées, comme la naissance de la République au Brésil en 1889. Comment s’est opérée la sélection ?P. B. : Les dates écartées ne l’ont pas été parce que nous pensons qu’elles sont indignes de figurer dans cette histoire et encore moins qu’elles n’ont pas existé ! C’est tout simplement qu’elles ne ­ressortent pas, à nos yeux, de l’histoire mondiale de la France. Le piquant de l’affaire, c’est qu’en faisant notre sélection, nous avions cette inquiétude à l’esprit : est-ce qu’on n’allait pas nous reprocher d’en faire trop sur la grandeur de la France ? La périodisation ne sort jamais indemne d’un changement de focale : si on fait une histoire mondiale de la France, elle n’aura pas les mêmes bornes chronologiques qu’une histoire de France classique. D’où des séquences qui peuvent a priori surprendre comme la naissance de la République au Brésil, en 1889. CNRS Le journal, Patrick Boucheron bouscule l’histoire | CNRS Le journal
  • Fondée en 1821, l'École nationale des chartes forme des futurs conservateurs du patrimoine et des bibliothèques, en leur dispensant un enseignement historiographique de haut niveau tourné vers l'analyse des documents de toutes sortes (matériaux archéologiques, livres, écrits, œuvres d'art, supports audiovisuels et électroniques, etc.), l'étude de l'évolution du médio, du néo-latin et des langues romanes, ainsi que l'histoire du droit et des institutions.  Archimag, Archivistes, révisez vos classiques pendant le confinement ! | Archimag
  • Elle s’explique également par le fait que depuis la fin des années 70, on a assisté à un phénomène de rattrapage mémoriel qui a mis la Shoah – pour des raisons assez évidentes – sur le devant de la scène médiatique et historiographique avec un développement remarquable des travaux sur le génocide, qui se sont intensifiés depuis l’ouverture des archives soviétiques et du bloc de l’Est dès 1990. Rien de tout cela ne doit nous conduire à oublier que la Shoah commence à l’Est à l’été 1941 – avec des modalités et des procédures que les historiens ont très bien documentées – et à l’Ouest entre l’hiver et le printemps 1942. Le Vent Se Lève, Johann Chapoutot : « Le nazisme, par son imaginaire de la concurrence et de la performance, participe de notre modernité »
  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, les tenants de « l'histoire du temps présent » considèrent que l'on peut désormais étudier une période historique en parlant aux personnes qui l'ont vécue. Mais certains reprochent à ce courant historiographique d'être confronté au problème du manque de recul. Un défi potentiel qui ne semble pas faire peur du tout à Sciences Po Paris. La vénérable université parisienne avait déjà ouvert l'année dernière sur son campus de Reims une classe baptisée « Macron ». Le sujet de l'étude ? Le président de la République lui-même. Le Point, Sciences Po Paris : un cours baptisé « Macron » - Le Point
  • Les Urgences d'un historien est un livre relativement bref (136 pages), facile à lire, même si de nombreux débats historiographiques et des questions épistémologiques de haut vol sur la recherche sont évoqués par les deux hommes –ce qui de prime abord peut décontenancer les néophytes en histoire contemporaine. Slate.fr, À quoi ressemble le métier de spécialiste du nazisme de nos jours? | Slate.fr
  • En repartant de l'unique manuscrit ayant conservé la chronique  universelle composée par l'anonyme de Caen (BnF, lat. 4942), la  communication propose d'abord de faire le point sur un dossier  historiographique largement délaissé depuis l'édition partielle d'E.  Châtel (Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, 1892). Quelle place donner à ce texte dans l'historiographie de la première moitié du XIVe  siècle ? Puis, en centrant l'observation sur la partie consacrée à  l'histoire normande et anglo-normande, on s'efforcera d'en comprendre  les enjeux dans l'économie générale d'un texte qui se présente comme une  chronique universelle. Enfin, on replacera le manuscrit dans la  bibliothèque d'un de ses possesseurs, Normand, Jean Golein, traducteur  pour le roi Charles V. France Culture, Autour de l'anonyme de Caen ou pourquoi écrire une chronique universelle en Normandie en 1343 ?
  • La diversité nationale des cas est tout aussi relative. La France et la Grande-Bretagne se taillent la part du lion (respectivement 6 et 4 contributions), suivie par l’Allemagne (3 chapitres), l’Italie (2), la Belgique (1), les Pays-Bas (1). Un historien soviétique, Aaron Gourevitch, est évoqué, mais il était spécialiste d’Europe médiévale du Nord et de l’Ouest. Toute l’historiographie de l’Europe centrale et orientale est donc quasiment absente. Moins que la nationalité (qui induit cependant un point de vue spécifique sur l’Europe), c’est la période de spécialité qui oriente la définition historiographique de l’espace européen embrassé. , Quelle histoire pour l’Europe ? - La Vie des idées
  • Il est logique qu’avec l’extension des horizons géographiques et historiographiques et la multiplicité des intervenants dans l’espace public, l’incertitude n’ait fait que croître depuis un siècle. C’est pourquoi la paresse d’esprit pousse à recourir aux analogies en puisant dans le répertoire maintenant très vaste des chrononymes plus anciens, d’où la vogue du « néo » à côté de celle du « post ». Ces comparaisons indirectes risquent d’être encore plus trompeuses que les expressions initiales elles-mêmes et de redoubler les dangers des chrononymes initiaux par des schématisations supplémentaires. , Le petit nom des grandes époques - La Vie des idées
  • Quelles sont les interprétations les plus récentes des tribunaux révolutionnaires qui ont marqué la période de la Terreur et du Directoire ? Tel sera le coeur de ce débat historiographique, 3e volet de notre série consacrée aux (re)lectures contemporaines de l'histoire de la Révolution française. France Culture, De 1794 au Directoire : une Terreur ou plutôt des terreurs ? - Ép. 3/4 - Relire la Révolution française
  • Alors que le président a fermement balayé l'idée de faire disparaître des noms de personnages historiques de l'espace public, Sibeth Ndiaye s'est montrée favorable à une «discussion historiographique» sur certains d'entre eux. RT en Français, Noms de rue : Ndiaye favorable à ce qu'on «pose la question» de certains personnages historiques — RT en français
  • Vivant et richement illustré, l’ouvrage propose aussi un « Atelier » qui détaille les sources et leurs usages, parcourt les fronts pionniers de la recherche, rend compte des débats historiographiques les plus actuels. , V. Milliot (dir.), E. Blanchard, V. Denis et A.-D. Houte, Histoire des polices en France. Des guerres de Religion à nos jours
  • La dynamique historique qui bouleverse les sociétés féodales européennes jusqu’à les faire disparaître au cours des temps modernes et au début de l’époque contemporaine (pour en rester aux divisions historiographiques habituelles) donne naissance, selon Thomas Piketty, à des « sociétés de propriétaires » (passim). Forgée pour caractériser les sociétés capitalistes, l’expression est pour commencer curieuse, avant même d’être fallacieuse. Car elle suggère qu’il pourrait y avoir des sociétés de non-propriétaires, ce qui est une absurdité : toute société implique une forme ou un régime spécifique (éventuellement plusieurs même) d’appropriation par les hommes de la nature et des produits de la transformation de la nature par leur travail, régime qui ne prend pas nécessaire la forme spécifique et séparée d’un droit codifié en tant que tel mais le plus souvent celle de coutumes garanties par la crainte des autorités politiques et religieuses qui les font respecter, en définissant ainsi des propriétaires ainsi d’ailleurs que des non-propriétaires, éventuellement. En fait, ce qui distingue les sociétés capitalistes des sociétés précapitalistes, c’est tout simplement une nouvelle forme ou un nouveau régime de la propriété, adossé à des rapports sociaux de production spécifiques. Thomas Piketty en convient lui-même, même s’il peine à définir ce nouveau régime et s’il se trompe lourdement et quant à sa genèse et quant à sa nature. , Des «sociétés ternaires» aux «sociétés de propriétaires»: comment Thomas Piketty analyse la transition du féodalisme au capitalisme | A l'encontre
  • Le projet dirigé par le professeur au Collège de France Patrick Boucheron est-il un symptôme et un catalyseur d’une histoire émiettée qui prendrait le roman national pour un magasin de curiosités dans laquelle il serait possible de piocher comme dans un livre dont vous êtes le héros ? Derrière ces questions historiographiques, c’est la façon de concevoir l’identité française qui se joue. Entretien avec l’historien Florian Mazel. Mediapart, L’«Histoire mondiale de la France» mise en examen (5/8): une histoire en miettes? | Mediapart
  • Pour finir, il convient de saluer cette démarche collective de la part de jeunes chercheurs qui, comme dans un passage de témoin, visent à (ré)interroger des méthodes de travail et d'études propres à une construction historiographique toujours en débat et dont l'objet, malgré le recul historique de 70 années, ne cesse d'être présent dans les mémoires. Par là même, Chercheurs en Résistance permet de mieux comprendre la dissociation essentielle entre enjeu mémoriel et démarche historienne (voir à ce sujet l'essai lumineux de Pierre Laborie, Le chagrin et le venin. Occupation. Résistance. Idées reçues). Slate.fr, Une nouvelle génération de chercheurs à la découverte de la Résistance | Slate.fr
  • Energie, industrie, écologie: tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les derniers tournants historiographiques dans ces domaines est là. Le XIXe siècle prométhéen a mis en place une partie du monde tel que nous le connaissons aujourd'hui: celui des normes de sécurité et des droits de propriété intellectuelle, inévitables à l'ère de l'expansion des risques industriels et de la reconnaissance de la figure de l'inventeur/ingénieur. Le nouvel imaginaire politique écologiste contribue à repenser les origines de la modernité et de son désenchantement: le XIXe siècle est interprété comme moment de bifurcation et origine de la crise environnementale actuelle. En 2000, le prix Nobel de chimie Paul Crutzen, spécialiste de la couche d'ozone, propose ainsi d'appeler «anthropocène» le nouvel âge qui s'ouvre au XIXe siècle avec la révolution industrielle comme point de départ symbolique du nouveau siècle et de la trajectoire dont nous serions les héritiers: avec son exploitation intensive des milieux naturels et des ressources, ses rejets croissants de CO2, l'humanité serait sortie de l'holocène pour entrer dans l'anthropocène, moment de bouleversement des grands équilibres physiques et climatiques du globe par l'activité humaine. Ainsi, le XIXe est relu à la lumière des nouvelles inégalités et des catastrophes incessantes actuelles, effets de la démesure, de l'exacerbation de la puissance et de la prédation qui furent les moteurs du XIXe siècle occidental. Slate.fr, Etudier le XIXe siècle pour mieux appréhender notre avenir | Slate.fr
  • Le premier enjeu du livre, et le plus explicite, est donc épistémologique. Il témoigne de l’enthousiasme historiographique qui règne en ce moment en France dans la discipline : une ébriété programmatique exprimée par une génération d’historiennes et d’historiens français, raisonnant large, parlant les langues étrangères, lisant la bibliographie internationale (surtout anglophone pourtant) manifestant une appétence réflexive et une ambition théorique et s’interrogeant sur leurs pratiques d’écriture. Ils réagissent pour le mieux à la forme de démobilisation qui a caractérisé la fin du XXe siècle, après une saison d’éclat dans les années 1970-1980, marquée par l’incapacité des historiens à parler au grand nombre ou à se faire entendre dans l’espace public. Depuis quelques années, grâce à l’imagination et à l’audace de ces jeunes hussards, la tendance est, semble-t-il, en train de se retourner, proposant une alliance entre l’histoire la plus exigeante et l’inscription la plus volontaire dans le débat civique. , Les uchroniques - La Vie des idées

Traductions du mot « historiographique »

Langue Traduction
Anglais historiographic
Espagnol historiográfico
Italien storiografico
Allemand historiographisch
Chinois 史学
Arabe التأريخ
Portugais historiográfico
Russe историографический
Japonais 歴史学
Basque historiografiko
Corse storograficu
Source : Google Translate API
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