La langue française

Grammaticalisation

Sommaire

  • Définitions du mot grammaticalisation
  • Étymologie de « grammaticalisation »
  • Phonétique de « grammaticalisation »
  • Citations contenant le mot « grammaticalisation »
  • Traductions du mot « grammaticalisation »

Définitions du mot grammaticalisation

Trésor de la Langue Française informatisé

Grammaticalisation, subst. fém.,néol. Processus selon lequel un terme ou un syntagme acquiert un statut grammatical, entre dans un système d'oppositions grammaticales. On considère les oppositions internes du russe où l'on dégage (...) : − le degré de grammaticalisation complète des couples de corrélation (...) − le degré de grammaticalisation plus lâche des couples de connexion (J. Feuillet, Le Problème de l'aspect en slave ds L'Enseignement du russe, Paris, Inst. d'Ét. Sl., no21, juill. 1975, p. 61).

Wiktionnaire

Nom commun

grammaticalisation \ɡʁa.ma.ti.ka.li.za.sjɔ̃\ féminin

  1. (Linguistique) Processus diachronique qui transforme un mot purement lexical en morphème ou structure grammaticale.
    • « voilà » est la grammaticalisation de l’impératif « vois là ».
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Étymologie de « grammaticalisation »

(Date à préciser) Composé du verbe grammaticaliser et du suffixe nominal -ation.
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Phonétique du mot « grammaticalisation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
grammaticalisation gramatikalizasjɔ̃

Citations contenant le mot « grammaticalisation »

  • La prochaine édition du colloque bisannuel du Département d’études romanes de l’Université de Sofia « Saint Clément d’Ohrid » aura lieu les 20 et 21 novembre 2015. Les travaux du colloque se dérouleront, traditionnellement, en deux sections : la section linguistique aura cette année comme thème « Normes et grammaticalisation : le cas des langues romanes » ; le thème de la section littéraire portera sur les normes et les transgressions dans les littératures romanes. , Normes et grammaticalisation : le cas des langues romanes / Normes et transgressions dans les littératures romanes (Sofia)
  • 10h45 : Jan Dvorak : Le démonstratif adnominal tchèque 'ten' en cours de grammaticalisation vers l'article défini. , Première journée des Arts et Lettres à l'Ens de Lyon (en ligne)
  • Les problématiques croisées du vieillissement, de l’innovation et du changement linguistiques interpellent les chercheurs depuis longtemps. Ainsi, Bréal (1883) s’intéresse déjà à ce qu’il nomme des lois « qui président à la transformation des sens, au choix d’expressions nouvelles, à la naissance et à la mort des locutions » (p. 133). Dans Essai de sémantique (1897), l’auteur examine plus avant une série de phénomènes, très divers, en lien avec les thématiques précitées. Parmi les phénomènes étudiés, certains seraient des « causes » ou, en tout cas, des « déclencheurs » du changement linguistiques (p. ex. la tendance à la spécialisation, dénommée ultérieurement grammaticalisation par Meillet 1912 [1965]) ; d’autres seraient plutôt des effets ou des conséquences du changement. En guise d’exemple, citons la polysémie, qui peut notamment résulter d’une métaphorisation ou d’une métonymisation, mais aussi de ce que Bréal appelle l’« élargissement » de sens ou encore le « rétrécissement » de sens. De même, l’auteur envisage l’existence momentanée d’une synonymie exacte entre mots, découlant de changements survenus au sein d’un système linguistique. Dans un tel cas, la synonymie serait toutefois rapidement éradiquée du fait que les locuteurs auraient spontanément tendance à « répartir » les doublons, c’est-à-dire à les différencier au plan conceptuel ou, simplement, à éliminer l’un d’entre eux. , Vieillissement des faits de langue, innovation et changement linguistiques (Sherbrooke, CAN)
  • Un être linguistique, quel qu'il soit, est toujours, par toutes lesfaces de lui-même, le résultat d'un équilibre qui s'est établi dans lapensée entre la propension à particulariser et la propension àgénéraliser… Le même double mouvement, si nettement saisissable quandil s'agit de la signification comparée de deux sémantèmes, se retrouvedans le plan formel. Le mot est, conceptuellement, dans la langue,avant tout emploi, plus extensif et moins compréhensif que n'importelequel de ses emplois… Plus généralement encore, tout ce qui ressortità la grammaticalisation du mot – et, qu'on le remarque bien, toutelangue est appelée à grammaticaliser le mot, le mot ne pouvant entrersystématiquement, organiquement en phrase que par son côté grammatical– tout ce qui ressortit à la grammaticalisation du mot consiste àprendre une position de définition du mot entre le singulier etl'universel. De même que pour la sémantèse du mot, toutes positionspeuvent être occupées entre l'universel et le singulier, de même, pourla grammaticalisation du mot, toutes positions peuvent aussi êtreoccupées entre l'universel et le singulier. , G. Guillaume, Leçons de linguistique 1939-1940. Théorie des parties du discours
  • Cette problématique de la motivation ou arbitraire du genre conduit également à une réflexion plus large sur les fonctions du genre et des systèmes de catégorisation : existe-t-il une motivation profonde à leur existence dans la langue ? On peut répondre en premier lieu qu’il s’agit de classer les noms ou les référents nominaux, mais au-delà de cette évidence, leur raison d’être dans la grammaire interroge : pourquoi ce besoin de classer les noms ou référents nominaux ? Bien que le sexe soit un critère récurrent dans les systèmes de catégorisation des langues du monde, les théoriciens jugent peu probable qu’il ait pu à lui seul mener à la grammaticalisation du genre (voir notamment Weber 2000), et il ne représente qu’une partie des systèmes de catégorisation. Des rôles en discours ont été notés, tels que le rôle de désambiguisation de la référence (ex. Pierre… Marie… il : il ne peut référer qu’à Pierre) ; ce cas est-il si fréquent, et dans les mécanismes anaphoriques, à quelles conditions une concurrence entre référents potentiels devient-elle réellement gênante (ex. des éléments contextuels lèvent très souvent l’ambiguïté, même dans les cas du type Pierre… Paul… il) ? Plus largement, pour les pronoms, Siewierska (2004) voit dans le genre un traçeur qui facilite l’identification de la référence. D’autres fonctions plus abstraites et plus fondamentales ont également été proposées. Pour Cotte (1999) notamment, le genre pourrait refléter les mécanismes de catégorisation humains. Par exemple, définir poisson implique de recourir à l’hyperonyme animal ; toute catégorisation est donc multiple (un saumon sera catégorisé à  la fois comme poisson, animal, etc.) et les référents sont rapportés à des catégories supérieures. Le genre pourrait avoir comme fonction de manifester ces principes fondamentaux de catégorisation plurielle et de généralisation. Ou encore, pour Weber (2000), le genre jouerait un rôle dans la quantification, en définissant de manière qualitative une quantité – il se distinguerait en cela de la catégorie du nombre, purement quantitative –, selon le trait [+/- particularisant]. D’autres fonctions peuvent-elles être mises au jour, ou celles-ci peuvent-elles être confirmées par des données plus spécifiques ? , Arbitraire et motivation du genre grammatical
  • C’est dans ce contexte que la codification et la grammaticalisation de la langue ont été réalisées et que, peu à peu, la maîtrise de l’arabe littéral ou classique est devenue signe de privilège social, puisque liée au livre saint et à l’écriture. Elle s’est imposée comme le fait d’“initiés”, tandis que tous ceux qui parlaient l’arabe courant ou dialectal étaient tenus pour de quasi-analphabètes. Les uns et les autres ne pouvaient être égaux. Au XIXe siècle, la langue arabe s’est modernisée sous l’influence de ce que [le penseur tunisien] Hicham Djaït appelle le “choc occidental”. Courrier international, Les mots des autres. L’arabe littéral, langue de domination
  • Lors de ce colloque, sont attendues des contributions qui, interrogeant les relations entre l’adverbe et d’autre(s) catégorie(s), vont dans le sens d’une reconfiguration des sous-classes d’adverbes telles qu’elles sont traditionnellement définies. Des communications questionnant le statut catégoriel de formes composées à partir d’un adverbe seraient également souhaitées, de même que des approches prenant en compte la perspective diachronique et les phénomènes de grammaticalisation. , La syntaxe des adverbes du français. Aspects catégoriel et fonctionnel (Olomouc, République tchèque)
  • Pouvant être définie comme la récurrence d’une unité linguistique sur un empan énonciatif déterminé et pertinent en fonction du niveau d’analyse (cf., entre autres, Frédéric 1985 : 86), la répétition recevra une interprétation différente selon qu’on se situe sur le plan systématique et objectif – car conventionnalisé – de la langue, éventuellement à l’issue d’un processus de lexicalisation ou de grammaticalisation, ou bien sur le plan local du discours façonné par l’individualité subjective du locuteur, comme trace de ses choix volontaires, de ses lapsus, voire de ses affections pathologiques (c’est le cas du bégaiement, par exemple). , La répétition en langue et en discours. Volet 1 : La répétition en langue

Traductions du mot « grammaticalisation »

Langue Traduction
Anglais grammaticalization
Espagnol gramaticalización
Italien grammaticalizzazione
Allemand grammatikalisierung
Chinois 语法化
Arabe النحو
Portugais gramaticalização
Russe грамматикализация
Japonais 文法
Basque grammaticalization
Corse grammaticalizazione
Source : Google Translate API
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