La langue française

Gouine

Sommaire

  • Définitions du mot gouine
  • Étymologie de « gouine »
  • Phonétique de « gouine »
  • Citations contenant le mot « gouine »
  • Images d'illustration du mot « gouine »
  • Traductions du mot « gouine »
  • Synonymes de « gouine »

Définitions du mot « gouine »

Trésor de la Langue Française informatisé

GOUINE, subst. fém.

Pop. et arg.
A. − Vx. Femme de mauvaise vie, prostituée :
Que la vieille Thémis ne soit plus qu'une gouine Baisant Mandrin dans l'antre où Mongis baragouine; (...) Ô nature profonde et calme, que t'importe! Hugo, Châtim.,1853, p. 412.
B. − Lesbienne. Et [contrairement à toute vraisemblance,] la gouine, elle, chérissait gentiment son neveu, sans aucun appétit de cette jeune chair (Richepin, Flamboche,1895, p. 258).C'était [une photo] Marcelle à dix-huit ans; elle avait l'air d'une gouine, avec la bouche veule et les yeux durs (Sartre, Âge de raison,1945, p. 157).Cf. gousse C.
REM. 1.
Gouin, subst. masc.,,Matelot d'une mauvaise tenue`` (Littré).
2.
Gougnotte, subst. fém.,arg. J'y ai appris [à la Conciergerie] un mot nouveau, qui n'est peut-être pas dans votre glossaire : gougnotte, subst. fém. fam. : femme ou fille qui abuse des personnes de son sexe, d'où le verbe gougnotter (Mérimée, Lettres F. Michel,1858, p. 55).
3.
Gougnottage, subst. masc.Relations amoureuses d'une femme avec une autre femme. Et les femmes, je ne serais pas étonné si leur amitié si caressante cachait un léger gougnottage (Goncourt, Journal,1878, p. 1248).
Prononc. et Orth. : [gwin]. Ds Ac. 1694-1878. Étymol. et Hist. 1. 1625-55 gouyne « femme de mauvaise vie » (Muse norm. t. III, p. 277 d'apr. Héron, p. 109); 2. av. 1867 gouine « homosexuelle » (A. Delvau, Dict. érotique mod. ds FEW t. 4, p. 189b, s.v. goï). Mot norm. formé sur le masc. gouain « salaud » (1625-55 Muse norm., t. I, p. 143 d'apr. Héron), qui représenterait l'hébr. gōyīm, plur. de gōy « non-juif, chrétien » (goy*), cf. FEW t. 4, p. 189b. Bbg. Chautard (É). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 376 (s.v. gougnotte). - Sain. Arg. 1972 [1907], p. 217, 227 (s.v. gougnotte).

Wiktionnaire

Nom commun

gouine \ɡwin\ féminin

  1. (Archaïsme) (Injurieux) Coureuse ; femme de mauvaise vie.
    • Que la vieille Thémis ne soit plus qu'une gouine
      Baisant Mandrin dans l'antre où Mongis baragouine
      Ô nature profonde et calme, que t'importe !
      — (Victor Hugo, Force des choses, 1853)
    • – Hein ? il y a quelque femelle, là-dessous… Ah ! les sacrées gouines, on devrait leur tordre le cou à toutes ! — (Émile Zola, La Terre, Charpentier, Paris, 1887)
  2. (XIXe siècle) (Sexualité) Lesbienne. — Note : Selon le contexte, une insulte lesbophobe (le plus souvent) ou une revendication d'identité sexuelle lesbienne.
    • Dans la même perspective de visibilité, les lesbiennes, qui ressentent la nécessité d'avoir leur propre espace de lutte, fondent les Gouines rouges en juin 1971. « Nous n'avions pas d'autre revendication que vivre notre amour au grand jour. » — (Stéphanie Arc, Les Lesbiennes, 2010)
    • Cette marche est là pour montrer qu’on peut être jeune, LGBTQI+ et vivre en banlieue», affirme-elle avec aplomb, avant de continuer à scander : «Y’en a assez, assez, de cette société qui ne respecte pas les trans, les gouines et les PD» — (Marie Rouge et Emeline Paillasseur, A Saint-Denis, «assez de cette société qui ne respecte pas les trans, les gouines et les PD» sur Liberation.fr, 9 juin 2019)

Forme de verbe

gouine \ɡwin\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de gouiner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de gouiner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de gouiner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de gouiner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de gouiner.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

GOUINE (goui-n') s. f.
  • Terme très bas d'injure. Femme de mauvaise vie, coureuse.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « gouine »

(XVIIe siècle)[1] Étymon discuté et inconnu :
  1. Mot normand[1], féminin de goy, goyim « non-juif, chrétien ».
  2. Auguste Creuzé de Lesser[2] tire ce mot de la reine Goïne (à rapprocher avec le gaélique coinne, « femme », l’anglais queen, « reine ») qui trompait son mari et le fit périr pour fuir avec son amant :
    « Quoiqu'en amour à la bonté j'incline,
    Je n'en ai pas pour la reine Goïne ;
    Et jusqu'à nous son nom un peu changé
    Vint justement en proverbe érigé. » — (La Table ronde, 1810)
  3. Auguste Scheler[3] soulignant que l'ancien français avait godine (sens identique), propose une racine god : le verbe godailler (« boire avec excès ») ayant subi lui aussi une évolution vers gouailler (« s'amuser ») d'où gouaille. Cette racine, selon ce même auteur faisant référence au philologue allemand Friedrich Christian Diez, n'est pas issue du latin gaudere (« jouir ») mais plutôt d'origine celte et se retrouve dans le gallois god (« luxure »), l'ancien français godon (« femme de mauvaise vie ») ou, plus proche de nous, godelureau.
  4. De l’arabe قينة, qayna (le « ق -q » arabe étant souvent retranscrit en « g », comme dans le mot qahba donnant gaupe et comme il est fréquemment prononcé dans certains dialectes, tel قلب qalb (« cœur » en français) prononcé « galb » en Tunisie et dans la Péninsule arabique). Une qayna était une esclave-musicienne au Moyen-Orient, d'où la réputation de femme de mauvaise vie.
  5. Probablement issu plus ou moins directement de la racine indo-européenne gʷḗn ("femme"). À rapprocher du sens 2.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Origine inconnue. Diez le rattache à godine, godinette (voy. GODINETTE), et y voit un dérivé du radical gaud, du latin gaudere, se réjouir, et il condamne les autres étymologies, entre autres celles de quean, mot anglais signifiant femme de mauvaise vie, et tenant à l'anglo-saxon cwen et à l'islandais quinna, qui signifient femme. Cependant cette dernière étymologie semble plus probable que la sienne. Creuzé de Lesser, dans son poëme de la Table ronde, chant VI, tire ce mot de la reine Goïne qui trompait son mari et le fit périr pour fuir avec son amant : Quoiqu'en amour à la bonté j'incline, Je n'en ai pas pour la reine Goïne ; Et jusqu'à nous son nom un peu changé Vint justement en proverbe érigé.

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Phonétique du mot « gouine »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
gouine gwin

Citations contenant le mot « gouine »

  • Alors que le second tour des élections municipales approche, une habitante de Paea, soutien de l’ex et défunt maire Jaquie Graffe, a publié mardi une vidéo dans laquelle elle tient des propos homophobes, estimant que la population ne veut pas d’une « gouine » à la tête de la commune de Paea. TNTV Tahiti Nui Télévision, Une vidéo haineuse et homophobe contre une élue suscite l’indignation • TNTV Tahiti Nui Télévision
  • Un gouin finit par trouver sa gouine. De Proverbe québécois
  • “La nuit queer porte l’envie de décloisonnement qui traverse la société, le besoin de faire tomber les barrières du genre. Dans une soirée, je peux croiser un copain qui est plus gouine que moi ! La nuit a toujours été à l’avant-garde de ce genre de combat avec les gays dans les années 80, puis les lesbiennes dans les années 2000. Après, le milieu LGBT reste le reflet de la société où un homme gay bénéficie de plus d’aide qu’une lesbienne ou qu’un trans. Le queer, c’est une prise de conscience politique pour un monde nouveau. Le confinement a mis un coup d’arrêt temporaire mais le fait de venir d'une communauté à la marge apparaît comme un atout dans la situation actuelle. On est habitué aux situations précaires, à l’improvisation, à faire beaucoup avec peu. Les gens ont souvent une autre activité en plus des soirées. Je pense paradoxalement que les collectifs queers vont mieux s’en sortir dans le postconfinement et l’arrêt des fêtes que les grosses structures qui sont moins souples.” Time Out Paris, Interview : quel avenir pour le milieu LGBTQI parisien ?
  • Paul B. Preciado. Le récit dominant de la transsexualité, et j'emploie ce mot médical à dessein même si je n'y souscris pas, veut que les gens qui ne s'identifient pas au genre assigné à leur naissance soient dysphoriques de genre. Un psychiatre vous fait une ordonnance pour aller voir un endocrinologue, et vous avez accès aux hormones, pensées comme thérapie à la maladie dont vous souffrez. Pour moi, ça ne s'est pas passé comme ça. Depuis l'enfance, je me sentais dissident du genre, ni homme ni femme. Quand j'ai commencé à sortir avec des filles, on m'a traité de gouine. Je me suis alors beaucoup politisé et c'est la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie. Dans l'Espagne post-franquiste des années 1990, il n'y avait aucun enseignement féministe ni antiraciste à ma disposition, alors, je suis parti faire mes études aux États-Unis, où j'ai grandi dans la pensée d'Angela Davis et de Judith Butler. Leurs récits ont été constitutifs et très importants. Car, sinon, comment me raconter ma vie ? Dans une société comme la nôtre, être une femme, c'est déjà une position secondaire, mais être lesbienne, non binaire, signifie que vous n'existez pas. Alors, à chaque fois qu'on me dit « Vous avez pris de la testostérone ? », je réponds que les grandes doses de féminisme que j'ai avalées dans ma vie sont beaucoup plus importantes. Elles ont fait ce que je suis aujourd'hui. Devenir trans a été une possibilité d'être une sorte de laboratoire vivant pour comprendre la construction de la masculinité et de la féminité, de l'hétérosexualité et de l'homosexualité.                                                                                                             , Paul B. Preciado : « L'hétérosexualité est un régime politique » - Elle
  • « Gouine, gougnotte, goudoune ou gousse » : de quoi cette appellation familière est-elle le nom ? La connotation insultante du mot gouine est notée pour la première fois dans la quatrième édition du Dictionnaire de l’académie française en 1762. À l’origine, « GOUINE. Terme d’injure, qui se dit d’une coureuse, d’une femme de mauvaise vie. C’est une vraie gouine. Il ne hante que des gouines ».  Le terme est alors associé à la prostitution et aux bordels. Ce n’est que vers la fin du XIXe siècle que nous pouvons trouver la preuve d’une association du terme gouine avec le lesbianisme dans les dictionnaires d’argot, les satires et des représentations littéraires. Aujourd’hui, le terme est plus ou moins synonyme de lesbienne. L’édition actuelle du dictionnaire Larousse, par exemple, le définit simplement comme « homosexuelle, lesbienne ». Bien qu’il soit utilisé dans un contexte politique d’auto-identification pour contester la stigmatisation ou la normativité du mot lesbienne, celui de gouine demeure cependant toujours associé aux désirs masculins et aux représentations des femmes dans la pornographie. Comme le très officieux Dictionnaire sexuel l’expose : « Gouine : (n.f.) Autrefois péjoratif à l’excès, aujourd’hui son sens a légèrement basculé dans le fantasme masculin : la gouine est souvent sujet de désir dans la pornographie, on lui attribue une fonction précise dans laquelle elle allume l’homme pour ensuite [se] faire posséder par lui, triomphant de son aversion envers les hommes ». Il y a environ quatre étymologies possibles du mot gouine. Premièrement, il est probablement ancré dans le mot latin ganae qui signifie « les mauvais lieux » tels que les tavernes, les bordels, les maisons de débauche. Tandis que ganeo référerait à un homme qui fréquente de tels lieux, ganae pourrait référer aux femmes associées à ces endroits (les filles de joie ou les prostituées). Cette association du terme avec les femmes aux mœurs « trop légères » est aussi incorporée dans une deuxième origine possible du terme, celle de gougne et gougnou signifiant truie ou cochonne. Ces mots étaient probablement la source de l’épithète plus généralement utilisée pour des lesbiennes au milieu du XIXe siècle, gougnotte. Dans son Dictionnaire érotique moderne de 1864, le journaliste Alfred Delvau définit ainsi ce terme : TÊTU, TÊTU | "Gouine" et "pédé" : découvrez l'histoire de ces insultes pour mieux les combattre
  • Pourtant, une série de suspensions de comptes et de suppressions de publications vient bien d’avoir lieu, au seul motif que ces utilisateurs et utilisatrices s’approprient les mots "gouine" et "pédé" et ce, seulement quelques jours après l’adoption de la loi Avia. Les réseaux sociaux ont-ils serré la vis pour se préparer à la future application ? “Pour moi, ce n’est pas une coïncidence, insiste Gwen Fauchois. La discussion de la loi puis son vote a sans doute incité les réseaux sociaux à commencer à tester leurs algorithmes, à essayer de voir comment ils pourraient se mettre en conformité avec la future loi si le conseil constitutionnel la laisse passer. Il y a un climat qui a été créé et qui est favorable à ce que les réseaux sociaux réagissent ainsi.” Les Inrockuptibles, La loi Avia est-elle (déjà) en train de museler les activistes LGBT ?

Images d'illustration du mot « gouine »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « gouine »

Langue Traduction
Anglais dyke
Espagnol dique
Italien diga
Allemand deich
Chinois 堤防
Arabe سد
Portugais sapatona
Russe дамба
Japonais 堤防
Basque dike
Corse dyke
Source : Google Translate API

Synonymes de « gouine »

Source : synonymes de gouine sur lebonsynonyme.fr
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