La langue française

Giscardiser

Définitions du mot « giscardiser »

Wiktionnaire

Verbe

giscardiser \ʒis.kaʁ.di.ze\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Vieilli) Rendre giscardien.
    • Dans le même temps, il reprend à son compte la phraséologie gaulliste utilisée par ses challengers qui, de leur côté, épargnent le maire de Paris pour concentrer leurs critiques sur les mauvais génies - Balladur et Juppé - qui « giscardisent » le RPR. — (Pierre Favier & Michel Martin-Roland, La décennie Mitterrand, tome 3, Les défis, Éditions du Seuil, 1996, page 387)
  2. (Pronominal) Devenir giscardien.
    • Cette pauvre UDR se giscardise, c'est-à-dire qu'elle va à la mort. « Quant à Jobert, dit encore Debré, si l'UDR se redresse, il sombrera dans le ridicule. — (Jean-Luc Barré & ‎Jean Mauriac, L'Après de Gaulle: Notes confidentielles (1969-1989), Éditions Fayard, 2006)
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Étymologie de « giscardiser »

De Valéry Giscard d'Estaing, avec le suffixe -iser.
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Phonétique du mot « giscardiser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
giscardiser ʒiskardize

Évolution historique de l’usage du mot « giscardiser »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « giscardiser »

  • Deux jours après son élection, Giscard, dans le secret des appartements de son ami Michel Poniatowski, propose Matignon à Chirac. Consulté, Pierre Juillet conseille à Giscard : "Prenez plutôt Ponia." Les gaullistes, déjà traumatisés par la défaite de Chaban, auraient ressenti ce choix comme une provocation. Ce sera donc Chirac. A charge pour lui de "giscardiser" l'U.d.r. L'heure du centre a sonné. Jean Lecanuet est au gouvernement, J.J.S.S. aussi. Le Président présente lui-même son équipe à la télévision. Le Premier ministre n'a pas eu son mot à dire.   LExpress.fr, 1986 - Divorce Chirac-Giscard: dix ans déjà - L'Express
  • Edouard Husson : Il n’y a même plus besoin de tendre un piège à la droite sur le terrain social. Cela fait trente-cinq ans qu’elle est KO! Rappelez-vous, 1983-1984, le monde ouvrier commence à quitter le parti communiste mais ne peut pas se raillier à un parti socialiste qui choisit le delorisme, la rigueur et la politique du franc fort. Au lieu de revenir aux racines de son mouvement, le gaullisme, Chirac choisit de giscardiser le RPR et même de basculer carrément dans le néolibéralisme. Au lieu de prendre aux Britanniques et aux Américains le pragmatisme monétaire, Chirac se rallie à un programme « monétarisme dogmatique + privatisations systématiques ». Le résultat ne se fait pas attendre: le monde ouvrier passe au Front National. Et depuis lors la droite est divisée entre un parti néo-giscardien - la tradition orléaniste selon René Rémond - et un parti populiste, le « bonapartisme honteux » de la famille Le Pen. Nicolas Sarkozy a bien essayé de surmonter le clivage. Et il a réussi à se faire élire en 2007 à la tête du parti orléaniste mais avec un discours semi-populiste. Mais cela n’a pas tenu face à la réalité d’une politique prise dans le carcan de la politique monétaire à l’allemande. En faisant le choix du franc fort et de l’euro, la droite orléaniste et la gauche républicaine, depuis 1983, ont préféré l’intégration européenne des classes supérieures à l’intégration à la France de toutes les classes sociales. Le chômage a explosé et est mal camouflé par les statistiques officielles; la pauvreté est une réalité répartie sur tout le territoire français; les immigrés ne se sont plus intégrés à la nation. La gauche a fait de nécessité vertu et camouflé, par exemple, l’absence d’intégration derrière l’éloge du multiculturalisme; et les troubles des banlieues sont régulièrement noyés sous une pluie de subventions appelée « politique de la ville ». Atlantico.fr, Politique pour les riches = politique de droite; politique sociale = politique de gauche ? La pseudo-équation qui tue la démocratie française | Atlantico.fr
  • Bruno Cautrès : Il faut tout d’abord rappeler que depuis les années 1990 et notamment la présidentielle 1995, l’espace politique français n’est plus structuré par un seul clivage, mais par deux clivages : au traditionnel clivage gauche-droite s’est ajouté un second clivage que Pascal Perrineau avait qualifié alors de clivage « ouvert/fermé » et que l’on peut aussi appeler le clivage « libéraux/conservateurs » au plan européen. Les travaux du CEVIPOF ont popularisé la notion de « tripartition » de l’espace partisan et idéologique pour rendre compte de cette dualité des clivages : la coexistence entre les deux clivages provoque une rupture dans l’ordre bipolaire de la politique française et instaure une « tripartition » entre la gauche, la droite et le FN. On voit que la logique « centriste » d’Emmanuel Macron tente de transformer cette « tripartition » entre « quadripartition » (le premier tour de la présidentielle de 2017 avec quatre candidats autour de 20%) pour favoriser ensuite une nouvelle grande coupure binaire entre les « progressistes » et les « conservateurs » (le second tour de la présidentielle). La logique du « et de gauche et de droite » repose donc sur l’idée de faire émerger ce dernier grand clivage sur certains dossiers économiques ou de réformes de société. C’est au sein de ce jeu de positions qu’il faut regarder les évolutions politiques (et sondagières) en cours : Emmanuel ne pourra se maintenir au-dessus de 50% de popularité que s’il parvient à fidéliser les électeurs de centre-gauche et de centre-droit sur des thèmes qui leur tiennent particulièrement à cœur : économie plus ouverte et compétitive et moins d’impôts à droite, réformes de société à gauche. Le déplacement du soutien d’Emmanuel Macron vers le centre-droit au cours des derniers mois pose une question de fond et de stratégie politique pour lui : jusqu’à quel point peut-il pousser cet avantage sans perdre définitivement les électeurs de gauche qui ont commencé à adhérer à l’idée du « président des riches » ? Poussée jusqu’à son terme cette logique reviendrait à progressivement « giscardiser » Emmanuel Macron et en faire le candidat naturel du centre-droit à la présidentielle de 2022… On peut se douter qu’Emmanuel Macron voudra plutôt solidifier son socle centriste « de droite et de gauche »…La longue « prise de judo » entre Emmanuel Macron et le clivage gauche-droite n’est pas terminée et l’on ne sait pas encore qui aura, à long terme, le dessus, qui mettra genoux à terre….Les clivages politiques ont jusqu’à présent plutôt montrer leur grande résilience, mais aussi leur capacité à muter…. Atlantico.fr, Emmanuel Macron, François Hollande, Nicolas Sarkozy : le match des bilans après 7 mois de mandat | Atlantico.fr

Traductions du mot « giscardiser »

Langue Traduction
Anglais giscardize
Espagnol giscardizar
Italien giscardize
Allemand giscardize
Chinois 吉斯卡化
Arabe جيسكاردي
Portugais giscardizar
Russe giscardize
Japonais ジスカーズ
Basque giscardize
Corse giscardizà
Source : Google Translate API

Giscardiser

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