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Fourmi-lion, fourmilion

Sommaire

  • Définitions du mot fourmi-lion, fourmilion
  • Étymologie de « fourmi-lion »
  • Phonétique de « fourmi-lion »
  • Évolution historique de l’usage du mot « fourmi-lion »
  • Citations contenant le mot « fourmi-lion »
  • Images d'illustration du mot « fourmi-lion »
  • Traductions du mot « fourmi-lion »

Définitions du mot fourmi-lion, fourmilion

Wiktionnaire

Nom commun

fourmi-lion \fuʁ.mi.ljɔ̃\ masculin

  1. Insecte névroptère dont l’aspect adulte rappelle les libellules et dont les larves de beaucoup d'espèces creusent un trou en forme d’entonnoir pour piéger des insectes (fourmis surtout).
    • Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis sa dernière venue ; déjà dans le sable non foulé, les fourmis-lions avaient creusé leurs petits entonnoirs. — (François Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, p. 122)

Nom commun

fourmilion \fuʁ.mi.ljɔ̃\ masculin

  1. Insecte névroptère dont l’aspect adulte rappelle les libellules et dont les larves de beaucoup d'espèces creusent un trou en forme d’entonnoir pour piéger des insectes (fourmis surtout).
    • Disant que tout est beau dans la nature, il [Charles Filiger] oublie que tout est beau pour quelques uns seuls qui savent voir ; et que chacun du moins élit un beau spécial le plus proche de soi ; et en cette nature de Pont-Aven et du Pouldu le va distiller comme un cheval d'Espagne dans l'entonnoir d'un lys au pollen de fourmilion. — (Alfred Jarry, Œuvres complètes, Tome 7, Critique d'Art, "Filiger", Editions du Livre, 1948, p. 168)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FOURMI-LION. n. m.
T. de Zoologie. Insecte qui, à l'état de larve, se nourrit de fourmis et d'autres insectes qui tombent dans un trou en forme d'entonnoir qu'il a creusé. On dit quelquefois FORMICA-LEO.

Littré (1872-1877)

FOURMI-LION (four-mi-li-on) s. m.
  • Petit insecte névroptère, fort vorace, qui, à l'état de larve, se nourrit de fourmis et autres insectes ; il appartient à un genre dont le nom scientifique est myrmécoléon. Les historiens du fourmi-lion nous ont vanté sa patience et sa sobriété ; il peut en effet soutenir de très longs jeûnes ; caché au fond de son entonnoir, il attend en chasseur rusé et patient que quelque insecte rôdeur tombe dans le piége, Bonnet, Observ. 39e, Insect. La fourmi est de tous les insectes rôdeurs celui à qui il arrive le plus souvent de tomber dans le piége ; c'est ce qui a fait donner à notre chasseur le nom assez impropre de fourmi-lion, Bonnet, Observ. 40e. Les bords [du trou] sont escarpés, et s'éboulent facilement ; ils entraînent avec eux l'imprudente fourmi ; le fourmi-lion la saisit prestement avec ses cornes, la secoue pour l'étourdir, la tire sous le sable, et la suce à son aise, Bonnet, Contempl. nat. XII, 42. Parvenu à son parfait accroissement, le fourmi-lion quitte le métier de chasseur qui lui est devenu inutile ; il ne tend plus de piége, et, après s'être promené quelque temps près de la surface de la terre, il s'y construit une petite coque de forme sphérique, qu'il revêt intérieurement d'une tapisserie de satin du plus beau gris de perle où il se transforme dans une de ces mouches qu'on a nommées demoiselles, Bonnet, ib.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

FOURMI-LION, s. m. formica-leo, (Hist. nat.) insecte qui a beaucoup de rapport au cloporte pour la figure du corps, & à l’araignée non-seulement par la figure, mais encore par l’instinct, par sa maniere de filer, & par la mollesse du corps. Le fourmi-lion est d’un gris sale, avec des points noirs, qui sont de petites aigrettes composées de picquans qu’on ne distingue qu’avec la loupe. Le corps est entouré de plusieurs anneaux. Cet insecte a six jambes, dont quatre tiennent à la poitrine, & les deux autres à une partie placée au-devant de la poitrine, à l’endroit du cou. La tête est menue & plate ; elle porte deux antennes ou cornes creuses, dures, longues de deux lignes, un peu plus grosses qu’un cheveu, & crochues par le bout : à la base de chacune de ces antennes, il y a des yeux.

Le fourmi-lion ne vit que d’insectes ; il ne marche qu’en reculant & par petites secousses, ainsi il ne peut pas aller chercher sa proie ; il est obligé de l’attendre, & de dresser des embuches pour l’attirer à soi : c’est pourquoi il se place dans un sable fin & sec, contre un mur, à l’abri de la pluie ; il y creuse une petite fosse ronde & concave ; à cet effet, il commence par courber en-bas la partie postérieure de son corps, qui est pointue, & il l’enfonce dans le sable : il s’enfouit de cette maniere jusqu’à une certaine profondeur, la tête en haut : alors il jette assez loin avec ses cornes, par des mouvemens prompts & réitérés, le sable qui se trouve sur sa tête ; à mesure qu’il déplace ce sable, il en retombe de nouveau des alentours, il le jette encore ; & enfin il forme une fosse concave qui ressemble à une trémie, au centre de laquelle il reste placé la tête & les cornes en-haut. Pour faire une fosse plus grande, il décrit un cercle avec la partie postérieure de son corps en reculant, & à chaque pas il jette au loin du sable avec ses cornes, ensuite il parcourt l’aire du cercle, en suivant une ligne spirale qui fait plusieurs tours jusqu’à ce qu’il soit arrivé au centre. Il reste-là continuellement pour attendre sa proie, & souvent il l’attend pendant long-tems avant qu’elle arrive ; car il faut que quelque insecte passe sur les bords de la trémie. Comme ce terrein cede sous les piés de l’insecte, à cause de la pente & du sable mouvant, l’insecte tombe nécessairement dans la trémie, & fait rouler du sable qui va au centre sur la tête du fourmi-lion : ce mouvement l’avertit qu’il est tombé un insecte dans la trémie ; aussi-tôt il l’apperçoit, & jette avec ses cornes du sable sur cet insecte, pour le faire descendre jusqu’au centre, malgré les efforts qu’il pourroit faire pour remonter : alors il le saisit avec les extrémités de ses cornes, & le tient long-tems de cette maniere à une distance considérable de la tête, sans que l’on apperçoive, même avec la loupe, aucun aiguillon qui sorte de la tête pour sucer l’insecte. Ainsi il est à croire qu’il le suce par le moyen de ses cornes, qui sont creuses, & dans lesquelles on a vû avec le microscope un corps transparent & membraneux qui s’étend d’un bout à l’autre de la concavité de la corne. Ainsi on a observé qu’une mouche que l’on avoit donnée à un fourmi-lion, & qu’il avoit tenue pendant deux ou trois heures entre les extrémités de ses cornes, étoit devenue seche, & qu’on l’avoit réduite en poudre en la froissant entre les doigts.

Le fourmi-lion a été ainsi appellé, parce que les fourmis sont sa proie la plus ordinaire ; cependant il ne peut que les sucer ; & lorsqu’il n’en tire plus rien, il jette les restes hors de la trémie, & ensuite il se débarrasse du sable qui s’est écroulé, & il dispose de nouveau la trémie, pour y faire tomber un autre insecte : en l’attendant, le fourmi-lion se passe de nourriture. On en a garde pendant six mois dans une boîte, où ils ont vécu sans en prendre aucune.

Lorsque le fourmi-lion est parvenu à un certain âge, il ne fait plus de trémie, parce qu’il n’a plus besoin de nourriture ; il pratique alors plusieurs routes irrégulieres dans le sable, & il s’y enfonce pour se métamorphoser : il s’enveloppe, sans changer de forme, dans une coque composée de soie très-fine, d’une sorte de colle, & de sable. La soie vient de la partie postérieure, comme celle de l’araignée. La coque est grosse & ronde ; les parois intérieures sont revêtues, & pour ainsi dire, drapées d’un tissu de soie fort serré, qui ressemble à un petit satin couleur de perle. L’animal reste en repos dans cette coque, la tête entre les jambes, pendant six semaines plus ou moins avant de se changer en nymphe. Lorsque le tems de cette transformation arrive, l’insecte se dépouille de sa premiere peau, à laquelle les cornes, les yeux, & les poils restent attachés, & il paroît sous la forme d’une nymphe qui a environ trois lignes de longueur, quatre aîles membraneuses, six jambes, deux grosses cornes ou antennes molles & creuses, deux yeux noirs, & deux serres en forme de scies, qui lui servent de dents. Cette nymphe reste encore pendant quelque tems dans la coque : enfin l’insecte se transforme en une belle mouche que l’on appelle demoiselle. Il fait une petite ouverture dans la coque ; & en s’insinuant dans cette ouverture, il y laisse la seconde peau. C’est un fourreau membraneux & transparent, qui a la forme des cornes ou antennes, des yeux, des dents, des aîles, des jambes, &c. de la mouche qui en est sortie. On trouve ainsi dans la coque la peau du fourmi-lion, qui est pelotonnée, & quelquefois un œuf que la mouche y a fait avant d’en sortir : la longueur de cet œuf est de deux lignes, & l’épaisseur d’une ligne ; il a une coque semblable à celle des œufs de poule ; mais il n’est pas fécond, puisqu’il a été pondu avant l’accouplement du mâle avec la femelle. Cependant on n’a trouvé qu’un seul œuf dans le corps de quelques-unes de ces femelles que l’on a ouvertes ; elles sont infécondes, lorsqu’elles le pondent avant les approches du mâle : aussi les fourmi-lions sont assez rares.

La demoiselle du fourmi-lion a quinze ou seize lignes de longueur : en sortant de son fourreau, ses ailes sont courtes & plissées ; mais en deux minutes, elles se développent & deviennent plus longues que le corps. Elle reste d’abord pendant quelque tems sur ses piés sans mouvement, pour se sécher, avant de prendre l’essor. Les demoiselles de cette espece ont deux antennes, qui sont menues près de la tête, & deviennent de plus en plus grosses jusqu’à l’extrémité. Le bout de la queue est hérissé de poils, & les ailes sont d’un blanc cendré, avec quelques points noirs, & sans aucune couleur vive. Elles ont deux gros yeux aux côtés de la tête, & elles different des autres insectes de ce genre, en ce qu’elles n’ont point d’yeux au-dessus de la tête, & que le ventre n’est pas cannelé tout du long. Mém. de l’acad. royale des Sciences, année 1704, p. 235 & suiv. Voyez les mém. pour servir à l’hist. des insectes, tom. VI. p. 333 & suiv. Voy. aussi les Transact. philosophiq. n°. 469. Voyez Demoiselle, insecte. (I)

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Étymologie de « fourmi-lion »

(1745) Calque du latin formica-leo (latin zoologique).
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Fourmi, et lion ; provenç. formicaleon.

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Phonétique du mot « fourmi-lion »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
fourmi-lion furmiljɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « fourmi-lion »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « fourmi-lion »

  • Ces Névroptères sont surtout connus par leurs larves qui pour la plupart des espèces creusent de très typiques entonnoirs qui s'avèrent d'astucieux et redoutables pièges pour les menus insectes, notamment pour les fourmis (d'où les noms vernaculaires de fourmilion, ou de fourmi-lion). midilibre.fr, Série/Les insectes que l'on rencontre à Castries : le fourmilion - midilibre.fr
  • Pourquoi certains insectes glissent-ils au fond du trou creusé par le fourmilion, et d’autres non ? Une nouvelle expérience l’explique. Pourlascience.fr, Le piège du fourmilion expliqué | Pour la Science
  • Des chercheurs britanniques ont étudié des insectes particuliers, des fourmilions, pour savoir pendant combien de temps ces derniers miment leur propre mort à l'approche d'un prédateur. Sciences et Avenir, Pendant combien de temps mimer la mort pour pouvoir survivre - Sciences et Avenir
  • Les fourmilions sont des insectes Névroptères, de la famille des Myrméléonidés, qui à l'état adulte ressemblent à des libellules. midilibre.fr, Série/Les insectes que l'on rencontre à Castries : le fourmilion - midilibre.fr
  • "Savez-vous que le pou peut retenir sa respiration pendant 18h ? Qu'une fourmi du Crétacé avait une corne renforcée d'un composant métallique ? Qu'une larve de papillon peut se nourrir de plastique ? Savez-vous que certaines abeilles peuvent tuer un frelon rien quen agitant les ailes ? Que les termites communiquent en se tapant la tête sur les parois de la termitière ? Ou encore que la larve du fourmilion attrape ses proies en les faisant tomber dans un piège diabolique ? " France Bleu, La BD "Les insectes" Tome 5 de Cazenove Vodarzac et Cosby éditions Bamboo
  • La deuxième, avec ses grandes ailes et ses grandes antennes, qui s’était posée à Soyaux chez Valentin est un insecte Névroptères, de la famille des Myrmeleontidaeun, appelé fourmilion longicorne. Cet insecte méridional est protégé. Et  ressemble vaguement à une libellule. Sa larve creuse de très typiques entonnoirs qui s’avèrent être de redoutables pièges pour d’autres insectes, et notamment les fourmis. CharenteLibre.fr, Alors ces bébêtes… de quoi s’agit-il ? - Charente Libre.fr
  • Savez-vous que certaines abeilles peuvent tuer un frelon rien qu’en agitant les ailes ? Que les termites communiquent en se tapant la tête sur les parois de la termitière ? Ou encore que la larve du fourmilion attrape ses proies en les faisant tomber dans un piège diabolique ? Entre humour et vérité scientifique, découvrez les secrets d’un monde fascinant : celui des insectes que vous allez découvrir. Ligne Claire, Les Insectes en BD avec Bamboo : le récupérateur de cadavres

Images d'illustration du mot « fourmi-lion »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « fourmi-lion »

Langue Traduction
Anglais ant lion
Espagnol hormiga león
Italien formica leone
Allemand ameisenlöwe
Chinois 蚂蚁
Arabe أسد نملة
Portugais formiga leão
Russe муравей лев
Japonais アリのライオン
Basque inurria lehoi
Corse leone di formica
Source : Google Translate API
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