La langue française

Figurément

Définitions du mot « figurément »

Trésor de la Langue Française informatisé

Figurément, adv.D'une manière figurée, qui implique le recours à une figure de rhétorique, généralement une figure de signification (particulièrement la métaphore). Mot pris figurément, se dire figurément. Pour employer figurément le langage des astronomes (Cournot, Fond. connaiss.,1851, p. 547).Il suit donc, à parler figurément, qu'à chacun de ces obstacles correspond une section spéciale et déterminée pratiquée sur chacun de ces rayons que nous dardons par tous nos sens (Claudel, Art poét.,1907, p. 172). [figyʀemɑ ̃]. 1reattest. 1erquart xives. (J. Le Court, Restor du paon, éd. R. J. Carey, 2063); de figuré (v. figurer étymol. A 2), suff. -ment2*. Fréq. abs. littér. : 3.

Wiktionnaire

Adverbe

figurément

  1. D’une manière figurée.
    • […] ; ici où la chose s'accorde parfaitement bien au nom de pain , c'est une impertinence toute manifeste de le prendre figurément; & qu'au contraire là où ce mesme sujet est nommé le corps du Christ, la chose ne répondant nullement à ce nom, il le saut prendre figurément & tenir pour tout certain, qu'elle pst ainsi nommée improprement. — (Jean Daillé, Quinze sermons prononcez en divers lieux l'an 1653 et 1654, Genève : Jean Ant. & Samuel De Tournes, 1669, p.438)
    • En cette espèce de va-et-vient, figure sonore de son bâti rythmique, mouvement apparent de son schème, elle trouve à se comprendre figurément : semblable à la mer qui éclate en son rivage, seuil où ces deux choses, terre et mer, s'ajointent par cette porte bruyante […]. — (Michel Deguy, La poésie n'est pas seule, Seuil, 1987, p.47)
    • Mais dans plusieurs proverbes où il est question de ces animaux, il faut entendre figurément par mouton ou brebis «la jeune villageoise», et par loup «le mâle, séducteur et malfaisant». — (C.-M. Robert, Phraséologie française: répertoire systématique de proverbes, dictons et locutions idiomatiques commentés et expliqués, J.-B. Wolters, 1905, p.445)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FIGURÉMENT. adv.
D'une manière figurée. Parler figurément. Cela ne se dit que figurément. Ce mot signifie proprement telle chose, et figurément il signifie telle autre. Employer, prendre un mot figurément.

Littré (1872-1877)

FIGURÉMENT (fi-gu-ré-man) adv.
  • D'une manière figurée, métaphorique. Parler figurément. On leur eût donné pour règle d'entendre figurément les passages de l'Écriture, Bossuet, Var. 15.
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Étymologie de « figurément »

Composé de figuré et du suffixe -ment.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Figuré, et le suffixe ment. On a dit dans le XIVe siècle figuraument, d'un adjectif figural.

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Phonétique du mot « figurément »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
figurément figyremɑ̃

Évolution historique de l’usage du mot « figurément »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « figurément »

  • «On appelle figurément un vieux bouquin un homme puant et lascif qui a passé sa vie dans la débauche. On dit proverbialement sentir le bouquin pour dire sentir mauvais.» Toutefois le cher Antoine ajoute la notation qui laisse pointer la modernité: «On appelle aussi de vieux livres fripés et peu connus de vieux bouquins.» Le verbe qui suit précise: Bouquiner «Chercher de vieux livres inconnus et fripés chez des libraires, ou s'amuser à les lire.» Le Figaro.fr, L'obsolescence du français est programmée
  • Il se dit figurément d’un Homme qui cherche à en imposer, à se faire valoir par un grand étalage de paroles et autres moyens. N’écoutez pas cet homme-là, c’est un charlatan. Il y a des charlatans dans tous les états. Un charlatan politique. Madagascar-Tribune.com, Vers un test d’un médicament traditionnel malgache pour guérir le (...) - Madagascar-Tribune.com
  • Au XVIIe siècle, on disait crûment:«Il a un coup de hache», ce qui ne va pas chercher midi à quatorze heures. On trouve:«Il en a dans le casque», qui procède de la même imagerie - quoique le casque fût alors«aussi figurément la teste», dit Furetière. Il y eut également le «coup de giblet», le giblet étant la vrille avec laquelle on perçait un donne-vent dans une barrique pour permettre au vin de couler. De cette dernière image, nous avons conservé la pantomime, sans le savoir: c'est le sens premier de l'index tourné sur la tempe pour dire à son prochain: «T'es complètement cinglé, oui!» Le giblet! Le Figaro.fr, Pourquoi dit-on avoir «un pète au casque» ?
  • Trouver cette « Éphéméride » exempte de scepticisme serait mensonger. Ne pourrait-on même se demander si sa dernière phrase n'est pas empreinte d'une trace de perversité, ce qui reviendrait – que Dieu nous en préserve ! – à nier les ruses de l'inconscient ? Car le saint patron de notre Premier ministre, Édouard le Confesseur, régna de 1042 à 1066 sur l'Angleterre sans que les chroniqueurs le tinssent pour traître à qui que ce fût ; il fut même canonisé par le pape Alexandre III en 1161. Dès lors, comment Édouard Philippe, qui fut extrait d'un parti un rien amoché, Les Républicains, par le Président Macron pour gagner Matignon, pourrait-il songer à le trahir ? Dans cette France si traversée de haines tenaces et bouffie d'ambitions souterraines, souffrez, Monsieur, qu'un citoyen lambda s'offre un quart d'heure de naïf premier de gré. De plus, qui sait si M. Édouard Balladur joua intentionnellement un vilain tour à son « ami de trente ans », Jacques Chirac ? L'on peut supposer a posteriori qu'une... « pulsion », comme disent les experts psychiatres et les avocats dans les cours d'assises, mais en l'occurrence nullement meurtrière parce que symbolique, une pulsion, disions-nous, avivant on ne sait quelle gourmandise d'homme d’État, l'ait incité à briguer la présidence de la République. Car qui eût imaginé M. Édouard Balladur en fourbe arpentant les couloirs du Divan ? N'oublions pas en outre avec quelle insistance les sondages le donnèrent vainqueur de la présidentielle de 1995. Un salarié ne pouvant l'absoudre, fût-ce figurément, pour sa décision de 1993 ( pensions calculées, au fil des années, sur les vingt-cinq meilleures années à partir de 2010, au lieu des dix meilleures ; indexation des pensions sur l'indice des prix, et non plus sur les salaires...), ce qui amputa le montant de sa pension de retraite, l'ex- salarié se contentera aujourd'hui de tenir pour circonstance atténuante l'adulation que lui voua longtemps, via les instituts de sondage, l'opinion. Ainsi, l'amitié trentenaire qu'il entretenait avec Jacques Chirac, métamorphosé en « l'homme [vainqueur] à la pomme », finit par succomber. En amour aussi, les sentiments s'étiolent. Les liens rompus d'une amitié – doublée, sinon de l’hybris, du moins de la brutalité d'un Premier ministre « droit dans ses bottes », et qui fit crapahuter pedibus les salariés, durant une longue et mémorable grève de la gent cheminote et des supplétifs RATPistes – furent-ils la raison lointaine (et affective) de la cohabitation obligeant le vainqueur du supposé « traître » à choisir un Premier ministre de gauche après des législatives perdues, ou seulement sa cause constitutionnelle au temps du regretté septennat ? Au reste, l'indéfectible amitié ne serait-elle en politique source d'ennui ? Le nouvel Economiste, 29 mars 1993 : Édouard Balladur entre à Matignon
  • Ça poisse. En effet, « ça poisse grave », dirait la jeunesse d’aujourd’hui. Ça poisse partout, singulièrement dans les médias de tous supports, et leurs « débats », en réalité, leurs empoignades organisées où les débatteurs fouettent l’écume de l’actualité, ce qui ne donne jamais une pensée Chantilly, légère certes, mais non sans saveur. Ce pour quoi, quelques semeurs de poisse (on n’ose écrire des Poisse-partout) – présentateurs, animateurs, de moins en moins journalistes, à savoir des informateurs éclairant les citoyens – cherchent d’ailleurs de « bon[ne]s client[e]s » afin de constituer « un plateau » audiovisuel, ou une « couv’ » d’hebdomadaire, qui « fasse le buzz », soit qui rapporte des pépètes. En somme, des dresseurs de tables attirant le chaland. Philippe Sollers a la prose légère mais la main lourde ! À juste titre : lorsqu’il allait – car il les fréquente moins aujourd’hui – dans des émissions (« Ce soir ou jamais ! », par exemple) ça phosphorait. Depuis quelque temps, « il y a trop de bruits », parce que ça colle trop, tant y stagne le visqueux où les idées sont privées d’un envol, fût-il bref : on gueule pour couper le sifflet à quiconque tente d’aller au bout d’une argumentation ; et si, par extraordinaire, s’esquisse un embryon d’échange entre deux participants, un tiers (souvent « l’animateur ») remet sur le tapis tel aspect polémique, car le « show must go on » : le spectacle, pas le débat où des compromis entre visions et pensées structurées pourraient s’immiscer. Oui, « nous en sommes là » ! Quoi d’étonnant ? Avec des politiques qui, sauf exception, gèrent les affaires, plutôt qu’ils n’essayent d’administrer les hommes à des fins d’intérêt général ; dans une société où l’on « gère » ses enfants, ses amours, etc. ; dans un milieu culturel où « la gestion des productions » (livres, disques, et jusqu’à certains spectacles vivants) rend souvent leur qualité parfaitement secondaire ; en définitive, dans un monde où l’argent est une des (voire « la ») valeurs suprêmes, pourquoi donc la pensée, les arts – excepté, bien entendu, le rendement financier et la rentabilité de l’artiste, de l’écrivain –, pourquoi, arts et culture feraient encore figure d’idéal, a fortiori pourquoi la littérature apparaîtrait comme un substitut de religion ? Nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle, voyons ! Que des pratiques ou des relations dans le monde du travail ressemblent, – parfois à s’y méprendre –, à celles ayant sévi voilà près d’un siècle et demi n’implique pas que l’on doive être « ringard » en matière de pensée, de culture. Querelles, débats, surtout vociférants, poisseusement haineux, sont des divertissements ou loisirs qui nous renvoient, deux millénaires plus tard, aux cirques romains. « – Ah, mais non ! Minute, monsieur : dans nos arènes, monsieur, on ne meurt pas ! » Mais « le taureau, comme chantait Brel, s’ennuie… ». Pis, l’on s’y adonne à des « passions intellectuelles [le qualificatif paraît même flatteur…] » devenues « revanchardes et méchantes ». Les insultes ont tôt fait de dégommer l’ironie et la dérision pour des propos que nul beauf ne renierait, la guerre des mots s’installe, qui précède toujours la violence physique. Redeviendrait-on, tel l’ « infans » qu’un piètre maniement des vocables pourvus d’un sens, d’une substance porteuse de pensée, conduit à cogner, par excès d’impuissance ? Des « amis », dites-vous ? Alors qu’on parle beaucoup plus volontiers d’ennemis de toutes sortes ? La « poisse », figurément, désigne la misère, précisons : la misère de la pensée. La poisse, pas la malchance ! Pas le visqueux ,que nous avons bien cherché. Le nouvel Economiste, Roland Barthes et Philippe Sollers, deux amis

Traductions du mot « figurément »

Langue Traduction
Anglais figuratively
Espagnol figuradamente
Italien figuratamente
Allemand im übertragenen sinne
Chinois 比喻地
Arabe مجازيًا
Portugais figurativamente
Russe образно
Japonais 比喩的に
Basque figuratiboan
Corse figurativamente
Source : Google Translate API

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