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Ethnogénie

Sommaire

  • Définitions du mot ethnogénie
  • Étymologie de « ethnogénie »
  • Phonétique de « ethnogénie »
  • Citations contenant le mot « ethnogénie »
  • Traductions du mot « ethnogénie »

Définitions du mot « ethnogénie »

Trésor de la Langue Française informatisé

ethnogénie , subst. fém., vx. « Étude de l'origine de la filiation des peuples et des races ». L'ethnographie et l'ethnologie; celle-ci [l'ethnologie] englobe naturellement l'ethnogénie, c'est-à-dire l'étude de l'origine des civilisations (Marin, Ét. ethn.,1954, p. 56).
Rem. 1. Vitalité de l'élément. Il est assez utilisé actuellement dans le domaine des sc. hum. où de nombreuses créations attestent sa vitalité. a) Ethnobioclimatologie, subst. fém. « Étude de l'influence du climat et des facteurs météorologiques sur les races et la morphologie humaines » (Méd. Biol. t. 2 1971). b) Ethnopsychiatrie, subst. fém. « Étude des affections mentales en fonction des groupes ethniques ou culturels auxquels appartiennent les malades » (ds Moor 1966, March. 1970, attesté ds Lar. Lang. fr., Lar. encyclop. Suppl. 1968). c) Ethnopsychologie, subst. fém. « Psychologie des peuples particulièrement des peuples primitifs » (attesté ds Méd. Biol. t. 2 1971, Mucch. Sc. soc. 1969). d) Ethnocide, subst. masc. « Destruction d'une ethnie sur le plan culturel » (ds Lar. encyclop. Suppl. 1975, attesté ds Quillet Suppl. 1971). 2. Un terme tel que ethnogénéalogie (ethno-généalogie), subst. fém. « Généalogie des peuples » (attesté ds Littré, Guérin 1892, Lar. 19e-20e), a auj. complètement disparu de la lang. des sc. hum., de même pour ethnodicée et ethnogénie, supra.

Wiktionnaire

Nom commun

ethnogénie \ɛt.nɔ.ʒe.ni\ féminin

  1. (Rare) Ensemble des causes anthropologiques et historiques qui façonnent une ethnie, un peuple.
    • Selon le désir que m’a exprimé M. le docteur Hamy, je viens aujourd’hui vous communiquer sommairement le résultat de mes recherches sur l’ethnogénie des peuplades habitant le bassin de l’Ogôoué. — (R. Avelot, Ethnogénie des peuplades habitant le bassin de l’Ogooué , dans Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, 1906, vol. 7, page 132)
    • Mais, ceci dit, je crois que ce serait une erreur grave que de considérer comme négligeable la part qui revient dans l’ethnogénie américaine aux Océaniens. — (Paul Rivet, Les Malayo-Polynésiens en Amérique, dans le Journal de la Société des Américanistes, 1926 , vol.18)
  2. (Par extension) Étude de ces causes.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « ethnogénie »

Mot composé de ethno- et de -génie.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « ethnogénie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ethnogénie ɛtnɔʒeni

Citations contenant le mot « ethnogénie »

  • H-A-N. Perrier, Sur l'ethnogénie égyptienne, MSAP, Paris, 1860-1864 Le Matin d'Algérie, Le syndrome de l'histoire (I) | Opinion
  • Dans ces deux textes, l'auteur donne plusieurs exemples de l'antériorité des noms des végétaux et des animaux par rapport aux langues indo-européennes. Nous tenons à préciser que nous nous démarquons de l'usage racial du mot "indo-européen" qui servait tout au début aux philologues du XIXème siècle pour classer les langues. Nous connaissons la dérive raciologique des anthropologues défenseurs de l'indo-européanisme qui a mené au discours sur la race. Certes, des études historiques sur la société d'anthropologie de Paris existent, mais il reste qu'une histoire d'ensemble n'a pas encore vu le jour. Parmi les travaux existants, celui de Cl Blanckaert est incontestablement le plus complet. Au sujet du discours sur les races nous renvoyons au chapitre V du paradigme anthropométrique dans " De la race à l'évolution, Paul Broca et l'anthropologie française, l'Harmattan, 2009. Sur ce point précis, il existe différents travaux que nous classons volontiers dans la rubrique de l’épistémologie de l'anthropologie traduisant l'histoire de la discipline et plus particulièrement les débats au sein de la société d'anthropologie de Paris, voir, le texte de P. Broca (La linguistique et l'anthropologie BSAP, T.III, 1862) pour mesurer l'ampleur des débats au sein de cette société savante. Bien que la théorie celtique fut en vogue au sein de la société savante, il n'empêche que certains participants comme P. Broca préconisait que la linguistique avant entraîné deux générations d'archéologues dans les dédales de l'arianisme. En définitive, une dilution des positions sur le rapport entre l'anthropologie et la linguistique permit à Jean-André -Napoléon de:" qualifier le rôle auxiliaire des deux sciences et que leur intervention est consultative", p, 195. Quant au violent contradicteur de Pruner-Bey, Louis-Achille Bonté clarifiait la situation dès 1864 en disant que: "La philologie est un instrument aveugle" et qu'il fut un moment où je crus devoir m'élever contre un système qui tend à faire du langage la preuve de ce furent la chair et les os d'un peuple." p, 195, CL. Blanckaert (L'indice céphalique et ethnogénie-européenne; A. Retzius, P. Broca et Pruner-Bey, BMSAP, Tome 1 fas 3-4, 1889. Pour l'historique de la question concernant uniquement, L'Afrique du Nord, nous renvoyons à l'étude de K. Haoui, Classification linguistiques et classifications anthropologiques de l'Afrique du Nord; au XIXe siècle, à la société d'anthropologie de Paris, Le Savant et la Berbère, Histoire de l'anthropologie du Nord de l'Afrique au XIXe siècle, Association française pour l'étude du monde arabe et musulman, 1990. Le Matin d'Algérie, Essai d'Adunation : Apulée, jeux sur l'identité: l'Autre de Soi e(s)t le Même (I) | Analyse
  • Une partie de ces populations négro-africaines ayant rejoint la vallée du Nil, s’est aussi assimilée et fondue dans ce creuset initial, notamment au Sud. Une étude minutieuse de certains crânes prédynastiques découverts dans le sud égyptien, à Abidos et à Hou, dévoile leur origine typiquement négroïde. D’autres découvertes d’effigies égyptiennes semblent confirmer aussi la présence de Noirs, dans ce pays. Toutefois, au cours d’une époque où sa population devint plus homogène, les Égyptiens figuraient les Noirs nubiens – pourtant voisins négro-africains les plus proches d’eux -, dans de nombreuses représentations, en « étrangers » différents. Ce qui n’est pas le cas pour les Libyens comme sur les Plaques de faïence de la tombe de Ramsès III. D’où la simplification abusive d’égyptologues européens, qui classaient systématiquement les anciens Égyptiens dans la « race blanche », parce que vivant au nord du Tropique du Cancer et dans la « race noire », les Nubiens localisés au-delà du Tropique. Enfin, dix-neuf siècles avant notre ère, une stèle fut érigée par Sésostris III et portait cette inscription : Frontière sud, stèle élevée en l’an VIII, sous le règne de Sésostris III, roi de Haute et de Basse-Égypte, qui vit depuis toujours et pour l’éternité. La traversée de cette frontière par terre ou par eau, en barque ou avec des troupeaux est interdite à tout noir, à la seule exception de ceux qui désirent la franchir pour vendre ou acheter dans quelque comptoir. Ces derniers seront traités de façon hospitalière, mais il est à jamais interdit à tout noir, dans tous les cas, de descendre le fleuve en barque au-delà de Heh. Tous ces éléments incitent logiquement, à penser qu’une population noire, n’a jamais été majoritaire en Égypte. Autrement comment expliquer que des 80 millions d’Égyptiens actuels, on ne recense qu’une très infime minorité de Noirs, souvent qualifiés de « Abd » ou « Zenjis » (esclaves), par leurs compatriotes, parce que généralement descendants de concubines noires qui meublaient les harems des sultans au cours de la traite négrière arabo-musulmane. Enfin pour clore ce chapitre, je rappellerais, que lors de l’expédition française en Égypte, le docteur Larrey avait dressé un tableau de la population égyptienne contemporaine, en s’appuyant sur sa composition « raciale ». En reprenant la classification et l’ethnogénie proposée par Volney en 1787, qui divisaient la population égyptienne en quatre « classes » à savoir : les « Mamelouks », les « Turks », les « Arabes » et les « Coptes ». De cet éclairage, il apporta une profonde modification sur leur origine des Coptes. À l’instar de ce qu’affirmait Hérodote, les Coptes seraient les véritables Égyptiens, issus d’un métissage entre Abyssins et Éthiopiens « et non pas des « nègres de l’intérieur de l’Afrique ». Cette thèse est aussi partagée par les anthropologues Mariette bey, Périer et Ernest Chantre. Le travail de ce dernier présente l’anthropologie des populations égyptiennes actuelles, entendues dans un sens très large : Égyptiens (coptes et fellahs), Arabes-Bédouins, Bedja (Éthiopiens ou Nubiens), Soudanais orientaux (Chillouk, Dinka, Nouer, Tchadiens, Nubiens). Tous concluent leur étude par : « Parmi les populations actuelles de l’Égypte, seuls les Coptes demeurent comparables aux anciens Égyptiens et aux Berbères ». Cependant plus précis, il ressort de l’étude de Chantre que : 1. les types égyptiens anciens et modernes présentent une unité remarquable ; 2. la ressemblance avec les Berbères prouve « non une filiation, mais une communauté d’origine » ; 3. cette origine est autochtone pour les Égyptiens et ils doivent vraisemblablement être apparentés à ceux que les anciens historiens ont appelés les « Libyens » ; 4. la civilisation égyptienne est donc autochtone, comme le peuple qui l’a créée ; 5. il n’y aurait donc pas d’unité anthropologique totale au sein de cette population, mais il existe un fond de population autochtone, commun au nord de l’Afrique (Libyens, Tunisiens, Marocains, Égyptiens) et différent des populations subsahariennes. Ceci est confirmé par les analyses phylogénétiques les plus récentes, qui placent les Égyptiens dans le sous-ensemble génétique « berbère », proches des Libyens, des Tunisiens et des Bédouins La seule nouveauté est que des études récentes, dont la plus crédible des thèses admises, démontrent qu’en fonction du principe généalogique, les traces des peuples envahisseurs – en l’occurrence, de nature essentiellement morphologique – étaient inscrites dans l’identité biologique des Égyptiens actuels. Tout ceci va donc à l’encontre de ce que croyait Volney, la principale source avancée par Cheikh Anta Diop à savoir que : « Les anciens Égyptiens étaient de vrais nègres de l’espèce de tous les naturels de l’Afrique ». Ce qui n’a rien de surprenant quand on sait que Volney était un militant antiesclavagiste convaincu et voulant prouver que : « les hommes noirs ont une intelligence égale à celle des Blancs ». Le point de vue de la génétique sur la question Il est vrai que certains chercheurs africains de l’école de Cheikh Anta Diop, m’ont dernièrement opposé la piste génétique. En effet, la science génétique nous apprend beaucoup de choses sur la question. Des études sur les populations du Nord de l’Afrique (particulièrement maghrébines) et de l’Égypte plus avancée vers le Proche-Orient, révèlent des traces « négroïdes » persistantes dans leur patrimoine génétique. Mais le déséquilibre saisissant entre les lignées matrilinéaires subsahariennes (25 %) et les lignées patrilinéaires (40 %), démontrent à l’évidence que la presque totalité de ces croisements, impliquait des hommes de type sémite avec des femmes noires et non des pharaons ou notables noirs avec des femmes sémites. Comme je l’ai déjà signalé, depuis la nuit des temps, les monarques régnants en Égypte, les hauts fonctionnaires comme le clergé avaient pleins d’Éthiopiennes et de Nubiennes dans leurs harems. Rien d’étonnant que l’analyse de l’ADN de leurs descendants, révèle des éléments de mélanine voire par conséquent des maladies proches de celles spécifiques aux Négro-africains comme la drépanocytose. Donc tout cela ne prouve rien d’autre, qu’un certain degré de métissage. Aucun chercheur ne le conteste aujourd’hui. Ce degré de « métissage noir », on le trouve même chez Cléopâtre qui était pourtant descendante d’une lignée grecque des Ptolémée. Aménophis III, étant issu d’une mère nubienne, les mêmes éléments peuvent aussi se retrouver dans l’ADN de son petit-fils Toutankhamon fils d’Akhenaton (Aménophis IV), même si la recherche vient de prouver qu’il ne l’a pas eu avec la métisse Néfertiti. Ces éléments doivent aussi figurer dans l’ADN de Mohamed VI fils d’Hassan II de mère métisse. Regardez aussi Julien Clerc de grand-mère antillaise, pourtant totalement leucoderme. Peut-on conclure au vu de tous ces éléments, que les Égyptiens, Algériens, Marocains et Tunisiens sont des négro-africains comme leurs civilisations ? Bien sûr que non, pour les témoins contemporains que nous sommes. Mais si la photographie et les caméras ne devaient exister que dans deux mille ans, dans cet intervalle, un chercheur fantaisiste ou militant pour je ne sais quelle cause pourrait le faire, et même passer pour crédible. Alors que les études faites sur des populations très apparentées aux pharaons noirs Piyé Menkheperet et Taharka, ne laissent aucun doute sur leur totale négritude. D’où ma certitude concernant les pharaons noirs de la XXVe dynastie seuls véritables négro-africains originaires de Dongala (Soudan) et non sur les autres dynasties égyptiennes. Les marques exogènes à la civilisation égyptienne Quant à la civilisation de l’Égypte antique, il me semble nécessaire de ne pas l’isoler de son environnement. Comme on sait, de nos jours archéologues, anthropologues, préhistoriens et historiens s’accordent sur les origines des civilisations humaines. Toutes semblent remonter au Moyen-Orient. Dans cette région, au bout de quelques milliers d’années, les pluies se faisant plus rares, les populations d’agriculteurs se concentrèrent dans une région en forme de croissant et qui prit le nom de « Croissant fertile. » Ceci parce que, de grands fleuves – le Nil, qui traverse l’Égypte, le Jourdain, qui baigne la Palestine et surtout le Tigre et l’Euphrate dont le bassin forme la Mésopotamie -, y favorisaient l’irrigation des champs, pour compenser la raréfaction des pluies. Et c’est là que les premiers signes de civilisation humaine sont apparus chez des peuples localisés dans ce Croissant Fertile. Tout a changé vers 12 500 ans avant notre ère, au cours de ce que les préhistoriens qualifient de « Révolution néolithique. » L’abondance de la nourriture ayant pérennisé la sédentarisation de nombreux peuples en ces lieux, suivra un véritable choc culturel avec la banalisation de l’agriculture, l’apparition de l’élevage et le développement d’une civilisation urbaine. Tous ces éléments ont été à la base de la formidable évolution des Sumériens, qui furent les vrais premiers fondateurs des civilisations humaines, dix siècles avant Babylone et les Assyriens. Des deux millénaires qui s’écoulent entre 9500 et 7500 avant notre ère, il reste encore des vestiges remarquables comme celui du site de Mureybet, au bord de l’Euphrate (l’Irak actuel). Et là nous ne parlons pas encore de l’Égypte mais d’une autre grande civilisation identifiée à cette époque c’est-à-dire les Sumériens. Bien avant les hiéroglyphes, ils ont été à l’origine d’une écriture cunéiforme et avaient bâti les premières cités – États monumentales comme Uruk. Ils avaient déjà couché leur histoire sur des tablettes d’argile il y a environ 6 000 ans. Leurs récits décrivaient aussi une histoire de la création qui ressemble étrangement à celle de la genèse. Force est donc, de reconnaître que leur civilisation était la plus avancée de l’époque. Bien avant les constructions monumentales égyptiennes, se dressait déjà en Mésopotamie, une pyramide dite « Cimetière royal d’Ur. » Elle fut bâtie à étages, comme le furent par la suite, les premières pyramides construites dans la Vallée du Nil. C’était aussi une pyramide de conservation des corps, bâtie il y a plus de 4 600 ans, c’est-à-dire entre -2650 et -2600, selon les identifications des deux rois d’UR : Meskaladung et Akalamdung. Ces rois sumériens furent tous enterrés avec leurs richesses personnelles : bijoux, or, argent, mobilier, vaisselles et pièces d’art à la manière des pharaons égyptiens. Notons que vers cette même époque sumérienne, se mettaient au point en Égypte, les merveilles architecturales de Imhotep, bâtisseur – sur ordre du pharaon Djoser de la IIIe dynastie -, du domaine funéraire de Saqqarah et sa pyramide à degrés. Comme nous savons, la circulation des hommes et des idées est non seulement une génération spontanée, mais elle remonte à la nuit des temps. Il est ainsi établi que les Sumériens, Assyriens, Égyptiens, comme la plupart des peuples du Nord de l’Afrique donnant sur la Méditerranée, échangèrent pendant longtemps et en priorité leurs connaissances et leurs expériences, avec des peuples et des cultures du Moyen – Orient et de l’Asie. Ce qui a ainsi logiquement engendré un développement culturel multicentré dans l’ancienne Méditerranée orientale. Nul ne prétend que ces Sumériens ont bâti la civilisation égyptienne. Mais avec ce que nous savons de leurs connaissances et de leur avance, celles-ci ont sans doute bénéficié aux bâtisseurs des pyramides d’Égypte. Par exemple, l’édification des monuments du plateau de Gizeh par exemple, n’est pas le fait du hasard. D’une précision étonnante, ces pyramides sont bâties à cheval sur le 30e parallèle et bien alignées sur les quatre points cardinaux. Cette merveille architecturale incorpore mystérieusement la valeur transcendantale du nombre Pie (3 141 592 653 589 793 238), qui représente le rapport constant du diamètre d’une sphère à sa circonférence. Les architectes de ces merveilles connaissaient parfaitement la forme et les dimensions de la terre. En fait sur une des tablettes d’argile découvertes chez les Sumériens, notre système solaire est décrit avec une impressionnante précision. On y voit le soleil, la terre avec toutes les planètes autour c’est-à-dire ce que nous savons seulement depuis trois siècles. Ils connaissaient aussi, il y a 6 000 ans déjà, l’existence de Pluton que nos astronomes n’ont découvert qu’en 1930. Ainsi, des millénaires avant Copernic et Galilée, les Sumériens savaient que nous n’étions pas le centre de l’univers. Et aucune des découvertes faites en Égypte et situées vers la même époque ne mentionne cela. Aussi, mon intime conviction et au vu des échanges entre peuples de cette région, est que de la même manière qu’une part considérable de ce que nous attribuons à la civilisation grecque ancienne, avait eu des antécédents clairement identifiables dans des cultures voisines établies de longue date comme l’Égypte ; de même que tout le patrimoine romain fut bâti sur l’héritage étrusque, avant de s’épanouir avec l’apport des Grecs ; il est aujourd’hui établi que le savoir des Sumériens a bénéficié aux Égyptiens. Notons que l’un des historiens les plus crédibles, du Ier siècle, Flavius Joseph, parlait déjà d’une immigration préhistorique de peuples mésopotamiens (comprendre sumériens) en Égypte. Ce sont ces éléments établis, qui me font dire qu’il serait illusoire, de chercher à totalement « négrifier » cette civilisation, en éliminant les apports sémitiques de civilisations voisines, comme son héritage culturel. L’Égypte eut des « marques » négro-africaines, mais aussi d’autres plus importantes et venant de peuples non originaires du continent noir. Car aucun chercheur ne pourrait nier que l’Afrique noire fut l’une des rares parties du monde, longtemps restées hors de cette forme « d’enrichissement diffusable » et favorisé par l’écriture. Pendant que celle-ci bénéficiait aux peuples du Croissant Fertile, à ceux d’Europe et d’Asie, la plupart de ses sociétés sont restées et restent pour l’essentiel orales. Ceci explique, qu’elles n’aient pas véritablement profité à temps, des foisonnements scientifiques qui se jouaient chez les bâtisseurs de « Mésopotamie sumérienne », d’Égypte, de Grèce ou de Rome. Aussi, l’Afrique noire ne saurait être historiquement, la source unique et culturelle de la civilisation égyptienne. La thèse de Cheikh Anta Diop et la réalité historique En fait à l’origine le problème était que, pour ce qui est de la mystérieuse période prédynastique égyptienne, qui est souvent au cœur des revendications culturelles de l’école de Cheikh Anta Diop, on peut dire tout et n’importe quoi, en sachant que cela ne sera soumis à l’épreuve d’aucune expérience. Comme nombre de collègues de la communauté scientifique qui fait autorité, je pense que la plupart des travaux et écrits de ceux qui se réclament de cette mouvance, voire de l’afrocentrisme, relèvent souvent d’un discours militant et qui tente de réécrire une histoire engagée. Ceci ne fait pas bon ménage avec les principes fondamentaux de la recherche scientifique. D’autant que l’anthropologie et l’histoire, ne sont pas des sciences statiques. De nouvelles découvertes ont révélé d’autres pistes autrement plus sérieuses sur l’histoire égyptienne et qui ont fini par forger mon intime conviction sur la civilisation de ce pays et de son peuplement. En fait une confusion habile dans la thèse de Cheikh Anta Diop est que, pour l’époque (l’Antiquité) et les historiens cités, les Grecs qui ignoraient tout de l’Afrique noire. Ils assimilaient homme noir à Éthiopien, sous l’appellation de Aethiops ou « visage brûlé » selon Hérodote. Ces Éthiopiens étaient majoritairement des Couchites apparentés aux populations nubiennes et éthiopiennes. Mais comme on sait, après avoir désigné tous les Noirs, Éthiopien finira par s’appliquer à un peuple précis : les Abyssins ancêtres des peuples habitant l’Éthiopie actuelle. Et sur toutes les gravures d’époque retrouvées en Abyssinie, ces hommes avaient plus la tête de Haïlé Sélassié que celle d’Abdoulaye Wade. En les opposant donc aux Grecs d’un blanc proche de la craie, on peut aisément comprendre avec le recul, que les voyageurs ou historiens grecs pouvaient parler de « basanés » et non « noirs ». Et cette description correspondait plus à un Blanc ou Sémite trop exposé au soleil. Les choses auraient été autrement si ces voyageurs grecs avaient pu rencontrer un Bambara ou un Wolof. Qu’à cela ne tienne comme toute thèse appelle par essence même une antithèse, des scientifiques comme Jean Vercoutter l’ont récusé en affirmant que : « Les représentations des Noirs dans l’iconographie égyptienne pharaonique, montrent d’une part que les types physiques au sud et au sud-est de l’Égypte, étaient il y a trois mille cinq cents ans, les mêmes qu’aujourd’hui. » Mais G Mokhtar plus précis nous apprend que : « Si une’race’ égyptienne a jamais existé – et l’on peut en douter -, elle est le résultat de mélanges dont les éléments de base ont varié dans l’espace et dans le temps. » De tout temps, il y eut contacts entre les Égyptiens et leurs voisins nubiens et éthiopiens. Victor Schœlcher, lors de la séance à l’assemblée nationale qui avait pour but l’abolition de l’esclavage reconnaissait lui-même : « Les Noirs ne sont pas stupides parce qu’ils sont noirs mais parce qu’ils sont nos esclaves. L’Égypte doit tout aux Éthiopiens… Ils ont fondé Thèbes… Partout ils s’occupèrent d’astronomie avec ardeur. Ils élevèrent des nombreux monuments, réformèrent les caractères (écriture) hiéroglyphiques et inventèrent les caractères syllabique… C’était le peuple le plus cultivé de l’univers. C’est eux qui fondèrent les premières écoles des sciences ». Toutefois dans l’iconographie sacrée des Éthiopiens, ces hommes que les Grecs appelaient Aetiopys ou « Face brûlée », l’étaient parce que comme je l’ai expliqué plus haut, ils étaient plus « basanés » que les Égyptiens. Quant à l’aspect linguistique, il ne suffit pas de produire des comparaisons de mots ou de termes, comme le fait notre aîné Obenga, pour prétendre que les anciens Égyptiens étaient de vrais nègres. Ce n’est plus défendable. Cette thèse est contestée par la quasi-totalité des historiens spécialistes de l’Égypte antique, y compris les égyptologues égyptiens eux-mêmes. Ils lui opposent de nombreux arguments historiques et archéologiques. Par exemple les nombreuses peintures montrent les peuples voisins de l’Égypte – dans un environnement depuis toujours peuplé de Sémites ou Berbères et non de Nègres -, comme des Orientaux à l’image des Assyriens, Philistins, Libyens etc. Leurs seuls voisins noirs étaient du pays de Kouch. Ils sont clairement identifiés comme étrangers à l’Égypte et définis comme différents des autres voisins du Nord du continent. Ceci est plus logique que ce que présente l’école de Cheikh Anta Diop. Aussi, rien d’étonnant que la population égyptienne actuelle, ne soit ni « négro-africaine » ni européenne, mais de type sémite et méditerranéen. Cette population n’aurait pu radicalement changer depuis l’époque pharaonique, comme le prouvent les analyses génétiques réalisées sur des momies antiques. Et les seules populations qui ont envahi ce pays, étaient grecques, arabes, turques etc., donc de type ethniquement voisin. Une chose certaine dans l’histoire de l’Égypte antique est que ce pays n’a jamais été isolé. Pourquoi Cheikh Anta Diop n’a pas exploité les archives des pays voisins de l’Égypte. Ou s’il l’a fait, on ne trouve pas traces dans ses travaux, de faits importants que j’ai découverts moi-même. Par exemple lors de la grande bataille de Megiddo, menée par Thoutmosis III, le scribe Tienen qui accompagnait l’armée égyptienne, a dressé un compte rendu fiable et précis de l’événement. C’est la première bataille de l’histoire dont les détails, très précis, nous soient connus. Le récit fut consigné dans une longue inscription, que le roi fit graver sur les parois du temple d’Amon-Rê à Karnak. Le texte est composé de 225 lignes, chacune mesurant 25 mètres de long, que les historiens appellent les Annales de Thoutmosis III. Cette bataille qui s’est déroulée au cours du XVe siècle avant notre ère, opposa l’armée égyptienne à une coalition syro-palestinienne dirigée par le roi de Qadesh. La ville de Megiddo est située au débouché des passes du mont Carmel, situé à quelque 110 kilomètres de Gaza, un carrefour de plusieurs pistes commerciales et militaires, qui menaient vers la côte méditerranéenne et la Mésopotamie, donc loin de l’Afrique subsaharienne. Cette bataille est l’une des dix-sept campagnes militaires de Thoutmosis III, menées pour asseoir définitivement l’autorité des pharaons sur le couloir syro-palestinien et l’ensemble des cités-états de la Phénicie (actuel Liban), habités depuis toujours par des peuples sémites. Et dans le récit du scribe Tienen, il n’est nullement question d’armée égyptienne de Nègres combattant des peuples sémites.  Africultures, Du mythe de l'Égypte pharaonique à la renaissance négro-africaine | Africultures
  • - Des races dites berbères et leur ethnogénie, A. Hennuyer, Paris, 1873. Le Matin d'Algérie, Science et idéologie, à propos de l'Homo sapiens nord-africain | Analyse

Traductions du mot « ethnogénie »

Langue Traduction
Anglais ethnogeny
Espagnol etnogenia
Italien etnogenesi
Allemand ethnogenität
Chinois 人种
Arabe العرق
Portugais etnogenia
Russe этногенез
Japonais 民族性
Basque etnogenia
Corse etnogenia
Source : Google Translate API
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