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Essentialisation

Définitions de « essentialisation »

Wiktionnaire

Nom commun - français

essentialisation \ɛ.sɑ̃.sja.li.za.sjɔ̃\ féminin

  1. Acte de réduire un individu, une entité, à une seule de ses dimensions.
    • Cette essentialisation enferme l'individu : on connaîtrait tout de lui d'après son origine présupposée. Alors que toute personne doit pouvoir être libre de mettre en avant les éléments souhaités de son identité, l'essentialisation l'aliène dans l'étiquette qui lui est assignée. — (Évelyne Heyer, L'odyssée des gènes, Éditions Flammarion, 2020, page 300)
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Étymologie de « essentialisation »

(Siècle à préciser) Dérivé de essentialiser, avec le suffixe -ation.
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Phonétique du mot « essentialisation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
essentialisation ɛsɑ̃tjalisasjɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « essentialisation »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « essentialisation »

  • La présence des nombreuses personnalités ayant participé au film n'est pas de trop pour appuyer ce vigoureux refus de toute forme d'essentialisation. Slate.fr, «Tout simplement noir», pour rire de l'infernal chaudron identitaire | Slate.fr
  • Dernier exemple en date d’essentialisation : l’ex-footballeur Lilian Thuram, accusé de racisme anti-blancs…  France Culture, L’essentialisation
  • Depuis une vingtaine d’années, un nouveau lexique s’est imposé dans le monde de l’antiracisme. « Privilège blanc », « personne racisée », « pensée décoloniale », « racisme d’Etat » : ces termes couramment employés par les collectifs militants de l’antiracisme « politique » nés dans les quartiers populaires à partir des années 2000 ne cessent d’engendrer d’ardentes controverses. Au nom de l’universalisme républicain, nombre d’intellectuels dénoncent cette « racialisation » et cette « essentialisation » du débat public. Le Monde.fr, « Racisé », « racisme d’Etat », « décolonial », « privilège blanc » : les mots neufs de l’antiracisme
  • Il n’est pas question de nier le caractère contestable, voire inacceptable, de notions comme celle de « privilège blanc », qui tend à opposer une partie de la population à une autre et repose sur une prétendue culpabilité collective. Ou le concept de « personnes racisées », qui repose sur une essentialisation de fait des « non-racisés », autrement dit des Blancs, soi-disant intrinsèquement incapables de comprendre les souffrances des victimes de discriminations. Pas question non plus de minimiser l’imprégnation progressive des universités françaises, où sont massivement entrés les enfants d’immigrés, des notions et des analyses développées outre-Atlantique, tendant à transposer la « question noire » dans le contexte d’une France où, à l’inverse des Etats-Unis, elle n’est nullement au cœur de l’histoire politique. Le Monde.fr, L’antiracisme en France face à la montée des identités
  • La polémique se poursuivait, hier, chez nos voisins français, concernant les propos de l’eurodéputée lorraine Nadine Morano dans une émission de télévision. Il ne s’agit pas ici de tirer sur une ambulance, la principale intéressée le fait déjà assez bien elle-même. Employer les termes de «race blanche» en France en 2015, avec toutes les connotations historiques et racistes que véhiculent ces mots, relève de l’inconséquence. Pour aider Nadine, disons qu’elle a voulu dire que la France est un pays où la population est majoritairement blanche et de culture judéo-chrétienne, ce qui n’est pas forcément faux. Mais le problème n’est pas là. Comme beaucoup d’hommes et de femmes politiques – et beaucoup de médias – Morano tombe dans les travers de l’essentialisation. Le Quotidien, Essentialiser est un danger | Le Quotidien
  • On exhorte à la reconnaissance des noirs par une société à domination blanche, à ce que cette domination cesse au profit d’une unité humaine où la couleur de peau n’importerait plus, mais lorsque l’un des blancs visés par cette cause en est lui-même assez convaincu pour y prêter sa voix, on n’en voudrait pas ; sa voix, loin d’augmenter celle des noirs, l’écraserait une nouvelle fois, parce qu’elle est blanche avant d’être voix. N’est-ce pas là une nouvelle essentialisation où la parole, si juste soit-elle, est automatiquement invalidée par certains caractères présumés de la couleur du locuteur (une mauvaise motivation, par exemple) ? Un blanc qui veut s’allier à la cause noire le ferait pour se donner bonne conscience ; c’est un raciste qui s’ignore, un altruiste de façade qui a l’audace de s’exprimer au nom d’une communauté dont il est lui-même le bourreau inconscient (d’autant plus inconscient qu’il espère lui apporter une aide dont elle veut précisément s’émanciper), il a l’arrogance de parler d’une souffrance dont il est le responsable (la compassion est-elle nécessairement hypocrite ?) ; un blanc parle pour les noirs, le comble ! Le Soir Plus, «La lutte n’est pas une propriété» - Le Soir Plus
  • Depuis, le mot race est tombée en désuétude ou, s'il est utilisé par certains, il fait l'objet d'une saine suspicion. En 2020, nous ne faisons quand même plus de distinction entre les humains selon la couleur de leur peau ou leurs origines. Pourtant, rien n'est plus présent aujourd'hui que l'essentialisation des races dans un combat contre le racisme. Les minorités visibles de couleurs utilisent la race comme catégorie distinctive pour revendiquer des droits légitimes, mais ils instrumentalisent le concept en faisant preuve de leur profonde méconnaissance de l'histoire du Québec et du Canada. Réflexions sur le racisme aujourd'hui en terre québécoise et canadienne. , L’appel de la race - CHRONIQUEURS - L'Agora - Estrieplus.com - Le journal Internet
  • Et la proximité fonctionne parfaitement car le combat d’Olivia pour ne pas se faire expulser remet à sa juste place sa transidentité. Il s’agit d’un aspect de qui elle est mais ne la résume pas. En mettant en parallèle la peur d’être rejetée — par le gouvernement ou par Alex —, Isabel Sandoval décrit avec subtilité un état de vulnérabilité complexe qui libère son personnage d’une essentialisation par rapport à son genre. Citazine, "Brooklyn Secret", deux genres de frontières – Citazine
  • Au Musée de l'homme, l'exposition "Nous et les autres" tente avec succès de déconstruire le racisme. L'occasion de s'intéresser au racisme sous l'angle de la sociologie, qui l'analyse en trois étapes : la catégorisation, l'essentialisation et la hiérarchisation. France Culture, Le racisme, une affaire de cases

Traductions du mot « essentialisation »

Langue Traduction
Anglais essentialization
Espagnol esencialización
Italien essenzializzazione
Allemand essentialisierung
Chinois 本质化
Arabe إضفاء الطابع الأساسي
Portugais essencialização
Russe essentialization
Japonais 必須化
Basque essentialization
Corse essenzialisazione
Source : Google Translate API

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