La langue française

Épidictique

Définitions du mot « épidictique »

Wiktionnaire

Adjectif

épidictique \e.pi.dik.tik\

  1. Dans la rhétorique grecque, se dit d'un discours d’apparat qui, par exemple dans un panégyrique ou une oraison funèbre, consiste à montrer les vertus d'un personnage vivant ou défunt et à distribuer le blâme à ses détracteurs.
  2. Qui est consacré à la louange d'une personne.
    • Au fil des centaines de décorations rédigées pour mes ministres et le PR, je découvre l'importance de l'éloquence épidictique – celle qui loue un personnage. Pendant mes études classiques, lorsque j'en avais étudié la théorie, ce genre m'avait toujours paru vain, là où l'éloquence judiciaire avait pour elle un souci de la vérité et l'éloquence démonstrative une efficacité politique. — (Marie de Gandt, Sous la plume. Petite exploration du pouvoir politique, Paris, Éditions Robert Laffont, 2013, p. 189)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

ÉPIDICTIQUE (é-pi-di-kti-k') adj.
  • Dans la rhétorique grecque, discours épidictique, discours d'apparat (de ἐπὶ, et δειϰνύειν).
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « épidictique »

Emprunte au latin epidicticus, du grec ancien ἐπιδεικτικός, epideiktikos (« qui sert à montrer »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « épidictique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
épidictique epidiktik

Évolution historique de l’usage du mot « épidictique »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « épidictique »

  • La fonctionnalité alimentaire, appropriation organique de l’animal mort et comestible, coexiste donc avec la sacralité et la spiritualité. Le rapport que l’homme entretient avec la nourriture animale est culturellement régi par des instructions cultuelles. La viande s’institue, bien souvent, comme instrument d’interaction avec le sacré depuis les interdits religieux (le porc ici, le chien là, la vache ailleurs) jusqu’aux techniques d’abattage et aux prescriptions diverses, entre les sacrifices et les sacralisations d’animaux. Au sein de l’univers laïc lui-même, le rapport à la nourriture carnée est soumis, quasi-rituellement, à la variation des convictions. Ainsi en est-il des tendances de notre époque : flexitarisme, végétarisme, véganisme avec les idéologies qui leur sont liées. Par ailleurs, les axiologies investies dans la viande – gustative, esthétique, etc. – déploient un champ immense de discours épidictique, entre disputes et glorifications. Une troisième série de communications interrogera, à travers les discours verbaux ou visuels, techniques, littéraires ou artistiques, passés ou contemporains, cette dimension symbolique de la viande.  , Viande(s). Stéréotypies sémiotiques et inquiétudes culturelles (Paris 8)
  • Dans le cadre de l’argumentation dans le discours s’est mise en place une notion qui a été souvent reprise et exploitée, mais aussi passée au crible de la critique : celle de « dimension argumentative ». Elle pose qu’à côté des discours à visée argumentative qui se proposent explicitement d’agir sur l’auditoire, il en existe d’autres, dénués de tout objectif de persuasion, qui n’en tentent pas moins d’infléchir des façons de penser, de voir, de sentir. Ce serait le résultat de la nature intrinsèquement dialogique de la parole, dans le sens de Bakhtine : tout énoncé intervient dans un espace déjà saturé, il confirme, réfute, problématise des positions antécédentes, il renforce des valeurs et oriente la réflexion. Ce point de vue, développé par Amossy (2012 [2000]), élargit considérablement la définition de l’argumentation que d’autres limitent souvent à l’opposition de réponses antagonistes à une même question. Rompant avec une tradition bien établie, il se greffe sur les réflexions de Perelman et Olbrechts-Tyteca (1958) sur l’épidictique destiné non à persuader mais à renforcer des valeurs, et se situe dans le prolongement des travaux de Grize (1990) focalisés sur la démarche globale qui vise à intervenir sur l’opinion ou l’attitude de quelqu’un par des moyens verbaux.      , Repenser la "dimension argumentative" du discours
  • Si l’on s’en remet à Aristote, (re)privilégions le genre délibératif, terreau de Démocratie, au genre épidictique, source d’individualisme et de populisme(s) ! , Populismes : les partis politiques traditionnels ne parviennent plus à proposer des réponses crédibles - La Libre
  • 5— Un fonctionnement « épidictique », au sens strictement étymologique du terme (« ostentatoire »), le texte littéraire exhibant aux yeux du lecteur sa matérialité d’« objet » verbal. Les faits de style liés à ce type de fonctionnement donnent lieu à des phénomènes d’ostension formelle systématiquement mis en avant par les stylistiques traditionnelles de l’écart, mais aussi par leurs avatars plus récents axés sur la variation ou la saillance. I. Yocaris rattache notamment à cette dimension du style littéraire les phénomènes de saillance par rapport à un cadre, l’emploi des figures de style, envisagées sous un angle purement rhétorique, le recours à l’intertextualité ou la mise en relief (foregrounding) de « prédicats déterminatifs » auctoriaux, historiques, esthétiques, géographiques, génériques, etc. , Une théorie holistique du style (Acta Fabula)
  • Le racisme, compris comme idéologie discriminatoire fondée sur une typologie des groupes humains, n’a que trop marqué l’Histoire, ses tenants se justifiant, selon les lieux et les époques, par des critères biologique (comme la couleur de la peau), culturel (la religion), ou encore géographique (les origines territoriales). Il s’agit ici de se pencher sur les discours de haine, de mépris, voire de peur de l’Autre qui ont été (re)produits dans des textes de fiction ou d’idées rédigés en langue française, du Moyen-Âge au XXIe siècle. Alors que les livres sont les fruits de leur époque, au sens où tout texte est traversé par la doxa de la société dans laquelle il a été forgé, les auteurs participent également de l’Histoire, transmettant à leur lectorat contemporain et à la postérité une version remaniée du discours social. Sans tomber dans l’écueil épidictique, les conférenciers s’attacheront à replacer les textes qu’ils auront choisi d’analyser dans leur contexte de production afin de dévoiler les enjeux des discours racistes qui y sont mis en place. Si les études d’ouvrages véhiculant des conceptions racistes (tels que, par exemple, les romans des frères Goncourt ou les pamphlets de Céline) sont du plus haut intérêt, les chercheurs qui souhaitent se pencher soit sur des textes allant à l’encontre de la doxa chauvine de leur époque (comme, par exemple, les écrits de Malraux), soit sur des réponses à la haine (par exemple, le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire ou l’œuvre romanesque d’Albert Cohen), sont également les bienvenus. Ainsi, pour ne donner que quelques exemples non limitatifs, les propositions de communications pourraient porter sur l’exotisme, l’esclavage, la (dé)colonisation ou l’antisémitisme tels que mis en place dans des textes issus des littératures française, africaine, antillaise… , Le racisme dans les littératures française et francophone (NeMLA, Washington DC)

Traductions du mot « épidictique »

Langue Traduction
Anglais epidictic
Espagnol epidíctico
Italien epidictic
Allemand epidiktisch
Chinois 主观的
Arabe وبائي
Portugais epidítico
Russe epidictic
Japonais 疫病
Basque epidictic
Corse epidemicu
Source : Google Translate API

Épidictique

Retour au sommaire ➦

Partager