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Dravidien

Définitions de « dravidien »

Trésor de la Langue Française informatisé

DRAVIDIEN, IENNE, adj. et subst.

ETHNOLOGIE
A.− Emploi adj. Relatif aux Dravidiens, groupe ethnique et linguistique majoritaire dans l'Inde méridionale. Synon. dravidique (Littré, Lar. 19e-20e).L'art dravidien (Faure, Espr. formes,1927, p. 87).Ces langues dravidiennes qui n'eurent pas de mots distincts pour « hier » et pour « demain » (Saint-John Perse, Exil,1942, p. 276).
B.− Emploi subst.
1. Individu faisant partie de ce groupe. Ce groupe de 50 million de Dravidiens (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 283).
2. Famille linguistique propre à ce groupe. Il est regrettable que le dravidien (...) soit pris pour la langue des primitifs (Encyclop. univ.1969, p. 789).
Prononc. : [dʀavidjε ̃], fém. [-djεn]. Étymol. et Hist. I. 1856 dravidique (La Châtre). II. 1867 dravidien (G. Harris et G. Perrot, traduction [de l'angl.] de Nouvelles Leçons sur la science du langage de Max Müller, p. 240 [texte d'un cours donné en 1863]). Dér. du sanscrit Drāvidah, nom d'une province du sud de l'Inde (Klein), I avec suff. -ique*, II avec suff. -ien* par l'intermédiaire de l'angl. Dravidian, 1856, R. Caldwell ds NED. Suppl. Fréq. abs. littér. : 11.

Wiktionnaire

Adjectif - français

dravidien \dʁa.vi.djɛ̃\

  1. Relatif aux Dravidiens, population du Sud de la péninsule indienne.
    • Les peuples dravidiens.
  2. Famille de langues refoulées dans le Sud de l'Inde par l'indo-aryen.
    • Langues dravidiennes.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

DRAVIDIEN (dra-vi-diin, diè-n') adj.
  • Synonyme de dravidique. On regarde la race dravidienne comme appartenant aux populations qu'on désigne quelquefois sous le nom de touraniennes.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « dravidien »

(XIXe siècle) De l'anglais Dravidian, créé par l'orientaliste anglais Robert Caldwell en 1856 à partir du sanskrit drāviḍa qui signifie « tamoul » dans cette langue.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « dravidien »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dravidien dravidjɛ̃
dravidienne dravidjɛ̃n

Évolution historique de l’usage du mot « dravidien »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « dravidien »

  • De toutes les divisions linguistiques de l’Inde, la plus fondamentale est celle qui sépare le nord du sud du pays. Les langues du sud de l’Inde, dites dravidiennes, puisent leur origine dans la nuit des temps. Leur usage s’était déjà répandu dans le sous-continent indien bien avant 3000 av. J.-C. Tout bascule quand les Aryens arrivent, au cours du IIe millénaire av. J.-C. Venus peut-être de la Russie centrale, ceux-ci apportèrent leur langue indo-européenne, d’où vient le sanscrit, la langue des textes hindous les plus anciens et la mère des langues parlées dans le nord de l’Inde. La théorie de l’invasion d’un peuple de langue et de culture dravidiennes installé depuis des millénaires dans le Sud par un peuple de langue et de culture indo-aryenne venu du Nord est très connue. Or, elle est lourde de signification politique. Encore aujourd’hui, les Indiens du sud de l’Inde parlant des langues dravidiennes telles que le tamoul, le télougou ou le malayalam se sentent appartenir à une culture bien différente de celle du nord de l’Inde. Au début du siècle dernier, des ­dirigeants du sud de l’Inde se sont révoltés contre la domination exercée par des Indiens du Nord sur le mouvement indépendantiste. Ma­joritairement brahmanes, ceux-ci représentaient la culture sanscrite aryenne. Le mot dravida fut alors adopté pour désigner tout ce qui appartenait au sud de l’Inde. Il figure depuis dans le nom de plusieurs partis politiques qui revendiquent la défense de la culture méridionale, notamment la culture tamoule. Les Tamouls, ceux qui parlent le tamoul, langue dravidienne, sont fiers de leur héritage ancien. Ironie de l’Histoire, le mot dravida, symbole de la spécificité culturelle tamoule, a une histoire qui témoigne de toute la complexité de l’Inde moderne : c’est un néologisme sanscrit qu’un philologue anglais, Robert Caldwell, a créé en 1856 afin de désigner l’ensemble des langues du sud de l’Inde. Nous le présentons ici écrit en tamoul, comme il se doit. Courrier international, LE MOT DE LA SEMAINE. “DRAVIDA” : DRAVIDIEN
  • Les partis dravidiens correspondent à un ensemble d’organisations politiques régionales dans l’Etat du Tamil Nadu. Ils tirent tous, directement ou indirectement, leur origine et leur idéologie du mouvement dravidien créé en 1925 par Periyar E. V. Ramasamy. Ce mouvement est fondé sur une division linguistique en Inde où la plupart des langues du Nord, de l’Est et de l’Ouest sont classées dans le groupe indo-aryen. Celles du sud du pays sont classées avec les langues dravidiennes – qui se trouvent aussi au Népal, au Pakistan, au Sri Lanka, au Bangladesh et au Bouthan. Asialyst, Elections en Inde : dans l'univers des partis dravidiens - Asialyst
  • «Le temple de Mînâkshî compte plus de 3 millions de sculptures, de portraits ou d'inscriptions, affirme Alagu Mahalingam, spécialiste des temples à l'Université Madurai Kamaraj, tout en caressant une statue. C'est notre Taj Mahal, en Inde du Sud!» Certes moins immaculé, ce temple hindou est néanmoins un chef-d'oeuvre de l'architecture dravidienne, un style artistique du Moyen Âge indien. Et il grouille de vie. La Presse, Le Taj Mahal du Sud
  • Il existe un trait commun à tous les ouvrages de Yoga Serge Palan. Chaque fois qu’il croise une fille, généralement jolie et aux formes généreuses, elle tombe fatalement amoureuse de l’écrivain, malgré l’incompréhension parfois balbutiante de ce dernier. Cela dit, Serge Palan est habité par une obsession : son identité dravidienne. Encore une fois, pour rester dans cette logique, le voilà parti à la recherche de ses racines, à Pondichéry, dans le sud de l’Inde, l’un des cinq ex-comptoirs français, où le colon puisait sa main-d’œuvre servile, abondante et forcément bon marché. Le Defi Media Group, Yoga Serge Palan : aller-retour aux sources dravidiennes | Defimedia
  • Muthuvel Karunanidhi accompagne C.N. Annadurai, son mentor en politique, dans la création, en 1949, du parti de la Fédération dravidienne du progrès (DMK, Dravida Munnetra Kazhagam), l’un des deux grands partis qui structureront la vie politique du Tamil Nadu. Au pouvoir dans le Tamil Nadu, il accorde aux femmes le droit d’hériter, autorise 69 % de quotas aux étudiants issus des castes défavorisées dans l’éducation, mais aussi les mariages civils sans rituels religieux. Il lance également les grands programmes de distribution gratuite de télévisions en couleurs ou de riz à prix subventionné, décriés par ses opposants comme « populistes ». Sa vie politique restera cependant entachée de plusieurs scandales de corruption, notamment celui de l’attribution de licences de téléphonie mobile 2G en 2008. Le Monde.fr, Mort de Muthuvel Karunanidhi, grand défenseur de l’identité tamoule
  • Car le politicien était aussi scénariste, écrivain, poète et orateur. De sa plume littéraire ou de sa voix grave, son talent à jouer avec les mots a servi son idéologie. Il s’est battu pour imposer l’identité dravidienne du sud, en opposition à l’hégémonie de la langue hindi du nord et des hautes castes hindoues. A 14 ans, l’adolescent, né dans une famille pauvre et recalé au lycée, écrit déjà dans une revue militante contre l’oppression des élites brahmanes. Au pays de la piété, lui se veut athée. Le Temps, Le sud de l’Inde dit adieu à son «Artiste» - Le Temps
  • Organisé par l’Association culturelle des descendants dravidiens pratiquants la religion hindoue populaire à La Réunion, présidée par Daniel Singainy, le 4e Congrès dravidien s’est tenu ce dimanche 28 avril à Saint-Paul. Il était question du vivre ensemble et du réchauffement climatique. Témoignages.RE - https://www.temoignages.re, Résistance et développement d’une religion populaire réunionnaise - Culture et identité - Infos La Réunion
  • Le 26 avril prochain se tiendra le deuxième Congrès Tamoul-Dravidien. Organisé par l’Association culturelle des descendants dravidiens pratiquant la religion hindoue populaire à La Réunion, il se tiendra à l’Espace Oméga de Cambaie à Saint-Paul. Témoignages.RE - https://www.temoignages.re, Vers un grand succès du second Congrès Tamoul-Dravidien de La Réunion - Culture et identité - Infos La Réunion
  • Les anciens rois Cholas y ont construit des temples dravidiens, parmi les plus beaux d'Inde. Ces villes dans la villes, érigées il y a près de mille ans, sont toujours d'incroyables lieux de vie pour les hindouistes. Plus loin, dans le Chettinad, sommeille un incroyable patrimoine: les palais Chettiars... Le Figaro.fr, Vidéo : découvrez le sud de l'Inde
  • Émerge alors l’idée que les aryas nomades dominants auraient soumis les dasyu (futurs dravidiens) à la peau plus « mate » en Inde. Les divisions sociales visibles trouveraient leur origine dans cette invasion. Si cette théorie sert les élites « colonisées » des castes supérieures, elle a pu être utilisée notamment par les missionnaires chrétiens comme John Muir ou John Wilson pour redonner une fierté aux Dasas et au Sudras (les Dalits, les intouchables) dominés mais héritiers légitimes de l’Inde contre les envahisseurs étrangers aryens brahmines. Ces débats ne sont pas si éloignés de ceux qui touchaient la France : les nobles, héritiers des Francs, et le Tiers-État issu de la majorité gauloise romanisée justifiaient leur légitimité au pouvoir dans des termes similaires. Si les Gaulois avec la République semblent avoir remporté le combat, pour l’Inde, il en est autrement. , Aryens : une histoire européenne et indienne
  • Pendant la majeure partie de sa vie, il prononça deux à trois discours par jour, pour diffuser ses idées. Gandhi était végétarien, Periyar avait comme règle de manger de la viande. Avec le temps, Periyar passa pour un adversaire de l’hindouisme. Visionnaire, il instaura le mariage moderne sans passage par le temple, et milita pour le planning familial. Il rêva de la création d’un État dravidien non brahmane appelé le Dravidstan. Routard.com, Inde : Chennai, l’ex-Madras, capitale du Tamil Nadu
  • Cela dit, la question du choix d’une langue nationale ne pouvait manquer d’être débattue dans l’Inde pré-indépendante et dans l’Inde nouvellement indépendante (1947) : certains auraient voulu éliminer l’anglais, langue de la colonisation, et ériger au seul statut de langue officiel le hindi, légitime dans ce rôle car vu comme une langue d’extension géographique plus importante que d’autres langues indiennes. Mais ce projet ne pouvait que susciter de très fortes résistances de la part des populations du sud de l’Inde, de langue dravidienne, en particulier tamoule (1965) ; les émeutes anti-hindi furent violentes et eurent leur lot de morts. Le résultat, inscrit dans la Constitution, montre la difficulté à résoudre le problème : le hindi est langue officielle de l’Union, et l’anglais langue officielle associée – un statut qui devait être provisoire et qui, non seulement dure, mais se consolide – tandis qu’un certain nombre de langues régionales ont une position constitutionnelle, comme on l’a vu plus haut. Les tensions d’ordre linguistique proviennent souvent d’une volonté centralisatrice. Elles montrent que la latitude laissée aux Etats est préférable pour gérer la diversité, car la langue est un signe identitaire fort. Le Taurillon, De l'audacieuse et surmontable question des langues en Inde (2/2) - Le Taurillon
  • De toutes les divisions linguistiques de l’Inde, la plus fondamentale est celle qui sépare le nord du sud du pays. Les langues du sud de l’Inde, dites dravidiennes, puisent leur origine dans la nuit des temps. Leur usage s’était déjà répandu dans le sous-continent indien bien avant 3000 av. J.-C. Tout bascule quand les Aryens arrivent, au cours du IIe millénaire av. J.-C. Venus peut-être de la Russie centrale, ceux-ci apportèrent leur langue indo-européenne, d’où vient le sanscrit, la langue des textes hindous les plus anciens et la mère des langues parlées dans le nord de l’Inde. La théorie de l’invasion d’un peuple de langue et de culture dravidiennes installé depuis des millénaires dans le Sud par un peuple de langue et de culture indo-aryenne venu du Nord est très connue. Or, elle est lourde de signification politique. Encore aujourd’hui, les Indiens du sud de l’Inde parlant des langues dravidiennes telles que le tamoul, le télougou ou le malayalam se sentent appartenir à une culture bien différente de celle du nord de l’Inde. Au début du siècle dernier, des ­dirigeants du sud de l’Inde se sont révoltés contre la domination exercée par des Indiens du Nord sur le mouvement indépendantiste. Ma­joritairement brahmanes, ceux-ci représentaient la culture sanscrite aryenne. Le mot dravida fut alors adopté pour désigner tout ce qui appartenait au sud de l’Inde. Il figure depuis dans le nom de plusieurs partis politiques qui revendiquent la défense de la culture méridionale, notamment la culture tamoule. Les Tamouls, ceux qui parlent le tamoul, langue dravidienne, sont fiers de leur héritage ancien. Ironie de l’Histoire, le mot dravida, symbole de la spécificité culturelle tamoule, a une histoire qui témoigne de toute la complexité de l’Inde moderne : c’est un néologisme sanscrit qu’un philologue anglais, Robert Caldwell, a créé en 1856 afin de désigner l’ensemble des langues du sud de l’Inde. Nous le présentons ici écrit en tamoul, comme il se doit. Courrier international, LE MOT DE LA SEMAINE. “DRAVIDA” : DRAVIDIEN

Images d'illustration du mot « dravidien »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « dravidien »

Langue Traduction
Anglais dravidian
Espagnol dravídico
Italien dravidica
Allemand dravidian
Chinois 德拉威
Arabe درافيديان
Portugais dravidiano
Russe дравидский
Japonais ドラヴィディアン
Basque dravidar
Corse dravidianu
Source : Google Translate API

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