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Doxographie

Sommaire

  • Définitions du mot doxographie
  • Phonétique de « doxographie »
  • Évolution historique de l’usage du mot « doxographie »
  • Citations contenant le mot « doxographie »
  • Traductions du mot « doxographie »

Définitions du mot « doxographie »

Wiktionnaire

Nom commun

doxographie \dɔk.sɔ.ɡʁa.fi\ féminin

  1. Fait de retranscrire les opinions soutenues par d’autres ou par le plus grand nombre.
    • Le premier but de la doxographie, telle que l’avait initiée Aristote, était de classifier toutes les solutions possibles de tel problème […]. — (Jean Pépin, Henri Dominique Saffrey, Proclus: lecteur et interprète des anciens‎, page 105, CNRS, 1987)
  2. Résultat de cette retranscription.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « doxographie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
doxographie dɔksɔgrafi

Évolution historique de l’usage du mot « doxographie »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « doxographie »

  • Le structuralisme, puis la sociologie de la littérature, la sociocritique ou l'analyse de discours se sont tour à tour revendiqués d'une approche politique et matérialiste des textes, de manière complémentaire ou concurrente. Afin de nous y retrouver dans ces différents courants, nous proposerons une rapide doxographie de ces différentes écoles, en nous demandant notamment quelles véritables frontières théoriques les séparent, et en faisant la part du contexte universitaire et des effets de distinctions qui ont pu contribuer à la multiplication de ces étiquettes. , Critique de la critique littéraire (ENS Paris)
  • Et inutile de se focaliser sur les références philosophiques : « La mémoire vient si la pensée est active. Donc, en jetant de premières idées sur le papier, les références philosophiques vont s’imposer automatiquement », assure-t-elle. « Il ne s’agit pas d’étouffer sa réflexion par une doxographie. Le candidat peut aussi avoir de références artistiques, littéraires, scientifiques, politiques. Et s’il n’a pas de citation de philosophe en tête, il peut se contenter de résumer la pensée de l’auteur », ajoute Ory Lipkowicz. De multiples armes pour gagner la guerre, donc. , Bac 2019: Que faire contre le syndrome de la page blanche pendant l'épreuve de philo?
  • L’histoire de la philosophie en fournit une illustration remarquable. Elle émerge dans le paysage scientifique moderne en Allemagne, puis se diffuse dans l’Europe des Lumières. Autour de 1700, les savants de l’Allemagne protestante abandonnent le vieux modèle de la doxographie, un genre qui remontait à l’Antiquité et qui consistait à présenter les vies et les œuvres des philosophes sans présupposer de continuité historique entre elles. La nouvelle histoire écrite par les philosophes des Lumières narre l’avènement de la raison philosophique. Les philosophes du passé ont, certes, été les porte-parole de cette rationalité, mais le sujet dont on veut raconter l’histoire est désormais la philosophie elle-même. Libération.fr, Ecrire l’histoire de la philosophie n’a rien de neutre - Libération
  • Reste bien sûr à éviter l’écueil de la pure et simple doxographie. Car au soupçon de relativisme s’ajoute parfois celui, pas toujours infondé, d’une forme de statisme. Le fait est que les études de réception ne déjouent pas toujours le piège de l’énumération, de l’érudition purement constative. « Il y a un danger réel, écrivait Yves Chevrel il y a trente-cinq ans, à voir les œuvres disparaître derrière l’amoncellement des opinions émises à leur sujet[17] ! » L’avertissement n’est pas moins de rigueur aujourd’hui. S’il serait donc imprudent de minimiser ce risque, il ne serait pas moins inconséquent d’en conclure à l’inutilité, voire à l’illégitimité de toute enquête sur l’histoire de la mémoire, ses embranchements, ses avenues, ses impasses, ses sentiers perdus. Dans ses applications les plus stimulantes, l’étude des réceptions revêt la forme d’une telle histoire. En redéployant la palette des appropriations et des catégorisations d’une œuvre, elle met en lumière les soubassements des champs disciplinaires où la postérité a choisi d’inscrire cette œuvre. L’intérêt critique pour la littérature secondaire trouve une de ses justifications dans cette promesse d’une meilleure connaissance des arbitrages dont nos institutions, nos territoires disciplinaires, nos corpus et nos amnésies sont le résultat. , Accuser réception
  • Mais le livre ne se réduit pas à une doxographie, très utile au demeurant, de travaux de sciences sociales sur le temps. Il nous plonge dans l’univers des sciences humaines françaises du premier XXe siècle. Le travail intellectuel de chaque auteur apparaît comme le produit de relations académiques : échanges privés (correspondances) au sein de groupes d’appartenance (institutions universitaires, équipes éditoriales de revues), comptes rendus d’ouvrages, interventions orales, prise en compte des critiques. On mesure à quel point les sciences sociales produisent des résultats en se pratiquant au sein de collectifs et au gré des controverses. , Le temps des autres - La Vie des idées
  • Celui qui m'a le plus marquée, c'est la vie de Zénon, au livre VII de Diogène Laërce — de la doxographie dure justement. Tout y est : le rapport phantasmatique entre une vie et une doctrine ; l'idée neuve de "système" (la physique, la logique et la morale comme un animal, comme un oeuf, comme un champ clos) ; les violentes trouvailles dont il faut déplier la nécessité : par exemple les "incorporels" (asômata) que sont le temps, le lieu, le vide, et un nouveau venu, le signifié ou lekton ("dicible/dit"), qui se loge entre le signifiant (les sons "Di-on") et le référent (l'individu Dion qui porte ce nom), tel que celui qui ne parle pas la langue ne le comprend pas. Ce texte est à la fois un puzzle et un condensé. Le Monde.fr, Les stoïciens : l'arbre n'est pas vert, il verdoie !
  • Raconter une histoire : l’art du récit médiatique « Innombrables sont les récits du monde » , écrivait Barthes, constatant l’universalité du récit dans nos sociétés. Mais uniques et singulières sont-elles les façons de les raconter… Au cours de ces dernières années, les grandes crises d’entreprise qui ont marqué les médias pendant de longs mois peuvent en effet être vue au prisme de l’analyse narrative et des trois fonctions du récit proposées par Barthes. Au jour le jour, déployant une couverture exceptionnelle, les médias, presse, radios et télévisions, nationaux et régionaux ont ainsi raconté, par succession de « séquences », le feuilleton de l’affaire LU, de l’affaire Metaleurop Nord et de l’affaire Toyal. En 2001, l’affaire LU, né de l’annonce dans le journal Le Monde d’un vaste plan de licenciement, en quelques séquences, est devenue l’affaire Danone puis l’affaire du boycott. Le scoop, intelligemment orchestré en deux temps, à huit jours d’intervalle, a permis à l’affaire de rebondir, pour créer une deuxième « séquence », dans l’attente de la séquence ultime l‘annonce du périmètre définitif du plan social, lui-même provoquant un nouveau rebondissement, par sa proximité avec les élections municipales. Le tout fut parachevé par la plus vaste opération de boycott jamais organisée en France. Autre affaire, celle de Toyal : en 2006, l’entreprise Toyal a disparu du rôle titre de sa propre histoire, effacée au bénéfice d’une fiction mise en scène en temps réel par le député Jean Lassalle dans la salle des Quatre-Colonnes de l’Assemblée nationale. Ces trois histoires ont connu une ampleur nationale. L’affaire Lassalle a duré 39 jours, le temps de la grève de la faim. Près de six mois pour l’affaire LU-Danone, de janvier à l’été 2001. Au contraire, en 2005, l’affaire Metaleurop Nord, devenue avant tout le scandale du site pollué de Noyelles-Godault et de ses salariés abandonnés, pourtant scandaleuse, s’est rapidement délitée. Que raconter, quand « l’affaire » rejoint les affaires courantes ? Pour qu’il y ait « affaire », il faut qu’il y ait feuilleton et rebondissements, sur une période relativement courte! Il faut aussi des « actants », des héros de portée mythologique qui porteront le récit à son firmament, par ce qu’ils révèlent des représentations et des mœurs contemporaines. Le succès médiatique de chaque récit tient en effet du genre littéraire qui la caractérise aux yeux et dans l’imaginaire de l‘opinion, la tragi-comédie pour l’affaire Lassalle-Toyal ou le thriller à dimension internationale pour Metaleurop par exemple. Il y a de l’Agatha Christie dans l’affaire LU-Danone, du Pagnol dans Lassalle-Toyal ou du John Le Carré dans Metaleurop. Ne faut-il pas aussi y voir une forme pervertie, appliquée aujourd’hui à la presse, du roman réaliste qui fit florès à la fin du XIXe siècle? Malgré une apparente pluralité médiatique, chaque des « affaires » évoquées plus haut, montre qu’à chaque fois, un seul et même récit a été fabriqué, chargeant, positivement ou négativement, des « actants », une entreprise (Danone), un homme (Lassalle) ou un lieu (Noyelles-Godault), de l’entièreté symbolique du récit et de sa morale. La puissance mythologique de ces « actants », devenus « coupables » ou « victimes » a permis au récit d’exister en tant que tel. Danone figure en effet parmi les entreprises préférées des consommateurs, Jean Lassalle est un député, par analogie, son acte, fort, est un acte politique, enfin, Noyelles-Godault est l’un des derniers témoins du glorieux passé industriel du nord de la France. Des crises que l’actualité médiatique a fait jaillir au cours de ces dernières années, certaines ont peu duré, au sens médiatique du terme, même si elles se sont poursuivies ailleurs, devant les tribunaux notamment, en partie par le manque d’aspérité des acteurs en présence. Par sa structure, un univers de signes et de mots, mais aussi sa forme de pensée, un seul et même récit, une et une seule « logique », une seule vision de l’histoire, se sont installés dans l’imaginaire de l‘opinion, forgeant ses convictions, ses pulsions et ses sentiments. Le mélange des faits, des témoignages rapportés et des commentaires, le mélange volontaire ou non, de l’explication et de l’interprétation , mais aussi le choix délibéré d’un registre sémantique et iconique qui fonde le sens de l’histoire racontée ont largement contribué à cet effet compresseur. Sans se rappeler des détails, la mémoire se souvient toujours d’une histoire qui a fait grand bruit et qui selon la règle des trois unités, de temps, de lieu et d’action, de la tragédie classique, permet au dramaturge d‘établir la vraisemblance de l‘histoire. « Qu’en un jour, qu’en un lieu, un seul fait accompli, tienne le théâtre rempli », écrivait Boileau. Elle se souvient des mots (« patrons-voyous », « mondialisation », « délocalisation », etc.), dont le renouvellement et l’usage parfois dévoyés sont d’autres formes visuelles de cette recherche expressionniste du traitement de l’information, à tout le moins des relations complexes qui unissent les médias à leur époque. « Tout est récit » ou « tout est argumentation » ? Les deux thèses sont extrêmes et régulièrement discutées, à force de tables rondes et débats sur le rôle des médias aujourd’hui. Le récit ou le commentaire ? Comment redonner au récit sa juste signification ? Comment créer de la conviction plus que de la croyance ? Comment ne pas céder aux représentations communes… au mythe de la caverne ? Il ne s’agit pas de rejeter les commentaires et les interprétations, pas plus que d’opposer radicalement le journaliste factuel au storyteller, la critique serait trop simple. Simplement, il s’agit d’ordonner la pensée, de sortir des apparences et des simplifications de toute nature et surtout de se méfier du prêt-à-penser économique de la « story » bien-pensante ou dans l’air du temps. « Le travail de doxographie, propose Mariette Darrigrand , consisterait de la sorte moins à décrypter, comme si les signes avaient comploté entre eux, qu’à tenter d’observer dans leurs dynamiques les jeux du Logos (raison/vérité) et de la Doxa (opinion), couple éternel de la cité. » Pour certains sociologues, l’éviction récente du journaliste Patrick Poivre d’Arvor, symptomatique du poids pris par l’information spécialisée, communautaire et démultipliée (Internet), a annoncé la fin de cet « art du récit », de la « grand messe » généraliste, qui emporte le traitement de l’information dans une mécanique uniquement narrative et émotionnelle. « La délivrance de l’information répond à une dramaturgie, souligne ainsi Denis Muzet, le directeur de l’Institut Mediascopie . Les sujets du JT s’enchaînent de manière à créer une tension, comme dans une fiction. Le paradoxe du 20 heures de TF1, c’est que celui qui construit la narration dramaturgique par ses choix de rédacteur en chef, en l’occurrence PPDA, est aussi celui qui vient en amortir le choc par sa personnalité ». Rien n’est moins certain. Comme le titrait Le Monde des livres récemment consacré aux Assises internationales du roman, « Rien n’est plus vrai que la fiction »… Le « partage du sensible » , qui donne à toute écriture, romancée ou journalistique, sa dimension politique et son inscription dans les mœurs du temps présent, caractérise le débat d’aujourd’hui. Entre réalité et juste analyse, comment lutter contre la tentation d’une fiction qui rendrait la mariée plus belle pour l’audimat? , Du storytelling au "sorry-telling" par Catherine Malaval et Robert Zarader
  • Je ne pense pas qu’il existe des oeuvres atemporelles, pas même celle de Platon. Si on n’a pas fréquenté un peu les présocratiques ou, à la rigueur la doxographie de Diogène Laêrce, on aura bien du mal à comprendre quelque chose à ce que pouvait être l’état du savoir abstrait au quatrième siècle. Si on ignore tout des sophistes, il y a plusieurs dialogues où il sera difficile d’entrer. Ou bien on multipliera les contresens. Disant cela, j’ai vraiment l’impression d’enfoncer une porte ouverte et nous avons tous plus ou moins disserté sur ce propos de Renan : "« L’admiration absolue est toujours superficielle. Nul plus que moi n’admire les Pensées de Pascal, les Sermons de Bossuet ; mais je les admire comme œuvres du xvne siècle. Si ces œuvres paraissaient de nos jours, elles mériteraient à peine d’être remarquées. La vraie admiration est historique. » AgoraVox, Toute la modernité d'un conte voltairien : Candide ou l'optimisme... - AgoraVox le média citoyen

Traductions du mot « doxographie »

Langue Traduction
Anglais doxography
Espagnol doxografía
Italien dossografia
Allemand doxographie
Chinois 体层摄影
Arabe دوكسوغرافيا
Portugais doxografia
Russe доксография
Japonais ドキソグラフィー
Basque doxography
Corse doxografia
Source : Google Translate API
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