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Diaconesse

Définitions du mot « diaconesse »

Trésor de la Langue Française informatisé

DIACONESSE, subst. fém.

RELIGION
A.− HIST. Femme consacrée surtout aux œuvres de charité dans les premiers siècles de l'Église. L'ordre des diaconesses; les veuves et les diaconesses. Il rompit le mariage de Radegonde, en la consacrant diaconesse par l'imposition des mains (Thierry, Récits mérov.,t. 2, 1840, p. 254).Les diaconesses, qui seront plus tard les Dames, les Sœurs de charité (Dupanloup, Journal,1865, p. 267):
1. Le mot « veuve » devint [dans l'Église primitive] synonyme de personne religieuse, vouée à Dieu, et par suite de « diaconesse ». Renan, Hist. des orig. du Christianisme,Les Apôtres, 1866, p. 123.
B.− Mod., PROTESTANTISME. Religieuse qui vit en communauté et se consacre à des activités caritatives. Le voile des diaconesses. Il crée vingt diaconesses, ou sœurs de charité protestantes (Michelet, Journal,1842, p. 421):
2. La pensée lui vint [à Jeanne] d'entrer aux diaconesses de la rue de Reuilly; mais elle savait (...) que ces religieuses à demi civiles s'occupent surtout de visiter, de soigner les maux et les misères. A. Daudet, L'Évangéliste,1883, p. 83.
Prononc. et Orth. : [djakɔnεs]. Ds Ac. 1718-1932. Étymol. et Hist. 1. xives. dyaconisse « fille ou veuve qui dans l'Église primitive exerçait certaines fonctions ecclésiastiques » (J. Golein, Ration., B. N. 437, fo124 rods Gdf. Compl.), forme encore répertoriée par Nouv. Lar. ill.; 1610 diaconesse (P. Coton, Institution catholique, II, p. 1309 ds R. Philol. fr. t. 43, p. 124); 2. 1842 protestantisme (Michelet, loc. cit.). Empr. au b. lat.diaconissa de même sens, gr. δ ι α κ ο ́ ν ι σ σ α Fréq. abs. littér. : 9.

Wiktionnaire

Nom commun

diaconesse \dja.kɔ.nɛs\ féminin

  1. (Christianisme) Femme qui, dans la primitive église, était employée à certains ministères ecclésiastiques.
    • Voici donc comment le rôle de la diaconesse dans le baptême est décrit: En premier lieu, quand les femmes descendent dans l'eau, il est requis que celles qui descendent dans l'eau soient ointes par une diaconesse avec l'huile de l'onction. — (Victor Saxer, Les rites de l'initiation chrétienne du IIe au VIe siècle : esquisse historique et signification d'après leurs principaux témoins, Il Centro, 1988, p. 217)
  2. Femme qui, dans certaines églises protestantes et sous l’autorité des pasteurs, se voue au soin des malades et des pauvres.
    • Chère Annabel de linon blanc, entrant chaque jour, dès le matin, chez le pasteur, choisissant, avant d’y pénétrer, ses guimpes les plus simples, s’appliquant à rejeter en arrière ses belles boucles, à les tordre même en petites nattes austères, et n’arrivant pas, malgré ses efforts, à se donner le moins du monde l’air diaconesse. — (Pierre Benoit, Le lac salé, Albin Michel, 1921, collection Le Livre de Poche, page 103)
    • Quand elle courut à la maison, elle y trouva une diaconesse en train de veiller le corps du mystérieux mécène. — (Jean Giono, Les Âmes fortes, Gallimard, 1949, Folio p. 271)
    • C’était une femme d’une quarantaine d’année, de taille chétive, sans formes, vétue d’une blouse blanche d’infirmière, maintenue par une ceinture, et qui portait sur sa poitrine une croix de grenats. Sous son bonnet de diaconesse paraissaient des cheveux roux et clairsemés […] — (Thomas Mann, La Montagne magique, Fayard, 1931, le Livre de Poche, 2013, p. 230)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DIACONESSE. n. f.
Femme ou fille, qui, dans certaines églises protestantes, se vouent, sous l'autorité des pasteurs, au soin des malades et des pauvres. Il se disait des Veuves et des filles qui, dans la primitive Église, étaient employées à certains ministères ecclésiastiques. Les diaconesses étaient chargées de déshabiller les femmes et les filles qu'on baptisait.

Littré (1872-1877)

DIACONESSE (di-a-ko-nè-s' ou di-a-ko-ni-s') s. f.
  • 1Nom de veuves ou filles qui, dans la primitive Église, recevaient l'imposition des mains, et rendaient aux personnes de leur sexe des services religieux, que les diacres ne pouvaient rendre avec bienséance. Je vous recommande notre sœur Phébé, diaconisse de l'Église qui est au port de Cenchrée, Sacy, Bible, Ép. de S. Paul aux Romains, XVI, 1. Une jeune veuve de qualité qui, vraisemblement par une dévotion peu solide, s'était élevée au rang de diaconisse, fit une confession de toute sa vie passée au pénitencier, qui lui imposa, pour l'expiation de ses fautes, des jeûnes et des prières extraordinaires, Fléchier, Hist. de Théodose, IV, 16. Théodose, pour remédier à ces abus, ordonna qu'aucune veuve ne fût reçue au rang de diaconisse, qui n'eût soixante ans, suivant le précepte de saint Paul, Fléchier, ib. IV, 17.
  • 2Nom qu'ont pris des dames anglaises se consacrant, comme les sœurs de charité catholiques, au service des hôpitaux.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DIACONESSE.
2Ajoutez :

Chez les protestants d'Allemagne et de langue française, nom de dames appartenant à des corporations libres et se vouant à l'instruction des jeunes filles et surtout au soin des malades.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

DIACONESSE, s. f. (Hist. & Hiérarch. ecclésiast.) terme en usage dans la primitive Église, pour signifier les personnes du sexe qui avoient dans l’Église une fonction fort approchante de celles des diacres. S. Paul en parle dans son épître aux Romains, & Pline le jeune dans une de ses lettres à Trajan, fait savoir à ce prince qu’il avoit fait mettre à la torture deux diaconesses, qu’il appelle ministra.

Le nom de diaconesse étoit affecté à certaines femmes dévotes, consacrées au service de l’Église, & qui rendoient aux femmes les services que les diacres ne pouvoient leur rendre avec bienséance ; par exemple, dans le baptême, qui se conféroit par immersion aux femmes aussi-bien qu’aux hommes. Voy. Baptême.

Elles étoient aussi préposées à la garde des portes des églises ou des lieux d’assemblées, du côté où étoient les femmes séparées des hommes, selon la coûtume de ce tems-là. Elles avoient soin des pauvres, des malades, &c. & dans le tems de persécution, lorsqu’on ne pouvoit envoyer un diacre aux femmes pour les exhorter & les fortifier, on leur envoyoit une diaconesse. Voyez Balzamon, sur le deuxieme canon du concile de Laodicée, & les constitutions apostoliques, liv. II. ch. lvij. pour ne point parler de l’épître de S. Ignace au peuple d’Antioche, où l’on prétend que ce qu’il dit des diaconesses a été ajoûté.

Lupus, dans son commentaire sur les conciles, dit qu’on les ordonnoit par l’imposition des mains ; & le concile in Trullo, se sert du mot χειροτονεῖν, imposer les mains, pour exprimer la consécration des diaconesses. Néanmoins Baronius nie qu’on leur imposât les mains, & qu’on usât d’aucune cérémonie pour les consacrer ; il se fonde sur le dix-neuvieme canon du concile de Nicée, qui les met au rang des laïques, & qui dit expressément qu’on ne leur imposoit point les mains. Cependant le concile de Chalcedoine régla qu’on les ordonneroit à 40 ans, & non plûtôt ; jusques-là elles ne l’avoient été qu’à 60, comme S. Paul le prescrit dans sa premiere à Timothée, & comme on le peut voir dans le nomocanon de Jean d’Antioche, dans Balzamon, le nomocanon de Photius & le code Théodosien, & dans Tertullien, de valland vig. Tertullien, dans son traité ad uxorem, liv. I. ch. vij, parle des femmes qui avoient reçu l’ordination dans l’église, & qui par cette raison ne pouvoient plus se marier ; car les diaconesses étoient des veuves qui n’avoient plus la liberté de se marier, & il falloit même qu’elles n’eussent été mariées qu’une fois pour pouvoir devenir diaconesses, mais dans la suite on prit aussi des vierges ; c’est du moins ce que disent S. Epiphane, Zonaras, Balzamon, & S. Ignace.

Le concile de Nicée met les diaconesses au rang du clergé, mais leur ordination n’étoit point sacramentelle, c’étoit une simple cérémonie ecclésiastique. Cependant parce qu’elles prenoient occasion de-là de s’élever au-dessus de leur sexe, le concile de Laodicée défendit de les ordonner à l’avenir. Le premier concile d’Orange, en 441, défend de même de les ordonner, & enjoint à celles qui avoient été ordonnées, de recevoir la bénédiction avec les simples laïques.

On ne sait point au juste quand les diaconesses ont cessé, parce qu’elles n’ont point cessé par tout en même tems : l’onzieme canon du concile de Laodicée semble à la vérité les abroger ; mais il est certain que. long tems après il y en eut encore en plusieurs endroits. Le vingt-sixieme canon du premier concile d’Orange, tenu l’an 441 ; le vingtieme de celui d’Epaune, tenu l’an 515, défendent de même d’en ordonner, & néanmoins il y en avoit encore du tems du concile in Trullo.

Atton de Verceil rapporte dans sa huitieme lettre, la raison qui les fit abolir : il dit que dans les premiers tems le ministere des femmes étoit nécessaire pour instruire plus aisément les autres femmes, & les desabuser des erreurs du paganisme ; qu’elles servoient aussi à leur administrer le baptême avec plus de bienséance ; mais que cela n’étoit plus nécessaire depuis qu’on ne baptisoit plus que des enfans. Il faut encore ajoûter maintenant, depuis qu’on ne batise plus que par infusion dans l’église latine.

Le nombre des diaconesses semble n’avoir point été fixé : l’empereur Héraclius dans sa lettre à Sergius patriarche de Constantinople, ordonne que dans la grande église de cette ville il y en ait quarante, & six seulement dans celle de la mere de Dieu, qui étoit au quartier des blaquernes.

Les cérémonies qu’on observoit dans la bénédiction des diaconesses, se trouvent encore présentement dans l’eucologe des Grecs. Matthieu Blastares savant canoniste grec, observe qu’on fait presque la même chose pour recevoir une diaconesse, que dans l’ordination d’un diacre. On la présente d’abord à l’évêque devant le sanctuaire, ayant un petit manteau qui lui couvre le cou & les épaules, & qu’on nomme maforium ; & après qu’on a prononcé la priere qui commence par ces mots la grace de Dieu, &c. elle fait une inclination de tête sans fléchir les genoux. L’évêque lui impose ensuite les mains en prononçant une priere. Mais tout cela n’étoit point une ordination ; c’étoit seulement une cérémonie religieuse, semblable aux bénédictions des abbesses. On ne voit plus de diaconesses dans l’église d’Occident depuis le xije siecle, ni dans celle d’Orient passé le xiije. Macer, dans son hyerolexicon au mot diaconissa, remarque qu’on trouve encore quelque trace de cet office dans l’église de Milan, où il y a des matrones qu’on appelle vetulones, qui sont chargées de porter le pain & le vin pour le sacrifice à l’offertoire de la messe selon le rit Ambroisien. Les Grecs donnent encore aujourd’hui le nom de diaconesses aux femmes de leurs diacres, qui suivant leur discipline sont ou peuvent être mariés ; mais ces femmes n’ont aucune fonction dans l’église comme en avoient les anciennes diaconesses. Moréry, Chamb. & Trév. (G)

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Étymologie de « diaconesse »

Bas-latin, diaconissa, de diaconus (voy. DIACRE).

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(Date à préciser) Du latin diaconissa, féminin grec de diaconus qui nous donne diacre.
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Phonétique du mot « diaconesse »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
diaconesse djakɔnɛs

Évolution historique de l’usage du mot « diaconesse »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « diaconesse »

  • Anne Soupa n’a évidemment aucune chance d’être nommée archevêque de Lyon. Cette théologienne catholique engagée n’est ni diaconesse, ni prêtre, conformément au droit canon qui réserve ces fonctions sacerdotales aux seuls hommes, et elle ne peut donc prétendre à la fonction d’archevêque. C’est le pape lui-même qui choisit les évêques, considérés comme des successeurs des apôtres. L'Obs, Catho et féministe : 10 choses à savoir sur Anne Soupa, candidate à l’archevêché de Lyon
  • Sœur Mireille, prieure de la communauté des diaconesses de Reuilly, partage quelques réflexions sur la manière dont les sœurs vivent le confinement. Elle présente également le programme d’une Semaine sainte pas comme les autres. Reforme.net, "Pâques sera tellement paradoxale cette année", par sœur Mireille, diaconesse - Reforme.net
  • En ces temps confinés, les sœurs diaconesses de Reuilly partagent leur prière et invitent à visionner un de leurs offices. Reforme.net, Prier avec les sœurs diaconesses de Reuilly - Reforme.net
  • Entretien | L'enfermement, le ralentissement, le silence, la solitude ou les autres... Les raisons de mal vivre son confinement sont multiples. Les façons de bien le vivre aussi. Comme créer, lire, écrire. Ou simplement ne rien faire et l'accepter, comme le conseille une diaconesse. France Culture, Soeur Mireille : "Il faut beaucoup de délicatesse, de patience avec soi-même"
  • Après les diacres, l'Eglise catholique va-t-elle ouvrir la voie aux diaconesses ? Le pape François s'est prononcé jeudi en faveur de l'ordination des femmes diacres. Elles pourraient remplacer les prêtres pour certains actes, comme les baptêmes. Invité d'Europe 1 vous répond vendredi, Jean-François Colosimo, historien des religions et directeur des éditions du Cerf, est revenu sur ce que pourrait changer cette petite révolution dans l'Eglise. Europe 1, Diaconesses : "les femmes sont essentielles dans la vie de l'Eglise"

Traductions du mot « diaconesse »

Langue Traduction
Anglais deaconess
Espagnol diaconisa
Italien diaconessa
Allemand diakonissin
Chinois 女执事
Arabe شماسة
Portugais diaconisa
Russe диакониса
Japonais 執事
Basque deaconess
Corse diacona
Source : Google Translate API

Diaconesse

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