La langue française

Dénaturalisation

Définitions du mot « dénaturalisation »

Trésor de la Langue Française informatisé

DÉNATURALISATION, subst. fém.

Action de dénaturaliser.
A.− [Correspond à dénaturaliser A] Louis-Georges Muller, futur citoyen américain, se substituait déjà au Français Georges Fresnelay. Les circonstances m'aidèrent aussitôt dans cette étrange besogne de dénaturalisation, scientifiquement entreprise (Bourget, Actes suivent,1926, p. 24).
B.− Rare. [Correspond à dénaturaliser B] :
Je dois dire que par romantisme, j'entends bien moins cette poussée lyrique du début de l'autre siècle qu'un grand mouvement de dénaturalisation du langage, entrepris par la jeune école des Hugo, Musset, Dumas père, et dont les promesses se sont accomplies avec le surréalisme... Aymé, Le Confort intellectuel,1949, p. 25.
Prononc. : [denatyʀalizasjɔ ̃]. Étymol. et Hist. 1834 (Land.). Dér. du rad. de dénaturaliser*; suff. -(a)tion*. Fréq. abs. littér. : 1.

Wiktionnaire

Nom commun

dénaturalisation \de.na.ty.ʁa.li.za.sjɔ̃\ féminin

  1. Perte de l’état de naturalisation.
    • Pendant la Première Guerre mondiale, on crée la dénaturalisation. — (Jean-Noël Jeanneney, Le Récit national: Une querelle française, 2017)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

DÉNATURALISATION (dé-na-tu-ra-li-za-sion) s. f.
  • Perte de l'état de naturalisation.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « dénaturalisation »

(Siècle à préciser) Dérivé de dénaturaliser avec le suffixe -ation.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « dénaturalisation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dénaturalisation denatyralisasjɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « dénaturalisation »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « dénaturalisation »

  • La journée d'étude a permis entre autres d'en savoir plus sur le système de dénaturalisation adopté par l'Etat Français. Les fonctionnaires du Sceau avaient pour mission entre 1940 et 1944 de rechercher, préparer et présenter aux magistrats rapporteurs les dossiers de naturalisation devant être soumis aux commissions de révision et de déchéance, rattachées au Secrétariat général du gouvernement de Vichy. La revue française de Généalogie, Connaissez vous la base Dénat, des "dénaturalisés" sous Vichy ?
  • Le terrain a aussi été préparé par des mesures juridiques qui créaient des «sous-Français». Des campagnes d'opinion vont, par exemple, aboutir, en 1934, à interdire les professions de médecin ou d'avocat dans les dix ans qui suivent la naturalisation. Idem à propos du droit de vote, dont étaient privés pendant dix ans les nouveaux Français en vertu des décrets-lois Daladier de 1938. Le fait que l'une des premières mesures de Vichy ait trait à la dénaturalisation de ces Français désignés par le passé comme des citoyens de second rang s'inscrit donc dans une certaine continuité. Rappelons que la déchéance figure dans la loi de 1927, l'une des plus libérales en termes d'accès à la nationalité française. En contrepartie, ce libéralisme est assorti de la possibilité de déchoir de la nationalité. Une fraction de la gauche s'est insurgée, estimant qu'on ne pouvait reprendre d'une main ce que l'on avait accordé de l'autre. Mais la déchéance a été adoptée à une large majorité. Marianne, Claire Zalc : la dénaturalisation, une vieille et mauvaise idée | Marianne
  • – Encourager les projets de renaturalisation des villes, plutôt que la dénaturalisation et la destruction des milieux humides pour soutenir l’étalement urbain ; La Presse, Bâtir un projet de société qui nous fera rêver
  • En se concentrant sur une question historique précise, la dénaturalisation, Claire Zalc éclaire de grandes questions posées au sujet de la causalité, de la responsabilité, de la relation entre les structures profondes et la place allouée au hasard. Elle montre dans quelle mesure des idées abstraites et souvent inarticulées sur l’honneur, la vertu et l’authenticité prennent une forme concrète et matérielle, et comment ces idées ont façonné les contours de la communauté nationale et influencé les opportunités qu’il était donné aux personnes de saisir pour espérer vivre, et, bien trop souvent, comment ces idées ont envoyé ces personnes à leur mort. Dénaturalisés est un modèle du genre en socio-histoire et apporte une contribution fondamentale à l’étude de l’antisémitisme, de l’exclusion, de la collaboration, et de la nature même du régime de Vichy. , La déchéance de nationalité sous Pétain - La Vie des idées
  • Le troisième danger est que, si elle venait à s’étendre, la dénaturalisation ne devienne une arme de répression politique. Une telle dérive est actuellement inconcevable en Suisse, mais de nombreux régimes pratiquent sans vergogne l’exclusion civique des opposants désignés comme « traîtres à la nation ». Ainsi l’opposant politique georgien Bidzina Ivanichvili s’est vu retirer sa nationalité en 2011 (avant de la retrouver et de devenir premier ministre). Politique migratoire, Déchoir les criminels de la nationalité suisse ? – Politique migratoire
  • Les dénaturalisations : le mot, l'initiative, lancés par François Hollande, ont empoisonné les débats post-13 novembre. Les plus virulents opposants avaient brandi le chiffon rouge de Vichy, sans que l'on ne s'attarde, victime du présentisme habituel, sur le fait historique. De 1940 à 1944, la Commission de révision des naturalisations, instituée ad hoc, avait, au nom d'une loi votée le 22 juillet 1940, ciblé des centaines de milliers de nouveaux Français naturalisés après 1927 – 15 000 furent effectivement déchus. Une loi scélérate, car rétroactive et échappant à tout recours. Le Point, Quand la France dénaturalisait - Le Point
  • Sous prétexte que les archives de la commission de dénaturalisation (celle des Juifs surtout), fondée à l’été 1940, ont été détruites, on rencontre peu dans cet ouvrage les décisionnaires et hauts exécutants d’un processus qui s’étendit du retrait de nationalité jusqu’au four crématoire. Philippe Pétain et ses ministres, le Conseil d’État, etc., s’effacent devant le concept passe-partout d’« antisémitisme d’État ». André Mornet, vice-président de ladite commission, apparaît surtout à travers ses écrits postérieurs. Surchargé d’honneurs par Vichy, il n’en fut pas moins nommé, par le général de Gaulle et son ministre de la justice, président de la commission d’épuration de la magistrature et procureur général de la Haute Cour de justice appelée à juger les ministres de Vichy... Quel symbole de la continuité de l’appareil d’État et du coût nul de la persécution antisémite ! À défaut de pouvoir « lire le processus décisionnel dans la France de Vichy d’un œil nouveau », on retiendra les lettres déchirantes des « dénaturalisés ». Elles donnent chair à une recherche qui gagnerait à se débarrasser d’un envahissant jargon juridico-psychologico-linguistico-« genré ». Le Monde diplomatique, Dénaturalisés. Les retraits de nationalité sous Vichy, par Annie Lacroix-Riz (Le Monde diplomatique, mars 2017)
  • Le régime de Vichy procéda à la dénaturalisation de plus de 15 000 personnes qui avaient acquis la nationalité française pendant l’entre-deux-guerres. Portée par une soif de revanche contre la République, cette politique fut mise en œuvre pour exclure de la communauté nationale les individus que le régime désignait comme ses ennemis. , Retirer la nationalité sous Vichy - La Vie des idées

Traductions du mot « dénaturalisation »

Langue Traduction
Anglais denaturalization
Espagnol desnaturalización
Italien denaturalizzazione
Allemand denaturierung
Chinois 变性
Arabe التجريد من الجنسية
Portugais desnaturalização
Russe денатурализация
Japonais 変性
Basque denaturalization
Corse denaturalizazione
Source : Google Translate API

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