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Dégoulinure

Définitions de « dégoulinure »

Wiktionnaire

Nom commun - français

dégoulinure \de.ɡu.li.nyʁ\ féminin

  1. Résidu de substance qui a coulé.
    • La buée fait des dégoulinures qui entraînent la peinture par rigoles, par plaques, par pans. — (Jean Meckert, « Comment diable vivent-lls ? » in Essor, Paris, 1946)
    • Les nonnes fertiles lui offrent, aux périodes lunaires, une goutte symbolique de leur dégoulinure. — (Jean Basile, Le piano-trompette: roman, 1983, page 262)
    • Que ce soit chez Pollock ou chez Malévitch, il s'agit toujours, d'une manière ou d'une autre, d'une forme d'irreprésentable (la dégoulinure, la tache, […]. — (Jean Mottet, Les paysages du cinéma, 1999, page 38)
    • On s’y décide parce qu’il fait beau. On s’étonne de cette qualité de la lumière dès l’aurore, mais il faut s’y résigner : elle révèle impitoyablement les longues dégoulinures poussiéreuses sur les vitres. Vivait-on à ce point dans une prison opaque ? — (Philippe Delerm, L’extase du selfie – Faire les carreaux, Seuil, 2019, page 53)
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Étymologie de « dégoulinure »

De dégouliner, avec le suffixe -ure.
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Phonétique du mot « dégoulinure »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dégoulinure degulɛ̃yr

Citations contenant le mot « dégoulinure »

  • Nous sommes en 1968. Anna-Eva et Hans, un temps divorcés, remariés, construisent près d’Antibes leur maison et leurs ateliers. Hartung est un artiste reconnu internationalement. Il pourrait s’arrêter là et jouir de son succès mais il se lance dans des expérimentations inédites : grands formats, peinture vinylique pulvérisée, dégoulinures, éclaboussures, utilisation de balais en genêt, couleurs acides. C’est à la fois cruel et sublime. Le peintre invente des espaces magnifiques, vertigineux, d’où jaillit la lumière. Il retrouve « la terreur ensorcelante » des orages qu’il éprouvait enfant, la beauté des éclairs qu’il attrapait au vol et qui remplissaient les pages de ses cahiers d’écolier, la puissance des cieux qui lui transmit « l’urgence de la spontanéité » — une splendeur déchaînée. C’est éblouissant. Télérama, Comment Hans Hartung est devenu une figure incontournable de l’abstraction
  • Claire Chesnier est une jeune artiste de 33 ans. Elle peint à l’encre des œu­vres abstraites. Autrefois plutôt bicolores et de forme trapézoïdale, elles sont aujourd’hui plus sagement rectangulaires, en hauteur, et multicolores. Parfois l’une d’entre elles, posée à l’horizontale sur un caisson, vient rompre la régularité de la présentation mais ici la galerie n’expose que les tableaux muraux, au risque de la monotonie. D’autant que la description des œuvres apparaît répétitive : une encre, à sa base couleur de terre brune, passant par des roux, un ocre jaune, un vert, s’achève en haut par un bleu très pâle. Ou une autre, allant du brun au blanc rosé, passe par un dégradé d’orange, etc. Obéissant toutes à la même composition en bandes horizontales, au même principe chromatique, aux discrètes salissures nées des dégoulinures, de leur uniformité naît une sorte de neutralité voluptueuse. Et, même si les bleus et des blancs écrus ou rosés formant la bande supérieure des tableaux et la composition horizontale suscitent l’idée du paysage — un coucher de soleil lorsque les orangés s’en mêlent —, que peint au juste Claire Chesnier ? Télérama, En peinture, l’abstraction est-elle un exercice de style périlleux ?
  • Pourtant il reste difficile d’aborder et de parler de la peinture d’Orsten Groom. Au premier regard, cette peinture on l’a déjà vue. Trop vue ? Simultanément un sentiment de doute détruit cette première impression et la peinture nous apparaît zélée, excessive ou excessivement culottée de se présenter sous son plus mauvais jour. Des flaques de dégoulinures, des torrents de couleurs, des fantômes de formes, un fatras enchevêtré, brodé de part en part de la toile, telle un espace qui aurait subi un orage d’objets plus dévastateurs les uns que les autres, une « pluie de fer, de feu, d’acier, de sang » que Prévert ne renierait pas ! Mais pas d’inventaire. Ou bien un inventaire perpétuel pioché dans l’immense réservoir humain, continu et impitoyablement encombré. Nachsprechen, toile à dominante blanc/noir, est trouée de figures graphiques et fantomatiques, tirées du sac picassien, prisonnières entre une barrière barbelée et une grille jaune qui tient dans son filet un cheval bleu. Plus bas, telle une didascalie, un polichinelle joue d’un instrument de musique, discret et déterminé face à de maigres silhouettes de violoniste, une guérite, et des pieds de pantin, tout rappelle un camp de concentration ; la suite de lettres située au bas du tableau ne pourrait démentir qu’elle évoque Auschwitz si elle était prononcée. Le titre, qui signifie « répétition », résume la situation mais ne l’illustre pas, elle dérive vers d’autres rituels moqueurs ou sinistres. Les silhouettes ne sont-elles pas celles des musiciens contraints de jouer dans les camps nazis ? Les signes SS, les svastikas et les écritures gothiques sont omniprésentes. Il s’agit d’un instantané de chaos, d’un tissage plastique et scriptural, d’une crise picturale où le sujet s’efface glorieusement sous le pinceau. ArtsHebdoMédias, La peinture sous haute tension d’Orsten Groom - ArtsHebdoMédias
  • Prenez un pot de noir et un pot de blanc, envoyez les sur une toile et vous serez célèbre. Ce n'est pas plus difficile que cela. Mais les bobos aiment cela. Moi j'appelle cela des dégoulinures... Le Figaro.fr, Un tableau majeur de Soulages aux enchères avant une exposition au Louvre
  • Une semaine après les événements, le Luth conserve les stigmates des incendies en série qui ont frappé le quartier. Ce vendredi, une odeur de brûlé flottait encore avenue Lénine. Au sol, des traces noires, des dégoulinures d'eau mêlée à de la suie ou encore des bouts de verre brisé. Ici et là, des carcasses de voitures calcinées. Ce week-end, il faudra compter avec une présence policière accrue et notamment celle de CRS dans le quartier. leparisien.fr, Gennevilliers : qui met le feu aux voitures du Luth ? - Le Parisien

Images d'illustration du mot « dégoulinure »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « dégoulinure »

Langue Traduction
Anglais dripping
Espagnol goteo
Italien gocciolante
Allemand tropft
Chinois 滴落
Arabe يقطر
Portugais gotejamento
Russe капающий
Japonais しずく
Basque tantaka
Corse goccia
Source : Google Translate API

Dégoulinure

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