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Décemvir

Définitions du mot « décemvir »

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DÉCEMVIR, subst. masc.

A.− ANTIQ. ROMAINE. ,,Membre d'un collège de dix personnes`` (Ac. 1932). Une commission de dix membres, ou décemvirs devait procéder à la vente de tous les domaines nationaux (Mérimée, Conjur. Catilina,1844, p. 276).
En partic. Un des dix magistrats chargés de rédiger le premier code de lois de la République. Loi des Douze Tables* des décemvirs :
... le thème des Maîtres chanteurs dont les principes inébranlables sont fixés dans la tablature, comme la loi sur les Douze Tables d'airain des décemvirs; ... Dumesnil, Hist. ill. du théâtre lyrique,1953, p. 143.
P. ext. Magistrat secondant le préteur.
Rem. Attesté ds Littré, DG, Rob., Lar. Lang. fr.
B.− P. anal., péj. Membre du Comité de Salut Public. Ces jours de sang, où la France éplorée, Par d'obscurs décemvirs, gémissait déchirée (Chênedollé, Génie homme,1867, p. 23).
Prononc. et Orth. : [desεmvi:ʀ]. -em- se prononce [εm] dans bélemnite [belεmnit], décemvir [desεmvi:ʀ], indemne [ε ̃dεmn], lemnisque [lεmnisk]. Comparer avec sempiternel dans lequel il y a hésitation entre [ε ̃] et [ɑ ̃] (cf. Buben 1935, § 99). Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Av. 1380 (Bers., Tite-Live, ms. Ste-Gen., fo55bds Gdf. Compl.). Empr. au lat. class. decemviri. Fréq. abs. littér. : 21.

Wiktionnaire

Nom commun

décemvir \de.sɛm.viʁ\ masculin

  1. (Antiquité) Membre d’un collège composé de dix personnes. Un des dix magistrats qui furent créés par la République romaine pour rédiger un code de lois.
    • Croyez-vous que Rome fut souillée par plus de forfaits, lorsque, dans les jours de sa gloire, la loi Porcia eut anéanti les peines sévères portées par les rois et par les décemvirs, qu’elle ne le fut sous Sylla, qui les fit revivre. — (Maximilien de Robespierre, Discours sur la peine de mort, le 30 mai 1791 au sein de l’Assemblée constituante)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DÉCEMVIR. (Dans ce mot et dans les deux suivants, on prononce Décème.) n. m.
T. d'Histoire romaine. Membre d'un collège composé de dix personnes. Il se dit plus ordinairement de l'Un des dix magistrats qui furent créés par la République romaine pour rédiger un code de lois. Les premiers décemvirs firent les lois des Douze Tables.

Littré (1872-1877)

DÉCEMVIR (dé-sèm'-vir) s. m.
  • Terme d'histoire romaine. Nom de magistrats chargés, l'an 304 de Rome, de rédiger un code de lois, dit lois des douze tables.

    Magistrat chargé d'administrer la justice en l'absence du préteur.

    Membre de toute espèce de commission composée de dix personnes nommés légalement.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

DÉCEMVIR, s. m. (Hist. rom.) magistrat des Romains qui fut créé avec autorité souveraine pour faire des lois dans l’état. On le nomma décemvir, parce que ce grand pouvoir ne fut attribué qu’à dix personnes ensemble, & seulement pendant le cours d’une année. Mais à peine eurent-ils joüi de cet état de souveraineté, qu’ils convinrent par serment de ne rien négliger pour le retenir toute leur vie. Rappellons au lecteur les principaux faits de cette époque de l’histoire romaine, & disons d’abord à quelle occasion les décemvirs furent institués.

Dans le feu des disputes entre les patriciens & les plébéïens, ceux-ci demanderent qu’on établît des lois fixes & écrites, afin que les jugemens ne fussent plus l’effet d’une volonté capricieuse ou d’un pouvoir arbitraire. Après bien des résistances, le sénat y acquiesça. Alors pour composer ces lois on nomma les décemvirs, l’an 301 de Rome. On crut qu’on devoit leur accorder un grand pouvoir, parce qu’ils avoient à donner des lois à des partis qui étoient presqu’incompatibles. On suspendit la fonction de tous les magistrats, & dans les comices ils furent élus seuls administrateurs de la république. Ils se trouverent revêtus de la puissance consulaire & de la puissance tribunitienne ; l’une donnoit le droit d’assembler le sénat, l’autre celui d’assembler le peuple. Mais ils ne convoquerent ni le sénat ni le peuple, & s’attribuerent à eux seuls toute la puissance des jugemens : Rome se vit ainsi soûmise à leur empire absolu. Quand Tarquin exerçoit ses vexations, Rome étoit indignée du pouvoir qu’il avoit usurpé ; quand les décemvirs exerçoient les leurs, Rome fut étonnée du pouvoir qu’elle avoit donné, dit l’auteur de la grandeur des Romains.

Ces nouveaux magistrats entrerent en exercice de leur dignité aux ides de Mai ; & pour inspirer d’abord de la crainte & du respect au peuple, ils parurent en public chacun avec douze licteurs, auxquels ils avoient fait prendre des haches avec les faisceaux, comme en portoient ceux qui marchoient devant les anciens rois de Rome. La place publique fut remplie de cent vingt licteurs, qui écartoient la multitude avec un faste & un orgueil insupportable, dans une ville où régnoit auparavant la modestie & l’égalité. Outre leurs licteurs, ils étoient en tout tems environnés d’une troupe de gens sans nom & sans aveu, la plûpart chargés de crimes & accablés de dettes, & qui ne pouvoient trouver de sûreté que dans les troubles de l’état : mais ce qui étoit encore plus déplorable, c’est qu’on vit bien-tôt à la suite de ces nouveaux magistrats une foule de jeunes patriciens, qui préférant la licence à la liberté, s’attacherent servilement aux dispensateurs des graces ; & même pour satisfaire leurs passions & fournir à leurs plaisirs, ils n’eurent point de honte d’être les ministres & les complices de ceux des décemvirs.

Cette jeunesse effrénée à l’ombre du pouvoir souverain, enlevoit impunément les filles du sein de leurs meres, d’autres sous de foibles prétextes s’emparoient du bien de leurs voisins qui se trouvoit à leur bienséance : en vain on en portoit des plaintes au tribunal des décemvirs ; les malheureux étoient rejettés avec mépris, & la faveur seule ou des vûes d’intérêt tenoient lieu de droit & de justice.

On ne sauroit s’imaginer à quel point tomba la république pendant une semblable administration ; il sembloit que le peuple romain eût perdu ce courage qui auparavant le faisoit craindre & respecter par ses voisins. La plûpart des sénateurs se retirerent ; plusieurs autres citoyens suivirent leur exemple, & se bannirent eux-mêmes de leur patrie, & quelques-uns chercherent des asiles chez les étrangers. Les Latins & ceux qui se trouvoient assujettis à l’autorité de la république, mépriserent les ordres qu’on leur envoyoit, comme s’ils n’eussent pû souffrir que l’empire demeurât dans une ville où il n’y avoit plus de liberté ; & les Eques & les Sabins vinrent faire impunément des courses jusqu’aux portes de Rome.

Quand tous ces faits ne seroient pas connus, on jugeroit aisément à quel excès les décemvirs porterent le système de la tyrannie, par le caractere de celui qu’ils nommerent constamment pour leur chef, par cet Appius Claudius Crassinus, dont les crimes furent plus grands que ceux du fils de Tarquin. On sait, par exemple, qu’il fit assassiner Lucius Siccius Dentatus, ce brave homme qui s’étoit trouvé à six vingts batailles, & qui avoit rendu pendant quarante ans les plus grands services à l’état. Mais on sait encore mieux le jugement infâme qu’Appius porta contre la vertueuse Virginie ; Denis d’Halycarnasse, Tite-Live, Florus, Cicéron, ont immortalisé cet évenement ; il arriva l’an de Rome 304 : & pour lors le spectacle de la mort de cette fille immolée par son pere à la pudeur & à la liberté, fit tomber d’un seul coup la puissance exorbitante de cet Appius & celle de ses collegues.

Cet évenement excita la juste indignation de tous les ordres de l’état : hommes & femmes, à la ville & à l’armée, tout le monde se soûleva : toutes les troupes marcherent à Rome pour délivrer leurs citoyens de l’oppression ; & elles se rendirent au mont Aventin, sans vouloir se séparer qu’elles n’eussent obtenu la destitution & la punition des décemvirs.

Tite-Live rapporte qu’Appius, pour éviter l’infamie d’un supplice public, se donna la mort en prison. Sp. Oppius son collegue eut le même sort ; les huit autres décemvirs chercherent leur salut dans la fuite, ou se bannirent eux-mêmes. Leurs biens furent confisqués ; on les vendit publiquement, & le prix en fut porté par les questeurs dans le thrésor public. Marcus Claudius, l’instrument dont Appius s’étoit servi pour se rendre maître de la personne de Virginie, fut condamné à mort, & auroit été exécuté sans ses amis, qui obtinrent de Virginius qu’il se contentât de son exil. C’est ainsi que fut vangé le sang innocent de l’infortunée Virginie, dont la mort, comme celle de Lucrece, tira pour la seconde fois les Romains d’esclavage. Alors chacun se trouva libre, parce que chacun avoit été offensé ; tout le monde devint citoyen, parce que tout le monde se trouva pere : le sénat & le peuple rentrerent dans tous leurs droits.

Le seul avantage qui revint à la république de l’administration des décemvirs, fut le corps de droit romain connu sous le nom de lois décemvirales, & plus encore sous celui de lois des douze tables. Les décemvirs travaillerent avec beaucoup de zele pendant la premiere année de leur magistrature, à cette compilation de lois, qu’ils tirerent en partie de celles de Grece, & en partie des anciennes ordonnances des rois de Rome. Voyez Tables.

Je ne doute point du mérite de plusieurs de ces lois, dont il ne nous reste cependant que des fragmens ; mais malgré les éloges qu’on en fait, il me semble que la vûe de quelques-unes suffit pour dévoiler le but principal qui anima les décemvirs lors de leur rédaction ; & cette remarque n’a pas échappé à l’illustre auteur de l’esprit des lois.

Le génie de la république, dit-il, ne demandoit pas que les décemvirs missent dans leurs douze tables les lois royales, si séveres, & faites pour un peuple composé de fugitifs, d’esclaves, & de brigands : mais des gens qui aspiroient à la tyrannie n’avoient garde de suivre l’esprit de la république ; la peine capitale qu’ils prononcerent contre les auteurs des libelles & contre les poëtes, n’étoit certainement pas de l’esprit d’une république, où le peuple aime à voir les grands humiliés : mais des gens qui vouloient renverser la liberté, craignoient des écrits qui pouvoient rappeller la liberté ; & Cicéron qui ne desaprouve pas cette loi, en a bien peu prévû les dangereuses conséquences. Enfin la loi qui découvre le mieux les projets qu’avoient les décemvirs de mettre la division entre les nobles & le peuple, & de rendre par cet artifice leur magistrature perpétuelle, est celle qui défendoit les mariages entre les nobles & le peuple. Heureusement après l’expulsion des décemvirs cette derniere loi fut cassée, l’an 308 de Rome, & presque toutes celles qui avoient fixé les peines s’évanoüirent : à la vérité on ne les abrogea pas expressément ; mais la loi Porcia ayant défendu de mettre à mort un citoyen romain, elles n’eurent plus d’application. Art. de M. le Chevalier de Jaucourt.

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Étymologie de « décemvir »

(Date à préciser) Du latin decemvir (« groupe de dix hommes »).
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Lat. decemvir, de decem, dix, et vir, homme.

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Phonétique du mot « décemvir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
décemvir desɑ̃vir

Évolution historique de l’usage du mot « décemvir »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « décemvir »

  • Mais il envoya aussitôt aux décemvirs qui "s'occupaient du camp" ordre « de n'accorder aucun congé à Verginius, et de s'assurer de sa personne. » Club de Mediapart, L'abus d'autorité dans l'Histoire et l'action des citoyens du chef de ce délit | Le Club de Mediapart
  • La gens Fabii est une des plus grandes familles de Rome, mais aussi une des plus éphémères puisqu’elle disparait des fastes consulaires (liste chronologique des consuls) dès les débuts de l’Empire, en l’an 34. Mais du IVe siècle à cette date elle offre à Rome pas moins de 6 dictateurs (magistrat extraordinaire détenant tous les pouvoirs), 46 consuls (magistrat détenant le pouvoir suprême civilo-militaire pour un an), 6 censeurs (anciens consuls chargés du recensement), 6 maitres de cavalerie (titre honorifique), 14 tribuns consulaires (magistrats suprêmes au Vème et début du IVe siècle) et 2 décemvirats (charge religieuse)! , Les 306 Fabiens à la bataille de Crémère (477 av. J-C)

Traductions du mot « décemvir »

Langue Traduction
Anglais decemvir
Espagnol gobierno
Italien decemviro
Allemand decemvir
Chinois 地昔韦
Arabe العشاري
Portugais decênviro
Russe децемвир
Japonais デセムビル
Basque decemvir
Corse decemvir
Source : Google Translate API

Décemvir

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