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Compossibilité

Sommaire

  • Définitions du mot compossibilité
  • Phonétique de « compossibilité »
  • Évolution historique de l’usage du mot « compossibilité »
  • Citations contenant le mot « compossibilité »
  • Traductions du mot « compossibilité »

Définitions du mot « compossibilité »

Trésor de la Langue Française informatisé

Compossibilité, subst. fém.Possibilité (pour des choses, des événements) d'exister en même temps. [Pour] Platon et pour Aristote, le monde était donné en même temps que ses dieux; ni l'un ni les autres ne prétendant à la possession exclusive de l'être, rien n'empêchait qu'ils fussent posés les uns dans l'autre et le problème de leur compossibilité n'existait pas (Gilson, L'Esprit de la philos. médiév.,t. 1, 1931, p. 88). 1reattest. 1922 (Lar. univ.); de compossible, suff. -ité*. Fréq. abs. littér. : 4.

Phonétique du mot « compossibilité »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
compossibilité kɔmpɔsibilite

Évolution historique de l’usage du mot « compossibilité »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « compossibilité »

  • Ainsi Caillois, comme Novalis, tente de trouver un passage entre le subjectivisme auquel pourrait se trouver limitée sa pensée à un objectivisme qui devrait permettre d’associer poétique, sciences et philosophie dans un nouveau cadre culturel. Partant de textes de style surréaliste (écrits sous la dictée de ce qu’il appelle la « pensée automatique »), il découvre tout d’abord un ensemble de thèmes qui lui sont propres et qui constituent un univers mental personnel ; il analyse comment chaque élément du texte est surdéterminé, et affirme qu’une cohérence - le plus souvent inconnue - sous-tend le psychisme de tout individu. Il part par exemple des quelques lignes suivantes : « Elle portait un visage séculaire qui l’affirmait déjà le prolongement d’une longue dynastie, la dernière descendante d’un héros légendaire quand, d’un geste rapide, elle détruisit le vieux sommeil de son visage : c’était un être creux, sans origine, une petite erreur de la volonté des autres ». Et dans un style assez freudien, analyse : « Cette courte notation révèle assez bien quelle préoccupation se cache dans le thème de la dynastie : le désir de mettre sa propre existence au-dessus de toute justification, ce qui implique la crainte de se vouer alors à l’inconscience intra-utérine trop identifiable au sommeil, sinon à la mort » (NE, 77). Mais Caillois est surtout sensible à la « systématisation » qui œuvre ensemble avec la surdétermination, c’est-à-dire à une espèce de combinatoire émotionnelle et psychique grâce à laquelle il est possible de poser les fondements d’une nouvelle organisation de la pensée. Pour cela, il recourt à une série d’associations ou d’éléments apparemment arbitraires notés à un moment où sa conscience « se laissait aller à la rêverie la plus abandonnée, la plus dispersée » (NE, 50), l’élément idéogrammatique au centre de ses associations étant le jeu d’échecs auquel, dit-il, il s’intéresse de près depuis un voyage en Pologne. Voici quelques éléments de la série : « Le fou des échecs, roman policier de S.S. van Dine ; l’atmosphère de mathématiques supérieures ; la formule de Riemann-Christoffel pour déterminer la courbure de l’hyperespace ; (...) Antinéa jouant aux échecs ; l’actrice Brigitte Helm ; Mona je la revois, quand sachant que je l’aime et voyant que je vais perdre cette première partie que je joue contre son mari, elle balaya l’échiquier de son bras (...) » (NE, 51). Caillois repère assez vite les trois thèmes obsessionnels qui sous-tendent cette série (pessimisme, femme fatale, souveraineté cruelle), mais insiste sur la cohérence absolue qui se dessine au fur et à mesure de l’analyse entre chacun des éléments, et sur le caractère multiple et complexe de cette cohérence. Chaque élément contient des « évocations secondaires » qui peuvent être également contenues dans la plupart des autres éléments, et ainsi de suite. « Il y a de cette façon, écrit Caillois, une sorte de déterminisme réciproque qui n’est pas sans rappeler la théorie leibnizienne de la compossibilité », première évocation de Leibniz, philosophe qui pour Caillois permet d’aborder logiquement la pensée lyrique, puisqu’il le citera à nouveau par la suite. , Approche de la pensée lyrique de Roger Caillois - La Revue des Ressources
  • Préface : Écriture et illustration : une compossibilité paradoxaleJean-Pierre Dubost , J. Augustyn, J.-P. Dubost, S. J. Sasson (dir.), Penser et (d)écrire l'illustration. Le rapport à l'image dans la littérature des XVIIIe et XIXe siècles
  • Mais quoi que l'on fasse, même si l'on parvient à donner des ouïes ou une mémoire d'éléphant aux humains, à produire des sportifs de pointe, ou à les faire vivre 130 ans en bricolant leurs télomères, on ne touchera qu'à leurs attributs, jamais à ce qui fait d'eux des hommes dotés d'une âme humaine. Foi d'Aristote ! Mais ils devront assumer la compossibilité de ces attributs avec ce qui permet une existence digne de ce nom. Et là, ce n'est pas gagné. , Fin de l'âme, place au gène ? | Gènéthique
  • Car, disons-le franchement, il est inutile de s’appesantir sur son scénario, qui est des plus dispensables : l’auteur y raconte comment une triade de dieux farceurs se font concurrence pour créer des mondes. Pendant que l’un, appliqué et brillant, crée un système parfait mais froid, un autre, apparemment moins doué, crée la terre et les animaux. Le premier est jaloux du succès du second, et sabote sa création en y installant l’homme qui souille tout et ne respecte rien. On assiste alors à un développement de mauvaise métaphysique, où se mêlent la compossibilité de Leibniz, le dieu trompeur de Descartes et la nudité de l’homme telle que pensée par Platon et Aristote. Mais jamais l’auteur ne nous fait voir les abîmes de cruauté et d’absurdité qu’ouvrent ces interrogations philosophiques. Tout se résout en une morale facile, entre admiration pour la richesse de la terre arrachée à la modestie de ses origines, et condamnation de l’homme, facteur de désordre et d’entropie. Rien là de bien excitant : l’aventure des origines est immédiatement désamorcée par un préjugé téléologique grossier, qui consiste à lire l’histoire par sa fin, et à retrouver dans son point de départ les éléments de notre monde contemporain. Il n’y a plus alors de place pour les méandres et les doutes d’une véritable interprétation : tout est mesuré à l’aune de la bienséance contemporaine, toutes les valeurs appartiennent à une morale factice – qui, aujourd’hui, ne s’inquiète pas de voir le monde disparaître face à sa maîtrise problématique par l’homme ? Chro, ...Et tu connaîtras l'univers et les dieux - Chro
  • 8Toute traversée, qu’elle soit en train, en voiture ou à pied, devient « une expérience physique au sens fort du terme » (p. 201). L’œuvre d’Ollier, à laquelle J. Faerber consacre bon nombre de pages, revendique pleinement cette illusion de l’espace qui s’éprouve par l’effort mental et physique. De tous les néo-romanciers (à l’exception notable de Butor), il est celui qui s’est montré la plus avide d’une radicalité géographique fondée sur le voyage hors d’Europe. À chaque nouvel espace — l’Australie, l’Atlas, une planète lointaine — correspond certes une nouvelle culture, et une autre manière d’appréhender l’espace, mais aussi, pour les protagonistes décentrés une nouvelle mise en scène ou un truquage. Claude Simon, quant à lui, revient sur une certaine mobilité du paysage où l’espace se fait ellipse, et au sein duquel l’équilibre ne peut se réaliser qu’en mouvement. Le réel est fragile et pour celui qui l’observe, s’il se révèle stable c’est qu’il est sans doute déjà trop tard. Nulle trace de genèse chez Simon, mais la description sans cesse recommencée d’une fin vers laquelle le monde semble courir, mais qui, dans ce mouvement de fuite, continue de conserver un certain équilibre. Cette « cosmologie du mouvant » renvoie, comme en ce qui concerne le sujet, à des récits dont « l’épine dorsale et narrative est fournie par une compossibilité successive du descriptif » (p. 239). L’univers se déploie selon le mécanisme de rouages qui multiplie les surprises de l’apparition et de la disparition dans un inlassable « trouble référentiel » (p. 255). Dès lors, comment faire en sorte que le monde et la conscience ne s’effondrent pas tout à fait ? Comment faire perdurer une écriture dans les mouvements du retrait et du dédoublement parfois développés concurremment ? , Pli sur pli : vers un nouveau roman baroque ? (Acta Fabula)
  • Il faudrait peut-être commencer par dire les choses telles qu’elles s’imposent à nous : Maylis de Kerangal est très certainement la romancière française la plus douée, reconnue à juste droit pour la perfection de son écriture, laquelle n’est jamais soumise à une règle ou un procédé, reconnue, encore, pour venir au bout de ses sujets tout en ayant l’élégance de ne pas les tuer. Il y a quatre ans, M. de Kerangal nous avait enchantés avec l’histoire d’une éclosion bien particulière, puisqu’elle avait relaté dans la force du langage les forces physiques de l’ingénierie, consignant avec méthode les étapes de la construction d’un pont, et dans le même temps, eu égard à la compossibilité d’une écriture pleine d’élan, le pont avait pris des allures d’intermédiaire entre les matières, les concepts et les mondes, faisant d’un microcosme architectural un remarquable exemplaire du macrocosme où tout arrive et où presque rien ne se soumet à l’intelligence. Nous avions alors redécouvert la littérature en tant qu’entremetteuse inespérée, à cheval entre la mission romanesque et une généreuse phénoménologie, habile à dire les intuitions derrière les apparences, les hommes derrière les personnages, et finalement, bien sûr, la prodigalité du vivant derrière le prétexte un peu statique d’un pont en train de se bâtir. Cette fois le sujet semble inversé puisqu’il s’agit de la dynamique d’un cœur, en l’occurrence le cœur de Simon Limbres, d’abord tel qu’il se réveille dans le corps de ce lycéen de dix-neuf ans (pp. 11-2), muscle vigoureux au sommeil léger, puis tel qu’il se revitalise dans le corps d’une autre (pp. 279-281), après une journée de rebondissements, de chamades et de suspensions, presque vingt-quatre heures de battement à une minute près, un jour pendant lequel nous aurons vu la mort d’un corps et l’éternité d’un être, et autour de ce mouvement alternatif, la convergence d’un ensemble de forces agissantes (la famille, la médecine, les véhicules, les couleurs successives du ciel), toutes propulsées vers le dénouement et l’apaisement, enfin délivrées d’une rythmique excessive, conscientes de la nécessité de faire retrait en pareilles circonstances, prêtes à se reposer quand une force supérieure prend le relais. Si donc ce cœur de Simon Limbres est le nom de quelque chose, il est celui d’une odyssée qui s’accélère sur la route du Havre (pp. 26-7), qui décélère dans un service de réanimation (p.40), qui s’interrompt dans une douleur hors-langage (pp. 99-103), puis qui reprend dans les airs, à corps perdu pour ainsi dire, tandis qu’un avion transporte le cœur à destination de la Pitié-Salpêtrière, où plutôt en direction de Paris où il sera relayé par une voiture-organe (pp. 247-250), dernier chant de ce périple avant que ne revienne la pulsation primordiale, le tambour battant où se joue la sublimation du cœur en chœur, lorsque les forces annexes battent en retraite et que la vie réapparaît, transplantée, rapatriée, lorsqu’elle conjure toute l’excitation de la symphonie médicale par le son métronomique du cœur remis une autre fois sur son ouvrage. Le roman suit à la trace le cœur du jeune Simon Limbres, ce qu’il est, ce qu’il fut, et ce qu’il adviendra de sa vivacité contractile. Comme à chaque fois avec M. de Kerangal, la documentation optimale se confond dans la légèreté de l’écriture. C’est en cela que le roman surclasse la pathétique documentaire ou le voyeurisme médiatique. Les personnages sont pris dans leurs actions et leurs soubassements, aussi bien forces engagées que forces entraînées, ceci dans la mesure où le présent de l’action est solidaire d’épisodes minutieusement constitutifs, comme c’est par exemple le cas dans la superbe description de cette famille de médecins, les Harfand, scientifiques par filiation, par ambition et par cooptation (pp. 180-5), moment de narration où la nécessité romanesque transporte avec elle un impératif de définition sociale, sans qu’il n’y ait la moindre lourdeur ni la moindre incidence, la lecture gagnant au contraire en profondeur de champ. Par conséquent, on pourrait peut-être parler d’une naturalité textuelle, de quelque chose qui ne serait ni tout à fait de la fiction ou de la réalité, de quelque chose qui serait au fond transitoire, d’une modalité expressive qui pourrait acheminer tout à la fois dans sa phrase la prolifération du naturel et l’incontournable facticité du culturel. S’agit-il ici de la porte d’entrée qui doit s’ouvrir sur un métalangage ? Ou plutôt est-ce que ce sont là les signes du roman qui surmonte jusqu’à la dernière de ses allégeances institutionnelles ? À supposer que le style ait encore de l’importance pour l’évaluation des œuvres littéraires, rappelons qu’il est concevable de penser le style à l’instar d’une malformation cohérente, si bien que l’histoire d’un cœur, qu’on la prenne par n’importe laquelle de ses vibrations, c’est une histoire qui ne peut résolument pas se raconter en fonction d’une structure régulière et bien portante. Gonflement et rétrécissement, diastole et systole, le cœur impose une cadence en pointillés, un tempo de sismographe qui alterne entre l’acte et le repos. M. de Kerangal réussit parfaitement à suivre ce tempo grâce aux facilités qui sont les siennes, feignant tantôt la spéculation et le reportage, tantôt l’épaisseur du réel et l’impossibilité d’esquiver ses devoirs humains. Aussi ne quitte-t-on jamais l’oscillation du pédagogique et de l’émotion, mais en fin de compte, c’est la charge émotionnelle qui préserve les intrusions didactiques de tomber dans le vice de forme. La surimpression affective cristallise des objets qui, en temps normal, voudraient continuer à signifier la froide rumeur de leur raison d’être. Dans cette perspective de reformulation affective, l’hôpital se résorbe et devient église, cathédrale à la « nef de verre » (p. 53), un endroit déjà plus approprié pour accueillir la mort, pour saisir la main de Dieu et lui remettre l’âme de celui qui est sur le point de la rendre. On se situe à une époque antédiluvienne du langage, une époque d’avant la prière et la déploration, en plein dans la saisie d’une « infragéographie » (p. 144) sur le plan de laquelle la douleur ne s’articule plus selon une grammaire, mais selon la syntaxe imprécise d’une pensée qui dans la nuit brutalement tombée guette une lumière. La beauté de ce roman dépend de tout ce que nous avons évoqué jusqu’ici, mais si elle atteint un niveau rare, c’est qu’elle est justement contemporaine de cette lumière qui brille d’autant plus qu’elle défie les sombres voies qu’elles est bien obligée d’emprunter pour exister. critiqueslibres.com, critiquesLibres.com : Réparer les vivants Maylis de Kerangal
  • 5On pourrait également se demander si la référence à la « compossibilité » d’une matrice ne comporte pas le risque d’aplatir la révolte métaphysique contenue dans le développement si pondéreux et laborieux du roman, en rabattant un acte (la parricide réel) sur un schéma du désir. Tout le roman se joue, évidemment, sur la fraternité absolue entre l’intention de tuer son père et le parricide réel : la proximité — et la substitution effective — entre Ivan et Dimitri n’est en ce sens que la figure de ce « jeu » qui a lieu tout au long du roman. , Expérience du deuil, deuil de l’expérience (Acta Fabula)
  • Le triomphe de la physique quantique, c’est aussi le retour vers Plotin et la revanche de Platon, la caverne moderniste et matérialiste dynamitée. Derrière les régularités du monde étendu géométrique ont trouve l’ordre algébrique du monde, le principe de l’algèbre étant de reconstituer une figure ou un ordre à partir de composants dotés d’une compossibilité. On retrouve évidemment Leibniz et ses monades mais n’est-ce pas attendu si l’on tente d’expliquer ce que veut bien nous dévoiler la physique quantique avec les nouvelles monades ? AgoraVox, La « bataille décisive » entre physique quantique et relativité générale a déjà commencé - AgoraVox le média citoyen

Traductions du mot « compossibilité »

Langue Traduction
Anglais compossibility
Espagnol composibilidad
Italien compossibilità
Allemand kompatibilität
Chinois 可组合性
Arabe القابلية
Portugais compossibilidade
Russe compossibility
Japonais 構成可能性
Basque compossibility
Corse cumpatibilità
Source : Google Translate API
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