La langue française

Coextensif

Définitions du mot « coextensif »

Trésor de la Langue Française informatisé

COEXTENSIF, IVE, adj.

Qui présente la même extension.
A.− PHILOS. [En parlant d'un concept, d'une entité] :
1. ... tout en assignant à la connaissance une matière extra-intellectuelle, il [Kant] croyait cette matière ou coextensive à l'intelligence, ou plus étroite que l'intelligence. Bergson, L'Évolution créatrice,1907, p. 358.
Rem. On rencontre ds la docum. les néol. a) Co-extensible, adj. Qui est susceptible de présenter la même extension. Plus l'âme s'ouvre largement en nous, et moins cette conscience parvient à se faire co-extensible à l'ouverture (Du Bos, Journal, 1928, p. 220). b) Coextension, subst. fém. Même extension. [Les] stoïciens (...) concevaient Dieu comme l'âme du monde, en lui attribuant une sorte de coextension par rapport à la matière (Théol. cath., t. 4, 1, 1920, p. 1032).
B.− Dans d'autres domaines :
2. Les ambitions, coextensives à l'ensemble de la politique internationale, sont trop vastes pour que le mouvement ne subisse pas les contrecoups de celle-ci. J.-D. Reynaud, Les Syndicats en France,1963, p. 264.
Prononc. : [kɔekstɑ ̃sif], fém. [-i:v] (seule transcr. ds Lar. Lang. fr.). Étymol. et Hist. 1893 volonté coextensive (M. Blondel, L'Action, p. 247). Dér. de extensif*; préf. co-*. Fréq. abs. littér. : 53.

Wiktionnaire

Adjectif

coextensif \kɔ.ɛk.stɑ̃.sif\

  1. (Philosophie) Qui a la même extension qu’une autre idée, qu’un autre concept.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « coextensif »

De extensif avec le préfixe co-.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « coextensif »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
coextensif kœkstɑ̃sif

Évolution historique de l’usage du mot « coextensif »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « coextensif »

  • En lieu et place de l’internationalisme il y a désormais le mondialisme du marché coextensif à la planète entière, où se meuvent les chiffres à deux pattes, prêts à tout pour faire que le coût du travail tende vers zéro.Voilà l’horizon indépassable que les économistes néo-libéraux nous ont organisé. Frédéric Hayek voyait dans le souci du bien commun, qu’il confondait avec sa caricature stalinienne, « la route de la servitude ». La mondialisation capitaliste en tache d’huile emprunte cette route et inaugure un nouveau despotisme.Les multinationales ont tissé leur empire invisible en se moquant des frontières et des nations, devenues marginales. Inexorablement. Que sont devenus les Etats souverains dans cet empire mondial d’un nouveau genre ? Le mondialisme entend précipiter leur disparition ou verrouiller leur action par l’interdiction de pratiquer une autre économie que la concurrence, afin de détruire les dernières normes sociales en vigueur.L’Europe elle-même s’est faite vecteur d’une telle disparition. Les différents registres de la souveraineté populaire y ont été détruits méthodiquement comme des dominos qui s’effondrent l’un après l’autre. A l’origine, la souveraineté économique et monétaire a laissé la place à un mode de développement identique pour toutes les nations et à l’euro. La souveraineté sociale n’a pu lui survivre. Puis la souveraineté politique elle-même s’est inclinée en prétendant inscrire dans le marbre la quasi irréversibilité des décisions qui engagent les Etats membres. Dans le même temps la souveraineté sanitaire a été perdue par les Etats qui ont délocalisé leur industrie médicale et les productions de leurs médicaments ; la France en fait hélas partie. Marianne, Chronique intempestive : mondialisme ou internationalisme ? | Marianne
  • Avant d’en venir à l’examen du paragraphe dans lequel Marx énonce cette idée, commençons tout d’abord par quelques remarques de contexte. Dans les années 1970 et 1980, des théoriciens marxistes, au Royaume-Uni et ailleurs, se sont intéressés à la question de savoir si les idées de Marx étaient compatibles avec la pensée écologiste. Plusieurs d’entre eux se sont demandé si la thèse selon laquelle « la nature est le corps inorganique de l’homme » était une thèse écologiste. Les êtres humains devraient-ils agir ou sont-ils naturellement disposés à agir comme si leur propre corps était en quelque sorte coextensif à la nature ? L’homme agit-il d’une façon telle qu’il participe organiquement à la nature ? L’action proprement humaine est-elle d’emblée une activité naturelle, ce qui aurait pour conséquence le dépassement de la distinction radicale entre action humaine et processus naturel ? John Clark remarque que Marx fait des locomotives et des voies ferrées les « organes du cerveau humain »[5], ce qui indique que ces institutions humaines se développent à partir d’idées qui naissent de la conscience humaine, mais que ces institutions émergent aussi de la partie organique du cerveau, puisque sans le cerveau, ces idées n’existeraient pas[6]. Le cerveau n’est pas seulement la condition de possibilité de l’esprit, mais semble en un certain sens engendrer des inventions humaines telles que les locomotives et les voies ferrées. Il faut comprendre que ces dernières ne sont pas simplement produites par le cerveau/l’esprit, mais qu’elles sont des organes du cerveau humain. L’organe n’est pas exclusivement dans le cerveau ; il est aussi dans l’expression ou dans le travail lui-même. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres du fait que le postulat selon lequel les organes se situent à l’intérieur du corps n’est pas tout à fait juste, puisque les organes ne sont pas seulement dans les moyens de productions (les voies ferrées et les locomotives), mais ils sont ontologiquement liés les uns aux autres. Remarquez bien comment fonctionne la copule : les locomotives sont les organes du cerveau ; la nature est le corps inorganique des humains. Comment comprendre de telles équations ou de telles équivalences ontologiques ? Club de Mediapart, Travail et nature. Une lecture du jeune Marx par Judith Butler | Le Club de Mediapart
  • Le sublime est-il plutôt du côté des qualités sensibles et des passions qu’elles suscitent, comme le veut Burke, ou, selon Kant, plutôt du côté du sujet dont se découvre la destination suprasensible ? Est-ce Notre-Dame qui est sublime ou bien l’essor de la pensée et la sublimation qui se produisent à son contact ? Le sublime semble faire corps avec le sensible, lui être coextensif ; mais, dans le même temps, il s’en montre plus ou moins séparable. Un lien profond, mais toujours à patiemment renouer, relie ainsi l’effroi devant l’abîme ouvert par l’incendie de Notre-Dame et la prise de conscience du besoin quasi viscéral de réanimer le squelette qu’elle nous lègue. The Conversation, Notre-Dame de Paris et le sublime : causes et fonctions de l’émoi

Traductions du mot « coextensif »

Langue Traduction
Anglais coextensive
Italien coestensivo
Allemand koextensiv
Source : Google Translate API

Coextensif

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