La langue française

Bovaryste

Définitions du mot « bovaryste »

Trésor de la Langue Française informatisé

BOVARYSTE, adj. et subst.

A.− Adj. Qui est propre au bovarysme :
1. [Il arrive à celui qui tend vers des valeurs supérieures] de se croire déjà transfiguré par leur lumière; à la limite du mensonge et de l'ardeur, il anticipe sur son identification au modèle qu'il se propose (...). Toutefois il échappe à l'illusion bovaryste par une quasi conscience toujours avertie et vigilante de son état réel. Mounier, Traité du caractère,1946, p. 378.
B.− Subst. Défenseur de Madame Bovary, œuvre de G. Flaubert :
2. Les dames se sont fortement mêlées de ton serviteur et frère ou plutôt de son livre, surtout la princesse de Beauvau, qui est une « bovaryste » enragée et qui a été deux fois chez l'Impératrice pour faire arrêter les poursuites. Flaubert, Correspondance,1857, p. 145.
Rem. Dès la même année, Flaubert emploie le subst. sans guillemets : Tu trouveras là beaucoup de bovarystes (Flaubert, Correspondance, 1857, p. 154).
PRONONC. : [bɔvaʀist].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1857 subst., supra ex. 2; 2. 1933 adj. bovariste (Malègue, Augustin, t. 2, p. 123). Dér. du nom du personnage qui donne son titre au roman de Flaubert, Madame Bovary, 1857; suff. -iste*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 5.

Wiktionnaire

Adjectif

bovaryste masculin et féminin identiques

  1. Qui fuit la réalité pour se réfugier dans ses rêves.
    • Sa femme, en pleine crise bovaryste, rêve d'amour, à cent lieues de la médiocrité ordinaire de ce patron d'agence immobilière. — (Dégagisme en famille, Le Canard enchaîné, 27 décembre 2017, page 6)

Nom commun

bovaryste \bɔ.va.ʁist\ masculin

  1. Celui, celle qui fuit la réalité pour se réfugier dans ses rêves.
    • Les clichés abondent : la vie de Balzac n’est-elle pas un véritable roman balzacien, celle de Flaubert l’éducation sentimentale d’un bovaryste, ou celle de Proust une quête du temps perdu entre la création et les mondanités. — (Luc Fraisse, L’histoire littéraire: ses méthodes et ses résultats : Mélanges offerts à Madeleine Bertaud, 2001)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « bovaryste »

(XIXe siècle) Du nom d’Emma Bovary, héroïne du roman de Gustave Flaubert Madame Bovary.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « bovaryste »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bovaryste bɔvarizt

Évolution historique de l’usage du mot « bovaryste »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « bovaryste »

  •  L’école haïtienne a toujours été une école élitiste de type bovaryste marquée par une culture de miroir, selon le professeur Lyonel Trouillot. C’est comme dans le roman de Flaubert,  l’héroïne idéalisée, Mme  Bovary,  qui incarnait le superficiel. Rezo Nòdwès, Covid-19 : la faible rentabilité de l’école haïtienne. Quel curriculum proposer ? | Rezo Nòdwès
  • Votre nature bovaryste vous pousse à rêver d’une autre conjoncture. Vous vous ennuyez et imaginez déjà la rencontre déterminante qui pourrait vous tirer de votre léthargie. Mars en élément feu vous rend envieux des amours fusionnelles et sensuelles. Ce penchant romanesque vous fait délaisser ou ignorer un timide Poisson, pourtant tout prêt à vous aimer. Qu’importe, vous préférez vos chimères, peut-être parce qu’elles vous mettent tout simplement à l’abri de l’action... Lire la suite de l'horoscope du jour Balance , Horoscope du mardi 26 mai
  • Or, le major du concours en propose une audacieuse relecture. Celui que l’on tenait, naïvement jusqu’à présent, pour le génial paraphraseur de la (pseudo) culture bourgeoise, ironique satiriste de l’emphase, devient ici « transfigurateur » de « l’épopée populaire ». Et le brillant candidat ne saisit rien de l’ironique « impétuosité déployée par l’énergie populaire » ni de « ses flots vertigineux » et « fleuve refoulé ». Dans la copie, le « rythme est enlevé et énergique » comme en atteste la cruciale « ponctuation exclamative ».  Une connaissance (minimale) de Flaubert aurait pourtant suffi pour qualifier cette prose ridiculement emphatique de bovaryste. Causeur, Le niveau monte… aussi à Sciences Po! - Causeur
  • Surtout, Manon Montel et la Compagnie Chouchenko tirent du classique de Shakespeare une morale quasi-bovaryste, en soufflant aux tourtereaux puérils qu’ils ne sont pas des marionnettes de la fatalité. Qu’il faut s’aimer tout court, sans romantisme, sans spectacle, sans tragédie. Bref, sans théâtre ni spectateurs. Le Figaro.fr, Dom Juan et Roméo et Juliette, des classiques revus et réadaptés avec passion
  • Mais alors, que faire pour contrer ce réflexe, pavlovien et bovaryste pour des millions de personnes, visant à se ruer sur le net pour tchater, mater, lire, se démultiplier…? «Soigner consiste à ramener au présent, à regarder la réalité sous d’autres angles», explique le docteur Journe. Sa consœur, la docteure Sokolow, renchérit: «Pour guérir, il est indispensable d'apprendre à s’occuper de soi avec une aide extérieure: un psychothérapeute, un médecin, s'intégrer dans des groupes de paroles… Il est important d'apprendre à se remettre en question, de connaître ses peurs et ses forces pour s'affirmer et s'enrichir aussi bien intellectuellement qu’émotionnellement. Platon écrivait: “Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux.” En pratique, il est important de reconnaître son addiction aux réseaux sociaux et d'accepter de ne plus utiliser internet et de le faire un jour à la fois.» Pourtant, difficile d’imaginer que les choses évolueront dans ce sens. À l’heure où l’humanité connaît des heures sombres, les réseaux sociaux font souvent office de sas de décompression. Ils sont ces endroits où, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit (cf. la #TeamInsomniaque), il n’est plus vraiment possible de se sentir seul. Il y a toujours un ami ou un follower qui partagera un joli paysage, une vidéo d’un chat danseur ou d’un chien qui parle, le nouveau clip d’Adele, etc. Slate.fr, Nous sommes tous (ou presque) atteints du virus Bovary | Slate.fr
  • Cette bourgeoise bovaryste – qui s’est toujours fantasmée en aristocrate – s'imagine déjà en maîtresse de céans dans les appartements de l’immense Hôtel de Ville parisien, le plus grand d’Europe. Alors, quand son époux est élu, elle investit immédiatement sa fonction. Tous les soirs, on peut la croiser à un récital, à un vernissage ou à un concert. Et ses réceptions – qu’elle soigne au millimètre près – sont vantées par tous les grands de ce monde. Vanity Fair, Bernadette et Jacques Chirac, un amour sous les ors de la République
  • Un brin bovaryste, Barbara Cartland a parfois imbibé sa propre vie des romans à l’eau de rose qu’elle écrivait. Plus jeune, elle écumait les soirées du gotha pour trouver chaussure à son pied, mais surtout celui qui pourrait la couvrir de bijoux. Malgré les nombreux amants transis qui se pressent à son balcon, Barbara se fait passer la bague au doigt par un simple roturier, Alexander McCorquodale, qui la trompe dès qu’elle a le dos tourné. Un mauvais choix, en somme. Heureusement, cette union lui offrira une fille, Raine, qui deviendra, par la suite, la belle-mère de Lady Diana Spencer. La princesse de Galles que Barbara Cartland estimait d'ailleurs peu : « elle m’aura mal lue », aurait-elle déclaré, alors que les premiers déboires de la tête couronnée s’affichait en couverture des tabloïds. Après un retentissant divorce, la romancière se jette à corps perdu dans les bras du cousin de son ex-époux, Hugh McCorquodale, qui, selon certaines sources, aurait été son amant même quand elle était mariée. Vanity Fair, Barbara Cartland, l'autre reine d'Angleterre
  • Ce qui me plaisait, c’était que dès le début, Federica se place du point de vue de ceux qui pourraient l’aimer, c’est-à-dire des hommes, et qu’elle ait un goût, en ce sens oui, vraiment bovaryste, d’oblativité par rapport aux autres, un fort sentiment d’infériorité qui la pousse à prendre, à acquérir l’imaginaire d’un mâle, exactement comme une femme qui n’a aucun désir de revêtir une guêpière mais elle sait que son homme peut le désirer. C’est, comment dire, un geste de soumission de l’imaginaire. Dans ce sens, elle est vraiment une femme, tout au moins pour ce qui concerne l’Italie, une femme d’antan, à savoir, plus une femme qui ressemble à ma mère qu’à ma compagne, et je dirais, au moins ça je l’espère aussi parce que je l’ai écrit, que chaque comportement à partir de ce moment, est cohérent avec cette sollicitude, cette soumission par rapport à cet imaginaire masculin qui est même assez trivial. DIACRITIK, Alessandro Piperno : Là où l’histoire se termine (Le grand entretien)
  • Tout en donnant raison au Dr Charles TARDIEU, l’ex-ministre de l’Éducation (1990) en Haïti, c’est comme si on a l’impression que le système éducatif haïtien possède un curriculum caché pour déverser des corrompus, des égoïstes, des gens sulfureux, des acculturés et évidemment des chômeurs. Parce que nous avons toujours eu une école de compétition de type bovaryste marquée par une culture de miroir et de tricherie pour répéter Roger GAILLARD, mon professeur à l’École normale supérieure, de regrettée mémoire. Le Nouvelliste, Le Nouvelliste - Investir dans l’éducation pour la réduction de la pauvreté et pour la stabilité politique avec une bonne dose de gouvernance
  • Pour y etre allé le 30, je peux vous dire qu'Amandine Albisson et Hannah O'Neill y ont été admirables. La première nous a proposé une merveilleuse Giselle bovaryste à l'acte 1 qui comme transfigurée par la mort et débarrassée de tout désirs temporels devient un spectre évanescent à l'acte 2. Une danse terrestre fit ainsi place à une danse céleste. La seconde est entrée sur scène en figure de la loi, charmante statue du commandeur, souveraine et maitresse du corps. Elle a ainsi orchestré la danse des willis de main de maitre. Enfin, on ne dira jamais assez à quel point Charline Giezendanner est une ballerine exceptionnelle, peut être la meilleure de sa génération, qu'elle aurait sans doute été une des plus belles Juliette si elle avait été distribuée au printemps, et je n'en doute point une fantastique Giselle. Sa danse si musicale, si poétique et si profonde mérite une meilleure exposition. Il y a quelque chose en elle de catherine deneuve, et la cantonner à des roles d'ingénues serait une erreur aussi colossale que de réduire la carrière de Catherine Deneuve aux Demoiselles de Rochefort. , [Dossier Giselle] Giselle par le Ballet de l’Opéra de Paris – Qui voir danser sur scène | Danses avec la plume – L'actualité de la danse
  • Nouvel opus, nouvelle ambiance. Celle de Final Fantasy 9 est des plus charmantes. Si Final Fantasy 8 avait pour lui son univers cinématographique et délicieusement rétro, Final Fantasy 9 lui fait tressauter des vibrations littéraires, théâtrales, d'opéra. Personnages hautement bovaryste, narration savoureuse (celle du 8 était trop brouillonne), design inventif et inspirée (Braneth et son apparence de Diva Baroque, l'élégance délicatement perverse de Kuja, la féminité classieuse de Beate ou la gouaille bordélique de Rubis pour n'en n'évoquer quelques un) participe au plaisir subtil de cet épisode. Citons pêle-mêle la musique, encore une fois marquante et redoutablement adaptée à l'ambiance, la caractère terriblement attachant des protagoniste, la mise en scène, ou encore le gameplay misant sur la pleine individualité des personnages et sur la structure littéraire du jeu (voir la vie des autres personnages lorsque l'on se promène dans une ville, la diversité des points de vue etc...). Un épisode des plus séduisant, bien qu’il reste dans l’ombre des autres. , Final Fantasy 9 - Introduction - Finaland

Traductions du mot « bovaryste »

Langue Traduction
Anglais bovaryst
Espagnol bovaryst
Italien bovaryst
Allemand bovaryst
Chinois bovaryst
Arabe بوفاريست
Portugais bovaryst
Russe bovaryst
Japonais ボヴァリスト
Basque bovaryst
Corse bovariu
Source : Google Translate API

Bovaryste

Retour au sommaire ➦

Partager