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Boulangisme

Sommaire

  • Définitions du mot boulangisme
  • Étymologie de « boulangisme »
  • Phonétique de « boulangisme »
  • Évolution historique de l’usage du mot « boulangisme »
  • Citations contenant le mot « boulangisme »
  • Traductions du mot « boulangisme »

Définitions du mot boulangisme

Trésor de la Langue Française informatisé

BOULANGISME, subst. masc.

POL. Mouvement politique qui apparut à la fin du xixesiècle et ne dura que quelques années (1885-89). Depuis le boulangisme et la Patrie Française (L. Daudet, Bréviaire du journ.,1936, p. 140).
P. anal. Tendance, système politique présentant certaines ressemblances avec ce mouvement. Un grand boulangisme antisémite (...) se prépare (Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 218).
Rem. On rencontre dans la docum. un synon. fam. boulange, subst. fém. (Barrès, L'appel au soldat, 1897, p. 477).
Prononc. : [bulɑ ̃ ʒism̥]. Étymol. et Hist. 1887 (Ranc cité par Larchey, Dict. hist. d'arg., Nouv. Suppl., 1889, p. 34). Dér. du nom du général Boulanger [1837-1891], homme politique fr. qui cristallisa autour de lui toutes les oppositions au régime de l'époque; suff. -isme*. Fréq. abs. littér. : 57.

Wiktionnaire

Nom commun

boulangisme \bu.lɑ̃.ʒism\ masculin

  1. (Histoire) (Politique) (France) Doctrine et actions du général Boulanger, pour tenter, sans succès, la prise du pouvoir aux débuts de la IIIe République.
    • […]; le mécontentement qui devait se traduire, quelques années plus tard, sous la forme du boulangisme, était déjà très marqué ; et les élections de 1885 faillirent donner la majorité aux conservateurs. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VI, La moralité de la violence, 1908, p.281)
    • Drumont comptait sans doute sur la victoire du boulangisme pour faire triompher sa doctrine et imposer aux juifs une législation moyenâgeuse ? — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Ce mouvement d'esprit s'accentua à la suite d'un gros événement politique: le boulangisme. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
    • La révolution n'ayant pas eu lieu, Guesde, les années 1890-1895, se rallie à l'idée de la conquête du pouvoir par le suffrage universel : après un flirt avec le boulangisme, c'est l'époque du « municipalisme », du socialisme ordonné et respectable à l'imitation de la social-démocratie allemande. — (Jacques Delpierrié de Bayac, Histoire du Front populaire, Fayard, 1972, p.23)
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Étymologie de « boulangisme »

De Boulanger, nom de famille du général Georges Boulanger (1837-1891), qui mena ce mouvement politique.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « boulangisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
boulangisme bulɑ̃ʒism

Évolution historique de l’usage du mot « boulangisme »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « boulangisme »

  • Le boulangisme peut être considéré comme «républicain» uniquement parce qu’une majorité de ses militants et de ses troupes n’étaient pas monarchistes. Il s’agissait de révoltés qui souhaitaient établir un régime autoritaire, populaire, profondément nationaliste. A la fin des années 1880, la campagne de députés boulangistes, comme Francis Laur, Maurice Barrès ou encore Henry Rochefort, aussi bien à Paris qu’en province, est d’une violence antisémite inouïe et constitue, dans une certaine mesure, l’acte de naissance de l’antisémitisme politique. Après la défaite du boulangisme, une haine immense subsistera dans le camp des vaincus. Ceux-ci basculeront les premiers du côté des antidreyfusards. Geo.fr, Décès de Zeev Sternhell : son grand entretien sur le socle idéologique de l'extrême droite en France - Geo.fr
  • Qui est cet homme? Un jeune fou romantique désireux de s’éteindre auprès de sa belle? Un homme las de la vie et de ses mystères? Non. Il s’agit d’un général français de 54 ans, le général Boulanger, le «Général Revanche». Il venait de faire trembler la République, avait manqué de la renverser avec un mouvement dont la nature politique aussi éphémère que mouvante allait nourrir l’extrême droite française: le boulangisme. À Paris, pourtant, sa mort ne provoque aucun remous. En guise d’épitaphe, Clémenceau propose, dans un trait d’humour pour le moins noir, d’inscrire: «Ci-gît le général Boulanger, qui mourut comme il vécut: en sous-lieutenant.» Slate.fr, Le lepénisme est un nouveau boulangisme | Slate.fr
  • Du scandale de Panama aux gilets jaunes, un nom revient sur le bout des lèvres et dans son prolongement, le boulangisme, cette chose en « isme » qui évoque le populisme et même le fascisme. On peut y voir un cruel raccourci historique mais aussi un formidable outil pour se détourner du fond du problème. SudOuest.fr, Le général Boulanger, personnage instrumentalisé
  • La laïcité n’est pas une garantie de quoi que ce soit. Les partis d’extrême droite les plus durs en Europe n’étaient pas des partis religieux. Personnellement, je crois que le Front national s’inscrit dans une tradition de la droite dure. Le concept de nation défendu par le FN, par exemple, est celui d’un organisme vivant qu’il faut protéger contre les ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur. C’est assez traditionnel. L’ennemi de l’intérieur, avant, c’était le juif, maintenant c’est plutôt le musulman. L’ennemi de l’extérieur, c’était Moscou, et aujourd’hui ce serait plutôt Bruxelles. Bien sûr, personne aujourd’hui ne remet en cause le suffrage universel, et le FN n’appelle pas à la dictature. Mais la démocratie, ce n’est pas qu’un bulletin dans l’urne, c’est d’abord les droits de l’homme… Marine Le Pen est assez intelligente pour comprendre que la salade vendue par son père ne répond plus vraiment aux besoins de la jeune génération. Elle s’exprime d’une manière plus modérée. Mais sur le fond, elle s’inscrit dans une continuité, celle de la nation conçue non pas comme un ensemble de citoyens mais comme un héritage culturel, venu du fond des siècles. En lançant des anathèmes contre le « système », elle joue aussi la fonction tribunicienne qui jadis était celle du parti communiste. Mais cet appel au peuple, c’est aussi quelque chose qu’a toujours su faire la droite populaire. Pensez au boulangisme. Tout cela caractérise la démarche d’une droite qui n’est ni libérale, ni légitimiste, ni bonapartiste – comme le voulait mon maître René Rémond. C’est une autre droite, celle que j’ai appelée la droite révolutionnaire, la droite de rupture, celle qui cherche à abattre l’ordre libéral et démocratique auquel nous tenons. La Vie.fr, Zeev Sternhell : “Les idées sont bien le moteur de la politique”
  • Au plan analytique, la chose intéressante à noter est que le boulangisme, dans le fond, fut une crise provoquée précisément par la situation de pré-basculement idéologique du clivage : en 1887, les Républicains radicaux, désormais bien installés dans leur République, entendaient profiter de leur victoire et n’avaient plus à cœur de faire une révolution. Du côté de la droite modérée, on avait renoncé, dans l’immédiat, à voir revenir la monarchie et après quinze ans on commençait à s’accommoder de cet ordre établi républicain. L’extrême-droite, elle, ne lâchait pas le morceau. Mais le critère déterminant fut bien cette extrême-gauche orpheline : ses membres n’avaient guère de corpus doctrinal unifié, puisque la période des années 1880 est encore pré-marxiste, en France. Abandonnée de la gauche, avec laquelle l’alliance semblait stérile pour les raisons ci-dessus évoquées, l’extrême-gauche ne se sentait aucun écho dans le spectre politique de cette décennie. Et c’est cette solitude qui permit qu’elle se donnât pour champion un militaire, chéri de l’extrême-droite royaliste et bonapartiste ; c’est l’unanimisme républicain prévalent entre les modérés de droite et de gauche qui, paradoxalement, a provoqué la pire crise de la première moitié de la Troisième République, en permettant une alliance ponctuelle des extrêmes, pratiquement par pur ras-le-bol, fédérés autour du rejet du « système », et ce quoique les uns et les autres aient pu en désirer le remplacer par des choses tout à fait différentes. Contrepoints, Politique Française : nouveau danger boulangiste et son probable remède | Contrepoints
  • *Ministre de la Guerre en 1886, il est notamment connu pour avoir ébranlé la Troisième République, porté par un mouvement nommé boulangisme. Nice Premium, Les "boulangistes" du XXIè siècle* à l'Assemblée Nationale - Nice Premium
  • De nos jours, on évoque volontiers la montée des populismes comme s’il s’agissait d’un phénomène nouveau. Pourtant, l’Histoire recèle de nombreux exemples de crises provoquées par des démagogues, comme ce fut le cas en France, dans les années 1880, avec le phénomène du boulangisme, du nom d’un général breton qui fit trembler la IIIe République. Le Telegramme, Général Boulanger. Provocateur populiste - Histoire - Le Télégramme
  • Le troisième « populisme fondateur », le boulangisme français, est très différent des deux précédents. Il est sans doute plus proche du sens contemporain (européen) du terme – c’est d’ailleurs pour cela qu’il a une image beaucoup plus négative que ses équivalents russe et américain. , Les origines du populisme par Philippe Raynaud | Vie publique.fr

Traductions du mot « boulangisme »

Langue Traduction
Anglais boulangisme
Espagnol boulangismo
Source : Google Translate API
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