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Bas-étai

Phonétique du mot « bas-étai »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bas-étai basetɛ

Citations contenant le mot « bas-étai »

  • - C’était bien au-delà de la peur. Ce fut une véritable terreur, une nuit dont j’ai vraiment cru qu’elle serait la dernière, qu’il n’ y aurait plus jamais d’aube à se lever pour effacer un tel cauchemar. Je naviguais à la hauteur du cap Saint-Vincent, après une assez désastreuse option à terre le long des côtes portugaises. La météo annonçait un puissant courant de nord, puis un léger front de suroît. Finalement, j’ai eu un vent assez mou de portant, mais en revanche je me suis payé une baston mémorable. Le vent a commencé à monter en début de nuit. Mes fichiers météo annonçaient des rafales de 30 nœuds maximum. Sauf que, vers minuit, alors que je tentais de dormir un peu avec deux ris et une trinquette, j’ai été réveillé en sursaut par une énorme bruit vers l’avant du bateau. Le temps de prendre une lampe frontale et de passer une veste de ciré, me voici sur le pont. Le spectacle est dantesque. La pluie tombe à l’horizontale, alors que l’anémomètre oscille entre 55 et 60 nœuds ! Le faisceau pourtant puissant de ma frontale a du mal à percer le mur de pluie. J’entends des chocs réguliers sur la mâture, avec la vision fantasmagorique d’un immense cerf-volant blanc dessinant des images de terreur au dessus du mât. Je comprends vite que le bas-étai a lâché. Il faudrait que je prenne le temps de m’attacher avec un harnais sur la ligne de vie. Il faudrait mais l’urgence de la situation me pousse à aller au pied de mât pour aller voir de plus près ce qui a cassé, afin de savoir comment agir. J’avance sur le pont à quatre pattes, à l’aveugle tant la pluie me fouette le visage, tant les vagues me déferlent brutalement dessus. Arrivé devant l’espar, je vois plus précisément la trinquette voler au gré des rafales. Au moment de rebrousser chemin pour couper la drisse et laisser la voile filer, une vague plus forte que les autres, une vague scélérate, soulève mon Imoca de 60 pieds et de huit tonnes avec une telle puissance, une telle sauvagerie que je m’envole à plusieurs mètres de hauteur. J’ai vécu cette scène au ralenti, comme dans le film La haine, quand l’acteur tombe en se répétant, « jusqu’ici tout va bien ». Je me suis dit, si le bateau fait un écart de quelques mètres, ce qui est probable vu les conditions dantesques, je ne vais pas retomber sur le pont mais dans la mer couleur d’encre noire et de bave d’écume sauvage et phosphorescente. Et là, aucune chance de m’en sortir. Juste le temps de me voir mourir, de me noyer, lorsqu’à bout de forces je déciderai de ne plus nager, de ne plus flotter. Et puis, l’étai de trinquette est venu me fouetter violemment le visage avant que je ne m’écrase sur le pont. Je pissais le sang et souffrais le martyre. Je ne sais d’où m’est venue la force, sans doute du désespoir au plus profond de cette nuit démente, pour affaler la toile, sauf quelques mètres carrés pour assurer une cape le temps de me soigner et de sortir du chaos, du KO. A genoux, j’ai même dû me recoudre une arcade sourcilière avec l’aide du médecin de la course, qui a guidé mes gestes par téléphone satellite. Puis l’aube s’est levée. Il n’est de nuits qui n’atteignent l’aurore, pour reprendre le joli titre du livre de souvenirs de Tibor Sillinger, l’ancien patron volcanique et tempétueux de la Fédération des industries nautiques. Blessé, usé, lessivé, groggy, j’ai dû me résoudre à reprendre la course, mais avec l’impression de descendre au fond de la mine. voilesetvoiliers.ouest-france.fr, FICTION. « La vieille âme et la mer », le Vendée Globe d’un marin à bout de course
  • Il est clair qu’avec le passage des barres de flèche dans le plan aux barres de flèche poussantes (dans les années 90), puis la migration des cadènes de la base des hiloires de rouf vers le livet (dans les années 2000), la structure liée au gréement a été beaucoup simplifiée, ce qui génère quelques économies – pas besoin de bas-étais, de bas-haubans avant et arrière, moins de cadènes, plus besoin de tirants de cadène… Cependant, note Alexandre Cocheril : « Les mâts, globalement, sont plus lourds qu’il y a trente ans à moment de redressement égal, parce qu’aujourd’hui, on veut que le mât tienne même s’il est mal réglé. Au moins pour les bateaux de grande série. À une époque, les assureurs ont poussé dans ce sens-là. » Mais le directeur de l’ICNN ajoute cette remarque très utile : « Avec ce type de gréement qui par ailleurs est légèrement fractionné, quand on souque sur le pataras, on raidit un peu l’étai, mais surtout on augmente le cintre du mât. Il faut alors des bastaques, pour raidir l’étai au près et pour mieux tenir le spi de capelage dans la brise. Mais c’est rarement livré avec le bateau donc il faut les ajouter… » voilesetvoiliers.ouest-france.fr, Vrai ou Faux ? « Les bateaux étaient mieux construits avant »
  • On trouvera ici tous les haubans (étai, faux-étai ou bas-étai, pataras, bas-haubans, galhaubans, inter…) Bateaux.com, Gréement courant, gréement dormant, quelles différences ?

Images d'illustration du mot « bas-étai »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « bas-étai »

Langue Traduction
Anglais low-stay
Espagnol baja estancia
Italien low-soggiorno
Allemand low-stay
Chinois 低停留
Arabe إقامة منخفضة
Portugais estada baixa
Russe низкое пребывание
Japonais 低滞在
Basque behe-egonaldia
Corse stazzu pocu
Source : Google Translate API

Bas-étai

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