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Baconien, baconienne

Sommaire

  • Définitions du mot baconien, baconienne
  • Étymologie de « baconien »
  • Phonétique de « baconien »
  • Évolution historique de l’usage du mot « baconien »
  • Citations contenant le mot « baconien »
  • Traductions du mot « baconien »

Définitions du mot « baconien, baconienne »

Trésor de la Langue Française informatisé

BACONIEN, IENNE, adj. et subst.

A.− Adj. Qui relève de F. Bacon. Arbre baconien, aphorismes baconiens, méthode baconienne :
1. On m'assure que, des notions ainsi recueillies, Antoine Bibesco − le plus inquisitorial des inchoatifs − constitue des sortes de tables baconiennes, d'où il extrait des lois de l'esprit. L. Daudet, Salons et journaux,1917, p. 226.
Induction baconienne ou amplifiante. Qui en partant d'un certain nombre de faits donnés par l'expérience en tire une loi concernant la somme de ces faits et des faits du même genre :
2. J'ai cherché, par la lecture des ouvrages de Bacon, à me rendre compte aussi exactement que je l'ai pu de ce qu'il fallait entendre par ce soi-disant nouveau procédé intellectuel appelé induction. L'idée baconienne de la grande restauration des sciences est une idée sublime (...). Je ne vois pas que Bacon ait donné un nouvel instrument à l'esprit humain et je pense que l'induction ne diffère pas au fond du syllogisme. C. Bernard, Principes de méd. exp.,1878, p. 210.
B.− Subst. Partisan de F. Bacon :
3. Quand M. Lefranc d'une part, les baconiens d'autre part viennent nous dire que Shakespeare était trop ignorant pour avoir écrit des œuvres qui exigent tant de culture et de connaissances, ils inventent aux deux bouts pour les amener à la rencontre l'un de l'autre deux arguments illusoires : ... Thibaudet, Réflexions sur la litt.,1936, p. 80.
DÉR.
Baconianisme, subst. masc.Système philosophique et en partic. méthode expérimentale de F. Bacon. La forme usuelle notée ds tous les dict. est baconisme, subst. masc.; dér. du nom de Francis Bacon, suff. -isme*.(1864, Baudelaire, Eurêka, trad. de E. Poe, p. 15; empr. à l'angl. baconianism).
PRONONC. : [bakɔnjε ̃], fém. [-ε ̃n].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1842 méthode baconienne (Renouvier, Manuel de la philosophie moderne, p. 56 : Descartes lui-même reconnut qu'il n'y avait rien à dire sur l'expérience après Bacon, et remarqua seulement qu'on était exposé à faire beaucoup d'expériences superflues sur les choses particulières, et même de fausses si l'on ne connaissait la vérité avant de les faire. Ceci nous ramène à l'appréciation de la méthode baconienne et de la distance qui la sépare d'une méthode complète). Empr. à l'angl. baconian adj. « relatif au système philosophique de Francis Bacon [1561-1626] », dep. 1812 (Sir H. Davy, Chem. Philos., 32 ds NED : In the spirit of the Baconian School, multiplying instances and cautiously making inductions) et subst. « partisan de son système philosophique » dep. 1869 (Daily News 26 janv. ibid.), lui-même dér. du nom de Bacon; suff. -ian (-ien*).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 7.
BBG. − Behrens Engl. 1927, p. 46 (et s.v. baconisme). − Lal. 1968.

Wiktionnaire

Adjectif

baconien \ba.kɔ.njɛ̃\ masculin

  1. Relatif à la vie et l’œuvre du scientifique et philosophe anglais Francis Bacon.
    • La Royal Society de Londres, l’une des premières académies des arts et des sciences, est inspirée par l’évangile baconien de la science.

Forme d’adjectif

baconienne \ba.kɔ.njɛn\

  1. Féminin singulier de baconien.

Forme d’adjectif

baconienne \ba.kɔ.njɛn\

  1. Féminin singulier de baconien.

Forme d’adjectif

baconienne \ba.kɔ.njɛn\

  1. Féminin singulier de baconien.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « baconien »

(Siècle à préciser) Dérivé de Bacon avec le suffixe -ien.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « baconien »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
baconien bakɔ̃jɛ̃

Évolution historique de l’usage du mot « baconien »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « baconien »

  • Par conséquent, le temps est venu de réexaminer le rapport entre l’idée de progrès et la question de la diversité culturelle. Depuis le XIXe siècle, l’Europe et le monde anglo-saxon ne sont pas les seuls à avoir fait l’expérience de la démystification qui domine jusqu’à ce jour le champ des sciences sociales. Impressionnés par la capacité des sciences modernes à séculariser le monde, nombre de penseurs se sont ralliés au postulat selon lequel tout fait social dissimule une réalité plus profonde, conforme à la conception baconienne de la science et de la rationalité. Ensuite, ils optèrent pour une forme d’objectivité qui nous oblige à séparer nos facultés cognitives de notre vie émotionnelle et de notre moi éthique. Si ces deux stratégies ont sans doute permis de construire le grand édifice de la science et de la rationalité, ils ont également désacralisé non seulement la nature et la vie humaine mais ce qui permettra la survie des générations futures. Le Monde diplomatique, Un si long silence, par Ashis Nandy (Le Monde diplomatique, octobre 2015)
  • À l’installation vidéo s’ajoutent six performeurs live, qui évoquent les corps distortionnés de Bacon. Carole Nadeau, qui fréquente l’œuvre baconienne depuis longtemps, voit des liens forts entre Müller et Bacon, «à travers la fulgurance mais aussi à travers la pudeur». «Müller peut écrire Je veux manger vos excréments mais rester tout de même dans l’élégance: il est profondément littéraire même si ses mots sont crus. Chez Francis Bacon, il y a la même tension entre la pudeur et l’impudeur, qui nous offre des scènes dérangeantes de torsion du corps sans jamais tomber dans le gore, en proposant aussi des arrières-plans monochromes qui portent une certaine délicatesse. Il disait qu’il ne voulait pas peindre la scène d’horreur, il voulait seulement peindre le cri et qu’il voulait célébrer l’humanité à travers cela, célébrer notre condition de mortel, célébrer notre matérialité.» Voir.ca, Résonances / Entrevue avec Carole Nadeau : Corps vieillissants et usure du désir | Scène | Voir.ca
  • Ce nouveau rapport de la pensée avec la réalité des choses se communique progressivement de la connaissance scientifique à la pratique religieuse. En la matière, l'intégration de ce nouvel esprit va notamment se traduire par une révision majeure de la posture de l'Église à l'égard des miracles et des possessions. Concrètement, il va susciter un discours théologique critique et une volonté de contrôle rationnel de ces phénomènes. C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre l'application des procédures de l'investigation baconienne à la réalité religieuse, commandant, face à tout événement apparemment prodigieux, un examen systématique des faits concernés avant toute interprétation. Atlantico.fr, Lourdes : ce qui permet de discerner les vrais des faux miracles | Atlantico.fr
  • Récemment à Montréal, les initiatives baconiennes se multiplient. Même les végétaliens en raffolent ; il y a un «bacon de seitan» cuisiné à Hochelaga qui plaira aux carnivores invétérés (voir le # 9). Le Journal de Montréal, 9 curiosités du bacon à Montréal | Le Journal de Montréal
  • Des faciès en grand format, au réalisme des traits, contrebalancé par la crudité de la palette, les coulis de peinture et parfois même un certain anamorphisme baconien. Photo DR L'Orient-Le Jour, Entrez dans l’insondable univers d’Omar Khouri - L'Orient-Le Jour
  • D’abord, promouvoir consiste à indiquer ce qui manque et qui reste à explorer. Cela revient à classer les savoirs. Or cette division, pierre angulaire du projet baconien (p. 18), n’est pas une encyclopédie des savoirs acquis. Au contraire, elle est sous-tendue par une « conception programmatique de la connaissance, qui engage l’avenir et requiert une organisation collective de la recherche » (p. 13-14). En cela, Bacon rompt avec le principe des classifications antérieures. À cette rupture s’en ajoute une autre, plus subtile. Bacon distingue trois parties dans le savoir : l’histoire, la poésie et la philosophie. Si la philosophie a un rôle central, Bacon « considère qu’histoire et poésie constituent des domaines du savoir à part entière [et] leur octroie une place sans précédent dans la hiérarchie des connaissances » (p. 17). Ch. Jaquet consacre ainsi la moitié de son ouvrage à l’histoire et à la poésie. Ainsi de l’histoire : si elle est d’abord la description de faits, « en un sens plus technique, l’histoire cesse d’être la simple relation de faits empiriques pour devenir une matière élaborée servant de fondement à l’induction vraie » (p. 35). Cela vaut de toutes les formes d’histoire. Si l’histoire civile n’est pas au sens strict expérimentale, à l’instar de l’histoire naturelle que souhaite Bacon, elle n’en reste pas moins une histoire active, qui interroge le passé. Par exemple, Bacon appelle de ses vœux une histoire des lettres, qui doit donner « une vision globale et ordonnée de l’état du savoir » (p. 58). Cela exige de « replace[r] le savoir dans son contexte institutionnel et politique » (ibid.). Le but en est de montrer les formes d’organisation institutionnelles notamment qui favorisent le progrès du savoir. Bref, « Bacon conçoit l’histoire comme une mise à la question, comme un dévoilement forcé » (p. 68). Seule cette activité de l’historien permet de donner un sens à l’histoire elle-même, en autorisant d’en tirer des leçons. Ch. Jaquet traite donc d’un Bacon relativement inattendu pour le lecteur français. Une histoire de l’histoire peut difficilement se passer de la référence baconienne : Bacon est l’un des premiers à voir dans l’histoire (civile) un savoir au même titre que l’histoire naturelle. , Bacon de Verulam, cartographe des sciences - La Vie des idées
  • Pour Francis Bacon, le point commun entre  le destin des humains et celui de l’animal, c’est « la viande », ce corps torturé, en voie de liquéfaction. L’obsession du peintre britannique, c’est  ce qu’il advient de cette «  flesch »- la nôtre, donc- avant le processus de notre disparition dans la poussière. « Simplification, déformation et altération du ton naturel sont des façons d’obtenir une expressivité intense des formes»,   affirmait le peintre français Amédée Ozenfant ( 1886-1966) , procédé dont Bacon s’est largement inspiré .Difforme, abîmée, la chair n’est  plus « triste » comme  chez Stéphane Mallarmé( Brise marine », 1898,) elle est condamnée à l’infestation,  elle se délite  vers l’anéantissement .Le destin des corps, vu par Bacon,  c’est cette déformation fondamentale,  cette distorsion indicible, que seule l’image  -donc le peintre- peut révéler ; images qui devraient nous rendre tous modestes et bons si  nous pouvions envisager plus souvent, sans doute,  la misère de notre condition. « Seule demeure la poussière, pas la chair », déclara Francis Bacon à Franck Maubert dans « Avec Bacon »/Gallimard ( 2019).Concernant la littérature  dévolue à Bacon, l’on  songe aussitôt à Michel Leiris, Gilles Deleuze et, surtout, à David Sylvester ( 1924-2001) LE grand interlocuteur de Bacon, qui  sut exprimer  l’attirance obsessionnelle de Bacon pour la forme humaine et ses déformations, distorsions, et autres états et impressions (cf. « Entretiens avec Francis Bacon/ David Sylvester/ Préface de Michel Leiris /Flammarion 2013). Cependant, mine de rien, Franck Maubert accomplit une prouesse.  Son petit livre parvient à contenir l’immensité du peintre. Ce n’est pas rien ! Vie privée, folklore alcoolique, travail ,travail, travail, plus ce chaos métaphysique de l’atelier baconien de Londres- car il n’est pas de peinture, ni d’art en général sans  dévoration de la vie par le travail, disons les choses comme elles sont, rappelle Bacon. «  J’ai appris à organiser le hasard », déclara- entre autres - le peintre  irlandais à Franck Maubert, alors que  le jeune journaliste français l’interrogeait sur sa technique. «  Dans le travail, la réalité abandonne ses fantômes », répondit Bacon, ajoutant : «Il y a beaucoup de hasard. Quand l’image se forme, j’aime l’accident. J’ai appris à organiser le hasard. La manipulation de la peinture à l’huile est une chose mystérieuse (…) Et de toutes les manières, l’ on ne peut pas parler de la peinture ;  ça ne sert à rien de parler de la peinture. Rien. Nada. L’art est une chose toujours inachevée. Que pouvons-nous ajouter à cela ? Atlantico.fr, "Avec Bacon" de Franck Maubert : esquisse d'une théorie des obsessions | Atlantico.fr
  • Et puis il y a ces grands autoportraits de l’artiste, présentés pour la première fois à Orléans, tableaux troublants sur l’image de soi dont le style “baconien” crée une dérangeante fascination. Magcentre, Charlotte de Maupeou, du dessein au dessin | Magcentre
  • La scolastique et la physique antique, obsolètes, sont reléguées aux archives, le rationalisme cartésien, l’empirisme baconien prennent le pouvoir sur les idées. Cette dynamique se cristallisera au XVIIIe siècle par la philosophie des Lumières qui incarne le zénith théorique de la modernité. Mizane info, Fouad Bahri : «L'islam est porteur d'un renouveau de la pensée dont les intellectuels musulmans ne soupçonnent pas l'ampleur»
  • 11Le refus de la belle apparence classique ainsi que le rôle de l’accident conduit Bacon, selon Milon, à constituer des corps selon des tracés, et non selon des parcours. La différence est de taille, car le parcours est défini dans sa destination de façon a priori, et circonscrit le corps selon des paramètres repérables dans un espace objectif. Au contraire, le corps baconien est, Milon le dit avec les mots de Michaux, « un espace incirconscrit » (chapitre IV) : le corps comme viande résiste en effet aux contours et à l’espace qui veulent le réduire à un objet adoptant une posture (l’objet étant toujours pour un sujet : le refus de la viande ne va pas sans un certain idéalisme). Le corps est un espace incirconscrit, et il s’agit d’en saisir les pliures et les ondulations, non pas de le situer, puisque la viande est incertaine dans ses limites, et oppose sa résistance à une extériorité qui voudrait l’enfermer dans une intériorité. Ce refus de la dualité dedans-dehors, Bacon, nous rappelle Milon, l’a trouvé chez Michaux, dont il admirait beaucoup les dessins montrant le corps comme capacité de faire obstacle à des repères topologiques préétablis, comme puissance de moduler l’espace, d’en être la mesure et l’échelle. D’où l’absence de perspective chez le peintre, abandonnée au profit d’aplats formant des « blocs de couleurs », sortes d’espaces en train de se faire, brutalement, poussant les « limites du cadre » : loin de la forme formée bien proportionnée et équilibrée, la figure s’étend plus qu’elle n’est étendue, nature naturante qui effraie par sa vitalité même… , Bacon spinoziste : « On ne voit pas ce que peut un corps » (Acta Fabula)
  • Il en va ainsi de la dernière série, sur les hôpitaux, réalisée au tout début de sa carrière en 1990, alors qu’il vivait près d’un hôpital, seul lieu où les étudiants pouvaient disposer d’une salle de bain. De ces premières œuvres, où les corps nus et blessés se mêlent dans un tourbillon de peau baconien, naît le terrible sentiment que l’individu ne peut que se fondre dans la masse dès lors qu’il est pris comme sujet d’une œuvre. La Règle du Jeu, Alexandra Profizi, Zeng Fanzhi, l’inquiétante étrangeté - La Règle du Jeu - Littérature, Philosophie, Politique, Arts
  • Blasted marque aussi durablement par tout un travail chorégraphique très baconien de torsions, contorsions, replis sur soi et mise en corps qui doit sans doute beaucoup à la collaboration artistique de la chorégraphe suisse Maud Blandel. Cette dernière co-met en scène  Cheer Leader avec Karim Bel Kacem ainsi que, seule, Touch Down  explorant les liens polysémiques entre corps sportif, politique, danse, rapports de forces, et univers sexué. A (re)découvrir cette saison à l’Arsenic et au Théâtre de l’Usine. Gauchebdo, «Anéantis» de Sarah Kane entre fascination, voyeurisme et distance. - Gauchebdo
  • En ce qui regarde la seule philosophie, ce qui inquiète Dewey tient en peu de mots. Elle est prise entre deux obstacles: d’un côté la subjectivité finalement close sur elle-même et de l’autre le dogmatisme dont on ne peut pas tirer grand chose. Elle en est arrivée à ne plus élaborer aucune hypothèse de travail. Et à ne plus pouvoir faire quelque chose de la rationalité qu’elle vise à déployer. A son encontre, Dewey se donne sans doute la tâche un peu facile en évoquant Bacon, et surtout la thématique de l’enquête qu’il lui emprunte. Passant de l’expérimentation –qui est active, interroge, collecte, attaque et modifie– à l’enquête –qui, elle, porte un regard critique sur les vérités reçues, met les paroles à l’épreuve, et réfute les dogmatismes– il montre à la fois comment l’esprit philosophique peut se réformer et comment il peut être bloqué. C’est bien ce pourquoi «la reconstruction doit [...] faire pour le développement de l'enquête dans le domaine de l'humain, et donc de l'éthique, ce que les philosophes des derniers siècles ont fait pour la promotion de l'enquête scientifique dans le domaine de la vie humaine, envisagée d'un point de vue physique et physiologique». En un mot, la reconstruction de la philosophie, de nos jours (1920) est donc bien une tentative pour défaire ce qui n’aurait pas dû se nouer et pour permettre aux aspirations baconiennes d’arriver à une «expression libre et sans entraves». Slate.fr, D’une philosophie sans cesse à refaire | Slate.fr

Traductions du mot « baconien »

Langue Traduction
Anglais baconian
Espagnol baconiano
Italien baconiano
Allemand speck
Chinois 培根
Arabe لحم الخنزير المقدد
Portugais baconiano
Russe бэконовский
Japonais ベーコン
Basque baconian
Corse baconianu
Source : Google Translate API
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