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Averroïste

Sommaire

  • Définitions du mot averroïste
  • Étymologie de « averroïste »
  • Phonétique de « averroïste »
  • Évolution historique de l’usage du mot « averroïste »
  • Citations contenant le mot « averroïste »
  • Traductions du mot « averroïste »

Définitions du mot « averroïste »

Trésor de la Langue Française informatisé

AVERROÏSTE, adj. et subst.

A.− Emploi adj. [En parlant d'un mouvement d'idée] Qui se rapporte à l'averr(h)oïsme. L'école, l'enseignement, le mouvement averroïste :
1. Le père de l'école péripatéticienne alexandriste, comme on disait alors, en opposition à l'école averroïste, est Pierre Pomponat... Cousin, Cours d'hist. de la philos. mod.,t. 2, 1847, p. 278.
B.− Emploi subst. Partisan de l'averr(h)oïsme :
2. le pape. − Ainsi, tu me disais hier que les hérésies surabondent et que les erreurs les plus dangereuses se produisent chaque jour. le clerc, tenant de nombreuses pièces de parchemin. − Oui. De nouveaux averroïstes nient la résurrection des corps, la vie future. Ils prétendent que l'esprit général de l'univers ne s'occupe pas des choses particulières, qu'il est inutile de le prier, que le monde est éternel et n'aura pas de fin. Le pape se tait. le clerc continue. − Ils soutiennent en outre follement que toutes les religions ont été fondées par des imposteurs et reposent sur des fables; que la théologie n'est pas la science des sciences, qu'elle est en grande partie chimérique, ... Renan, Drames philos.,L'Eau de Jouvence, 1881, II, 1, p. 458.
Rem. 1reattest. 1847 (supra ex. 1); dér. du nom d'Averrhoès philosophe ar. du xiies., suff. -iste*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 7.

Wiktionnaire

Adjectif

averroïste \Prononciation ?\ masculin et féminin identiques

  1. (Didactique) Relatif à Averroès, à ses écrits, à ses doctrines.
    • On a pu voir que les groupes principaux d’erreurs qui constituent le fond des condamnations de 1270 et 1277 se trouvent formellement dans les écrits de Siger, ou se rattachent visiblement à son péripatétisme averroïste. — (Pierre Mandonnet, Siger de Brabant et l’averroïsme latin au XIIIe siècle, Institut Supérieur de Philosophie de l’Université, 1908, Slatkine, 1976, page 187)
    • Contre ce que défendait P. Mandonnet dans cet ouvrage, il est désormais établi qu’il n’y a jamais eu de courant de pensée spécifiquement averroïste au XIIIe siècle, autrement dit, aucun groupe de magistri artium adhérant totalement et fidèlement à la philosophie d’Averroès n’a existé en ce siècle : l’avérroïsme est une invention de l’historiographie et non une réalité historique. — (La condamnation parisienne de 1277, texte latin : traduction et commentaires de David Piché, J. Vrin, 1999, page 166)

Nom commun

averroïste masculin et féminin identiques

  1. (Histoire) (Religion) Adepte de l’averroïsme.
    • La distinction réelle de l’essence et de l’existence allait d’abord être attaquée par ceux qui se réclamaient d’un Péripatétisme authentique, […], et que l’on désignait pour cela sous le nom d’Averroïstes. — (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique: la Scolastique, 1925, éd. 1966)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « averroïste »

De Averroès nom latinisé de l’arabe ابن رشد, Ibn Rochd.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « averroïste »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
averroïste avɛrɔist

Évolution historique de l’usage du mot « averroïste »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « averroïste »

  • L’écrivain Driss Ksikes s’interroge, à travers ses écrits sur l’absence de revendication de la pensée averroïste des intellectuels dans les sociétés musulmanes. France Culture, S’inspirer de l’audace intellectuelle d’Averroès
  • Le premier ami de Dante, le poète Guido Cavalcanti, connu comme philosophe, et dont on pense qu'’il a fréquenté le milieu averroïste de l’époque très actif, essaie de définir l’amour et ce qui arrive à l’amant. Cela nous amène à considérer Averroès, et en particulier sa théorie de l'intellect, comme une clé de lecture. En effet, l’amour chez Averroès revient in fine à aimer « Dieu » en le pensant et en s’assimilant à lui. Dans cette noétique, le point nodal, c’est l’imagination, qui réunit, joint, le corps et l’intellect. Cette médiation a ses limites, toutefois, ou plutôt un terme : il faut dépasser les images, voire brûler les idoles, les détruire. Le but étant de penser « purement » Dieu, une fois qu’on s’en est rendu capable, car l’homme est capax dei (capable de Dieu). Enfin, la réussite n’est pas un point final ; récurrence du désir, de l’amour, reprise infinie, au niveau spécifique, de ce processus. Lequel processus sera expliqué par le professeur Jean-Baptiste Brenet. France Culture, Intellect d’Amour
  • Il s'agit donc du cogito, mais bien avant l'opération cartésienne, à un moment qui fut d'une grande intensité intellectuelle, dont Averroès était le sommet (XIIe siècle). Mais ce moment du cogito averroïste a subi une série de recouvrements qui l'ont relégué aux oubliettes, et du même coup ont effacé de notre savoir sur l'ego une séquence décisive de la formation de l'humanisme. Bibliobs, Je fantasme, donc je suis : la révolution anthropologique d'Averroès
  • « Il a publié ce qu’il a écrit afin que nous profitions de lui, nous les arabes, non pour que son patrimoine soit négligé et tombe dans l’oubli. L’Europe a connu le progrès car elle a pris Ibn Rushd comme modèle à travers un fort mouvement averroïste, quant à nous les arabes, nous avons connu le retard car le modèle chez nous se résumait à des penseurs traditionalistes de la sclérose, comme al-Ghazâlî, les Ash’arites et Ibn Taymiyya »[14]. Mizane info, Philosophie islamique et sécularisation : quelles relations ? 1/2
  • Ce qui distingue en revanche Spinoza de Hobbes, c’est d’abord sa connaissance de l’hébreu, qui donne une consistance particulière à son discours quand il s’agit de disserter sur la Bible. C’est aussi sa connaissance de Maïmonide, lui-même disciple d’Ibn Rochd, ou héritier en tout cas du principe averroïste de concordance entre la raison et la foi dans la lecture du Livre révélé. Les connaisseurs d’Ibn Rochd, et en particulier de son Traité Décisif, savent peut-être que pour le philosophe de Cordoue, il y a une lecture du texte qui se place sous l’autorité de la raison et qui recoupe, pour ainsi dire, la lecture de la foi. Certes, suggère-t-il, la lecture rationnelle bénéficie d’une sorte de précellence, lorsqu’elle se heurte à une différence par rapport à l’interprétation littéraliste que produit la foi. D’où la formule «el aaql qabla ennaql» : la raison de préférence à la lettre ! Mais cela ne remet pas en cause le principe de concordance. Cette position de base est cependant assortie chez notre philosophe de l’idée que la vérité philosophique n’est pas à livrer au commun du peuple, aux esprits non philosophes. Dans le prolongement d’une opinion qu’on trouvait déjà chez El-Farabi, il y a une conception élitiste de la pratique de la philosophie, qui se répercute sur l’exégèse. La Presse de Tunisie, Chemins de l’herméneutique : Hobbes et Spinoza : l’ère de l’exégèse critique | La Presse de Tunisie
  • Cet homme vit ses écrits traduits et commentés en hébreu, notamment par le grand philosophe averroïste juif Moïse de Narbonne (1300-1362). Il a aussi joui d'une certaine postérité en milieu chrétien médiéval où on le nommait al-Gazel. Le HuffPost, Le grand soufi, le théologien musulman Abuhamid al-Ghazali, mort en 1111? | Le HuffPost
  • C’est ainsi qu’au XIIIe siècle, quand un courant se définit comme étant « averroïste », c’est-à-dire partisan d’Ibn Ruchd, notamment dans son appréciation de la philosophie d’Aristote, il fut tout bonnement interdit. Et par deux fois. La première en 1270, la seconde en 1277. C’est que les petits malins étaient parvenus à diffuser leurs thèses à La Sorbonne. Vous vous rendez-compte ? Le péril de la Nation. Plus sérieusement, les « Averroïstes » n’avaient rien d’Ibn Ruchd, ils s’étaient instruits à partir d’une mauvaise traduction latine et s’étaient fait leur propre idée en totale opposition du personnage, mais le fait est que cette appropriation déplut au point de l’interdire. L’Occident préféra Thomas d’Aquin comme mufassir préféré d’Aristote. Red'Action, Du Sarrazin au Bicot, un millénaire d'arabophobie - Red'Action

Traductions du mot « averroïste »

Langue Traduction
Anglais averroist
Espagnol averroista
Italien averroista
Allemand averroist
Chinois 发情者
Arabe متوسط
Portugais averroísta
Russe averroist
Japonais アベロイスト
Basque averroist
Corse averroistu
Source : Google Translate API
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