La langue française

Assertorique, assertoire

Sommaire

  • Définitions du mot assertorique, assertoire
  • Étymologie de « assertorique »
  • Phonétique de « assertorique »
  • Évolution historique de l’usage du mot « assertorique »
  • Citations contenant le mot « assertorique »
  • Traductions du mot « assertorique »

Définitions du mot « assertorique, assertoire »

Trésor de la Langue Française informatisé

ASSERTORIQUE, ASSERTOIRE, adj.

PHILOS. [Dans la philos. kantienne] Jugement assertorique ou assertoire. Synon. de jugement assertif* :
... quand on admettrait que nos jugements sont tous, nécessairement, au fond (...) problématiques, assertoriques, ou apodictiques (...) qu'est-ce que cela ferait à la méthode en elle-même? Proudhon, De la Création de l'ordre dans l'humanité,1843, p. 168.
P. ext., LOG. [En parlant d'une proposition] Qui est une assertion simple, sans opérateur modal, c'est-à-dire sans idée de nécessité, d'impossibilité ou de possibilité.
Rem. Attesté ds Rob. Suppl. 1970.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. − Seule transcription ds Littré : asèr-toi-r' ou a-sèr-to-ri-k'. 2. Forme graph. − Le mot n'est pas attesté ds Ac. 1932; Lar. encyclop. et Quillet 1965 admettent assertoire ou assertorique. 3. Hist. − Ac. Compl. 1842 donne uniquement assertorique; Ac. 1835 et 1878 n'enregistrent pas le mot; Littré et Guérin 1892 admettent assertoire ou assertorique; Lar. 19esignale s.v. assertoire : ,,on dit aussi assertorique`` et consacre à assertorique une vedette de renvoi à assertoire.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Assertorique 1838 philos. (Ac. Compl. 1842 avec renvoi à assertif [jugement assertif]); employé surtout dans le synt. jugement assertorique; 2. assertoire 1866 id., Lar. 19e. Adaptation (à l'aide des suff. -oire* et -oire* + -ique*) de l'all. assertorisch, mot forgé par Kant pour désigner les jugements qui peuvent être l'obj. d'une simple assertion à laquelle ne se joint aucune idée de nécessité. (Kant, Kritik der reinen Vernunft, éd. Reclam, p. 144 : Problematische Urteile sind solche, wo man das Bejahen oder Verneinen als bloß möglich [beliebig] annimmt. Assertorische, da es als wirklich [wahr] betrachtet wird. Apodiktische, in denen man es als notwendig ansieht.)
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Foulq.-St-Jean 1962. − Franck 1875. − Goblot 1920. − Lal. 1968. − Piguet 1960. − Spr. 1967.

Wiktionnaire

Adjectif

assertorique \a.sɛʁ.tɔ.ʁik\ masculin et féminin identiques

  1. (Philosophie) (Rare) Qui énonce une vérité de fait, sans la poser comme nécessaire.

Nom commun

assertorique \a.sɛʁ.tɔ.ʁik\ féminin

  1. (Philosophie) (Rare) Ce qui est énoncé comme une vérité de fait, sans être posé comme nécessaire.
    • Les sciences passent ainsi de l’assertorique (la simple constatation des faits) à l’apodictique (l’établissement des relations nécessaires). — (Michel Fabre, Situations-Problèmes et Savoirs scolaires, PUF, Paris, 1999)

Adjectif

assertoire \a.sɛʁ.twaʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Droit) Relatif à une assertion, au fait d'affirmer, d'assurer que.
    • Le serment se divisait en assertoire et en promissoire : le premier se faisait pour assurer une chose présente ou passée ; le second, pour garantir une promesse.
  2. (Philosophie) Chez Kant, qualifie un jugement qui peut être l’objet d’une simple assertion, à laquelle ne se joint aucune idée de nécessité.

Adjectif

assertoire \a.sɛʁ.twaʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Droit) Relatif à une assertion, au fait d'affirmer, d'assurer que.
    • Le serment se divisait en assertoire et en promissoire : le premier se faisait pour assurer une chose présente ou passée ; le second, pour garantir une promesse.
  2. (Philosophie) Chez Kant, qualifie un jugement qui peut être l’objet d’une simple assertion, à laquelle ne se joint aucune idée de nécessité.

Adjectif

assertoire \a.sɛʁ.twaʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Droit) Relatif à une assertion, au fait d'affirmer, d'assurer que.
    • Le serment se divisait en assertoire et en promissoire : le premier se faisait pour assurer une chose présente ou passée ; le second, pour garantir une promesse.
  2. (Philosophie) Chez Kant, qualifie un jugement qui peut être l’objet d’une simple assertion, à laquelle ne se joint aucune idée de nécessité.

Adjectif

assertoire \a.sɛʁ.twaʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Droit) Relatif à une assertion, au fait d'affirmer, d'assurer que.
    • Le serment se divisait en assertoire et en promissoire : le premier se faisait pour assurer une chose présente ou passée ; le second, pour garantir une promesse.
  2. (Philosophie) Chez Kant, qualifie un jugement qui peut être l’objet d’une simple assertion, à laquelle ne se joint aucune idée de nécessité.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

ASSERTORIQUE (a-sèr-to-ri-k') adj.
  • Voy. ASSERTOIRE.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « assertorique »

(Siècle à préciser) Dérivé savant du latin assertor (« celui qui affirme »), avec le suffixe -ique pour traduire l’allemand assertorisch, mot forgé par Kant.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « assertorique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
assertorique asɛrtɔrik

Évolution historique de l’usage du mot « assertorique »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « assertorique »

  • Le journaliste est muni de ses mots. Ses adversaires - un triumvirat d’intérêts collusoires - sont pourvus d’un arsenal braqué sur la vérité : ceux qui prétendent gérer l’économie mondiale en établissant un « ordre nouveau » fictif et élitaire au sommet ; ceux qui visent à maintenir des empires coloniaux rentables au milieu ; et bien au fond de ces structures vampiriques, les régimes dociles des pays débiteurs qui bavent comme les chiens de Pavlov quand leurs créanciers sonnent la clochette de l’aide étrangère. Nous espérons que nos mots « perdurent. » Ils le font sur la page imprimée, mais on les oublie. Ou alors ils laissent traîner derrière eux un fouillis de rhétorique qui n’a jamais su corriger la nature humaine, dompter les passions, maîtriser la haine, enrayer la violence. Ni l’affirmation de Nietzsche que « Dieu est mort », ni les satires de Lucien de Samosate ou l’athéisme assertorique de Rabelais, Kafka, Camus, Sartre, Rushdie, et Dawkins, n'ont réussi à détourner les hommes de leurs obsessions, et pas plus que les Dix Commandements n'ont pu supprimer le mal. Certaines illusions et certaines horreurs sont au-delà des mots. , Le pangolin, la chauve-souris, et le serpent - Le journal du Gers
  • (…) On trouve dans ce texte assertorique l'ensemble des grandes thématiques du néolocalisme et bien des alteractivistes des alter-lieux adhéreraient à nombre des pétitions de principe qu'il contient – ce qui conforte mon hypothèse d'un air du temps/air de l'espace localiste critique, qui fait pendant à celui de l'hyper-lieu mais en partage toutefois certaines des modalités (au premier chef l'hyperspatialité, mais aussi les logiques affinitaires et expérientielles). (…) Challenges, Michel Lussault, l'ancien responsable des programmes scolaires a démissionné avec fracas de l'Education Nationale - Challenges
  • C’était en 1995 et la France entière, en même temps qu’elle découvrait une nouvelle forme de félicité dans le pré, s’était gaussée de ce gaillard de Cantona, étonné des maux de ventre de Michel Serrault après un bon repas et balayant d’un revers assertorique des causes alimentaires parfaitement improbables d’un superbe : « C’est pas gras le confit de canard ! » SudOuest.fr, La graisse au corps
  • Voyez la Laure de Mirabeau, la Merteuil de Laclos, la Margot de Fougeret de Monbron et même la Juliette de Sade. Voyez et jugez s’il ne vaut pas mieux des femmes philosophes, sachant dénuder les mille ruses du pouvoir masculin et raisonner leurs propres plaisirs, des femmes amantes-épouses-mères libres et averties plutôt que des prudes hypocrites. Les féministes d’aujourd’hui diront que tous ces romans libertins longtemps relégués au second rayon ont été écrits par des hommes. C’est vrai mais jamais dans l’histoire de la littérature on aura trouvé autant de narratrices aventurières de leur désir et conteuses de leurs corps sachant percer les faux-semblants. Autant dire que le langage dans sa puissance assertorique, ses nuances et son obscénité, est au cœur de cette affaire dont mon petit doigt me dit (une intuition, en passant) que tous les pataquès actuels au sujet du « consentement » et les débats confus autour de la fameuse « zone grise » pourraient bien provenir d’un affaissement sans précédent des capacités de verbalisation de l’être humain. La Croix, L’art du libertinage
  • Fusaro consacre plusieurs pages à tenter de décrire voire de critiquer le refus de la « dialectique » par Heidegger à partir des écrits de Heidegger sur Hegel. C’est d’autant plus laborieux que sa propre conception de la « dialectique », liée au « sujet-objet » et par là ramenée à une « praxis » dont les conditions matérielles et humaines de possibilité et de nécessité sont incomprises, ne le permet guère. Et que Heidegger de son côté semble ne pas y avoir compris grand-chose : assertorique comme d’habitude, il refuse, mais n’analyse pas. Remarquons que Fusaro ne se sert pas de deux séries de textes de Heidegger sur Hegel : Être et Temps (§§ 58 et 82, qui font justement douter de ce que Heidegger a bien pu saisir sous le nom de « dialectique »), et le cours de 1934 sur Hegel et l’Etat, qui parle aussi de Marx, mais qui, il est vrai, est surtout accessible par l’exposé détaillé qu’en donne « Faye » …  Cela dit, on peut facilement résumer Heidegger à propos de la dialectique par ces mots : « l’être est le milieu qui ne médiatise pas » (Heidegger, GA 68, p. 46). Et toc. Club de Mediapart, Marx, Heidegger et Matteo Salvini. | Le Club de Mediapart
  • En fait d'ontologie, nous allons donc assister à une introspection partielle et partiale, présentée non comme telle, mais comme "analytique du Dasein". Après avoir introduit (en filigrane et de manière assertorique) les thèmes du temps et de l'histoire (dont nous parlerons plus loin) aux paragraphes 5 et 6, Heidegger revient une fois pour toutes dans ce dernier sur la question de l'ontologie, en dénonçant la "tradition" telle qu'elle s'est imposée après Platon et Aristote, comme marquée par son "oubli". Il faut donc procéder, c'est la tâche qu'il dit s'assigner, à la destruction de l'histoire de l'ontologie. Dans la traduction Vezin, le très clair Destruktion est équivoquement rendu par désobstruction, ce qui donne un parfum de plomberie à toute l'affaire, pas si faux dans son esprit : Heidegger nous annonce bien que, hormis quelques intuitions dessinées chez Kant (on en reparlera), toute cette "tradition" constitue une sorte de bouchon qu'il faut faire sauter – en le détruisant. Club de Mediapart, Résumé critique de Martin Heidegger : Etre et Temps, 1° partie (1 à 11). | Le Club de Mediapart

Traductions du mot « assertorique »

Langue Traduction
Anglais assertoric
Espagnol asertorico
Italien assertorio
Allemand assertorisch
Chinois 断言的
Arabe الجازم
Portugais assertórico
Russe ассерторическим
Japonais 主張する
Basque assertoric
Corse assertori
Source : Google Translate API
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