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Arianisme

Définitions du mot « arianisme »

Trésor de la Langue Française informatisé

ARIANISME, subst. masc.

Hérésie d'Arius (280-336), qui fut condamnée par le concile de Nicée en 325.
Doctrine inspirée de l'arianisme historique (arianisme ou néo-arianisme). Découvrir, combattre l'arianisme :
1. On sait qu'il [Milton] estimait plus le second de ses poëmes, le Paradis reconquis, que le premier, le Paradis perdu; ou plutôt, par cette préférence, il voulait signaler le lien intime de ces deux poëmes. Car, à ses yeux, le premier n'était que le préambule du second, où Adam, devenu Jésus, conquiert l'arbre de vie, de même que, dans le premier, Adam perd la vie en touchant à l'arbre de science. Pour ce grand poëte, en effet, Jésus est aussi bien l'homme ou l'humanité qu'Adam, et de là l'accusation d'Arianisme qu'on a portée contre lui. P. Leroux, De l'Humanité,t. 2, 1840, p. 550.
2. Un vieil habitant de la ville m'a aidé à trouver la pierre de Jansénius parmi celle des autres évêques d'Ypres. Ils n'ont pas osé supprimer ses armes. Mais il est certain que le prédestinianisme dut être haï aux Pays-Bas espagnols, comme doctrine hollandaise, de même que l'arianisme fut haï en Hollande, comme pélagianisme jésuitique. Michelet, Sur les chemins de l'Europe,1874, p. 222.
PRONONC. : [aʀjanism].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1568 arianisme (Cl. Despence, Apophtegmes ecclesiastiques, II, 92 ds Fr. mod., t. 5, p. 70, sans attest.); 1584 (Thevet, Hommes Illustres, 178 ds Quem. : Aucuns ont pris occasion de dire que Constantin s'est laissé emmuseler de l'arrianisme). Dér. du rad. du lat. Ariani « les Ariens » (cf. Arien); suff. -isme*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 9.
BBG. − Bouyer 1963. − Foi t. 1 1968. − Marcel 1938. − Nelli 1968.

Wiktionnaire

Nom commun

arianisme \a.ʁja.nism\ masculin

  1. (Religion) Doctrine hérétique des débuts du christianisme des sectateurs d’Arius, qui niait la consubstantialité de Jésus-Christ avec Dieu-le-Père.
    • Car si les Goths, les Francs et les Burgondes embrassèrent le christianisme, ils le firent d’une manière superficielle et ils se laissèrent facilement gagner aux hérésies, en particulier à l’arianisme. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ARIANISME. n. m.
Doctrine hérétique des sectateurs d'Arius, qui niait la consubstantialité du Fils avec le Père.

Littré (1872-1877)

ARIANISME (a-ria-ni-sm') s. m.
  • Hérésie des ariens.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ARIANISME, s. m. (Théol. Hist. ecclés.) hérésie d’Arius & de ses sectateurs. L’arianisme est une hérésie ancienne dans l’Eglise. Arius, prêtre de l’église d’Alexandrie, en fut l’auteur au commencement du iv. siecle. Il nioit la consubstantialité, c’est-à-dire, l’égalité de substance du Fils avec le Pere dans la sainte Trinité, & prétendoit que le Fils étoit une créature tirée du néant & produite dans le tems. Voyez Anti-Trinitaires & Consubstantiel.

Les Ariens convenoient que le Fils étoit le Verbe : mais ils soûtenoient que le Verbe n’étoit point éternel. Ils lui accordoient seulement une priorité d’existence sur les autres êtres créés. Ils avançoient encore que le Christ n’avoit rien de l’homme en lui que le corps, dans lequel le Verbe s’étoit renfermé, y opérant tout ce que l’ame fait en nous. Arius après avoir soûtenu de vive voix ces erreurs à Alexandrie, les répandit dans tout l’Orient par ses écrits, & sur-tout par celui qu’il intitula Thalie. Voyez Apollinaires, Trinité, Fils, Pere, &c.

Cette hérésie fut anathématisée dans le premier concile de Nicée, tenu en 325. On dit même qu’il y eut un ordre de Constantin qui condamnoit à mort quiconque ne brûleroit pas tous les ouvrages d’Arius qui lui tomberoient entre les mains. Mais les foudres lancées alors contre elle, ne l’anéantirent pas ; elle prit au contraire de nouvelles forces, & fit en Orient des progrès aussi étendus que rapides : ses ravages ne furent pas si terribles en Occident. Un grand nombre d’évêques d’Orient étoit déjà tombé dans cette erreur ; ceux d’Occident étoient inclinés par l’autorité de l’empereur Constance, & séduits par les propositions artificieuses des deux évêques Ariens, Valens & Ursace, qui leur firent entendre que pour rendre la paix à l’Eglise, il n’étoit question que de sacrifier les termes amphibologiques, inventés par les Peres du concile de Nicée, οὐσια, ὁμοούσιος, ὑπόστασις, termes nouveaux, ajoûtoient ils, qu’on ne trouvoit point dans l’Ecriture, & qui scandalisoient & jettoient en perplexité les esprits foibles ; quelques Occidentaux eurent donc la foiblesse de souscrire à une formule Arienne, tandis que les Ariens assemblés à Seleucie, & dans un conciliabule qu’ils tinrent à Nicée, firent la même chose. Par cette supercherie, le monde, dit S. Jérome, fut étonné de se trouver tout-à-coup Arien. Une paix fondée sur un mal-entendu ne pouvoit être durable. La plûpart de ceux qui avoient signé la formule de Rimini, reconnurent leur faute & la réparerent. L’Eglise ne manqua de défenseurs ni en Orient, ni en Occident ; & les Ariens malgré leur nombre & leurs intrigues, virent la plus grande & la plus saine partie des évêques soûtenir généreusement la foi de Nicée. Les termes οὐσια & ὁμοούσιος furent rétablis dans leurs premiers droits, & les expressions ambiguës sous lesquelles l’erreur se cachoit, proscrites. On disputa un peu plus long-tems sur le mot ὑπόστασις : mais dans un concile tenu à Alexandrie en 362, S. Athanase accorda le différend qui étoit à cet égard entre les Catholiques.

Il paroît que du tems de S. Grégoire de Nazianze, les Ariens dominoient à la cour & dans la capitale, où ils reprochoient aux Orthodoxes leur petit nombre ; & c’est ce qui donna lieu apparemment à ce pere de commencer son vingt-cinquieme discours contre les Ariens par ces mots : Où sont ceux qui nous reprochent notre pauvreté ; qui prétendent que la multitude du peuple fait l’Eglise ; qui méprisent le petit troupeau ? &c. exagération visible de la part des Ariens, puisque tous les monumens de ce tems-là font foi qu’ils avoient très-peu de partisans en Occident, & que les Catholiques les égaloient au moins en nombre dans l’Orient.

L’arianisme y fut enfin abattu sous le grand Théodose ; ensorte qu’à la fin du IV. siecle, les Ariens se trouverent réduits par les lois des empereurs à n’avoir plus ni églises, ni évêques dans toute l’étendue de l’empire Romain. Les Vandales porterent cette hérésie en Afrique, & les Visigots en Espagne : c’est où elle a subsisté le plus long-tems sous la protection des rois qui l’avoient embrassée ; mais ceux-ci l’ayant enfin abjurée, elle s’y éteignit aussi vers l’an de Jesus-Christ 660.

Il y avoit près de 900 ans qu’elle étoit ensevelie sous ses ruines, lorsqu’au commencement du XVI. siecle Erasme, dans son commentaire sur le nouveau Testament, parut avoir dessein de l’en tirer. Ses ennemis ne manquerent pas de l’accuser d’avoir semé dans cet ouvrage des interprétations & des gloses Ariennes, avec d’autres principes favorables à la même hérésie. La seule réponse qu’il fit à ces imputations, c’est qu’il n’y avoit point d’hérésie si parfaitement détruite que l’arianisme, nulla hæresis magis extincta quam Arianorum : ce n’étoit point assûrer qu’elle ne renaîtroit pas, ni qu’on n’eût nulle envie de la ressusciter. En effet, en 1531 Michel Servet, Espagnol, publia un petit traité contre le mystere de la Trinité. Après avoir dogmatisé en Allemagne & en Pologne, il vint à Geneve, où Calvin le fit brûler. Servet se montra plûtôt Photinien qu’Arien. La seule chose qu’il avoit de commun avec les Ariens, c’est qu’il se servoit des mêmes armes qu’eux pour combattre la divinité de Jesus-Christ ; je veux dire des mêmes passages de l’Ecriture & des mêmes raisonnemens : mais le but & le fonds de son système étoient différens. Voyez Servetistes.

On ne peut pas dire proprement que Servet eût des sectateurs : mais il est vrai qu’après sa mort on vit paroître à Geneve un nouveau système d’arianisme, élevé sur ses principes, mais avec plus d’art & de finesse que le sien. Ces nouveaux Ariens donnerent beaucoup d’occupations à Calvin, parce qu’il leur avoit lui-même enseigné la voie de prendre son esprit particulier pour interprete & juge du véritable sens des Ecritures. Cette secte passa de Geneve en Pologne, où elle fit des progrès considérables : à la longue elle dégénéra en socinianisme. Voyez Sociniens.

On accuse le savant Grotius d’avoir favorisé l’arianisme dans ses notes sur le nouveau Testament. Il est certain qu’il y éleve tellement le Pere au-dessus du Fils, qu’on seroit tenté de croire qu’il le regardoit comme le seul Dieu tout-puissant, & qu’en cette qualité il lui accordoit une grande supériorité sur le Verbe. Cela supposé, il auroit plus penché vers l’hérésie des Semi-ariens que vers celle des Ariens. Voyez Ariens & Semi-ariens.

L’arianisme moderne étant une secte anti-chrétienne, n’est toléré ni à Geneve, ni dans les cantons Suisses, ni dans le Nord, ni en Angleterre, à plus forte raison dans les pays Catholiques. On le professe ouvertement en Turquie, parce que les Mahométans ne croyent pas la divinité de Jesus-Christ. Au reste si nulle hérésie ne s’enveloppe & ne se défend avec plus de subtilité, on peut dire qu’aucune n’a été ni mieux démêlée, ni combattue avec plus d’avantage par les Théologiens, tant protestans que catholiques. (G)

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Étymologie de « arianisme »

Du radical latin Ariani (« ariens ») avec le suffixe -isme.
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Phonétique du mot « arianisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
arianisme arjanism

Évolution historique de l’usage du mot « arianisme »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « arianisme »

  • Le 20 mai 325, tous les évêques de l'Empire romain se retrouvèrent à Nicée en Bithynie, sur convocation de Constantin Ier. Chargés de résoudre les problèmes qui divisaient alors les Églises, ces évêques inauguraient ainsi le premier concile oecuménique de l'histoire. Un concile qui durera jusqu'au 25 juillet 325 et qui fera date puisque c'est à Nicée que l'arianisme, qui divisait les églises d'Orient est condamné et que les relations qui unissent Dieu le Père à son Fils Jésus sont clarifiées. En témoigne, la composition d'une profession de foi commune à tous les chérteins : le symbole de Nicée, qui est l'ancêtre de notre Credo. Un épisode à haute densité théologique qui vous est raconté aujourd'hui par Laurent Verpoorten. , Le concile de Nicée - Mais qui donc est Dieu ?
  • L’exposition évoque le parcours et la culture de ces mal-aimés qui avaient aussi le « défaut » d’avoir choisi l’arianisme comme religion, une variante du christianisme considérée comme hérétique par les « trinitaires ». Apparus dans le nord de la Pologne au Ier siècle, les Wisigoths se déplacent ensuite vers la mer Noire, d’où ils sont délogés par l’irruption des Huns. S’ensuit une longue migration vers l’Ouest, qui les fait entrer dans l’Empire romain auquel ils sont militairement capables de tenir tête – ils pillent d’ailleurs Rome en 410. Quelques années après, on les retrouve en Aquitaine où ils obtiennent, légalement, des terres. C’est le royaume méconnu de Toulouse, qui durera près d’un siècle, de 419 à 507. A cette date, les Francs de Clovis prennent l’ascendant sur les Wisigoths, qui se replient vers la Septimanie et, surtout, la péninsule Ibérique. Le Monde.fr, Les Wisigoths, un peuple mal connu et hors du récit national français
  • Une fois tous ces évêques réunis, que va-t-il se passer ? Négativement, l’arianisme est rejeté. Positivement, une juste interprétation des Écritures est affirmée. Pour demeurer fidèle au témoignage des Apôtres sur Jésus et sur son œuvre de salut, les pères soutiennent que le Verbe de Dieu, Lui qui est venu dans la chair, doit être dit consubstantiel à Dieu le Père. Qu’est-ce à dire ? Qu’il forme une seule substance avec lui ou encore qu’il est un seul Dieu avec lui. Le concile indique ainsi que le témoignage des Apôtres et de l’Église primitive est formel : celui qui a vécu parmi les hommes, s’est offert sur la Croix et est ressuscité d’entre les morts est Dieu lui-même. Toute interprétation de l’Évangile modifiant cette incroyable révélation réduirait à néant le salut obtenu en Jésus-Christ. Dans le déroulement de l’histoire, il se trouve que l’arianisme ne disparaîtra pas immédiatement après le concile de Nicée. Néanmoins, les 318 pères de Nicée ont alors rappelé la vérité de la foi contre une vision rationaliste de la révélation biblique. Leur enseignement s’offre à nous encore aujourd’hui. Comme nous y invite le Commonitorium de Vincent de Lérins au Ve siècle, saurons-nous reconnaître que nous sommes des fils invités à ne pas oublier les enseignements de nos pères (cf. Pr 3, 1) ? Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Un concile peut-il déterminer que Jésus est Dieu ?
  • Dès la mise en application d’un dogme, l’histoire religieuse nous apprend qu’on en vient, par voie de conséquence, à la traque à l’hérésie. L’hérésie, au temps béni du Covid-19, ce ne furent ni l’arianisme, ni le gnosticisme, ni le manichéisme, réfutés et condamnés en leur temps par l’Eglise naissante, mais le complotisme. Fut taxé de complotiste, pendant près de deux mois, tout quidam un peu agité recherchant sur YouTube un complément d’information ou une perspective alternative à la doctrine matraquée par les médias mainstream. Alain Soral, Jean-Jacques Crèvecœur, Jean-Dominique Michel, Christian Combaz, Alexis Cossette, Michel Onfray, André Bercoff, Martial Bild figurent peut-être parmi les figures les plus actives de ce « camp d’en face » dans la sphère francophone. Eux qui, pour des raisons d’ailleurs très diverses et dans des rôles très différents, ont très tôt basculé dans l’hérésie, dénonçant la gestion, l’exagération et/ou l’instrumentalisation de la crise par le « système » politico-médiatique. Chiffres truqués, mensonges d’Etat, manipulation de masse, scandale médical, conflits d’intérêt, corruption généralisée, désinformation, tout y est passé et il se pourrait bien, au final, que tout ait été, sinon vrai, du moins fondé dans leurs critiques parfois au vitriol. AgoraVox, Du Saint-confinement : réflexions sur le coronavirus à la lumière des Saintes écritures - AgoraVox le média citoyen
  • Prenons l’exemple de Marcion, excommunié en 144. Chez lui, le dualisme incline vers une négation de l’humanité du Christ : il prit un corps humain, mais ce n’était qu’apparence car la matière est mauvaise. La doctrine de Marcion comporte des éléments de tendance gnostique, dualiste et docétiste. À l’inverse, certains hérétiques diminuent la divinité de Jésus. Ainsi l’arianisme : Arius considère que si le Père a engendré le Fils, l’existence de celui-ci n’est pas éternelle. Arius fut condamné par le premier concile de Nicée (325), qui affirme que le Christ est « engendré, non pas créé, consubstantiel au Père ». La Croix, Les hérésies dans le christianisme
  • À cette période, le christianisme est une religion qui progresse. Alors qu’auparavant on regardait les chrétiens comme une mauvaise engeance, en 313, grâce à l’édit de Milan, l’empereur a mis fin à leur persécution. En guerre contre un rival, il aurait vu dans le ciel un signe lumineux représentant le Christ et voue depuis une sympathie certaine aux chrétiens. À présent, il souhaite aller plus loin. En effet, la thèse d’un certain Arius a rencontré de nombreux adeptes. Selon lui, Jésus n’est pas de la même nature que Dieu mais il est subordonné à son créateur. Les débats théologiques passionnent les habitants de l’Empire – on raconte même qu’on discute théologie jusque chez les commerçants. Constantin craint un schisme qui bouleverserait l’unité de l’empire. C’est pourquoi il a convoqué ce rassemblement inédit qui retentira pendant des siècles. Il a pour objectif d’établir l’unité de l’Église en orient comme en occident et de résoudre le problème de l’arianisme. Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Le jour où le concile de Nicée s’est ouvert

Traductions du mot « arianisme »

Langue Traduction
Anglais arianism
Espagnol arrianismo
Italien arianesimo
Allemand arianismus
Chinois 种族主义
Arabe الآريوسية
Portugais arianismo
Russe теория превосходства арийской расы
Japonais アリアニズム
Basque arianism
Corse arianisimu
Source : Google Translate API

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