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Appareil psychique

Définitions de « appareil psychique »

Wiktionnaire

Locution nominale - français

appareil psychique \a.pa.ʁɛj psi.ʃik\ masculin

  1. (Psychologie) Modèle figuratif de l’esprit, composé d’instances.
    • À l’image de l’appareil organique, l’appareil psychique est également tiré de sa léthargie par le désir ; Le désir court toujours après l’objet qui lui donnerait la jouissance et le livrerait à la force de la mort. — (Alain Houziaux, La psychanalyse peut-elle guérir ?, L’Atelier, 2005, page 96)
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Étymologie de « appareil psychique »

(1900) Expression de Sigmund Freud dans L’Interprétation des rêves.
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Phonétique du mot « appareil psychique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
appareil psychique aparɛj psiʃik

Évolution historique de l’usage du mot « appareil psychique »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « appareil psychique »

  • Nous avons vu comment, à l'écoute quotidienne de ses patients et à l'écoute des formations de son propre inconscient (rêves, lapsus, actes manqués et symptômes), Freud s'est mis à élaborer une théorie de l'appareil psychique. Il envisage d'abord que l'Inconscient, le Préconscient et le Conscient divisent le psychisme en trois lieux différents. Ces trois lieux ne sont pas statiques. Ils luttent en permanence l'un contre l'autre. L'Inconscient, notre mémoire refoulée qui lutte pour faire parvenir à notre conscience le souvenir des blessures de l'enfance, se voit interdire l'accès à cette conscience par une opposition farouche de la part de la Censure. Le sujet veut être reconnu pour toutes les blessures qu'il a subies dans son enfance en cherchant surtout une reconnaissance, et la censure bloque ce retour du refoulé pour protéger la conscience, occupée elle à travailler. Parce que la censure baisse pendant la nuit, l'inconscient prend le dessus : c'est le rêve, qui revendique la reconnaissance du sujet. Parce que la censure augmente pendant le jour, c'est le refoulement qui prend le dessus.L'énergie qui se dégage dans cette lutte est de deux natures : l'énergie libre et l'énergie liée. Dans l'inconscient, l'énergie s'écoule librement d'une représentation (pensée) à une autre. Elle se déplace entre deux représentations liées entre elles par un chaînon associatif. L'énergie de plusieurs présentations peut aussi se condenser sur une seule qui représente alors toutes les autres. Le déplacement et la condensation constituent les deux mécanismes essentiels à la compréhension du rêve, du lapsus et du symptôme. On les retrouve aussi à la base des deux figures linguistiques majeures que sont la métaphore et la métonymie, auxquelles Lacan donnera toute leur importance comme on le verra par la suite.En revanche, dans le système préconscient conscient, l'énergie va se lier de façon stable aux représentations. Freud donne l'exemple de l'activité de penser qui nécessite un investissement énergétique élevé sur les idées en cause et un minimum de déplacement par ailleurs. L'attention est ainsi expliquée par ce surinvestissement énergétique qui nécessite la mise en veilleuse des processus inconscients.Progressivement, on s'achemine vers l'hypothèse non seulement de lieux psychiques différents (topique), en conflit entre eux (dynamique), mais aussi de deux modes de fonctionnement différents de l'appareil psychique (économique) : les processus primaires, qui caractérisent l'inconscient, et les processus secondaires, qui régissent le système préconscient conscient.Avant d'aller plus loin, une remarque ici s'impose à l'adresse du lecteur.D'abord, le lecteur ne doit pas s'y méprendre et considérer qu'il y aurait une quelconque cartographie cérébrale correspondant à cette topique freudienne, cherchant ainsi à joindre la biologie à la psychanalyse. N'oublions pas que Freud y renonça dès 1897. Par ailleurs, il appellera sa métapsychologie sa « fée ou sorcière métapsychologie » pour souligner que la métapsychologie l'aide à trouver un contenant pour tous les éléments cliniques qu'il observait. En partant des signes cliniques qui s'imposaient à lui, il cherchait à leur trouver une place dans sa métapsychologie. Et lorsque des éléments nouveaux apparaissaient, il n'hésitait pas à modifier cette métapsychologie. Comme par exemple lorsqu'il suppose l'existence de la pulsion de mort, qu'il oppose aux pulsions de vie, et qu'il remplace la première topique, inconscient, préconscient et conscient, par le ça, moi et surmoi. Ici des questions purement théoriques se posent : la deuxième topique remplace-t-elle et efface-t-elle la première ?Sur ce point, Freud avait une grande souplesse théorique. Il appelait aussi sa métapsychologie « Mon enfant idéal, mon enfant problème ». Il avait un grand souci de transmission de la psychanalyse et il ne pouvait le faire en racontant purement et simplement le contenu de ses séances. Il fallait bien une théorie. En même temps, la transmission de la théorie psychanalytique posait un problème aux élèves. La conclusion s'imposait : Freud était en avance sur les élèves. Non pas sur le plan intellectuel évidemment, mais sur le plan analytique, dans le sens où c'est l'analyse personnelle qui permet de franchir les résistances, de même que la résistance à la théorie est la même que la résistance au retour du refoulé. Comme exemple principal, le temps qu'a mis Freud pour passer de la théorie de la séduction à la théorie du fantasme, en sachant que la théorie de la séduction était son ultime défense d'analysant qui refusait de voir son propre complexe d'Œdipe.Cette digression sur le statut de la théorie en général était nécessaire afin que le lecteur puisse s'y retrouver. La prochaine fois, nous continuerons à développer le concept de Processus primaire et de Processus secondaires. L'Orient-Le Jour, La conception freudienne de l’appareil psychique – 4 - - L'Orient-Le Jour
  • Dans un premier temps, en 1895, Freud conçut le Projet d'une psychologie scientifique, ou la «psychologie à l'usage du neurologue». Son intérêt pour une théorie de l'inconscient était déjà en germe, mais il ne savait pas comment le formuler, avec quels outils le faire. Il voulait aussi être reconnu par le monde scientifique. Dans L'interprétation des rêves, publié en 1900, le chapitre VII, «Psychologie des processus du rêve» est considéré comme la première ébauche théorique de l'appareil psychique. Cette publication peut être considérée comme le premier essai de Freud pour donner au public la possibilité d'évaluer sa méthode, la psychanalyse, et sa théorie psychique de l'inconscient.Au fur et à mesure du déroulement de sa relation à Fliess, qu'on considère comme la première analyse, «l'analyse originelle», dans laquelle il a pu aller le plus loin possible dans la découverte de son propre inconscient, Freud mesurait la réalité de l'universalité de l'inconscient. Cela n'aurait pas pu être possible s'il n'y avait pas en même temps le développement de ses observations cliniques dans le cadre de sa clientèle privée. En effet, Freud était quotidiennement en présence de ce qui sera appelé plus tard par Lacan les « formations de l'inconscient ». Les formations de l'inconscient au sens où il n'y a pas d'accès direct à l'inconscient, parce que l'être humain le combat et cherche en permanence à l'oublier, mais à ce qu'il produit comme formations : autant ses propres rêves que ceux de ses patients, les lapsus, les actes manqués et les symptômes, vont le mettre sur la voie d'un inconscient universel et non plus seulement maladif comme le pensait Pierre Janet (1959-1947). Pour Pierre Janet, les « états seconds » que l'on constatait chez les hystériques répondaient à une conception de l'hystérie basée sur une notion d'insuffisance et que s'il existait un lieu psychique clivé de la conscience, ce lieu était anormal et ne se retrouvait que chez les malades.Freud va établir ainsi un pont entre le « normal » et le « pathologique », ce qui ne lui sera jamais pardonné. Considérer l'inconscient comme propre aux maladies mentales convient à la pensée politiquement correcte, mais pas le fait que l'inconscient est universel. Ni que la différence entre l'homme malade et l'homme sain soit quantitative et non pas qualitative. Aujourd'hui encore, on continue à crier au scandale et à « l'imposture » parce que la psychanalyse a découvert le caractère universel de l'inconscient autant chez l'homme « sain » que chez l'homme névrosé et parce que le contenu de ce qui est oublié activement dans cet inconscient est lié au sexe et à la mort. Aussi que l'inconscient est un lieu psychique clivé de la conscience mais qui détermine 90 % de nos actes et de nos pensées. On continue de crier au scandale parce que «Le moi n'est pas le maître en sa demeure». Avec l’inconscient, Freud venait d'administrer la troisième giffle narcissique à l'homme, après Copernic et Darwin. Copernic ayant démontré que la terre tournait autour du soleil et pas l'inverse, et Darwin que nous descendons du singe et que l'espèce humaine n'est pas à l'origine. Ces trois gifles narcissiques indiquent bien que chaque découverte scientifique qui montre que l'homme n'est pas au centre, sera combattue férocement.Allant plus loin encore, Freud allait montrer, d'une part, que ce lieu psychique clivé de la conscience était dû à un oubli actif de la part l'homme, oubli qu'il allait appeler refoulement et, d'autre part, que les pensées inconscientes consignées dans ce lieu étaient des pensées sexuelles, ou liées à la mort et surtout des souvenirs liés à l'enfance.Le deuxième pas fait par Freud fut de constater que la remémoration de ces souvenirs oubliés provoquait une décharge émotionnelle : l'abréaction. Pendant un certain temps, le but thérapeutique fut la recherche de cette abréaction par laquelle le patient se libérait d'un souvenir traumatique, d'un événement devant lequel il n'avait justement pas pu réagir. C'était la méthode cathartique, méthode utilisée, comme nous l'avons déjà vu, par Breuer et Freud pendant une quinzaine d'années, de 1880 à 1895. Cette purgation ou purification qu'était la catharsis devait progressivement laisser la place au travail d'élaboration accompli dans la cure par le patient, travail par lequel les éléments refoulés reprenaient leur place dans la vie psychique consciente. Cette restitution et réintégration du passé dans le champ de la conscience faisait du patient un sujet actif de son histoire, un sujet réécrivant son histoire et non plus un sujet passif qui a subi cette même histoire.Nous verrons la prochaine fois le rôle du refoulement et ce qui en découle.Dans la même rubrique L'Orient-Le Jour, La conception freudienne de l’appareil psychique -1- - L'Orient-Le Jour
  • Montée de personnalités politiques « perverses », toute-puissance des entreprises, détresse au travail, humeurs des marchés... Voilà autant de manifestations de l'appareil psychique dans l'économie que de signes d'un dérèglement profond dû au « délitement des instances » propre au capitalisme, selon le philosophe bien connu. Écoutez l'auteur de L'économie psychique expliquer à Marie-Louise Arsenault comment cette crise nous porte vers « un impératif de la jouissance désespérée ». , La crise de l’économie de nos pulsions vue par Alain Deneault

Images d'illustration du mot « appareil psychique »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

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