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Apodose

Définitions du mot « apodose »

Trésor de la Langue Française informatisé

APODOSE, subst. fém.

GRAMM. Proposition principale placée après une proposition conditionnelle appelée protase. S'il pleut (protase), je ne pourrai venir vous voir (apodose).
RHÉT. Second membre d'une période dont le premier est appelé protase. ,,Partie concluante d'une période, qui constitue une responsion (gr. apo-dosis) à l'amorce, dite protase.`` (Mar. Lex. 1933, p. 30).
P. anal., MUS. :
La partie montante de la phrase musicale donnée est la protase, la partie descendante est l'apodose. A. Mocquereau, Le Nombre musical grégorien,t. 2, 1927, p. 516.
PRONONC. : [apɔdo:z].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1771 (Trév. ... Fig. de rhét.). Empr. au gr. α ̓ π ο ́ δ ο σ ι ς « don, paiement en retour »; rhét. « partie en retour (descendante) de la phrase » p. oppos. à la π ρ ο ́ τ α σ ι ς.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Gramm. t. 1 1789. − Mar. Lex. 1933. − Mar. Lex. 1961 [1951]. − Springh. 1962.

Wiktionnaire

Nom commun

apodose \a.pɔ.doz\féminin

  1. (Littéraire) (Vieilli) Seconde partie d’une période.
    • Une période peut s’enrichir de deux autres membres : l’antapodose, qui prolonge sémantiquement la protase, et la clausule, qui suit l’apodose et amène la conclusion sémantique.
    • Chacune comprend une protase savamment stylisée décrivant les différents cas qui peuvent se présenter et une apodose indiquant la sanction à appliquer sur le plan civil et criminel. — (Walther Zimmerli, Esquisse dʼune théologie de lʼAncien Testament , 1990)
  2. (Rhétorique) Proposition principale placée après la conditionnelle.
    • «S’il le faut vraiment, je partirai» est une apodose plus simplement on dit « je partirais, s’il le faut vraiment».
  3. (Divination) Dans l’art divinatoire sumérien, conséquence à une proposition nommée protase.
    • Le devin prédit que si telle chose se passe (protase), alors il adviendra telle autre chose (apodose).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

APODOSE (a-po-dô-z') s. f.
  • Terme de rhétorique. Le second membre de la phrase, par rapport au premier qu'on nomme protase.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « apodose »

Ἀπόδοσις, restitution, de ἀπὸ, re, et δόσις, don (voy. DOSE).

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Du latin apodosis.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « apodose »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
apodose apɔdɔs

Évolution historique de l’usage du mot « apodose »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « apodose »

  • Abdelouahad Mabrour souligne : « Sur le plan syntactico-rythmique, la chute met en œuvre deux notions très utiles à cet effet : la protase et l’apodose ». , La brachylogie sous la direction de Patrick voisin – L'initiative
  • Dans les cas des "foies de Mari" — comme est appelé l’ensemble conservé au Louvre —, il semble que la forme même des foies ait fait partie de la protase, alors que les inscriptions constituaient l’apodose. "Ces foies de mouton sont en effet tous différents, explique Julien Curie. Nous nous interrogeons donc sur l’existence possible d’une relation entre cette diversité et la nature des présages décrits." Ainsi, selon les anomalies relevées sur les foies, les oracles auraient pu prédire la nature des événements à venir selon une formule simple qui pourrait se résumer à "si telle partie du foie présente telle forme, telle chose se produira". Le jeune chercheur mène ainsi des analyses morphométriques destinées à modéliser ces formes pour procéder à des comparaisons. Sciences et Avenir, Ces énigmatiques foies divinatoires sumériens - Sciences et Avenir
  • « Le film est environ pour moitié en prose et pour moitié en vers. C'est difficile d'être précis parce que c'est très emmêlé, je souhaitais qu'il n'y ait rien de systématique : parfois une scène plus informative qu'on imaginerait prosaïque est en vers. Mais la première scène de rupture, elle, est en prose. Ça dépend de la musique intérieure de la scène… A l'intérieur des vers, il y a 75 % d'alexandrins, le reste ce sont des octosyllabes. L'alexandrin reste le rythme le plus naturel de la poésie, parce que dans l'octosyllabe la rime est plus fréquente, ça fait presque comme une chanson. Dans l'alexandrin, il peut y avoir des rimes internes, mais faut être balèze ! J'utilise un alexandrin de théâtre : les tirades sont très structurées, avec protase, qui est l'exposition, acmé, le point extrême de tension du propos, et apodose, où l'on tire les conclusions de ce que l'on vient de dire. A quoi servent les vers ? Ils permettent de s'échapper dans le monde des idées, qui pour moi n'est pas moins réel que celui des actions. Ils apportent une expressivité plus forte, et une palette de sentiments plus précise. Pour moi, il peut y avoir le même degré d'intensité dans une tirade que dans une grosse scène d'action d'un film américain, avec, je ne sais pas, un hélicoptère en feu, des effets spéciaux, etc. » Télérama.fr, Cannes 2016 - Grégoire Leprince-Ringuet : “Un film en vers ? On me regardait comme si j'annonçais que j'avais un cancer…” - Festival de Cannes 2016 - Télérama.fr
  • (I, 193) Si je pouvais faire un effort, un effort d’attention, pour essayer de savoir ce qui se passe, ce qui m’arrive, quoi alors, je ne sais pas, j’ai oublié l’apodose […]. Étrange, ces phrases qui meurent on ne sait pas pourquoi […]. , L’expérimentation syntaxique, le gauchissement de la langue & une petite histoire de la représentation de la langue orale dans la littérature (Acta Fabula)
  • Le prodige du poème tient à la distribution du souffle d’une phrase unique dans les unités d’une forme. Tout se passe comme si Ronsard y inventait le sonnet, pratiqué d’abord par les Italiens, et ses proportions étranges. L’invocation aux éléments remplit les deux premiers quatrains (« Ciel, air et vent… »), la proposition causale épouse le premier tercet (« Puisqu’au partir […], l’adieu je n’ai su dire… »), la proposition principale épouse et conclut le second (« Je vous supplie […], dites-le lui pour moi »). La logique de l’énoncé, à mesure qu’elle se déploie, produit le sens de la forme comme le souffle de Dieu dans les narines d’Adam se répand à tout son corps et anime un à un ses membres. La respiration de la phrase (adresse, protase, apodose) est l’âme de la forme vide (2 quatrains et deux tercets) à laquelle elle donne vie en la changeant en forme-sens. La syntaxe de Ronsard naturalise le sonnet, qui est une forme d’emprunt dont l’introduction en France (voir le Quintil Horatian) rencontrait alors bien des résistances. Loin du divorce dont nous parlions entre lyrisme et formalisme, la beauté de « Ciel, air et vents… » tient à l’alliance qu’il instaure entre un souffle et une forme. L’invocation aux éléments participe de cette alliance : déployée dans les quatrains par un procédé d’auxèse et d’adjectivation constante, cette invocation se retrouve sous une forme concentrée — une brève liste de noms — dans la toute dernière strophe. Elle se développe et puis s’enveloppe. Ce sont deux formes rhétoriques : d’abord une amplificatio et puis une reductio ; mais ces deux formes rhétoriques miment la respiration, les poumons qui s’enflent et se vident, diastole et systole des souffles vitaux. Quand nous étions encore des arbres, nous respirions en dehors, épars dans nos frondaisons. Ces branchages ravalés, ce sont aujourd’hui nos bronches. Un arbre respire en nous. DIACRITIK, Petits poëmes en pause: #9. Ronsard en plein air
  • Oh ! Ce n’est pas que Bernard-Henri Lévy imagine qu’il soit un penseur si absolu que son tableau universel des confréries de la pensée artistique soit totalement clos, et définitif. Peut-être, qu’en effet, il y aura des nouveaux venus et des phénomènes radicalement neufs, des événements d’une clarté d’aurore. Mais, justement, comme des branches cousines, ce seront, certes, des tribus exotiques ou des fils prodigues, mais alors, on ne pourra les définir qu’avec, ou contre, les clans déjà en place. Il y aura des «nouveaux» (les nouveaux maurrassiens, les nouveaux jeffersonniens, les nouveaux iconoclastes). Il y aura des avatars, et des imitateurs. S’enfanteront des Golems horribles, et des apostats perdus. Prendront place des «contre» et des «anti», succédant aux «néo». S’agit-il d’une preuve de prétention à la perfection, ou d’une volonté, réductrice, de clôture ad vitam eternam ? Je crois plutôt qu’il s’agit, chez Bernard-Henri Lévy, d’une croyance, dans la droite ligne d’un XVIIème glorieux, en une humanité qui, au fond, si elle meurt, s’écoule, se ressource, de génération en génération, ne change vraiment jamais, c’est, chez lui, cette croyance qu’il y a, certes, bien des exemplaires, mais assez peu de moules, dans cette grande forge de l’âme humaine. On a souvent  dit  Lévy  classique, pour son maniement, en effet plein de panache, de l’asyndète et de l’apodose ; je le crois, c’est certain, classique, mais dans cette vision de la polyphonie philosophique  réduite à quelques figures essentielles, à une poignée de caractères. Bernard-Henri Lévy, depuis trente ans, nous décrit les caractères, au sens de La Bruyère, de la pensée, dans la métaphysique ou l’esthétique ; des caractères, c’est-à-dire ce petit nombre d’idéaux-types de l’âme, l’avare, le vaniteux, le Grand, le distrait, le concupiscent, qui sont là, pour toujours, et depuis si longtemps, parce qu’il en est ainsi de la nature des hommes que l’on est fatalement l’un d’entre eux, du coin de la rue jusqu’au pourpre de la cour ;  seulement voilà, ses caractères à lui s’appliquent aux créations de l’esprit, ses Théophraste s’appellent «souverainistes», et les vices et vertus qui divisaient les figures psychologiques prennent les couleurs, lumineuses ou noirâtres, du bien et du mal. La Règle du Jeu, Baptiste Rossi, L’esthétique mode d’emploi - La Règle du Jeu - Littérature, Philosophie, Politique, Arts

Traductions du mot « apodose »

Langue Traduction
Anglais apodosis
Espagnol apódosis
Italien apodosis
Allemand apodose
Chinois 切趾
Arabe النتوء
Portugais apodose
Russe аподозис
Japonais アポドーシス
Basque apodosis
Corse apodosi
Source : Google Translate API

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