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Antitrinitaire

Définitions du mot « antitrinitaire »

Trésor de la Langue Française informatisé

ANTITRINITAIRE, subst. masc. et adj.

HIST. ECCL.
A.− Emploi subst. Membre d'une secte qui rejette le dogme de la Trinité :
1. Les papistes persécutaient toutes les communions réformées; et celles-ci, s'anathématisant entre elles, se réunissaient contre les antitrinitaires, qui, plus conséquents, avaient soumis également tous les dogmes à l'examen, sinon de la raison, au moins d'une critique raisonnée ... Condorcet, Esquisse d'un tableau hist. des progrès de l'esprit hum.,1794, p. 126.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixeet du xxesiècle.
B.− Emploi adj., rare. [En parlant d'une pers. ou d'un inanimé] Qui nie le dogme de la Trinité :
2. Enfin l'explosion antitrinitaire ou socinienne a naturellement complété cette double dissolution préalable de la discipline et de la hiérarchie ... Comte, Cours de philos. positive,t. 5, 1839-42, p. 532.
Rem. Emploi adj. attesté seulement ds Guérin 1892.
PRONONC. ET ORTH. − Dernière transcription ds Littré : an-ti-tri-ni-tê-r'. Nouv. Lar. ill. écrit : antitrinitaire ou antitrinitarien (cf. aussi Lar. encyclop.). Quillet 1965 donne la vedette au plur. antitrinitaires.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1694 hist. relig. (Ac., s.v. trois : Antitrinitaire. Nom que l'on donne aux heretiques qui ne croyent pas la Trinité, & particulierement aux Sociniens). Dér. de trinitaire*; préf. anti-*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Foi t. 1 1968. − Prév. 1755.

Wiktionnaire

Nom commun

antitrinitaire \ɑ̃.ti.tʁi.ni.tɛʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Religion) Chrétien ou chrétienne qui ne reconnaît pas la trinité, et nie la divinité de Jésus-Christ.
    • Mais Newton fut pris de crainte à l’idée que, bien qu’anonymes, les lettres risquaient de lui être attribuées et que, si on l’identifiait comme un antitrinitaire, il pourrait perdre tout emploi public. — (Jean Robert Armogathe, Le Grand Siècle et la Bible, 1989)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

ANTITRINITAIRE s. m. (an-ti-tri-ni-tê-r')
  • Terme d'histoire ecclésiastique. Nom que l'on donne aux hérétiques qui ne croient pas à la Trinité, et particulièrement aux sociniens.
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Étymologie de « antitrinitaire »

 Dérivé de trinité avec le préfixe anti- et le suffixe -aire.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Anti, contre, et trinité.

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Phonétique du mot « antitrinitaire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
antitrinitaire ɑ̃titrɛ̃itɛr

Évolution historique de l’usage du mot « antitrinitaire »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « antitrinitaire »

  • «Tuer un homme, ce n’est pas défendre une idée, c’est tuer un homme.» C’est avec cette phrase devenue célèbre que Sébastien Castellion s’était érigé en 1553, à Genève, contre la mise à mort de Michel Servet, brûlé pour hérésie antitrinitaire. L’humaniste, bibliste et théologien protestant français s’était ainsi opposé à Calvin, qui avait influencé les autorités civiles, soit le Petit Conseil, pour qu’elles condamnent à mort le théologien et médecin Le Courrier, La Ville priée d’honorer Sébastien Castellion - Le Courrier
  • Keynes ne pense pas seulement à ses travaux alchimiques lorsqu’il le qualifie de dernier des Sumériens. En effet, probablement au début des années 1670, Newton devint antitrinitaire, une doctrine récusant que Jésus-Christ soit de même nature que Dieu, même si ce dernier lui avait attribué des pouvoirs divins. Il souscrivit à l’idée que la religion chrétienne avait été corrompue au ive siècle par les pères de l’Église, aidés à la fois des hommes de religion et des empereurs d’alors. Poursuivant une tradition exégétique protestante, Newton réinterpréta l’Apocalypse comme la prophétie symbolique d’événements historiques ou à venir : ainsi, l’édit de Thessalonique de 380 par Théodose 1er faisant du christianisme nicéen (trinitaire) une religion d’État correspondrait à l’ouverture du septième sceau, moment charnière ouvrant sur la seconde série de cataclysmes symbolisée par les sept trompettes. Newton va encore plus loin et considère que les hordes de Goths culminant dans le sac de Rome de 410 ont été envoyées par Dieu pour combattre l’hérésie trinitaire. Il vit dans un monde mental où le Bien et le Mal se livrent une lutte réelle et contemporaine, précédant la seconde venue du Christ, qui selon lui n’adviendra pas avant 2060… Pourlascience.fr, Pourquoi considérons-nous les savants comme des saints ? | Pour la Science
  • J.-F. K.- OK, mais attention ! Bodin a tout de même été un théoricien de l’absolutisme et un pédagogue de la chasse aux sorcières. Beaucoup d’historiens de droite, c’est un classique, ont insisté comme vous sur l’importance du moment Clovis… Mais nuançons : d’abord le paganisme gréco-latin avait quand même un mérite, autoriser tous les cultes, dans un méli-mélo très égalitaire. On retrouvait ce joyeux désordre théologique au IIème siècle, dans la Rome de Marc-Aurèle. Et 7 écoles philosophiques rivalisaient à Rome librement. Clovis a rompu avec le paganisme, surtout avec le sien d’inspiration germanique et vous avez raison d’y voir, en ce sens, le fondateur de la francité. Mais il fut le dernier : avant lui, tous les peuples barbares avaient déjà sauté ce pas, et ils avaient embrassé la version arienne, c’est-à-dire antitrinitaire du christianisme, la plus monothéiste. Clovis, lui, a choisi la version la moins juive du christianisme, car la plus trinitaire. Quant aux écoles philosophiques, elles ont toutes été interdites. Un seul livre, une seule idéologie. Marianne, Bernard-Henri Lévy / Jean-François Kahn : le duel | Marianne
  •  Dernier élément probablement hérité de la tradition judaïque : la profession de foi. La croyance musulmane s’affirme, dans la formulation de sa šahāda, de façon antitrinitaire, en opposition à la foi chrétienne. Or, cette formulation antitrinitaire est employée plusieurs siècles avant l’islam dans un des textes les plus importants qui nous soit parvenu de « la mouvance judéognostique au 2ème siècle » [82] : les Homélies pseudo-clémentines où la foi chrétienne est caricaturée sous la forme « d’associationisme ». Une de ces formules que l’on retrouve dans ce texte est l’exacte première partie de la šahāda musulmane : Club de Mediapart, L’islam à l’épreuve de ses origines | Le Club de Mediapart
  • 14 Arianisme : doctrine d’Arius. Déclarée hérétique en 325 par le Concile de Nicée, elle professait que la nature divine du Christ était inférieure à celle du Père. Cette question divisa profondément les chrétiens. Une résurgence néo-arienne, donc antitrinitaire, séduisit au XVIe siècle entre autres Faustus Socin et Michel Servet. Au siècle suivant, Isaac Newton en devint un adepte tout en cachant sa foi pour préserver sa position de notable. Afis Science - Association française pour l’information scientifique, Ces astronomes-astrologues du passé - Afis Science - Association française pour l’information scientifique

Traductions du mot « antitrinitaire »

Langue Traduction
Anglais antitrinitarian
Source : Google Translate API

Antitrinitaire

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