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Antipodique

Sommaire

  • Définitions du mot antipodique
  • Étymologie de « antipodique »
  • Phonétique de « antipodique »
  • Évolution historique de l’usage du mot « antipodique »
  • Citations contenant le mot « antipodique »
  • Traductions du mot « antipodique »

Définitions du mot « antipodique »

Trésor de la Langue Française informatisé

ANTIPODIQUE, adj.

A.− GÉOGR., vx. ,,Qui a rapport aux antipodes.`` (Littré). Cf. antipodal sous antipode.
Rem. Apparaît aussi avec ce sens ds Lar. 19eSuppl. 1878, Guérin 1892.
B.− Au fig., rare. Qui est diamétralement opposé, contraire. Des talents presque antipodiques (Littré) :
1. ... c'est surtout moralement qu'extatiques et médiums se différencient, au point que l'on peut dire les deux types antipodiques. Cendrars, Le Lotissement du ciel,1949, p. 164.
Antipodique à :
2. Rencontré A. de B., qui m'a fait des propositions pour entrer à l'Europe. Précisément le journal antipodique à celui qui avait un article de moi ce soir. Mais qu'importe! des idées ne sont que des idées, et en politique qu'y a-t-il de plus que des vérités relatives? Barbey d'Aurevilly, 2eMemorandum,1838, p. 267.
Rem. 1reattest. (supra ex. 2); dér. de antipode*, suff. -ique*.
PRONONC. − Seule transcription ds Littré : an-ti-po-di-k'.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1.

Wiktionnaire

Adjectif

antipodique \ɑ̃.ti.pɔ.dik\ masculin et féminin identiques

  1. Situé aux antipodes.
  2. Qui est opposé, contraire.
    • Pour l’histoire des peintres, où les graveurs eurent à traduire Raphaël et Titien, Poussin et Velasquez, — des talents presque antipodiques — quelle variété de travail ne faut-il pas ? — (Bürger, Salons de 1861 à 1868, t. I, page 82)
    • Ce que Courbet représente dans l'école contemporaine, c’est un franc naturalisme, absolument antipodique aux manières prétentieuses et fausses des peintres récemment adoptés par un monde frivole. — (Bürger, Salons de 1861 à 1868, t. II, page 279)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

ANTIPODIQUE (an-ti-po-di-k') adj.
  • Qui a rapport aux antipodes.

    Fig. Qui est opposé, contraire. Pour l'histoire des peintres, où les graveurs eurent à traduire Raphaël et Titien, Poussin et Velasquez, - des talents presque antipodiques - quelle variété de travail ne faut-il pas ?…, Bürger, Salons de 1861 à 1868, t. I, p. 82. Ce que Courbet représente dans l'école contemporaine, c'est un franc naturalisme, absolument antipodique aux manières prétentieuses et fausses des peintres récemment adoptés par un monde frivole, Bürger, ib. t. II, p. 279.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « antipodique »

(Siècle à préciser) Dérivé de antipode avec le suffixe -ique.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « antipodique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
antipodique ɑ̃tipɔdik

Évolution historique de l’usage du mot « antipodique »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « antipodique »

  • Longtemps Éric Zemmour aura été l’intellectuel le plus divertissant de France, et cela n’est pas n’importe quoi, au pays de Voltaire. On lui pardonnait ainsi ses excès comme autant d’hyperboles, et comme on se souvenait que ce défenseur occasionnel du bon bilan humanitaire de Vichy était juif, il était le nom vivant d’un plaisant oxymore — une sorte de bouffon médiatique, au sens originel du terme, un acrobate, une figure antipodique, l’habitant d’un monde renversé : cet étonnant défenseur de la colonisation, du patriarcat et des sociétés traditionnelles faisait ainsi figure, à sa manière, de dernier représentant d’un peuple disparu, celui des mâles blancs, à l’oppression duquel il devait d’être invité partout, au point de se demander, si l’on suivait son propre raisonnement, s’il ne devait pas sa présence moins à son talent propre qu’à la discrimination positive.  France Culture, Éric Zemmour, un folklore français
  • Chaque année, j’ai besoin d’un grand tour au bout du monde, via la mer ; besoin d’aller voir là-bas si j’y suis (au cas où), si l’autre m’attend. Le pôle Nord, l’an dernier, sur le Plancius, ex-chalutier russe. J’en ai parlé dans mes premières « miscellanées » que j’ai failli appeler « sot-l’y-laisse », gourmand que je suis. J’ai dit mon émerveillement : ma stupéfaction devant ces lieux simples et purs dont les mots n’ont pas la clé ; mon désarroi en écoutant le chant funèbre des glaciers marins à l’agonie. N’était-ce pas l’horizon qui volait en éclats aveuglants sous mes yeux, dans la convergence des points cardinaux ? Où allait le monde ? Il va où ? Cette année, je devais partir en Caroline du Nord et du Sud, l’âpre royaume des crevettes américaines au sud-est des États-Unis. Des paysages à la bretonne, des immensités à couper le souffle, des îles sauvages en veux-tu en voilà. Et la bagatelle de six méridiens séparant ces deux Caroline et la Penn ar Bed. On connaît plus antipodique, vous me direz, mais l’avion n’est plus là pour abréger les heures ou les nier, écourter l’arc des méridiens entre eux, et le « loin » a retrouvé sa part d’utopie (c’est loin, désormais : « n’importe où », comme de sortir de chez soi armé de gestes barrières, le souffle prudent, le cœur méfiant). Elle m’attirait, cette crevette ultramarine – la southern pink shrimp – et j’étais impatient de mettre mon sac à bord d’un crevettier tirant ses tangons dans les eaux du cap Hatteras, pour vous en parler. (On a la yellow shrimp, dans l’Ouest, et la Banana dans les régions où la crevette a supplanté la banane). La crevette est pour moi le symbole d’un âge heureux, vierge d’aléas, celui des verts paradis enfantins à l’Aber-Ildut (29N). On se levait au point du jour. On s’assurait qu’il faisait beau, presque beau, on prédisait du sec et du bleu pour midi. C’est bon, disait mon père, on y va. Sous entendu : on va aux îles, on passe la mer, cap sur l’archipel dont Molène était le relief dominant (trop loin pour nos pêches familiales, Ouessant, irréel en diable). On y allait d’abord à pied sous un crachin pénétrant, havenot sur l’épaule. Deux kilomètres et demi de l’Aber à Melon pour embarquer sur le ligneur de François Réguer, notre passeur habituel, un ancien cap-hornier beau comme Jean Gabin. Vers Porzmeur on voyait la pleine mer, et les îles ne se montraient pas toujours. Ah, soupirait mon père, on ne les voit pas, ça va se lever. On entend quoi, papa ? La corne de brume du phare du Four, c’est bon signe – « Brouillard du matin promet soleil marin » (il inventait les dictons à tire-larigot). À Melon, François Réguer nous attendait sur la cale en ruine, et c’était une messe basse entre mon père et lui. Trop basse, on rebroussait chemin en claquant des dents, furieux. Papa, vraiment ! Non mais vraiment ! La messe autorisait une fois sur deux l’embarquement espéré, et je vivais comme une odyssée. Deux heures de mer à trois nœuds, mû par un Couach 5,7 CV d’avant-guerre, la misaine au besoin. On arrivait aux îles, Litiry, Quéménès ou Molène, et c’était chacun pour soi, chacun sa bonne fortune avec d’insaisissables crevettes, comme au bal. Quand mon père en pêchait neuf (neuf « belles », neuf « bouquets »), j’en pêchais environ quatre (quatre « moyennes »), et quand il pêchait des « moyennes » je pêchais des « petites » ; à croire qu’on se passait le mot, chez les crevettes, pour que l’honneur paternel soit sauf. Un jour, mon père glissa dans ma gibecière – une vieille poche à kig-ha-farz – sa plus belle crevette du jour. Vexé, je la mordis et poussai un cri d’effroi. Allez donc mordre une jeune crevette molénaise, essayez un peu ! Voilà pour cette page insulaire d’une époque heureuse, révolue, à défaut des deux Caroline. Holà ! Mais n’ai-je pas l’air d’insinuer que c’était mieux avant, parole de vieux schnock ? Eh bien oui, c’était mieux avant, avant aujourd’hui, tellement mieux, parole de vivant ! Le Telegramme, Miscellanées : Parole de Vivant - Débats - Le Télégramme
  • Difficile de faire plus antipodique que Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau. Créé en 1735, cet opéra-ballet est une sorte de quintessence d’esprit français, faite de vivacité codifiée, de légèreté empesée et de permanent génie musical. Il n’y a pas de livret à proprement parler, mais une suite d’entrées, comme pour un film à sketchs, un spectacle de music-hall, ou bien une de ces «revues» comme on les aimait dans les années 1910. Le Figaro.fr, Les Indes galantes et L’inondation, quand l’opéra se fait expérience
  • Ils ont seize années de différence. Il est né en 1928 ; elle est née en 1942. Philippe Tesson est à l'époque rédacteur en chef du quotidien Combat. Il est le témoin de la mariée et il va repartir avec la mariée. Marie-Claude Millet a pris la décision de rompre avec son premier époux, le lendemain de son mariage, pour s'installer avec Philippe Tesson. La légende familiale veut que les cadeaux de mariage n'aient pas encore été déballés, que la robe de mariée pende toujours sur un cintre tel un fantôme. Nous sommes en 1969. Ils se libèrent l'un l'autre. Un couple antipodique. Elle est mystérieuse, introvertie, sombre, rigoureuse ; il est mondain, virevoltant, bravache, énergique. La scientifique et le fantaisiste. Stéphanie est du côté du père, Daphné est du côté de la mère. Sylvain se situe à équidistance des deux parents. Le couple a tenu quarante-cinq ans. Une entente professionnelle et personnelle. Ils vont fonder ensemble Le Quotidien du médecin, un succès, dont elle va prendre la tête. Marie-Claude Tesson n'a jamais aimé la lumière. Son fils se souvient d'elle se mettant des cotons dans les mains avant de passer à la télévision. Elle est morte soudainement, des suites d'une embolie pulmonaire, à l'âge de 71 ans. Philippe Tesson entérine la fin d'un bonheur familial historique. "Sa mort a brisé quelque chose, mais pas l'essentiel. La famille a été consolidée et non reconfigurée. Il faut impressionner la mort par sa propre résistance." De ce point de vue-là, il est un défi vivant à la mort. lejdd.fr, Les Tesson, un clan romanesque et anticonformiste
  • Dans l’univers séculier également, les mappemondes anciennes sont par définition incomplètes. Reflétant les limites des connaissances des cartographes sur les territoires lointains, les erreurs de ces cartes nous révèlent parfois la visée et la motivation de ces voyages et explorations : du royaume du prêtre Jean à celui des Amazones, de l’île de Brasil à l’Eldorado, des monts de Kong à Shangri-la, les terres et les mers mythiques permettent de mieux comprendre les conditions de production des savoirs géographiques occidentaux. Les explorateurs portugais ont ainsi pu remplacer symboliquement les populations autochtones par le peuple des «Amazones» dans l’actuel Brésil. Une autre erreur scientifique orna longtemps le midi des globes occidentaux : le continent antipodique. Cette énorme masse devait permettre, pensait-on non sans une certaine logique, d’équilibrer le globe et de permettre au Nord de rester «en haut». Libération.fr, De «fausses» cartes pour dire le «vrai» - Libération
  • L’œuvre : Femmes C’est donc par d’autres moyens, sans doute la ruse, arme du faible, du renard contre le lion, que les femmes de cette île antipodique, qui ne sont pas forcément des Amazones guerrières, ont renversé le pouvoir des hommes, et les ont asservis à leur pouvoir et caprices. L’astuce féminine et son triomphe sur l’ordre patriarcal est d’ailleurs l’un des ressorts presque obligé de l’opera buffa. On n’oublie pas l’exemplaire pièce de Goldoni la ’Veuve rusée’ (La vedova scaltra, 1748) qui précède d’un an ses insoumises insulaires.Sans appeler à témoignage les quelque autres quarante livrets bouffes écrits par Goldoni, il suffit de parcourir les titres de ses innombrables comédies pour en voir la galerie d’héroïnes féminines de toutes classes servantes ou aristocrates, curieuses, jalouses, vindicatives, rivales sociales, spirituelles, extravagantes, solitaires, épouses, mères, de bonne ou mauvaise humeur, etc. Bref, un catalogue de femmes digne du Don Juan de sa pièce antérieure, Don Giovanni Tenorio o sia il dissoluto (‘Don Juan Tenorio ou le Dissolu’, 1735), un maillon entre le mythique héros espagnol qui courait l’Europe sur les scénarios de la Commedia dell’Arte, et celui qu’offrira à Mozart en 1787 son concitoyen Da Ponte en utilisant largement celui de Bertati mis en musique par Gazzaniga,quelques mois plus tôt, pour le Carnaval de Venise, dont il avait d’ailleurs fait une adaptation dramatique et même musicale à Londres. Goldoni a donc toujours manifesté un intérêt scénique pour les femmes, leur situation sociale, naturellement dans les limites de la comédie, et ici, les conventions étroites de l’opera buffa. Il n’y a pas, dans son île utopique, le militantisme féministe de celle du Marivaux de La Nouvelle Colonie ou la Ligue des femmes, comédie pour les Comédiens italiens de 1729, un échec, qu’il reprend justement, résumée en un acte, dans le Mercure de 1750, la même année que l’opéra-bouffe de Galuppi. Mais le livret de Goldoni est loin d’être médiocre et, sous couvert de farce obligée, n’en expose pas moins, très clairement, par la bouche expresse de ses trois héroïnes, Aurora, Tullia et Cintia, leurs doléances sociales qui ont justifié leur révolte passée réussie contre le patriarcat tyrannique des hommes. Tullia résumera la situation à son amant Rinaldino : « Exclues des conseils, /non compagnes mais servantes et esclaves des hommes, / condamnées aux travaux serviles/ par votre sexe ingrat, / nous devrions contre vous faire de même. » Donc, dans cette île antipodique, utopie, uchronie, sans lieu ni temps, règnent—non puisque le régime politique n’y pas encore défini— commandent collectivement des femmes, ayant réduit « le féroce orgueil des hommes », réduits en esclavage, enchaînés aux tâches serviles. L’aimante Aurora, la sage Tullia et l’altière et cruelle Cintia, expriment leur conception respective de la bonne gestion, dirons-nous, de l’homme soumis : par la bienveillance pour la première, par une intraitable rigueur vengeresse pour Cintia, et par un prudent juste milieu pour Tullia. Tout en méprisant les hommes, chacune règne du moins sur un chacun, un favori, un esclave personnel : le tendre Graziosino, tout plein de charmes féminins, fait les délices d’Aurora, heureux dans la servitude imposée mais acceptée, il lui promet de tout faire pour elle : camérière, cuisinière, lavant la vaisselle et même l’urinoir. Elle ne lui en demande pas tant. Tullia aime Rinaldino qui vit heureux aussi dans sa servitude qu’elle lui rend douce par son aimable magistère. Même la combattive Cintia a succombé aux charmes de Giacinto, un Narcisse amoureux de lui-même, et le couple aux voix graves appariées, contralto et basse, entretient de turbulents rapports sado-maso. Deux coqs vivaient en paix, une poule survint : voilà la guerre allumée. Ici, ce sont deux poules plutôt et le coq, le bellâtre Giacinto au cœur d’artichaut, est disputé, homme objet, par Aurora et Cintia. Jalousie amoureuse et rivalités politiques, tentation de complot et tentative de meurtre, entraîneront la fin de cette domination des femmes : ce « Monde à l’envers » des habitudes politiques, le pouvoir des hommes, sera remis à « l’endroit »,  sera renversé. Mais c’est moins par les hommes eux-mêmes qui débarquent que par ce matriarcat, divisé sur le choix de république ou monarchie, qui déchire, lors d’élections tout de même, les trois candidates au pouvoir suprême : aucune femme ne consent à être gouvernée par une autre, ni à partager le pouvoir. Ce qui n’est pas qu’un trait féminin : c’est le désir de pouvoir qui corrompt et entraîne la catastrophe de la servitude, alors même que le chœur féminin chante : « Libertà, libertà, cara, cara libertà! », ‘Liberté, liberté, chère, chère liberté!’ , COMPTE-RENDU, opéra. AVIGNON, Opéra. Le 3 fev 2019. GALUPPI : Il Mondo alla Roversa. F Lasserre. | Classique News

Traductions du mot « antipodique »

Langue Traduction
Anglais antipodic
Espagnol antípoda
Italien antipodic
Allemand antipodikum
Chinois 对立的
Arabe مضاد
Portugais antipódico
Russe antipodic
Japonais 対極
Basque antipodic
Corse antipodica
Source : Google Translate API
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