La langue française

Américanisme

Définitions du mot « américanisme »

Trésor de la Langue Française informatisé

AMÉRICANISME, subst. masc.

A.− Caractère de ce qui est américain, état d'esprit américain :
1. Le jour où il [Poe] écrivait : « Toute certitude est dans les rêves », il refoulait son propre américanisme dans la région des choses inférieures... Ch. Baudelaire, Nouvelles histoires extraordinaires, trad. de E. Poe, 1857, p. 7.
2. Indifférence à la matière, mépris de la matière. Les écroulements successifs d'immeubles et de hangars alimentent désormais une rubrique nouvelle dans les journaux. Ils illustrent cet américanisme de nos méthodes et ce consentement de notre pensée à ces façons nouvelles. J.-R. Bloch, Destin du siècle,1931, p. 144.
B.− Le plus souvent péj. Engouement pour l'Amérique et tout ce qui est américain, adoption des idées et manières américaines :
3. Il jouait à l'homme moderne, − à l'homme moderne avec la nuance « genre américain ». L'espèce d'excentricité profonde qui était dans le caractère des Coëtquidan s'était fait jour en lui vers vingt-cinq ans sous cette forme : je serai l'homme moderne de la famille. Très vite, cela s'était compliqué d'américanisme. Ce parti pris avait déterminé ensuite tous les sentiments et toutes les attitudes du baron. Par exemple, il l'avait poussé à aimer ou feindre d'aimer le régime, la démocratie; à dédaigner ou feindre de dédaigner la condition; à s'intéresser ou feindre de s'intéresser au mécanisme des affaires, à la vie économique; à négliger légèrement ou feindre de négliger légèrement l'être suprême, et jusqu'à affecter une pointe de voltairianisme. H. de Montherlant, Les Célibataires,1934, p. 770.
Rem. Quillet 1965 atteste seul, en outre, « patriotisme américain ».
C.− Emplois spéc.
1. DIDACT. Ensemble des disciplines qui ont pour objet l'étude des langues et des civilisations américaines.
2. LING. Idiotisme propre au parler anglais d'Amérique du Nord.
3. RELIG. ,,Ensemble (...) d'aspirations naturalistes et libérales, plus accusées sur le terrain pratique de l'action que dans le domaine théorique des idées.`` (Théol. cath. t. 1, 1 1909) :
4. C'est que le pape et Rome savent qu'il n'y a qu'un certain nombre d'hérésies possibles, de combinaisons possibles et que ce sont toujours les mêmes qui réapparaissent. Le modernisme en France est un gallicanisme, ou un jansénisme, c'est tout un. Le modernisme en Angleterre (avec Tyrrel) est un anglicanisme. En Amérique, un américanisme. M. Barrès, Mes cahiers,t. 10, 1913, p. 68.
Prononc. : [ameʀikanism].
Étymol. ET HIST. − 1. a) 1866 (Lar. 19e: Américanisme [...]. Admiration outrée, exclusive, du gouvernement, des lois, des usages des Américains, et principalement des habitants des États-Unis [...]); b) 1867 emploi péj. (Revue des Deux Mondes, t. 69, p. 774 : Le lendemain, vêtue en deuil, elle [la reine] parut dans Hanovre, et quelques jours après, comme elle continuait à vaquer à ses devoirs de femme et de princesse, visitant les hôpitaux, consolant de son mieux, on lui fit entendre qu'elle gênait. [...] j'avoue que je ne peux me faire à cet incroyable amalgame de droit divin et d'américanisme); 2. ling. a) 1866 (Lar. 19e: Américanisme [...]. Terme dont on se sert en Angleterre, et même en France, pour exprimer certaines particularités de style ou de prononciation qu'on rencontre assez fréquemment dans la conversation ou dans les écrits des habitants des États-Unis); b) 1877 ling. « mot des langues indigènes américaines entré dans les langues européennes » (Darm., p. 209 : américanisme); 3. 1872 « étude de tout ce qui concerne l'Amérique » (Littré : Américanisme); 4. 1907 relig. (Nouv. Lar. ill. Suppl. : Américanisme... L'américanisme a été condamné par Léon XIII). Empr. à l'angl. americanism (Mack. t. 1 1939). Mot forgé en 1781 par John Witherspoon [1723-1794] théologien et homme d'État anglais qui passa en Amérique et prit une part active au mouvement qui devait aboutir à la déclaration de l'indépendance des États-Unis (Witherspoon, Pensylvania Jrnl., no1391, 1/2 ds NED Suppl. : The word Americanism, which I have coined for the purpose, is exactly similar in its formation and signification to the word Scotticism). Cf. 1794 « id. » (Witherspoon, Wks, 1802, IV, 460 ds NED : The first class I call Americanisms, by which I understand an use of phrases or terms, or a construction of sentences, even among persons of rank and education, different from the use of the same terms or phrases, or the construction of similar sentences, in Great Britain); empl. plus précisément au sens 1, dans un cont. pol. dep. 1808 (T. Jefferson, Writ. [1830], IV, 114 ds NED : I knew your Americanism too well).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 15.
BBG. − Bél. 1957. − Darm. 1877, p. 209. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 31. − Marcel 1938. − Rey-Cottez 1968, t. 36, p. 331. − Springh. 1962.

Wiktionnaire

Nom commun

américanisme \a.me.ʁi.ka.nism\ masculin

  1. Science qui concerne l’Amérique et ses peuples autochtones.
  2. (Religion) Hérésie étasunienne qui mélange les doctrines chrétiennes avec les notions locales de libertés civiles.
  3. Admiration outrée pour les idées et les usages d’Amérique.
    • L’américanisme, en France, a succédé à l’anglomanie.
    • Il entretient un rapport particulier à lʼAmérique et à ses valeurs: il est une figure de lʼaméricanisme latin. — (Pierre Musso, Berlusconi, le nouveau prince, 2003)
  4. (Linguistique) Idiotisme utilisé par des locuteurs américains de l’anglais.
  5. (Linguistique) Idiotisme utilisé par des locuteurs américains de l’espagnol.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

AMÉRICANISME. n. m.
Science qui concerne l'Amérique. Il signifie aussi Admiration outrée pour les idées et les usages d'Amérique. L'américanisme, en France, a succédé à l'anglomanie. Il désigne encore un Idiotisme dont se sert un Américain en parlant anglais.

Littré (1872-1877)

AMÉRICANISME (a-mé-ri-ka-ni-sm') s. m.
  • Étude de tout ce qui concerne l'Amérique.

    Caractère des choses américaines.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « américanisme »

(Date à préciser) → voir américain et -isme
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « américanisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
américanisme amerikanism

Évolution historique de l’usage du mot « américanisme »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « américanisme »

  • En un sens, cette folie de l’américanisme, passant évidemment par ses obsessions religieuses extrêmes, renvoie à une tension psychologique quasiment pathologique qui a toujours existé (la névrose caractéristique de la modernité, identifiée en 1879 par le Dr. Beard, un aliéniste américain, fut désignée par lui du nom significatif de “mal américain”) ; et alors, on peut juger qu’elle constitue une réaction “normale” (!), d’ailleurs dans le droit fil du “mal américain”, des contradictions extraordinaires que recèle le système de l’américanisme dans son identification duale, et duale d’une façon manichéenne, au Progrès et au Système... Cette identification duale aux mêmes “valeurs” conduisant à des positions absolument opposées et irréconciliables, voilà qui donne du grain à moudre pour l’évolution vers la folie, quasiment des deux côtés. Dedefensa.org, Dedefensa.org | Ouverture libre | Globalisation de la pandemie de l’americanisme
  • « Malcolm X et la naissance de l’afro-américanisme » Je ne sais si Malcolm X et le père de l'afro-américanisme, s'il l'a conceptualisé mais mais l'afro-américanisme est un fait de l'histoire qui n'attendait qu'un nom. Lorsqu'on dit qu'Obama était un afro-américain, on était dans l'erreur totale. Il ne suffit pas d'être noir, noir-noir ou bien un peu moins noir, pour être un afro-américain. L'afro-américain est celui qui descend de la traite des noirs. Obama est un produit plutôt issu de l'immigration. En fait, si Malcolm X a rejeté son patronyme c'est parce que, au moment de l'abolition, les noirs, par facilité ou bien parce que cela leur a été imposé, je ne sais pas, ont pris comme patronyme le nom de leur maître blanc. C'était ça le problème de Malcolm. Si ces parents avaient eux-mêmes choisi un nom, comme Legrand, Legros il n'aurait probablement pas rejeté son nom de Little. Je n'ai pas vu le reportage mais c'est une histoire intéressante que j'espère bien voir en replay. L'Obs, « Malcolm X et la naissance de l’afro-américanisme », l’Amérique noire et au-delà
  • A la lumière de ces souvenirs qui restent en moi pour chercher à m’éclairer quand cela importe, quand la voie est obscure, je peux développer le sentiment, peut-être l’intuition, que cette idée de “l’esprit du texte” d’Alastair Crooke a fait naître en moi, d’autant plus que Crooke place résolument la question qu’il aborde hors des sentiers courants, battus et rebattus, de la politique et de la géopolitique. Il our l’installe fermement et sans barguigner dans la psychologie, qu’il décrit à l’occasion d’une façon qui, bien entendu, nous conduit à conclure qu’il s’agit d’une très grave pathologie de la psychologie de l’américanisme ; et de là à conclure qu’en fait, c’est l’américanisme lui-même qui est une pandémie, il n’y a qu’un tout petit pas qui est celui de l’évidence éclatante. Dedefensa.org, Dedefensa.org | Journal dde.crisis de Philippe Grasset | « Le monde malade de l’Amerique »
  • Et en France, où l’anti-américanisme se conjugue habituellement avec un suivisme moutonnier des pires modes états-uniennes, qui va être concerné ? Colbert en a déjà fait les frais mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Contrepoints, Décrochage de portraits de Confédérés : où s’arrêtera la réécriture de l’Histoire ? | Contrepoints
  • En fait, l’anti-américanisme systématique peut être considéré comme absurde parce qu’il oublie, encore une fois, la leçon du Gaulois Brennos aux Romains vaincus : les relations internationales restent une question de rapport de force. Les erreurs en Afghanistan, et la guerre d’Irak, n’ont été possible qu’à cause du moment unipolaire. Et cette unipolarité n’a été elle-même possible qu’à cause de la faiblesse et/ou du manque d’indépendance des autres puissances. La Russie et la Chine l’ont compris, c’est pourquoi ces deux pays sont aussi actifs pour (re)devenir des grandes puissances. Reforme.net, Pourquoi l’anti-américanisme est absurde - Reforme.net
  • Datant de Hugo Chavez et de Mahmoud Ahmadinejad dans les années 2000, la relation privilégiée irano-vénézuélienne s’est surtout fondée sur leur anti-américanisme. Leurs liens s’étaient relativement distendus en 2015 lorsque l’Iran est rentré dans le concert des nations avec l’accord sur le nucléaire. L’avènement au pouvoir de Donald Trump ayant détruit le «plan d’action conjoint», a paradoxalement renforcé cette relation, comme l’observe Kourliandsky: «les pays qui sont mis à l’index par les États-Unis cherchent à mutualiser leurs efforts en vue de desserrer l’étreinte». , «Étranglement économique et financier», la stratégie de Trump contre le Venezuela - Sputnik France
  • Pour Donald Trump, la défense des intérêts des citoyens américains et de l’« américanisme » passe par l’isolationnisme en politique étrangère et la protection de la loi et l’ordre en politique intérieure, autrement dit par un rejet du monde extérieur et du multiculturalisme. , Le populisme aux États-Unis du XIXe siècle à Donald Trump | Vie publique.fr

Traductions du mot « américanisme »

Langue Traduction
Anglais americanism
Espagnol americanismo
Italien americanismo
Portugais americanismo
Source : Google Translate API

Synonymes de « américanisme »

Source : synonymes de américanisme sur lebonsynonyme.fr

Américanisme

Retour au sommaire ➦

Partager