La langue française

Adam

Sommaire

  • Définitions du mot adam
  • Phonétique de « adam »
  • Traductions du mot « adam »

Définitions du mot « adam »

Trésor de la Langue Française informatisé

ADAM, subst. masc.

Nom donné dans la Genèse (IV, 1 et 25) au premier homme (cf. Bouyer 1963, p. 15 : ,,Dans les premiers chapitres de la Genèse, Adam apparaît non seulement comme le premier individu de l'espèce humaine, mais comme l'homme primitif en qui l'humanité naissante, faute d'avoir donné sa foi à la parole divine qui la sollicitait, s'est laissé entraîner dans la désobéissance des puissances spirituelles révoltées contre le Créateur.``).
Entre dans un certain nombre de locutions :
Pomme d'Adam. Nom vulgaire donné à la partie saillante du cartilage thyroïdien :
1. Au pharynx fait suite le larynx; celui-ci est composé : 1od'un cartilage mobile, l'épiglotte,... 2oDe deux autres grands cartilages superposés dont l'un le thyroïde (...) a la forme d'un livre ouvert, ou encore d'un bouclier aplati sur ses côtés et saillant en avant pour former au devant du cou la pomme d'Adam, et dont l'autre le cricoïde (...) en forme de bague avec chaton dirigé en arrière, porte à sa partie postérieure, deux autres petits cartilages,... Baratoux, La Voix,1912, p. 6.
2. Depuis moins de trois ans qu'il n'avait revu Amédée, il le trouvait vieilli de plus de douze ans; ses joues étaient rentrées, sa pomme d'Adam ressortie; l'amarante de son foulard exagérait encore sa pâleur; son menton tremblait; ses yeux vairons roulaient d'une manière qui eût dû être pathétique et n'était que bouffonne;... A. Gide, Les Caves du Vatican,1914, p. 812.
3. Dans l'échancrure de la chemise, Antoine aperçut le cou décharné, la pomme d'Adam saillante entre deux cordons tendineux. Le tremblotement de la mâchoire accusait la morne immobilité du front; ce crâne massif, ces larges tempes plates, ces oreilles, avaient en ce moment quelque chose de pachydermique. R. Martin du Gard, Les Thibault,La Sorellina, 1928, p. 1146.
Fam. La fourchette, le peigne, le mouchoir d'Adam, du Père Adam. Les doigts :
4. Fourchette du père Adam, les doigts. − Se servir de la fourchette du père Adam, manger avec les doigts. L. Rigaud, Dict. du jargon parisien,L'Argot ancien et moderne, 1878, p. 159.
5. Mouchoir, fourchette ou peigne d'Adam, les doigts. G. Delesalle, Dict. argot-français et français-argot,1896, p. 5.
Costume d'Adam. Nudité. En costume d'Adam, en habit d'Adam. Complètement nu (comme Adam [et Ève] avant la chute. Cf. Genèse, II, 25 : ,,Or tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre.``) :
6. Habit du père Adam. Complètement nu. L. Rigaud, Dict. du jargon parisien,L'Argot ancien et moderne, 1878, p. 186.
Ne connaître qqn ni d'Ève ni d'Adam. Ne pas le connaître du tout :
7. ... Ne connaître ni d'Ève ni d'Adam une personne, ne la connaître aucunement, même en remontant très loin dans le passé. − Ne pas dire, comme qqs-uns : Ne connaître ni des lèvres, ni des dents. Verr.-On. t. 1 1908, p. 14.
Être frères du côté d'Adam. ,,Être sans lien de parenté identifiable.`` (Gottsch. Redens. 1930, p. 354).
Être de la côte d'Adam, se croire de la côte d'Adam, se croire sorti de la côte d'Adam. Être ou se croire de haute origine, avoir une grande prétention (comparer : se croire sorti de la cuisse de Jupiter) (cf. Genèse, II, 22 : ,,... de la côte qu'il avait tirée de l'homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l'amena à l'homme...``).
Nous sommes tous de la côte d'Adam. ,,Nous sommes tous nés dans le péché.`` (Gottsch. Sprichw. t. 3 1938, p. 78).
N'avoir pas péché en Adam. ,,Être extrêmement vertueux.`` (Gattel 1841).
Prononc. − 1. Forme phon. : [adɑ ̃]. Warn. t. 2 1966 précise : [adam] si le nom ,,désigne un étranger``. Pour la 1resyllabe de ce mot, Mart. Comment prononce 1913, p. 37, note 5, fait remarquer que ,,l'a est encore assez généralement fermé dans Adam, ...`` D'apr. Fouché Prononc. 1959, p. 85 ,,l[ɑ] a pour ainsi dire disparu dans (...) Adam``. 2. Forme graph. − Les finales en -am se prononcent : [ɑ ̃], dans dam et Adam (cf. Fouché Prononc. 1959, p. 17), [ɑm] dans les mots lat. in memoriam, ad vitam... dans les mots étrangers macadam, ramdam, tam-tam, ..., et dans les noms anc. ou étrangers Abraham, Agram, Amsterdam... 3. Dér. et composés : adamien, adamique, adamisme, adamite.
Étymol. ET HIST. − 1544 morceau d'Adam « pomme d'Adam » (A. Paré, Œuvres, éd. Malgaigne, Paris 1840, IV, 15 ds Hug. : La teste et extremité de la Trachée artere, qu'on appelle vulgairement le morceau d'Adam); 1644 os d'Adam « id. » (Durelle, Onomatologie chirurgique, 78 ds Quem. t. 1 1959). Mot hébr. signifiant « homme ».
BBG. − Bouyer 1963. − Fér. 1768. − Fries t. 1 1965. − Nelli 1968. − Plais-Caill. 1958.

Littré (1872-1877)

ADAM (a-dan) s. m.
  • 1Nom du premier homme.
  • 2Proverbe. Il se croit de la côte d'Adam, il se croit d'une haute naissance.
  • 3En théologie, l'homme, l'humanité ; le vieil Adam, l'homme en état de péché.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ADAM, s. (Théol.) nom du premier homme que Dieu créa, & qui fut la tige de tout le genre-humain, selon l’Ecriture.

Ce n’est pas précisément comme nom propre, mais comme nom appellatif, que nous plaçons dans ce Dictionnaire le nom d’Adam, qui désigne tout homme en général, & répond au grec ἄνθρωπος ; en particulier le nom Hébreu אדם, répond au Grec πυῤῥὸς, & au Latin rufus, à cause de la couleur roussâtre de la terre, dont, selon les Interpretes, Adam avoit été tiré.

On peut voir dans la Genese, chap. 1, 2, 3 & 4. toute l’histoire d’Adam ; comment il fut formé du limon, & placé dans le paradis terrestre, & institué chef & roi de la terre, & des animaux créés pour son usage ; & quelle fut sa premiere innocence & sa justice originelle ; par quelle désobéissance il en déchut, & quels châtimens il attira sur lui-même & sur sa postérité. Il faut nécessairement en revenir à ce double état de félicité & de misere, de foiblesse & de grandeur, pour concevoir comment l’homme, même dans l’état présent, est un composé si étrange de vices & de vertus, si vivement porté vers le souverain bien, si souvent entraîné vers le mal, & sujet à tant de maux qui paroissent à la raison seule les châtimens d’un crime commis anciennement. Les Payens même avoient entrevû les ombres de cette vérité, & elle est la base fondamentale de leur métempsycose, & la clé unique de tout le système du Christianisme.

Quoique tous les Peres aient regardé ces deux différens états d’Adam comme le premier anneau auquel tient essentiellement toute la chaîne de la révélation, on peut dire cependant que S. Augustin est le premier qui les ait développés à fond, & prouvé solidement l’un & l’autre dans ses écrits contre les Manichéens & les Pélagiens ; persuadé que pour combattre avec succès ces deux Sectes opposées, il ne pouvoit trop insister sur l’extrème différence de ces deux états, relevant contre les Manichéens le pouvoir du libre arbitre dans l’homme innocent, & après sa chûte, la force toute-puissante de la grace pour combattre les maximes des Pélagiens : mais il n’anéantit jamais dans l’un & l’autre état ni la nécessité de la grace, ni la coopération du libre arbitre.

Les Interpretes & les Rabbins ont formé diverses questions relatives à Adam, que nous allons parcourir, parce qu’on les trouve traitées avec étendue, soit dans le Dictionnaire de Bayle, soit dans le Dictionnaire de la Bible du P. Calmet.

On demande, 1°, combien de tems Adam & Eve demeurerent dans le jardin de délices. Quelques-uns les y laissent plusieurs années, d’autres quelques jours, d’autres seulement quelques heures. Dom Calmet pense qu’ils y pûrent demeurer dix ou douze jours, & qu’ils en sortirent vierges.

2°. Plusieurs auteurs Juifs ont prétendu que l’homme & la femme avoient été créés ensemble & collés par les épaules ayant quatre piés, quatre mains & deux têtes semblables en tout, hors le sexe, & que Dieu, leur ayant envoyé un profond sommeil, les sépara & en forma deux personnes : idée qui a beaucoup de rapport aux Androgynes de Platon. Voyez Androgyne. Eugubin, in Cosmopœia, veut qu’ils aient été unis, non par le dos, mais par les côtés ; ensorte que Dieu, selon l’Ecriture, tira la femme du côté d’Adam : mais cette opinion ne s’accorde pas avec le texte de Moyse, dans lequel on trouveroit encore moins de traces de la vision extravagante de la fameuse Antoinette Bourignon, qui prétendoit qu’Adam avoit été créé hermaphrodite, & qu’avant sa chûte il avoit engendré seul le corps de Jesus-Christ.

3°. On n’a pas moins débité de fables sur la beauté & la taille d’Adam. On a avancé qu’il étoit le plus bel homme qui ait jamais été, & que Dieu, pour le former, se revêtit d’un corps humain parfaitement beau. D’autres ont dit qu’il étoit le plus grand géant qui eût jamais été, & ont prétendu prouver cette opinion par ces paroles de la Vulgate, Josué, ch. XIV. Nomen Hebron ante vocabatur Cariath-arbe, Adam maximus ibi inter Enachim situs est : mais dans le passage le mot Adam n’est pas le nom propre du premier homme, mais un nom appellatif qui a rapport à arbé ; ensorte que le sens de ce passage est : cet homme (Arbé) étoit le plus grand ou le pere des Enachims. Sur ce fondement, & d’autres semblables, les Rabbins ont enseigné que le premier homme étoit d’une taille si prodigieuse, qu’il s’étendoit d’un bout du monde jusqu’à l’autre, & qu’il passa des isles Atlantiques dans notre continent sans avoir au milieu de l’Océan de l’eau plus haut que la ceinture : mais que depuis son péché Dieu appesantit sa main sur lui, & le réduisit à la mesure de cent aunes. D’autres lui laissent la hauteur de neuf cens coudées, c’est-à-dire, de plus de mille trois cens piés, & disent que ce fut à la priere des Anges effrayés de la premiere hauteur d’Adam, que Dieu le réduisit à celle-ci.

4°. On dispute encore aujourd’hui, dans les Ecoles, sur la science infuse d’Adam. Il est pourtant difficile d’en fixer l’étendue. Le nom qu’il a donné aux animaux prouve qu’il en connoissoit les proprietés, si dans leur origine tous les noms sont significatifs, comme quelques-uns le prétendent. Dieu l’ayant créé parfait, on ne peut douter qu’il ne lui ait donné un esprit vaste & éclairé : mais cette science spéculative n’est pas incompatible avec l’ignorance expérimentale des choses qui ne s’apprennent que par l’usage & par la refléxion. C’est donc sans fondement qu’on lui attribue l’invention des lettres hébraïques, le Pseaume XCI. & quelques ouvrages supposés par les Gnostiques & d’autres Novateurs.

5°. Quoique la certitude du salut d’Adam ne soit pas un fait clairement revélé, les Peres, fondés sur ces mots du Livre de la Sagesse ch. X. v. 2. custodivit & eduxit illum à deticto suo, ont enseigné qu’il fit une solide pénitence. C’est aussi le sentiment des Rabbins, & l’Eglise a condamné l’opinion contraire dans Tatien & dans les Encratites. Adam mourut âgé de neuf cent trente ans, & fut enterré à Hébron, selon quelques-uns qui s’appuient du passage de Josué, que nous avons déja cité. D’autres, en plus grand nombre, soûtiennent qu’il fut enterré sur le Calvaire ; ensorte que le pié de la Croix de Jesus-Christ répondoit à l’endroit même où reposoit le crane du premier homme, afin, disent-ils, que le sang du Sauveur coulant d’abord sur le chef de ce premier coupable, purifiât la Nature humaine comme dans sa source, & que l’homme nouveau fût enté sur l’ancien. Mais S. Jérôme remarque que cette opinion, qui est assez propre à flater les oreilles des peuples, n’en est pas plus certaine pour cela : favorabilis opinio, & mulcens aurem populi, nec tamen vera. In Matth. cap. xxvij.

Le terme d’Adam en matiere de morale & de spiritualité, a des significations fort différentes selon les divers noms adjectifs avec lesquels il se trouve joint. Quand il accompagne ceux-ci, premier, vieil, & ancien, il se prend quelquefois dans un sens littéral, & alors il signifie le premier homme considéré après sa chûte, comme l’exemple & la cause de la foiblesse humaine. Quelquefois dans un sens figuré, pour les vices, les passions déréglées, tout ce qui part de la cupidité & de la nature dépravée par le péché d’Adam. Quand il est joint aux adjectifs nouveau ou second, il se prend toûjours dans un sens figuré, & le plus souvent il signifie Jesus-Christ, comme l’homme Dieu, saint par essence, par opposition à l’homme pécheur, ou la justice d’une ame véritablement chrétienne, & en général toute vertu ou sainteté exprimée sur celle de Jesus-Christ, & produite par sa grace. (G)

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Phonétique du mot « adam »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
adam adam

Traductions du mot « adam »

Langue Traduction
Anglais adam
Espagnol adán
Italien adamo
Allemand adam
Chinois 亚当
Arabe آدم
Portugais adão
Russe адам
Japonais アダム
Basque adam
Corse adam
Source : Google Translate API
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