Le guide de l’usage des accents en français

Le guide de l'usage des accents en français

Les personnes étrangères étudiant la langue française ont tendance à se plaindre de l’usage des accents en français. En effet, contrairement à l’anglais – qui n’utilise pas d’accent – le français a plusieurs règles concernant l’accentuation.

Il y a trois accents en français :

  • l’accent aigu qui porte uniquement sur le e (é) ;
  • l’accent grave qui porte sur le e, le a et le u (à, è, ù) ;
  • l’accent circonflexe qui porte sur toutes les voyelles, sauf le y (â, ê, î, ô, û).

Je vais maintenant détailler les règles pour ne plus faire d’erreurs quant à l’accentuation en français.

 

L’accent aigu en français

On utilise l’accent aigu sur la lettre « e« . -é se prononce comme un son fermé.

Dans certains cas on met un accent aigu sur le « e »

Règle 1 : On utilise un accent aigu lorsque la voyelle « e » est la première lettre du mot

Exemples : étable, élection, étendre

Exceptions : les mots en -ère et -ès prennent un accent graveUne ère, un ers (légume lentille)

Règle 2 : On utilise un accent aigu lorsque la voyelle « e » est la dernière lettre du mot. Attention, cela concerne aussi les mots au pluriel terminant par un -s ou se terminant par un -e muet (« e » que nous ne prononçons pas).

Exemples : Un canapé, des canapés, un abonné, une abonnée

Règle 3 : On met un accent aigu lorsque la voyelle « e » est placée entre deux consonnes

Exemples : mélangé, préféré…

Exception : Pedigree, repartie (dans le sens de « réplique » mais on écrit « répartir »), revolver.
Attention : Besicles ou bésicles (toujours au pluriel).

Règle 4 : on met un accent aigu sur un « e » précédant une syllabe sans « e » muet

Exemples : immédiat – compléter – génération – généralement

Attention, Reverso.net nous explique pourquoi aujourd’hui l’orthographe de certains mots a changé pour respecter cette règle :

On écrivait autrefois certains mots tels que événement, réglementation… et les formes de futur et de conditionnel telles que il complétera, il gérerait… avec un accent aigu même s’il était suivi d’un e muet.

Afin de supprimer les exceptions à la règle décrite ci-dessus, les Rectifications de l’orthographe de 1990 préconisent l’accent grave pour ces mots :

un évènement – la règlementation – il complètera – il gèrerait

On ne met jamais d’accent aigu sur un e qui précède un x ni devant une consonne double

un exercice – flexible – circonflexe – intéressant – il appelle

Règle 5 : On met un accent aigu sur la dernière lettre des participes passés des verbes du premier groupe (terminaison en -er) et sur le participe passé du verbe être

Exemples : mangé, travaillé, été

 

En revanche, dans d’autres cas on ne met pas d’accent aigu sur le « e »

Règle 6 : on ne met pas d’accent aigu lorsque la voyelle « e » est suivie de « d », « f » ou « r » ou si « z » est la dernière lettre du mot.

Exemples : Une nef, une clef, pied, nez…

Règle 7 : on ne met jamais d’accent aigu sur les voyelles « e » précédant un « x ».

Exemples : un accent circonflexe, le sexe.

Règle 8 : on ne met jamais d’accent aigu sur les voyelles « e » précédant des consonnes doubles.

Exemples : une trompette, une étiquette.

 

L’accent grave en français

L’accent grave peut s’utiliser sur les voyelles « e », « a » et « u ». Si « é » se prononce avec un son ouvert, la prononciation pour « à » et « ù » ne change pas.

L’accent grave sur le « e »

Règle 1 : on met un accent grave pour les mots se finissant par un « s » lorsque celui-ci n’est pas la marque du pluriel

Exemples : après, congrès, décès, près, progrès…

Règle 2 : on met un accent grave pour les « e » précédant une syllabe contenant un « e » muet

Exemples : collège – avènement – fièrement

Règle 3 : on met un accent grave sur un « e » lorsque la deuxième lettre qui le suit est soit un « L » ou un « R »

Exemples : Le lièvre, la fièvre, une nèfle, le trèfle.

Règle : on ne met jamais d’accent grave sur les voyelles « e » précédant un « x ».

Exemples : un accent circonflexe, le sexe.

 

L’accent grave sur le « a »

Règle 4 : on différencie « a » (verbe avoir) et « à » (préposition) ainsi que « la » (pronom ou article) et «  » (adverbe de lieu). Pour ne pas confondre « a » et « à », demandez-vous si vous pouvez remplacer par « avait », si c’est le cas alors ne mettez pas d’accent grave. Concernant « la » ou « là », demandez-vous si vous parlez d’un lieu, une destination. Si c’est le cas utilisez l’accent grave.

Exemples : Il a bien écouté (on peut dire « il avait bien écouté »). Je vais à Paris (on ne peut pas dire « je vais avait Paris »). Je vais là-bas (désigne un lieu). La personne est loin (désigne une personne).

Règle 5 : Il ne faut pas confondre l’adverbe « çà » (expression çà et là) qui prend un accent grave, avec « ça » qui est utilisé pour désigner quelque chose.

Exemples : Ça va pas mal, mais il faut encore chercher çà et là pour améliorer.

Règle 6 : On met toujours un accent grave pour delà, deçà, déjà, voilà… mais jamais pour le pronom cela

Exemples : S’il réussit au-delà de nos espoirs, il pourra alors s’occuper de cela.

 

L’accent grave sur le « u »

Règle 1 : le « ù » avec accent grave n’est utilisé que dans le cas de « où » qui désigne un lieu

Exemple : Il va ? Sûrement à Marseille ou à Paris.

 

L’accent circonflexe en français

L’accent circonflexe ou « chapeau chinois » se place sur les voyelles « â », « ê », « î », « ô », « û » à l’exception du « y ». Malheureusement il n’y a pas de règles générales sur son utilisation mais nous pouvons tout de même essayer de trouver quelques astuces.

Règle 1 : on utilise un accent circonflexe sur les « o » des mots possessifs

Exemples : le nôtre, le vôtre, les nôtres, les vôtres.

Règle 2 : on le retrouve sur certains adjectifs et noms

Exemples d’adjectifs : mûr, mûre, sûr, sûre.

Exemples de noms :  le jeûne, aumône, boîte, chaîne, château, croûte, grâce, icône, traîner, traître, trêve, voûte…

Règle 3 : on utilise un accent circonflexe pour certains mots qui ont perdu une lettre avec le temps et en général un « s »

Exemples : Âne et asne, château et chasteau, fenêtre et fenestre, gîte et giste, hôpital et hospital, goût et goust, tête et test.

Règle 4 : Dans la conjugaison, on met toujours un accent circonflexe aux deux premières personnes du pluriel du passé simple et à la 3epersonne du singulier de l’imparfait du subjonctif.

Exemples : nous fûmes – nous chantâmes – vous fîtes – qu’il fût – qu’il chantât – qu’il vît

Règle 5 : On met un accent circonflexe sur le « i » de 3 mots en -ître :

Bélître (mendiant), épître, huître

Règle 6 : On met un accent circonflexe sur le « i » des verbe en -aître et en -oître ainsi que le verbe « plaire » lorsque cet -i est suivi d’un -t  :

Exemples : Il connaît, il paraîtra, il croît

Règle 7 : Enfin on l’utilise sur le « a » de -âtre marquant une dépréciation :

Exemples : Bellâtre, douceâtre, grisâtre

Règle 8 : les Rectifications de l’orthographe de 1990 préconisent la suppression de l’accent circonflexe sur le u et le (source Reverso)

Exemples : la chaine – la voute – paraitre – il parait

 

 

Et voilà ! N’hésitez pas à commenter l’article pour partager vos impressions

 

 

Sources :

– Une ressource complète sur les trois accents  http://www.aidenet.eu/grammaire01a.htm

– Reverso, sur l’accent aigu  http://grammaire.reverso.net/5_4_02_laccent_aigu.shtml

– Reverso, sur l’accent grave  http://grammaire.reverso.net/5_4_03_laccent_grave.shtml

– Reverso, sur l’accent circonflexe  http://grammaire.reverso.net/5_4_04_laccent_circonflexe.shtml

– Le bon vieux Bescherelle 😉

 

28 commentaires sur “Le guide de l’usage des accents en français

  1. Dans le liminaire : les anglais n’utilisent pas d’accents ???????
    Quel est ce « s » qui traîne, s’ils n’en utilisent pas?

    • Désolé de vous contredire, mais je trouve l’S à accents parfaitement justifié car l’alternative n’est pas au singulier: si c’était le cas, l’anglais utiliserait DES accents, vraisemblablement, pas UN accent. Comparer avec:
      Le coq ne pond pas d’œufs.
      Cette boissons ne contient pas de calories.
      Ce bus ne tansporte pas de passagers.

    • Comme d’hab’, les censeurs auto-investis, mais sans légitimité, de la langue se prennent les pieds dans l’tapis de leurs contradictions tissées d’ignorance.
      Désolé, mais votre remarque est sans fondement/s : tous les correcteurs professionnels (j’en fus) savent qu’une négation accepte aussi bien le singulier que le pluriel.
      En l’occurrence, si pluriel alors accord référentiel : en toute logique, si l’accent existait en anglais, il y en aurait plusieurs, d’où le pluriel.
      Comme disait ma grand-mère : « Tourne sept fois ta langue dans ta bouche » (avant d’l’ouvrir).
      Surprenant, mais sans l’faire exprès, M. Le Roux a raison.

  2. Cher Nicolas,
    En fait, ce n’est pas l’accent aigu qu’il ne faut pas mettre sur le «e» qui précède un «X» ou une consonne double, c’est l’accent grave puisque le son est un«è» et non un «é». Je vous invite à le changer pour éviter aux étudiants allophones des maux de tête encore plus corsés que ceux qu’ils ont déjà.
    Le Québec français vous salue!

    • Patricia,
      Merci pour votre remarque. J’ai ajouté une règle pour les accents graves. En revanche je laisse la même règle pour les accents aigus car certains apprenants pourraient ne pas savoir s’il s’agit d’un accent aigu ou grave.

      On dira donc : on ne met jamais d’accent sur un « e » s’il précède un « x ».

      Bonne journée,
      Nicolas.

  3. Bonjour,
    A propos de l’accent circonflexe, la règle 8 annule la règle 6 qui devient une tolérance (sauf pour certains mots comme « il crôit » différent de « il croit ».
    A propos de la remarque de Jean-Michel, elle n’est pas tout à fait fondée. En effet, les Français utilisent 3 accents. Les Anglais n’utilisent pas d’accents (sous-entendu, s’ils en utilisaient, ils pourraient en utiliser plusieurs. Comme on écrit : une maison sans toit, et un arbre sans feuilles)

  4. L’accent grave en français
    Si « é » se prononce avec un son ouvert, il faut que vous mettiez: si « è » se prononce avec un son ouvert….merci de rectifier cette erreur, d’où l’importance de la phonétique…Bonne journée

  5. Encore un article intéressant mais qui aurait pu mentionner la règle typographique de l’accentuation des capitales (qui sont différentes des majuscules)…

  6. Remarque : M. Le Roux aurait evite de perdre son temps et de nous faire perdre le notre si, au lieu de se perdre en pseudo-regles aussi « asines » qu’impraticables, il avait pose la seule question un peu interessante du point de vue du linguiste – qu’il n’est pas, à savoir : a quoi servent les accents en français ?
    Reponse : a rien ! vu qu’a la lecture, la prononciation est restituee par la memoire auditive – a condition bien sur de privilegier l’oral sur l’ecrit dans tout apprentissage de la langue, ce qui devrait aller de soi pour tout enseignant responsable.
    La preuve : aucun accent dans ce commentaire – aucune difficulte de comprehension.
    Heureusement, grace a l’internet et a la mondialisation des echanges, cette survivance obsolete va disparaitre peu a peu de la langue.
    En ce qui me concerne, dans mes cours de français langue etrangere au personnel des institutions europeennes, j’ai supprime tous les accents sans role phonetique, ce qui restreint deja de façon drastique les emm… pour les apprenants. Bon a prendre et on m’en sait gre, en general.
    D’autant plus que les claviers d’ordinateurs internationaux utilises par les institutions ne permettent pas l’accentuation « a la française », a moins de manipulations complexes. Tant mieux d’ailleurs, ça devrait accelerer la simplification de notre bonne vieille langue, en attendant une veritable reforme de l’orthographe qui instituera la regle « un phoneme / une graphie » – et une seule, pas 36 comme pour le phoneme « o », le malheureux !
    A titre de comparaison : la graphie de l’hebreu ne note meme pas les voyelles (sauf dans les textes didactiques), sans que cela presente de difficultes (negation + pluriel) pour les locuteurs de cette langue.

    • Merci, Brusseleir, votre intervention est très intéressante. Je suis tombée sur cette page de grammaire parce que après quatre ans de vie en France j’ai encore beaucoup de doubts sur les accents. Si on pouvait éliminer tout accent inutile, comme vous l’expliquez, ça serait une grande conquête. C’est la première fois que je lis d’une telle proposition, mais je la trouve intelligente. À quand son application? 🙂

    • Merci pour ce travail, il est suffisant de comprendre facilement les accents
      pourquoi on ne peut pas mettre l’accent aigu sur le e dans les mots suivants : esclave ; ergotine

  7. merci pour votre article sur les accents.
    pourriez m’expliquer les exceptions qui echappent de la regle comme près dès

  8. Quelqu’un saurait-il me dire pourquoi le « e » de « eh bien » ne prend pas d’accent puisqu’on prononce « é » bien, et non pas « eu » bien.
    Merci 🙂

  9. Note relative à la correction de la dictée en ligne.
    Bonjour,

    Je ne suis pas très familiarisé avec les règles de la nouvelle orthographe. Il me semble avant tout, tel qu’il est mentionné dans le site que ce ne sont que des préconisations car il s’agit de proposition.
    La proposition ne constitue pas une obligation, elle fait office de suggestion.
    Je pense que si certaines personnes dont je fais partie souhaitent conserver l’ancienne orthographe, cela ne constituerait pas une faute.
    Ainsi, pour moi, les deux orthographes sont admises.

    Dans la dictée en ligne, au niveau du dernier extrait, je voulais savoir si le non accord du participe passé avec son complément d’objet direct qui précède l’auxiliaire avoir était dû également à la nouvelle réglementation de 1990, mais je n’ai rien vu à ce sujet. Je suppose que cela doit être une erreur.
    le corrigé de la dictée :
    Finalement, il les a laissé partir sans même leur demander leur chemin.

    Cette phrase devrait s’écrire de la façon suivante :
    Finalement, il les a laissés partir sans même leur demander leur chemin.

    Il y a accord du participe passé du verbe « laisser » avec le complément d’objet direct « les ». Ce complément se substitue au « jeune couple ». Qui dit couple dit deux, donc un « s ».

    Là où ça peut se compliquer, c’est suivant la nature du couple.
    Je m’explique :
    Si c’est un couple mixte ou un couple homosexuel composé de deux hommes; dans ces deux cas le « s » est de rigueur. (dans le cas du couple mixte, le masculin l’emportant sur le féminin, n’en déplaise à la gente féminine)
    Si il s’agit d’un couple homosexuel composé de deux femmes, un couple lesbien, alors il faudra écrire « les a laissées ».

    Dans le texte « laissés » ou « laissées » pourraient être acceptés mais pas « laissé » car nous sommes sûrs du nombre de personnes mais pas du genre de ces personnes.

    La bonne orthographe dépend de la nature du couple qui n’est pas révélée dans le texte.

    Cordialement

  10. je me sent bête, j’essaie d’expliquer les règles des accents à mon fils, et en lisant plus haut, et cherchant quelques exemples pour qu’il comprenne bien, j’écris le mot « responsabilite » (sans accent, pour voir s’il a compris). sauf que, si je suis bien les règles ci-dessus, et si je ne me trompe pas, il devrait y avoir un accent sur le premier « e » de responsabilité. il n’est pas succédé d’un x, ni d’une double consonne…
    pourtant je ne l’imagine pas avec un accent…
    quelqu’un peut m’aiguiller?

  11. Notre et votre sans accent circonflexe sont aussi des possessifs… Mais des determinants.
    Nôtre et vôtre sont des pronoms.

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