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Jules

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Définitions du mot jules

Trésor de la Langue Française informatisé

JULES, subst. masc.

[Parfois avec une majuscule]
A. − Pop. Pot de chambre ou tinette. Synon. thomas (vx).Une sorte d'immense hangar (...) sommairement meublé de lits de camp (...) et d'un « cabinet » dans un coin, où le Jules traditionnel sommeillait, utile et mal odorant (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Mes pris., 1893, p. 365).Le long des murs, des matelas en galette s'empilaient près de seaux de toilette, de cruches de grès, de thomas de faïence et de jules de zinc (Huysmans, Oblat, t. 2, 1903, p. 206).
Arg. milit., vieilli. [Sans déterm.] Il y avait bien quelques irréductibles qui parlaient de lui faire vider Jules à son tour... D'autres prenaient alors sa défense et lui formaient une garde du corps (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 163).
B. −
1. Arg. Homme du milieu; en partic. proxénète. Synon. maquereau, marlou (pop.), souteneur.Longtemps considéré soit avec résignation (un fléau aussi vieux que le plus vieux métier du monde), soit avec indulgence (les « jules » ne font-ils pas partie d'un certain folklore?), (...) le proxénétisme serait-il enfin sérieusement menacé en France? (L'Est Républicain,9 juill. 1980, p. 1).
P. ext. Homme énergique et courageux. Elle se tenait comme un Jules, cette Irène, et qui mieux est, comme un Jules de la vieille école! (Simonin, Cave se rebiffe,1954, p. 136).
2. Pop. [Gén. précédé d'un poss.] Amant ou mari. Synon. pop. homme, mec, type.C'est mézigue, ton Prince charmant, ton Jules, que tu poirottes depuis cent piges (Stollé, Contes, Belle au bois dormant, 1947, p. 2).C'est comme ça qu'elle est quand elle a un jules, dit Zazie, la famille ça compte plus pour elle (Queneau, Zazie,1959, p. 13).
REM.
Julot, subst. masc.,arg. (parfois avec une majuscule). Synon. de Jules (au sens B).Mon affaire avait fait beaucoup de bruit dans la truanderie (...). Quatre-vingts pour cent des julots étaient contre moi (Trignol, Pantruche,1946, p. 34).Sans doute, les scènes de tortures décrites à Grenoble diminueront-elles. Les « julots » parisiens, songeraient, paraît-il, à changer de style (...). Mieux vaudrait agir en gentleman, être un « amant de cœur », ce personnage intermédiaire, librement choisi par la prostituée mais qui vit − n'est-ce pas l'essentiel? − de ses gains à elle (Le Monde,10 juill. 1980, p. 9).Tombé amoureux d'elle, Nadaud a voulu la sortir du tapin. Mais le julot de service exigeait une amende de cinq briques (Le Breton, Brigade anti-gangs, Bontemps et les loubards, Paris, Éd. du Masque, 1980, p. 62).Mais envers et contre tout il fermerait sa gueule, encaisserait en Julot, conserverait son nez propre. La rue [...] lui avait enseigné cette règle (Le Breton, Brigade anti-gangs, Bontemps et les loubards, Paris, Éd. du Masque, 1980p. 227).
Prononc. : [ʒyl]. Étymol. et Hist. 1. 1866 « vase de nuit » (Delvau); 2. 1947 « mari, amant » (Stollé, Douze récits hist., p. 6 et Contes, loc. cit.); 3. 1953 « proxénète » (Simonin, Touchez pas au grisbi, p. 176). Emplois iron. du prénom Jules.Au sens 3, cf. julot « id. » dès 1910 (Esn.). Fréq. abs. littér. : 14.

Wiktionnaire

Nom commun

jules masculin invariable

  1. (Familier) Petit ami, amoureux.
    • Elle a un nouveau jules !
  2. (Familier) Amant, conjoint, mari.
    • L'excès de liberté apporte aux hommes des Césars... - Et aux femmes des Jules. — (Robert Hollier, Marche ou crève, Carignan (1962)).
    • — Non, mais je trouve bizarre qu'elle se soit couchée à côté du cadavre de son jules et se soit endormie sans rien remarquer, alors que ça schmoutait à donf et que le matelas était imbibé de sang, précisa-t-il. — (Yves Laurent, Jeux de mains: Polar belge, Viesville : Esfera, Imaginons ensemble, 2017)
  3. (Argot) Proxénète.
    • Ou bien elles se foutent dans la Seine avec leur nouveau-né, ou bien c'est leur Jules qui joue du couteau et les surine avec son eustache. — (Émile Ajar (Romain Gary), L'angoisse du roi Salomon (1979)).
  4. (Familier) Pot de chambre, vase de nuit.
    • Le plus étonnant, c'est qu'il ne s'appelait pas Jules. Son véritable prénom était Thomas. Mais ma chère tante ayant entendu dire que les gens de la campagne appelaient Thomas leur pot de chambre, avait décidé de l'appeler Jules, ce qui est encore beaucoup plus usité pour désigner le même objet. L'innocente créature, faute d'avoir fait son service militaire, l'ignorait, et personne n'osa l'en informer, même pas Thomas-Jules, qui l'aimait trop pour la contredire, surtout quand il avait raison ! — (Marcel Pagnol, La gloire de mon père, chapitre 8 (« L’oncle Jules »). Éditions Pastorelly, 1957.)
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* JULES, s. m. (Commerce.) petite monnoie courante en Italie ; sa valeur est d’environ cinq sols. Il y a les testons, les écus & les jules. La pistole d’Espagne vaut à Rome treize écus jules, & l’écu de notre monnoie dix ou environ.

Le nom de cette monnoie vient des papes qui se sont appellés Jules.

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Étymologie de « jules »

Du prénom Jules.
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Phonétique du mot « jules »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
jules ʒyl

Images d'illustration du mot « jules »

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Traductions du mot « jules »

Langue Traduction
Anglais jules
Espagnol jules
Italien jules
Allemand jules
Chinois 朱尔斯
Arabe جول
Portugais jules
Russe жюль
Japonais ジュール
Basque jules
Corse jules
Source : Google Translate API

Synonymes de « jules »

Source : synonymes de jules sur lebonsynonyme.fr
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