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Litote - Figure de style [définition et exemples]

Sommaire

  • Histoire de la litote
  • Définition d'une litote
  • Exemples de litotes
litote

Histoire de la litote

La litote la plus connue de la littérature française est, sans conteste, celle du Cid de Corneille : Chimène, avoue de façon détournée à Rodrigue qu'elle l'aime encore par cette célèbre réplique : "Va, je ne te hais point." De fait, la litote a souvent été utilisée au théâtre parce qu'elle crée un effet dramatique et permet de suggérer les sentiments, plus que de les montrer. On peut citer une scène de Phèdre de Racine, où cette dernière avoue ses sentiments pour Hippolyte à sa confidente : "Dieux ! Que ne suis-je assise à l'ombre des forêts ! / Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière, / Suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière ?" L'amour que ressent Phèdre n'est jamais clairement évoqué, mais on le ressent par les allusions qu'elle fait. Cette figure de style, qui vient du grec litotes (λιτότης) qui signifie petitesse, ténuité, apparence simple, sans apprêts n'est cependant pas réservée au théâtre classique. On l'emploie en effet beaucoup de nos jours dans nos expressions quotidiennes. On peut citer : "Pas mal", pour dire que quelque chose est bien, ou "ce n'est pas donné", pour dire qu'une chose est chère. Il convient donc de bien comprendre cette figure de style et ses différences avec, par exemple, l'euphémisme.  

Définition d'une litote

On l'aura deviné, la litote est donc une figure de style qui réside sur un principe d'atténuation : on en dit moins que ce que l'on pense vraiment, par pudeur, par ironie ou pour mettre en valeur le propos. La mise en avant vient de l'effet de contraste entre ce qui est dit réellement et ce qui est dit implicitement. C'est grâce au contexte que l'on peut saisir la différence entre les deux. Le contexte permet à la personne qui lit ou qui entend une litote de comprendre le véritable sens derrière l'atténuation. C'est pour cela que c'est une figure très utilisée au théâtre : les spectateurs connaissent plus de choses que les personnages, et peuvent donc interpréter facilement certaines allusions. Une litote peut se construire de différentes manières. Elle s'appuie souvent sur la négation : on dit souvent qu'une chose n'est pas ce qu'elle est véritablement. On énonce ainsi parfois, par exemple : "Ce n'est pas faux", pour dire qu'une chose est vraie.

Quelle est la différence entre la litote et l'euphémisme ?

Cette définition fait penser à celle de l'euphémisme, figure qui repose également sur un principe d'atténuation. On constate d'ailleurs que, pour beaucoup de gens, les deux figures sont synonymes. Il existe cependant une différence. L'euphémisme masque la réalité, alors que la litote la met en lumière. En effet, l'euphémisme est utilisé pour cacher une réalité douloureuse (on dit par exemple "non-voyants" pour "aveugles") et est ainsi connotée négativement. Ce n'est pas le cas pour la litote qui sert à mettre en valeur une chose, et qui n'a donc pas pour intention de l'atténuer.

Quelle est la différence entre la litote et l'antiphrase ?

L'antiphrase consiste à dire l'inverse de ce que l'on pense, feignant de nier la réalité pour mieux en accentuer le caractère exceptionnel. Ainsi, lorsqu'on emploie une antiphrase on dira "Comme ce lieu reflète l’ordre et la propreté" alors que dans le cas d'usage d'une litote on dira "Ce lieu ne sent  pas la rose".  

Exemples de litotes

Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine ! / Un vaisseau la portait aux bords de Camarine…” – Chénier, Élégies. “Ce n’était pas un sot, non, non, et croyez-m’en, / Que le chien de Jean de Nivelle” – La Fontaine, Fables.
“Notre adieu ne fut point un adieu d’ennemis. – Corneille, Suréna. “J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs / Je marche, sans trouver de bras qui me secourent” – Hugo, Les Contemplations. “Il est vrai, que parfoisles militaires s’exagérant l’impuissance relative de l’intelligence, négligent de s’en servir.” – De Gaulle, Le Fil de l’Épée. “Ce Sarrasin me semble fort hérétique” – La Chanson de Roland. “Va, je ne te hais point” – Corneille, Le Cid. “Nous étions quelques-uns à nous déplacer de conserve. Un jeune homme, qui n’avait pas l’air très intelligent.” – Queneaux, Exercices de style. “Vous n’avez donc pas de maisons pour manger et boire ? Ou bien méprisez-vous l’Église de Dieu, et voulez-vous faire honte à ceux qui n’ont rien ? Que vous dire ? Vous louer ? Sur ce point, je ne vous loue pas.” – Corinthiens 11:22. “Mais il me reste un fils. Vous saurez quelque jour, / Madame, pour un fils jusqu'où va votre amour” – Racine, Andromaque.
 

Vous voulez en savoir plus ? Consultez notre guide des figures de style en français.

 

Sujets :  figure de style

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