Rouvrir : définition de rouvrir


Rouvrir : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ROUVRIR, verbe trans.

I. − [Corresp. à ouvrir I; les indices correspondent respectivement à: l'agent du procès (1), l'objet mobile séparant l'espace clos de l'extérieur (2), l'espace clos ou un de ses éléments (3), le moyen ou l'instrument (4), le bénéficiaire (5)]
A. − [Le compl. désigne la partie mobile qui ferme l'espace clos] Déplacer de nouveau ce qui ferme un espace de manière à ce que l'intérieur de cet espace communique avec l'extérieur. Anton. refermer, occlure.
1. Qqn1rouvre qqc.2Alban s'éclipsa. On rouvrait les volets (Montherl.,Bestiaires, 1926, p. 526).Qu'est-ce qu'il était? demanda Manuel, comme si, de parler à nouveau du blessé eût rouvert la porte refermée sur lui (Malraux,Espoir, 1937, p. 511).
Empl. pronom. Qqc.2se rouvre (sur qqn).Il l'amenait chez lui. Et la porte se rouvrait sur l'homme, soucieux, tandis qu'il rentrait en se frottant les mains (Pesquidoux,Livre raison, 1928, p. 92).
2. Qqn1rouvre qqc.2à qqn5.Le commandant Doyré fut forcé de leur rouvrir les portes (Erckm.-Chatr.,Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 116).
Empl. pronom. Qqc.2se rouvre à qqn5.Cependant, les portes de l'Allemagne s'étaient rouvertes à lui (Rolland,J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1434).Elle ouvrira la porte qui jamais ne s'est rouverte sur aucune d'elles, et leur rendra la liberté (Dumesnil,Hist. théâtre lyr., 1953, p. 207).
B. − [P. méton.; le compl. désigne l'espace clos ou inaccessible] Faire qu'un espace clos ou inaccessible communique de nouveau avec l'extérieur. Anton. refermer.
1.
a) Qqn1rouvre qqc.3En costume de bal, elle a rouvert, à onze heures, la chambre où nous étions à fumer, pour dire à son mari: « On ne mange pas d'œufs, demain? » (Goncourt,Journal, 1865, p. 136).Mais j'ai un frère qui est désagréable dans une gare: il n'arrive qu'au dernier moment (il a des principes), alors il faut rouvrir une valise qu'un domestique n'avait pas encore apportée (Jacob,Cornet dés, 1923, p. 93).
En partic. Rendre accessible de nouveau un lieu, un établissement après une période de fermeture. Anton. refermer.Rouvrir une salle de spectacle. Pendant ce temps, au très grand jour, lui, et dans son besoin de vivre, Delaherche s'agitait, tâchait de rouvrir sa fabrique (Zola,Débâcle, 1892, p. 544).Staline l'a bien compris, et a montré qu'il comprenait lorsqu'il a rouvert les églises (Gide,Journal, 1945, p. 282).Part. passé adj. Anton. refermé.Les églises sont rouvertes. À son retour, il trouva le kiosque rouvert avec une nouvelle tenancière. Il n'entendit plus parler de Mariette (Montherl.,Célibataires, 1934, p. 833).
Au fig. Vauvenargues (...) rouvre un ordre d'idées et de sentiments qui est plein de fécondité et d'avenir (Sainte-Beuve,Nouv. lundis, t. 3, 1862, p. 233).Empl. pronom. L'avenir s'est rouvert. Un jour teint de rose l'accueillit au delà d'une porte, et il attendit, debout, que l'univers annoncé par cette aube se rouvrît enfin (Colette,Fin Chéri, 1926, p. 115).
b) Qqn1rouvre qqc.3à qqc.5/qqn5.Le dilemme s'impose, formidable: ou maintenir notre régime de douanes, (...) ou rouvrir nos ports aux céréales à vil prix d'Amérique (Coppée,Bonne souffr., 1898, p. 40).Bernardin relut son plan de république, se fortifia dans l'idée qu'une colonie fondée sur l'Aral rouvrirait au commerce de l'Empire l'ancien canal des richesses de l'Inde (A. France,Génie lat., 1909, p. 214).
Empl. pronom. Qqc.3se rouvre à qqn5.Anton. se fermer.Depuis trois ans, plus de cinquante musées partiellement ou totalement fermés se sont rouverts au public (Musées Fr., 1950, p. 6).
2. Empl. intrans. Qqc.3rouvre.Devenir de nouveau accessible. Les théâtres rouvrent. La salle des Capucines rouvre, elle aussi (Mallarmé,Dern. mode, 1874, p. 791).
II. − [Corresp. à ouvrir III; les indices correspondent respectivement à: l'agent du procès (1), le passage, l'évidement (2), l'espace plein (3), ce qui sert à fermer (4), le bénéficiaire (5)] Créer ou permettre de nouveau un passage, une trouée dans un espace. Anton. refermer, reboucher, boucher, occlure.
A. −
1.
a) Qqn1rouvre qqc.2(dans qqc.3).Au passif. Alors les vieilles pistes furent rouvertes et de nouvelles furent tracées (P. Rousseau,Hist. transp., 1961, p. 78).
En partic. [Le compl. désigne une blessure] La blessure avait été maintes fois rouverte et envenimée; à la fin tout cela s'était trouvé découvert à l'infirmerie (Jouve,Paulina, 1925, p. 177).Part. passé adj. Anton. refermé.Durant les jours qui suivirent, le jeune bohémien, malade de sa blessure légèrement rouverte, ne parut pas (Alain-Fournier,Meaulnes, 1913, p. 164).
b) Empl. pronom. Anton. se refermer, se fermer.
Qqc.2se rouvre.Il lui vint au sein un abcès qui se ferma et se rouvrit (A. France,Servien, 1882, p. 2).La ville était peuplée de dormeurs éveillés qui n'échappaient réellement à leur sort que ces rares fois où, dans la nuit, leur blessure apparemment fermée se rouvrait brusquement (Camus,Peste, 1947, p. 1366).
Qqc.3se rouvre.Son pied meurtri s'était rouvert, ses genoux secs s'ankylosaient (Dorgelès,Croix de bois, 1919, p. 34).
[Dans une tournure factitive] Et je n'aurais jamais avoué ma détresse, Ô mol printemps pernicieux, Si vous n'aviez pas fait se rouvrir ma jeunesse (Noailles,Forces étern., 1920, p. 137).
2. Qqn1rouvre qqc.2à qqn5.La beauté me ravit à ce monde et me donne à ceux qui sont faits pour m'en rouvrir le chemin (J. Bousquet,Trad. du sil., 1936, p. 195).
B. − Qqc.4rouvre qqc.2Anton. obturer.L'écoulement de l'air frais vers les soupapes d'échappement produit un effet de balayage, qui chasse les gaz brûlés et laisse les cylindres pleins d'air pur, lorsque le piston commence de nouveau à rouvrir les lumières d'admission (Chapelain,Techn. automob., 1956, p. 263).
III. − [Corresp. à ouvrir IV; les indices correspondent respectivement à : l'agent (1), l'objet du processus (2)] Écarter, déployer de nouveau (les parties de) quelque chose. Anton. fermer, refermer, replier.
A. −
1. Qqn1rouvre qqc.2Rouvrir un livre. Tiens, assieds-toi là. Il lui avançait une chaise, et rouvrait le clavecin d'un air de satisfaction extraordinaire (Erckm.-Chatr.,Ami Fritz, 1864, p. 95).Assis dans le salon jaune d'Offranville (...) je rouvrais des albums aux fermoirs de cuivre oxydé d'où surgissaient les images pâlies (Blanche,Modèles, 1928, p. v).
Part. passé adj. Anton. fermé, refermé.L'escamoteur lui donnait à tenir dans la main le fichu écarlate qui, la main rouverte, paraissait un chiffon bleu en loques (Adam,Enf. Aust., 1902, p. 109).
En partic. Rouvrir les draps. Ouvrir les draps de nouveau (v. ouvrir IV A 1 a). Il (...) n'hésitait pas à se relever et à rouvrir les draps lorsque l'intérieur du lit ne répondait pas exactement à son idéal de confort (Cocteau,Enfants, 1929, p. 85).
2. Empl. pronom. Qqc.2se rouvre.Anton. se fermer, se refermer, se clore.Ils hurlent. Le rideau quatre fois se rouvre (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 215).
B. − [Le compl. désigne une partie du référent du suj.] Anton. clore, fermer.Pauline serra soudain les dents, rouvrit les yeux, et Laforgue épia avec rage cet air d'égarement (Nizan,Conspir., 1938, p. 30).
Empl. pronom. Anton. se clore.Il faut que leurs lèvres se taisent pour ne se rouvrir, comme accusatrices, que devant le trône de Dieu! (Dumas père, Tour Nesle, 1832, i, 2e tabl., 1, p. 15).
IV. − [Corresp. à ouvrir V; les indices correspondent respectivement à: l'agent du processus (1), le processus (2)] Mettre de nouveau en train un processus. Synon. recommencer; anton. clore, finir, terminer.
A. −
1. Qqn1rouvre qqc.2Rouvrir un procès. Après lui [Goya] viennent les Aparicio, les Lopez; la décadence est complète, le cycle de l'art est fermé. Qui le rouvrira? (Gautier,Tra los montes, 1843, p. 115).J'étais soulagé par le fait qu'aucune question épineuse n'avait été rouverte, que mon système nerveux hier matin n'eût pas été en état de supporter (Du Bos,Journal, 1927, p. 233):
Tandis que la voix sifflante de Lénine incitait à rouvrir la lutte, à passer sans délai de la guerre étrangère, à la guerre civile, Wilson prodiguait les consolations, les engagements solennels... J.-R. Bloch, Dest. du S., 1931, p. 96.
DR. Rouvrir les débats. ,,Autoriser la poursuite des débats alors que leur clôture avait été précédemment prononcée`` (Roland-Boyer 1983).
2. Qqc.1rouvre qqc.2Il a paru récemment deux ouvrages qui rouvrent la question (Rudler,Techn. crit. et hist. littér., 1923, p. 35).
B. − Empl. pronom. Qqc.2se rouvre.Sacrifice en pure perte, d'ailleurs, parce que la crise polonaise se rouvrit (Lefebvre,Révol. fr., 1963, p. 311).
Prononc. et Orth.: [ʀuvʀi:ʀ], (il) rouvre [ʀuvʀ:]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1. Ca 1175 intrans. « s'ouvrir à nouveau; se dilater (en parlant du cœur sous l'effet de la joie) » (Benoît de Ste-Maure, Chron. ducs de Normandie, 32390 ds T.-L.); 2. 1547 trans. r'ouvrir [des muys] (Archit. de Vitruve, 109 d'apr. R. Vaganay ds Rom. Forsch. t. 32, p. 156); 3. 1575 réfl. en parlant d'une cicatrice (Paré, Œuvres, éd. J.-F. Malgaigne, t. 2, p. 310b); 1667 trans. au fig. (Racine, Andromaque, II, 2: Je sçay que vos regards vont rouvrir mes blessures); 4. 1874 intrans. forme pop. r'ouvrir en parlant d'un établissement fermé (Le J. amusant, 21 nov., 6c ds Quem. DDL t. 17). Dér. de ouvrir*; préf. re-*. Fréq. abs. littér.: 1 347. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 598, b) 2 150; xxes.: a) 2 324, b) 1 815.

Rouvrir : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ROUVRIR, verbe trans.

I. − [Corresp. à ouvrir I; les indices correspondent respectivement à: l'agent du procès (1), l'objet mobile séparant l'espace clos de l'extérieur (2), l'espace clos ou un de ses éléments (3), le moyen ou l'instrument (4), le bénéficiaire (5)]
A. − [Le compl. désigne la partie mobile qui ferme l'espace clos] Déplacer de nouveau ce qui ferme un espace de manière à ce que l'intérieur de cet espace communique avec l'extérieur. Anton. refermer, occlure.
1. Qqn1rouvre qqc.2Alban s'éclipsa. On rouvrait les volets (Montherl.,Bestiaires, 1926, p. 526).Qu'est-ce qu'il était? demanda Manuel, comme si, de parler à nouveau du blessé eût rouvert la porte refermée sur lui (Malraux,Espoir, 1937, p. 511).
Empl. pronom. Qqc.2se rouvre (sur qqn).Il l'amenait chez lui. Et la porte se rouvrait sur l'homme, soucieux, tandis qu'il rentrait en se frottant les mains (Pesquidoux,Livre raison, 1928, p. 92).
2. Qqn1rouvre qqc.2à qqn5.Le commandant Doyré fut forcé de leur rouvrir les portes (Erckm.-Chatr.,Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 116).
Empl. pronom. Qqc.2se rouvre à qqn5.Cependant, les portes de l'Allemagne s'étaient rouvertes à lui (Rolland,J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1434).Elle ouvrira la porte qui jamais ne s'est rouverte sur aucune d'elles, et leur rendra la liberté (Dumesnil,Hist. théâtre lyr., 1953, p. 207).
B. − [P. méton.; le compl. désigne l'espace clos ou inaccessible] Faire qu'un espace clos ou inaccessible communique de nouveau avec l'extérieur. Anton. refermer.
1.
a) Qqn1rouvre qqc.3En costume de bal, elle a rouvert, à onze heures, la chambre où nous étions à fumer, pour dire à son mari: « On ne mange pas d'œufs, demain? » (Goncourt,Journal, 1865, p. 136).Mais j'ai un frère qui est désagréable dans une gare: il n'arrive qu'au dernier moment (il a des principes), alors il faut rouvrir une valise qu'un domestique n'avait pas encore apportée (Jacob,Cornet dés, 1923, p. 93).
En partic. Rendre accessible de nouveau un lieu, un établissement après une période de fermeture. Anton. refermer.Rouvrir une salle de spectacle. Pendant ce temps, au très grand jour, lui, et dans son besoin de vivre, Delaherche s'agitait, tâchait de rouvrir sa fabrique (Zola,Débâcle, 1892, p. 544).Staline l'a bien compris, et a montré qu'il comprenait lorsqu'il a rouvert les églises (Gide,Journal, 1945, p. 282).Part. passé adj. Anton. refermé.Les églises sont rouvertes. À son retour, il trouva le kiosque rouvert avec une nouvelle tenancière. Il n'entendit plus parler de Mariette (Montherl.,Célibataires, 1934, p. 833).
Au fig. Vauvenargues (...) rouvre un ordre d'idées et de sentiments qui est plein de fécondité et d'avenir (Sainte-Beuve,Nouv. lundis, t. 3, 1862, p. 233).Empl. pronom. L'avenir s'est rouvert. Un jour teint de rose l'accueillit au delà d'une porte, et il attendit, debout, que l'univers annoncé par cette aube se rouvrît enfin (Colette,Fin Chéri, 1926, p. 115).
b) Qqn1rouvre qqc.3à qqc.5/qqn5.Le dilemme s'impose, formidable: ou maintenir notre régime de douanes, (...) ou rouvrir nos ports aux céréales à vil prix d'Amérique (Coppée,Bonne souffr., 1898, p. 40).Bernardin relut son plan de république, se fortifia dans l'idée qu'une colonie fondée sur l'Aral rouvrirait au commerce de l'Empire l'ancien canal des richesses de l'Inde (A. France,Génie lat., 1909, p. 214).
Empl. pronom. Qqc.3se rouvre à qqn5.Anton. se fermer.Depuis trois ans, plus de cinquante musées partiellement ou totalement fermés se sont rouverts au public (Musées Fr., 1950, p. 6).
2. Empl. intrans. Qqc.3rouvre.Devenir de nouveau accessible. Les théâtres rouvrent. La salle des Capucines rouvre, elle aussi (Mallarmé,Dern. mode, 1874, p. 791).
II. − [Corresp. à ouvrir III; les indices correspondent respectivement à: l'agent du procès (1), le passage, l'évidement (2), l'espace plein (3), ce qui sert à fermer (4), le bénéficiaire (5)] Créer ou permettre de nouveau un passage, une trouée dans un espace. Anton. refermer, reboucher, boucher, occlure.
A. −
1.
a) Qqn1rouvre qqc.2(dans qqc.3).Au passif. Alors les vieilles pistes furent rouvertes et de nouvelles furent tracées (P. Rousseau,Hist. transp., 1961, p. 78).
En partic. [Le compl. désigne une blessure] La blessure avait été maintes fois rouverte et envenimée; à la fin tout cela s'était trouvé découvert à l'infirmerie (Jouve,Paulina, 1925, p. 177).Part. passé adj. Anton. refermé.Durant les jours qui suivirent, le jeune bohémien, malade de sa blessure légèrement rouverte, ne parut pas (Alain-Fournier,Meaulnes, 1913, p. 164).
b) Empl. pronom. Anton. se refermer, se fermer.
Qqc.2se rouvre.Il lui vint au sein un abcès qui se ferma et se rouvrit (A. France,Servien, 1882, p. 2).La ville était peuplée de dormeurs éveillés qui n'échappaient réellement à leur sort que ces rares fois où, dans la nuit, leur blessure apparemment fermée se rouvrait brusquement (Camus,Peste, 1947, p. 1366).
Qqc.3se rouvre.Son pied meurtri s'était rouvert, ses genoux secs s'ankylosaient (Dorgelès,Croix de bois, 1919, p. 34).
[Dans une tournure factitive] Et je n'aurais jamais avoué ma détresse, Ô mol printemps pernicieux, Si vous n'aviez pas fait se rouvrir ma jeunesse (Noailles,Forces étern., 1920, p. 137).
2. Qqn1rouvre qqc.2à qqn5.La beauté me ravit à ce monde et me donne à ceux qui sont faits pour m'en rouvrir le chemin (J. Bousquet,Trad. du sil., 1936, p. 195).
B. − Qqc.4rouvre qqc.2Anton. obturer.L'écoulement de l'air frais vers les soupapes d'échappement produit un effet de balayage, qui chasse les gaz brûlés et laisse les cylindres pleins d'air pur, lorsque le piston commence de nouveau à rouvrir les lumières d'admission (Chapelain,Techn. automob., 1956, p. 263).
III. − [Corresp. à ouvrir IV; les indices correspondent respectivement à : l'agent (1), l'objet du processus (2)] Écarter, déployer de nouveau (les parties de) quelque chose. Anton. fermer, refermer, replier.
A. −
1. Qqn1rouvre qqc.2Rouvrir un livre. Tiens, assieds-toi là. Il lui avançait une chaise, et rouvrait le clavecin d'un air de satisfaction extraordinaire (Erckm.-Chatr.,Ami Fritz, 1864, p. 95).Assis dans le salon jaune d'Offranville (...) je rouvrais des albums aux fermoirs de cuivre oxydé d'où surgissaient les images pâlies (Blanche,Modèles, 1928, p. v).
Part. passé adj. Anton. fermé, refermé.L'escamoteur lui donnait à tenir dans la main le fichu écarlate qui, la main rouverte, paraissait un chiffon bleu en loques (Adam,Enf. Aust., 1902, p. 109).
En partic. Rouvrir les draps. Ouvrir les draps de nouveau (v. ouvrir IV A 1 a). Il (...) n'hésitait pas à se relever et à rouvrir les draps lorsque l'intérieur du lit ne répondait pas exactement à son idéal de confort (Cocteau,Enfants, 1929, p. 85).
2. Empl. pronom. Qqc.2se rouvre.Anton. se fermer, se refermer, se clore.Ils hurlent. Le rideau quatre fois se rouvre (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 215).
B. − [Le compl. désigne une partie du référent du suj.] Anton. clore, fermer.Pauline serra soudain les dents, rouvrit les yeux, et Laforgue épia avec rage cet air d'égarement (Nizan,Conspir., 1938, p. 30).
Empl. pronom. Anton. se clore.Il faut que leurs lèvres se taisent pour ne se rouvrir, comme accusatrices, que devant le trône de Dieu! (Dumas père, Tour Nesle, 1832, i, 2e tabl., 1, p. 15).
IV. − [Corresp. à ouvrir V; les indices correspondent respectivement à: l'agent du processus (1), le processus (2)] Mettre de nouveau en train un processus. Synon. recommencer; anton. clore, finir, terminer.
A. −
1. Qqn1rouvre qqc.2Rouvrir un procès. Après lui [Goya] viennent les Aparicio, les Lopez; la décadence est complète, le cycle de l'art est fermé. Qui le rouvrira? (Gautier,Tra los montes, 1843, p. 115).J'étais soulagé par le fait qu'aucune question épineuse n'avait été rouverte, que mon système nerveux hier matin n'eût pas été en état de supporter (Du Bos,Journal, 1927, p. 233):
Tandis que la voix sifflante de Lénine incitait à rouvrir la lutte, à passer sans délai de la guerre étrangère, à la guerre civile, Wilson prodiguait les consolations, les engagements solennels... J.-R. Bloch, Dest. du S., 1931, p. 96.
DR. Rouvrir les débats. ,,Autoriser la poursuite des débats alors que leur clôture avait été précédemment prononcée`` (Roland-Boyer 1983).
2. Qqc.1rouvre qqc.2Il a paru récemment deux ouvrages qui rouvrent la question (Rudler,Techn. crit. et hist. littér., 1923, p. 35).
B. − Empl. pronom. Qqc.2se rouvre.Sacrifice en pure perte, d'ailleurs, parce que la crise polonaise se rouvrit (Lefebvre,Révol. fr., 1963, p. 311).
Prononc. et Orth.: [ʀuvʀi:ʀ], (il) rouvre [ʀuvʀ:]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1. Ca 1175 intrans. « s'ouvrir à nouveau; se dilater (en parlant du cœur sous l'effet de la joie) » (Benoît de Ste-Maure, Chron. ducs de Normandie, 32390 ds T.-L.); 2. 1547 trans. r'ouvrir [des muys] (Archit. de Vitruve, 109 d'apr. R. Vaganay ds Rom. Forsch. t. 32, p. 156); 3. 1575 réfl. en parlant d'une cicatrice (Paré, Œuvres, éd. J.-F. Malgaigne, t. 2, p. 310b); 1667 trans. au fig. (Racine, Andromaque, II, 2: Je sçay que vos regards vont rouvrir mes blessures); 4. 1874 intrans. forme pop. r'ouvrir en parlant d'un établissement fermé (Le J. amusant, 21 nov., 6c ds Quem. DDL t. 17). Dér. de ouvrir*; préf. re-*. Fréq. abs. littér.: 1 347. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 598, b) 2 150; xxes.: a) 2 324, b) 1 815.

Rouvrir : définition du Wiktionnaire

Verbe

rouvrir \ʁu.vʁiʁ\ transitif ou pronominal 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se rouvrir)

  1. Ouvrir de nouveau, ouvrir ce qui avait été fermé.
    • Un homme se glissa sous le porche […] aussitôt que le général eut entrebâillé la porte ; et, sans qu'il pût s'y opposer, l'inconnu l'obligea de la lâcher en la repoussant par un vigoureux coup de pied, et s'y appuya résolument comme pour empêcher de la rouvrir. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Une à une les succursales des magasins de luxe parisiens, londoniens ou berlinois fermaient, devant rouvrir, l'été, dans les stations chic : Chamonix, Royat, ou Aix-les-Bains. — (Paul Margueritte, Jouir, 1918, T.2, p.260)
    • (Pronominal)[…] ; mais la porte du jardin s'est rouverte, mon amant est là, dans l'allée, il vient, il approche, […]. — (Pierre Louÿs, La nuit de printemps, dans Archipel, 1905)
    • (Figuré)Quelques hommes, qui ont dans le cœur plus de génie que le XVIIIe siècle n’en avait dans la tête, ont rouvert par d’admirables inspirations les chemins de l’âme que le scepticisme et l’impiété avaient fermés depuis si longtemps. — (« Manifeste romantique » (1828), attribué à Aloysius Bertrand, cité par Joseph Morsel et al. ; L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…, 2007)
    • (Pronominal)Soudain, comme d'une plaie saignante qui se serait rouverte au fond d'elle même, tout son amour surgit. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
    • (Intransitif)Ce théâtre ne rouvrira qu’en décembre.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Rouvrir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ROUVRIR. v. tr.
Ouvrir de nouveau, ouvrir ce qui avait été fermé. Rouvrez la porte, Les fenêtres. Cet effort rouvrit sa plaie, sa blessure. Sa blessure vint à se rouvrir. Fig., Rouvrir la discussion, un débat. Fig., Rouvrir la plaie, la blessure de quelqu'un, Renouveler son chagrin.

ROUVRIR s'emploie aussi comme verbe intransitif. Ce théâtre ne rouvrira qu'en décembre.

Rouvrir : définition du Littré (1872-1877)

ROUVRIR (rou-vrir) v. a.

Il se conjugue comme ouvrir.

  • 1Ouvrir de nouveau. Claude même, lassé de ma plainte éternelle, Éloigna de son fils tous ceux de qui le zèle Pouvait du trône encor lui rouvrir les chemins, Racine, Brit. IV, 2. À ses cris, à nos voix elle rouvre les yeux, Voltaire, Olymp. IV, 8. La passion de rouvrir cette source d'opulence [la culture de Saint-Domingue où les indigènes avaient été anéantis] inspira la pensée d'aller chercher des esclaves en Afrique, Raynal, Hist. phil. XII, 8. Fils d'Anchise, pourquoi, souillant des mains si pures, Viens-tu troubler mon ombre et rouvrir mes blessures ? Delille, Én. III.

    Fig. Rouvrir une plaie, une blessure, renouveler un chagrin. Quand je devrais rouvrir toutes les plaies de votre cœur, Bossuet, Louis de Bourbon. Hélas ! suis-je destiné à rouvrir toutes les plaies de votre famille ? et de combien de morts faut-il vous renouveler le souvenir à l'occasion d'une seule ? Fléchier, Duch. de Montaus. Elle sentit qu'il rouvrait toutes les plaies de son cœur, Fénelon, Tél. VII.

  • 2Se rouvrir, v. réfl. S'ouvrir de nouveau. Les défauts de l'âme sont comme les blessures du corps ; quelque soin qu'on prenne de les guérir, la cicatrice paraît toujours, et elles sont à tout moment en danger de se rouvrir, La Rochefoucauld, Réfl. mor. n° 194. Le sérail à ma voix pourra-t-il se rouvrir ? Voltaire, Zaïre, II, 1. Cette porte [du paradis] ne se rouvrira plus pour moi, Genlis, Théât. d'éduc. Mort d'Adam, III, 1.

HISTORIQUE

XVIe s. Et fermera ses greniers lors que le prix du bled se ravalera, pour les reouvrir quand il sera à prix raisonnable, De Serres, 137. Il se fit une nouvelle fluxion et inflammation sur la cicatrice, en sorte qu'elle se rouvrit, Paré, XIII, 9.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Rouvrir : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

ROUVRIR, v. act. (Gram.) ouvrir de-rechef. Voyez Ouvrir. On dit, la plaie veut se rouvrir.

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Étymologie de « rouvrir »

Étymologie de rouvrir - Wiktionnaire

De ouvrir, avec le préfixe r-. Attesté à la forme pronominale depuis 1160 (« le cœur se rouvre »), transitivement depuis 1396, avec un sens concret depuis 1560 (selon le Robert historique).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de rouvrir - Littré

Re…, et ouvrir ; wallon, ridrovi.

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Phonétique du mot « rouvrir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
rouvrir ruvrir play_arrow

Conjugaison du verbe « rouvrir »

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Citations contenant le mot « rouvrir »

  • La réouverture des piscines est un vrai casse-tête pour certaines communes. À Sauveterre-de-Guyenne dans le sud de la Gironde, la piscine est gérée par des bénévoles qui ont dû mettre en place tout le dispositif sanitaire. Et à La Réole, rouvrir la piscine implique un surcoût. France Bleu, Gironde : à Sauveterre-de-Guyenne, la piscine pourrait rouvrir le 1er août
  • Bonne nouvelle pour les professionnels de l’événementiel. Les foires et les salons peuvent rouvrir dès le 1er septembre en France, annonce l'exécutif ce lundi. Le directeur de la Foire Internationale de Metz se dit soulagé : "enfin, les choses vont dans le bon sens", souffle Michel Coqué. France Bleu, "Une satisfaction" : la Foire Internationale de Metz autorisée à rouvrir ses portes fin septembre
  • « Pour moi, il ne peut en être question. L'antenne doit rouvrir et dans les meilleurs délais », estime la parlementaire qui a interpellé mardi soir sur ce sujet le ministre de l'intérieur, à l'occasion des travaux de la commission des lois à l'Assemblée nationale. Sinon, « la République recule », insiste-t-elle. leparisien.fr, Dalle d’Argenteuil : le poste de police fermé depuis plusieurs semaines devrait rouvrir - Le Parisien
  • La reprise du trafic est beaucoup plus lente que prévue. Alors fallait-il rouvrir l'aéroport d'Orly dès la fin juin ou attendre la rentrée ? Avec Roissy, Paris se retrouve désormais avec deux aéroports qui tourne à mi-régime.  Franceinfo, Aéroport d'Orly : fallait-il le rouvrir si tôt ?
  • Les élus communautaires se prononceront définitivement sur l’ouverture de la piscine à la fin du mois d’août en fonction des connaissances sur l’évolution de l’épidémie de COVID-19. La piscine pourrait rouvrir au public le 7 septembre. Les horaires seront communiqués ultérieurement. Les cours reprendraient le 14 septembre. Le Telegramme, La piscine Aquasud pourrait rouvrir au public le 7 septembre à Pont-l’Abbé - Pont-l'Abbé - Le Télégramme

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Traductions du mot « rouvrir »

Langue Traduction
Corse reapertura
Basque berriro ireki
Japonais 再開する
Russe возобновлять
Portugais reabrir
Arabe أعيد فتحه
Chinois 重新开启
Allemand wieder öffnen
Italien riaprire
Espagnol reabrir
Anglais reopen
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Synonymes de « rouvrir »

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Antonymes de « rouvrir »


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