Pain : définition de pain


Pain : définition du Wiktionnaire

Nom commun

pain \pɛ̃\ masculin

  1. (Indénombrable) Pâte cuite au four, à base de farine, d’eau et de levure de boulanger ou de levain.
    • Sophie emportait dans un petit panier du pain, qu’elle émiettait aux poules. — (Comtesse de Ségur, Les Malheurs de Sophie)
    • […], voilà vingt ans que ça durait ; tout en piochant ferme, et en ne vivant que de pain et de pommes de terre, il avaient pu, tout juste, payer les intérêts et les frais de renouvellement. — (Émile Thirion, La Politique au village, page 325, Fischbacher, 1896)
    • Il trempait son pain dans sa soupe et il en mordait d’énormes bouchées, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 246 de l’éd. de 1921)
    • Zaheira disparut vers la cuisine, revint avec des plats alléchants, disposa gentiment l’eau et le pain sur la table. — (Out-el-Kouloub, « Zaheira », dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
    • Le pain joue tant de rôles ! Nous avons appris à reconnaître, dans le pain, un instrument de la communauté des hommes, à cause du pain à rompre ensemble. Nous avons appris à reconnaître, dans le pain, l’image de la grandeur du travail, à cause du pain à gagner à la sueur du front. Nous avons appris à reconnaître, dans le pain, le véhicule essentiel de la pitié, à cause du pain que l’on distribue aux heures de misère. La saveur du pain partagée n’a point d’égale. […] Il est du pain comme de l’huile des lampes à huile. Elle se change en lumière. — (Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, XXIV, 1942)
    • Le pain à mie compacte et bise, à la croûte épaisse couleur de couque, sent la farine honnête. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • — L’odeur de ce bon pain me remplit de bonheur
      Debout de bon matin, promesse d’un grand cœur.
      — (Case départ, 2011)
  2. (Boulangerie) Morceau de pain considéré en tant qu’unité de cuisson ou de vente, en général sous une forme définie : une baguette de pain, un pain de campagne, un pain azyme, …
    • On en sort le plus souvent avec de gros pains d'un kilo ou des miches qu'on conserve. Pour nous, le luxe c'était la baguette ou la ficelle qu'on achetait exceptionnellement et qu'on ne trouvait pas d'ailleurs tout les jours, […]. — (Jacqueline Roux, Jhroe, Société des Écrivains, 2008, page 97)
  3. (En particulier) (Paris) Baguette de 400 grammes (le terme baguette étant dans ce cas réservé à la baguette de 250 grammes).
    • Donnez-moi un pain s’il vous plaît.
  4. (Par extension) Tout objet qui prend la forme d’un pain.
    • La préparation du pain de poisson, pour laquelle des brevets ont été pris en France en 1870, est malheureusement peu pratiquée jusqu’ici. — (Albert Seigneurie, Dictionnaire encyclopédique de l’épicerie et des industries annexes, 1904)
    • Muni même d’un pain de savon, il prit, sur le bord d’un cours d’eau, hors la ville, son premier bain depuis seize mois. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 421 de l’éd. de 1921)
    • Entre Yari et Sissy, dans une savane immense de gamba, nous avons croisé, ce matin, quatre Manga menant à Kano dix ânes chargés de pains de sel et de couffins de natron — une production de ce pays très particulier où abondent les mares salines. — (Louis Alibert, Méhariste, 1917-1918, Éditions Delmas, 1944, page 32)
  5. (Par extension) Nourriture, moyens de subsistance.
    • M. Fabre représentait l’Honneur, la Loyauté, la Probité, la vie régulière et laborieuse, le livret de Caisse d’Épargne, le pain gagné à la sueur d’un front d’exploité, — bref tout ce que les bourgeois proclament des lèvres comme des vertus civiques. — (Émile Armand, La revanche des "bandits tragiques", dans Les réfractaires, n°2, février-mars 1914)
  6. (Familier) Coup de poing.
    • Tu sais que ça lui va bien, un pain dans la gueule à ce nœud coulant ? — (Frédéric Dard (San-Antonio), Les huîtres me font bâiller, Fleuve Noir, 1995, page 96).
  7. (Musique) (Argot) Erreur grossière, fausse note, couac.
  8. (Argot militaire) Jour de prison[1].
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Pain : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PAIN. n. m.
Aliment fait de farine pétrie et cuite au four. Pain blanc. Pain tendre. Pain frais. Pain rassis. Pain dur. Pain sans levain. Pain de froment, de seigle, d'orge, etc. Pain long. Pain rond. Pain fendu. Miche de pain. Gros pain. Petit pain. Pain mollet. Pain au lait. Une fournée de pain. Croûte de pain. Une miette de pain. Un morceau de pain. Un quignon de pain. Une bouchée de pain. De la mie de pain. Chapelures de pain. Soupe au pain. Du pain trempé dans du vin. Couper du pain. Rompre un pain. Manger son pain sec, du pain tout sec. Pain bis ou Pain de seigle, Pain fait de farine de seigle et de froment. Pain noir, Pain fait de farine de seigle, de sarrasin et de froment. Pain complet, Pain fait d'un mélange de son et de farine. Pain de fantaisie ou Pain riche, Pain long et mince, à la mie très blanche, à la croûte dorée. Pain de gruau, Pain fait de fine fleur de froment. Pain de ménage ou de cuisson, Pain fait de farine de froment et cuit dans un four privé. Il s'oppose à Pain de boulanger. Pain de munition, Pain qu'on fabrique pour les soldats. Pain de régime, Pain d'où sont exclus les éléments nuisibles dans certains états maladifs. Pain de chien, Pain grossier destiné à la nourriture des chiens. En termes de Cuisine, Pain perdu, Tranches de pain trempées dans du lait et des œufs et que l'on fait frire à la poêle. Pain aux champignons, Sorte de mets fait avec de la croûte de pain et des champignons. Pain de poisson, de poulet, etc., Sorte de mets fait avec de la chair de poisson, de poulet, que l'on pile et que l'on fait cuire dans un moule. Pain d'épice, Sorte de gâteau fait avec de la farine de seigle, du miel, des épices, etc. Pain d'épice de Reims. Pain bénit, Pain qui est bénit au cours d'une messe solennelle et dont on distribue les morceaux aux fidèles dans les églises paroissiales. Prendre du pain bénit. Prov. et fig., C'est pain bénit, C'est un malheur bien mérité, c'est bien fait. On dit dans un sens analogue : C'est pain bénit de le tromper, il croit tout ce qu'on lui dit. Pain à cacheter, Sorte de petit pain sans levain et très mince dont on se servait pour cacheter des lettres et dont on se sert encore pour fixer un papillon de papier. Pain à chanter, Pain sans levain, coupé en rond, portant l'image ou quelque symbole de JÉSUS-CHRIST et que le prêtre consacre pendant la messe. Par extension, il se dit de Tout pain azyme. Voyez AZYME. Fig., Le pain des anges, le pain céleste, L'Eucharistie. On dit aussi figurément : La parole de Dieu est le pain des fidèles. L'Écriture sainte est le pain des forts. Fam., Il ne vaut pas le pain qu'il mange se dit d'un Fainéant, d'un homme qui n'est bon à rien. Fig. et fam., Il a mangé son pain blanc le premier, Il a été dans un état heureux, agréable et n'y est plus. Fig. et fam., Avoir son pain cuit, Avoir sa subsistance assurée, avoir de quoi vivre en repos. Il vieillit. Fig. et fam., Avoir du pain sur la planche, Jouir d'une certaine aisance qui assure l'avenir. Il signifie aussi Avoir du travail en réserve, de quoi s'occuper plus ou moins longtemps. Fig. et fam., C'est du pain bien dur à manger se dit d'une Condition fâcheuse où le besoin contraint à rester. Fig. et fam., Donner une chose pour un morceau de pain, La vendre à fort bas prix. Fig. et fam., Ôter le pain de la bouche à quelqu'un, Lui ôter les moyens de subsister. Fig. et fam., Long comme un jour sans pain, Fort long, fort ennuyeux. Fig. et fam., Il est bon comme le bon pain, comme du bon pain, C'est un homme extrêmement bon et doux. Fig. et fam., Promettre plus de beurre que de pain, Promettre plus qu'on ne veut ou qu'on ne peut tenir. Pop., Faire passer, faire perdre le goût du pain à quelqu'un, Le faire mourir.

PAIN désigne aussi, en général, la Nourriture, la subsistance. Gagner son pain à la sueur de son front. On veut m'ôter mon pain. Je dispute, je défends mon pain. Il a son pain assuré. Il n'a pas de pain. Il en est à mendier son pain. Ce petit emploi lui donnera du pain. Pain quotidien. Expression employée dans l'oraison dominicale : La nourriture de chaque jour, ou Ce qui suffit aux besoins journaliers. Fig. et fam., Pain quotidien, Ce que l'on fait tous les jours ou presque tous les jours. Ils passent leur vie à jouer, c'est leur pain quotidien. Il médit de tout le monde, c'est son pain quotidien.

PAIN se dit aussi de Certaines substances mises en masse. Pain de sucre. Pain de savon. Arbre à pain, Nom vulgaire du jaquier.

Pain : définition du Littré (1872-1877)

PAIN (pin ; l'n ne se lie pas : pain au lait ; au pluriel, l's se lie : des pain-z au lait. Au XVIe siècle, Lacroix du Maine dit que pain était la prononciation parisienne, et qu'ailleurs on prononçait pin, mais il ne dit pas ce qu'était cette prononciation de pain) s. m.
  • 1Aliment fait de farine pétrie et cuite. Pain tendre. Pain rassis. Il vous a donné pour nourriture la manne, qui était inconnue à vous et à vos pères, pour vous faire voir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, Sacy, Bible, Deut. VIII, 3. Pourquoi nous reprocher sans cesse que nous renversons la nature, et qu'un corps ne peut être en plusieurs lieux, ni nous être donné tout entier sous la forme d'un petit pain ? Bossuet, Variat. IX, § 60. Je crains que vous ne fassiez pas bien le pain d'orge ; personne ne s'en accommode en potage ; j'en ai mangé avec du froment, qui est très bon, Maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 4 décembre 1709. (voy. quelques lignes plus bas le même fait raconté par Voltaire). Après avoir au Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouvelle offert les premiers pains, Racine, Athal. II, 2. Le ministre Colbert avait vu le temps de la Fronde, temps où la livre de pain se vendit dix sous et davantage dans Paris et d'autres villes, Voltaire, Lett. à l'abbé Roubaud, 1er juillet 1769. Un soldat osa présenter au roi avec murmure, en présence de toute l'armée, un morceau de pain noir et moisi, fait d'orge et d'avoine, seule nourriture qu'ils [les Suédois en Ukraine] avaient alors… le roi reçut le morceau de pain sans s'émouvoir, le mangea tout entier, et dit ensuite froidement au soldat : Il n'est pas bon, mais il peut se manger, Voltaire, Charles XII, 4. Avant le seizième siècle, plus de la moitié du globe ignorait l'usage du pain et du vin ; une grande partie de l'Amérique et de l'Afrique orientale l'ignore encore ; et il faut y porter ces nourritures pour y célébrer les saints mystères de notre religion, Voltaire, Mœurs, 196. On ne mangea dans Paris que du pain bis pendant quelques mois (en 1709) ; plusieurs familles, à Versailles même, se nourrirent de pain d'avoine ; Mme de Maintenon en donna l'exemple, Voltaire, Louis XIV, 21. Si les habitants voluptueux des villes savaient ce qu'il en coûte de travaux pour leur procurer du pain, ils en seraient effrayés, Voltaire, Dict. phil. Agriculture. Le reste du petit-lait que l'on a mis en réserve sert à amollir le sec et grossier pain d'avoine qui est la principale nourriture du pauvre paysan savoyard, Saussure, Voy. Alpes, t. I, p. 344, dans POUGENS. Pour faire de bon pain et le plus sain, le blé doit être vieux et bien sec, Genlis, Maison rust. t. II, p. 69, dans POUGENS. Le pain de pommes de terre est composé de moitié amidon et moitié pulpe, d'un demi-gros de sel par livre de mélange, Genlis, ib. p. 83. L'homme prend tous les jours entre trois et quatre grammes de phosphate calcaire dans la quantité de pain qui fait sa nourriture la plus abondante, Fourcroy, Connaiss. chim. t. x, p. 404. dans POUGENS. Dans presque toute la France, l'habitant ne vit que de pain ; et, cette nourriture exigeant une quantité très volumineuse pour opérer la satiété, et d'autant plus volumineuse qu'elle est d'une qualité plus inférieure, ce n'est pas évaluer trop haut la consommation journalière à trois livres pour l'homme qui travaille, Toulongeon, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. III, p. 109. Le Russe… Las de pain noir et de gland, Veut manger notre pain blanc, Béranger, Gaulois. La peine infligée au boulanger qui vole le pain du pauvre doit être au moins égale à la peine du pauvre qui vole le pain du boulanger, Alph. Karr, les Guêpes, 2 sept. 1840.

    Pain anglais, nom que porte à Paris un pain très blanc et très poreux.

    Petit pain, voy. PETIT.

    Pain second, nom, dans quelque provinces, d'un pain légèrement bis et qui vient immédiatement après le pain blanc.

    Pain de Gonesse, pain blanc renommé que les boulangers de Gonesse apportaient à Paris. On sait que le pain de Gonesse a été longtemps en grande réputation ; à la vérité, il était fort blanc, mais épais et massif ; d'ailleurs il se séchait aisément ; ce qui fut cause qu'on s'en dégoûta, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. III, p. 363.

    Pain mollet, sorte de petit pain blanc qui est léger et délicat. L'écume de bière qu'ils détrempent avec de la farine pour en faire le pain mollet, Genlis, Maison rust. t. II, p. 71, dans POUGENS.

    Pain de rive, voy. RIVE.

    Pain de munition, pain qu'on fabrique pour les soldats.

    Ils vont faire la guerre au pain, se dit de gens qui rentrent affamés au logis.

    Il mange son pain dans sa poche ou dans son sac, se dit d'un avare ou d'un homme qui vit retiré.

    Il ne mange pas son pain dans sa poche, c'est-à-dire il est dépensier, généreux. C'est un grivois qui ne mange pas son pain dans sa poche, Carmontelle, Prov. l'Écriv. des charniers, sc. 11.

    Il ne vaut pas le pain qu'il mange, se dit d'un fainéant, de quelqu'un d'inutile.

    Il sait son pain manger, il sait plus que son pain manger, se dit d'un homme habile, qui a voyagé, qui a été de plusieurs conditions. Gens qui savent leur pain manger, Savent bien aussi le défendre, Scarron, Virg. II.

    Il mange son pain blanc le premier, se dit d'un enfant, d'un homme qu'on prévoit ne devoir pas être toujours dans une condition aussi heureuse que celle où il est présentement. Bénissant Dieu qui ne leur avait pas fait manger leur pain blanc le premier, Racine, 1re lett. à l'aut. des Imag.

    Fig. Manger son pain à la fumée du rôt, ou, simplement, à la fumée, être témoin des plaisirs d'autrui sans y prendre part.

    Il a mangé plus d'un pain, il a couru le monde.

    Fig. Manger de plus d'un pain, user de variété, ne pas toujours puiser à la même source. Boccace n'est le seul qui me fournit… Il est bien vrai que ce divin esprit Plus que pas un me donne de pratique ; Mais, comme il faut manger de plus d'un pain, Je puise encore en un vieux magasin, La Fontaine, Servante.

    Fig. Ne manger que d'un pain, n'avoir aucune variété. C'est une étrange chose, que d'être obligé de ne manger que d'un pain, l'on s'en ennuie à la fin, Hauteroche, Crisp. médec. II, 1.

    Fig. Pain dérobé, plaisir qu'on obtient en cachette et par une sorte de vol. En l'amoureuse loi, Pain qu'on dérobe et qu'on mange en cachette Vaut mieux que pain qu'on cuit et qu'on achète, La Fontaine, Troqueurs. Pain dérobé réveille l'appétit, Ducerceau, Poésies, Nouvelle ève.

    Il a du pain, quand il n'a plus de dents, se dit d'un homme à qui le bien arrive quand il est vieux.

    C'est du pain bien long, c'est une entreprise de longue durée.

    C'est du pain bien dur, c'est une condition fâcheuse où le besoin force à rester. Ce monsieur Jaquillart me fait manger un pain bien dur, Picard, Maison en loterie, SC. 6.

    Long comme un jour sans pain, se dit d'une chose qui ennuie mortellement. Au bout d'une demi-heure, qui me parut longue comme un jour sans pain, etc. Comte de Caylus, Écosseuses, Œuv. t. x, p. 530, dans POUGENS.

    Il est bon comme le bon pain, comme du bon pain, se dit d'un homme bon et doux.

    Il promet plus de beurre que de pain, se dit de quelqu'un qui promet plus qu'il ne veut tenir.

    On l'a donné pour un morceau de pain, se dit de quelque chose de valeur vendu très bon marché. Mme la princesse de Conti eut Champ pour une pièce de pain qu'elle donna à la Vallière, Saint-Simon, 471, 243. Ils ont donné pour un morceau de pain telle composition que nous offririons inutilement de couvrir d'or, Diderot, Salon de 1787, Œuv. t. XIV, p. 7, dans POUGENS.

    Il y a là un morceau de pain à manger, c'est un ouvrage, une entreprise profitable.

    Pain sec, punition qu'on infligeait dans les colléges, et qui consistait à ne donner au délinquant que du pain pour son repas.

    Mettre au pain et à l'eau, se dit d'une punition dans laquelle on ne donne au délinquant que du pain et de l'eau pour toute nourriture. Alors qu'ont fait les druides [les inquisiteurs] ? ils ont fait condamner le vieux philosophe [Galilée] à jeûner au pain et à l'eau…, Voltaire, Dial. XXIX, 7.

    Fig. Je vois d'ici la tranquillité où vous étiez à Lambesc toute seule, pendant que votre cour se reposait avec le pain et l'eau de la paresse, Sévigné, 10 fév. 1672.

    Populairement. Faire passer, faire perdre le goût du pain, tuer.

  • 2 Par extension, la nourriture de chaque jour. Chaque jour amène son pain, La Fontaine, Fabl. VIII, 2. Ne te plains pas que Dieu te maltraite en te refusant toutes ces délices ; mon cher frère, n'as-tu pas du pain ? il ne promet rien davantage ; c'est du pain qu'il promet dans son Évangile, c'est du pain qu'il veut qu'on lui demande, Bossuet, Sermons, Nécessités de la vie, 1. Que le soir dans les bals, le matin dans les temples, Brillantes, on vous voie, une bourse à la main, Demander pour les Grecs des armes et du pain, P. Lebrun, Voy. de Grèce, x, 5.

    Pain quotidien, expression employée dans l'oraison dominicale pour signifier la nourriture de chaque jour, les besoins journaliers. J'ai ouï conter qu'on avait fait le procès dans un temps de famine à un homme qui avait récité tout haut son Pater ; on le traita de séditieux, parce qu'il prononça un peu haut : Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, Voltaire, Correspondance, 26 sept. 1770.

    Fig. Pain quotidien, ce que l'on fait habituellement. Il médit sans cesse, c'est son pain quotidien.

    Pain des prisonniers, le pain que l'on distribue journellement aux prisonniers. On condamnait autrefois certains délinquants à payer tant pour le pain des prisonniers.

  • 3Pain du roi, se disait du pain que le roi donnait pour la nourriture des prisonniers, et qui se prenait sur le fonds des amendes. La cour envoya Chandenier au château de Loches, au pain du roi comme un criminel, Saint-Simon, 38, 182.

    Il a mangé du pain du roi, il a été en prison.

    Il a mangé du pain du roi, se disait aussi pour signifier qu'un homme avait été militaire.

  • 4Nom donné au morceau de pâte, avant qu'il soit cuit. Mettre le pain au four. Pétrissez vite trois mesures, et faites cuire des pains sous la cendre, Sacy, Bible, Genèse, XVIII, 6.

    Du pain cuit, du pain qui a subi la cuisson au four.

    Fig. Du pain cuit, ouvrage fait d'avance, épargne faite pour l'avenir. Voilà du pain cuit.

    Avoir son pain cuit, avoir sa subsistance assurée.

    Avoir du pain cuit sur la planche, ou, simplement, avoir du pain sur la planche, avoir de quoi vivre en repos, sans travailler (en Berry, on dit avoir du pain sur l'ais).

    Fig. Elle a pris ou emprunté un pain sur la fournée, se dit d'une fille qui a eu un enfant avant de se marier. Ainsi que vous pleine d'enseignements, Oricène [la maîtresse d'Amadis] prêchait, faisant la chatte-mitte ; Après mille façons, cette bonne hypocrite, Un pain sur la fournée emprunta, dit l'auteur : Pour un petit poupon l'on sait qu'elle en fut quitte, La Fontaine, Œuvres diverses, Ballade sur les romans (1667)

    Pain sans levain, ou pain azyme, pain que les Juifs mangeaient en faisant la pâque. Vous mangerez des pains sans levain pendant sept jours, Sacy, Bible, Exode, XII, 15.

  • 5Pain de proposition, se dit des douze pains qui étaient offerts à Dieu dans l'ancienne loi les jours de sabbat, et dont les prêtres et les lévites avaient seuls droit de manger. Comme il [David] entra dans la maison de Dieu, et mangea des pains de proposition, dont il n'était permis de manger ni à lui, ni à ceux qui étaient avec lui, Sacy, Bible, Évang. St Math. XII, 4.

    Pain d'affliction, pain que les Juifs mangeaient en souvenir de leur sortie d'Égypte. Vous ne mangerez point pendant cette fête de pain avec du levain ; mais pendant sept jours vous mangerez du pain d'affliction où il n'y ait point de levain, parce que vous êtes sortis de l'Égypte dans une grande frayeur, Sacy, Bible, Deutéron. XVI, 3.

    En style mystique, pain de douleur, le temps qu'on passe dans l'affliction. Le Seigneur vous donnera du pain de douleur et de l'eau d'affliction, Sacy, ib. Isaïe, xxx, 20. Tu ne mangeras qu'un pain de douleur, c'est-à-dire un pain que tes sueurs auront détrempé, avant qu'il puisse être employé à ta nourriture, Bourdaloue, Dim. de la septuagés. Dominic. t. I, p. 339.

    On dit de même : un pain de larmes. Jusqu'à quand vous nourrirez-vous d'un pain de larmes ? Sacy, Bible, Psaume LXXIX, 6.

    Pain d'amertume, chose qui afflige. La vérité n'est plus pour eux qu'un pain d'amertume, Massillon, Carême, Dégoûts.

    En style de procédure ecclésiastique, être condamné au pain de douleur, être condamné au pain et à l'eau.

  • 6Pain bénit, pain que le prêtre bénit, et qu'on coupe par morceaux pour le distribuer aux fidèles durant une messe solennelle. Un morceau, un chanteau de pain bénit.

    Rendre le pain bénit, donner à l'église le pain qui doit être bénit ; aller présenter ce pain à l'offrande. Il rendit le pain bénit d'une manière solennelle, Hamilton, Gramm. 11. J'oubliais de vous dire que Mlle Clairon a déjà rendu le pain bénit, voilà ce que c'est que de quitter le théâtre, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 13 juin 1766.

    Fig. C'est pain bénit, se dit d'une disgrâce qui arrive à quelqu'un qui l'a bien méritée. [Tromper] C'est conscience à ceux qui s'assurent en nous ; Mais c'est pain bénit, certe, à des gens comme vous, Molière, Éc. des mar. I, 3. Ils disent que c'est pain bénit de venir ronger un homme de robe à la campagne, et qu'à Paris c'est vous qui rongez les autres, Dancourt, Maison de camp. SC. 21.

  • 7Nom que l'on donne quelquefois à l'hostie.

    Pain céleste, pain des anges, pain de l'âme, l'eucharistie. Le sacrement auquel nous participons dans la communion, est le pain de l'âme et son aliment, Bourdaloue, Serm. 23e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. IV, p. 412.

    Fig. Pain du ciel, pain de vie, Jésus-Christ et sa doctrine. Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger le pain du ciel, Sacy, Bible, Év. St Jean, VI, 31. Le pain de Dieu est celui qui est descendu du ciel, et qui donne la vie au monde, Sacy, ib. VI, 33. Jésus leur répondit : Je suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n'aura point de faim, Sacy, ib. VI, 35. Demandons-lui que chaque jour il nous fournisse le pain qui doit entretenir la vie de nos âmes, le pain de sa grâce, ce pain supersubstantiel, pour me servir de l'expression même de l'Évangile, Bourdaloue, 5e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 203.

    Pain de la parole de Dieu, ou, simplement, pain de la parole, enseignement des vérités morales et religieuses. Le devoir de Brousson était de distribuer le pain de la parole à ses frères, Voltaire, Louis XIV, 36.

    Le pain des forts, les vérités de la religion chrétienne. Ah ! si nous ne sommes infatigables à instruire, à reprendre, à consoler, à donner le lait aux infirmes et le pain aux forts, Bossuet, le Tellier. Le pain qu'on y distribue est la force des forts, Massillon, Avent, Disp. Je crus voir devant moi Un de ces champions des vérités nouvelles Que les anges de Dieu servaient, couvaient des ailes, …nourris déjà du pain caché du fort, Lamartine, Joc. v, 180.

    En termes de l'Écriture, il ne faut pas donner aux chiens le pain des enfants, c'est-à-dire il ne faut pas communiquer les choses saintes aux personnes profanes.

  • 8 Fig. Subsistance. Gagner son pain. Elle a considéré les sentiers de sa maison, et elle n'a point mangé son pain dans l'oisiveté, Sacy, Bible, Prov. de Salom. XXXI, 27. Une erreur qui donne du pain à tant de personnes, Molière, Am. méd. III, 1. C'est le pain de ses enfants qu'il a joué, Hamilton, Gramm. 3. Vous serez heureux dans cette maison, et vous y gagnerez du pain pour le reste de vos jours, Lesage, Guzm. d'Alf. VI, 7. Les soldats se firent mahométans pour avoir du pain, Voltaire, Mœurs, 55. Il est vrai que, faible, infirme, découragé, je reste à peu près sans pain sur mes vieux jours et hors d'état d'en gagner, Rousseau, Lett. à M. d'Yvernois, Corresp. t. VII, p. 67, dans POUGENS. Cette entreprise doit m'assurer du pain, sans lequel il n'y a ni repos ni liberté parmi les hommes, Rousseau, Corresp. du Peyrou, t. III, p. 14. Quand, cessant de pourvoir à ma subsistance, elle verrait le pain prêt à lui manquer, Rousseau, Confess. v. Le pauvre aime mieux du pain que la liberté, Rousseau, Lett. de la mont. 9. Mme Hébert : Ah ! monsieur, c'est le garçon le plus honnête ! - Sophie : C'est un malheureux qui gagne son pain comme nous, et qui a uni sa misère à la nôtre, Diderot, Père de famille, II, 4. Et que ne fait-on pas des hommes avec de l'honneur et du pain ! Marmontel, Bélis. ch. 14.

    Manger le pain de quelqu'un, recevoir de lui de quoi vivre. Ceux qui mangent son pain le trompent par leurs discours, Sacy, Bible, Ecclésiast. XX, 18. On jugea que c'était un serviteur ingrat et malhonnête qui décriait celui dont il avait longtemps mangé le pain, Voyer, Marquis D'Argenson, Mém. p. 247, dans POUGENS. Je mangerais volontiers avec elle le pain qu'elle aurait gagné, jamais celui qu'elle aurait reçu ; j'en appelle sur ce point à son témoignage, Rousseau, Conf. X.

    Manger le pain de quelqu'un, signifie aussi être à son service comme domestique.

    Ôter le pain, faire perdre les moyens de subsister. La perte de ce procès ôte le pain à vous et à vos enfants, Bossuet, Sermons, Nécessités de la vie, 1. Champagne, au sortir d'un long dîner qui lui enfle l'estomac, et dans les douces fumées d'un vin d'Avenay ou de Sillery, signe un ordre qu'on lui présente, qui ôterait le pain à toute une province, si l'on n'y remédiait, La Bruyère, VI.

    Ôter à quelqu'un le pain de la main, même sens. Je n'avais qu'un héritage ; on me l'a brûlé ; ah ! l'on m'ôte le pain des mains, Bossuet, Sermons, Nécessités de la vie, 1.

    S'ôter le pain de la bouche pour quelqu'un, se priver du nécessaire afin de lui fournir de quoi vivre.

    Mettre le pain à la main, fournir le pain qui fait vivre. Pourquoi donc, reprit le roi, avez-vous battu ce pauvre laboureur qui vous met le pain à la main ! Saint-Foix, Œuv. t. III, p. 307, dans POUGENS.

    Fig. Mettre le pain à la main de quelqu'un, être la première cause de sa fortune.

    Fig. Tremper son pain de ses larmes, vivre dans une componction continuelle.

    Ancien terme de droit. Être en pain de père et de mère, être soumis à la puissance paternelle.

    Dans le langage général, être au pain de quelqu'un, recevoir de lui un salaire pour quelque emploi. Qu'est-ce qu'un citoyen de Genève qui se dit libre, et qui va se mettre au pain d'un fermier général ? Voltaire, Lett. d'Alembert, 7 mars 1758.

  • 9Pain de chien, pain grossier destiné à la nourriture des chiens.

    Pain de cretons, voy. CRETONS.

    Terme de vénerie. Pain salé, composition d'argile et de sel qu'on fait lécher aux cerfs, aux daims et aux chevreuils, dans les parcs.

  • 10Pain d'épice, voy. ÉPICE.

    Il aime le pain d'épice, se disait d'un juge qui taxait trop haut ses vacations.

    Pain d'épice, coquille univalve.

    Pain perdu, nom donné en cuisine provinciale, surtout dans la Flandre française, à la brioche frite.

  • 11Pain aux champignons, aux mousserons, à la crème, sorte de mets fait avec la croûte d'un pain, des champignons, des mousserons, de la crème.
  • 12Pain à cacheter, petit rond de pain sans levain, dont on se sert pour cacheter les lettres.

    Pain d'autel, hostie. On dit aussi : pain à chanter, voy. CHANTER, v. n. n° 1.

    Pain à chanter, se dit aussi du pain à cacheter et d'une espèce de pain qu'on emploie dans les offices, pour couvrir le dessus et le dessous des nougats.

    Voltaire a dit en ce dernier sens, pain enchanté. Mme d'Argental, qui est l'adresse même, coupera le papier avec ses petits ciseaux, et le collera bien proprement à sa place, avec quatre petits pains qu'on nomme enchantés ; vous savez par parenthèse, pourquoi on leur a donné ce drôle de nom, Lett. en vers et en prose, 137.

  • 13Certaines substances mises en masse, et dont la forme est comparée à celle d'un pain. Pain de sucre, pain de bougie, pain de vieux oing, pain de savon, etc. se disent de ces matières préparées sous la forme dans laquelle on les vend. En pain de sucre, en forme de cône. Les femmes, sous le règne de Charles VI, étaient coiffées d'un haut bonnet en pain de sucre ; elles attachaient au haut de ce bonnet un voile qui pendait plus ou moins bas selon la qualité de la personne, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 115, dans POUGENS. On est surpris de voir cette montagne [le Môle], qui de Genève paraît un pain de sucre, se prolonger dans la direction de la vallée de l'Arve, Saussure, Voy. Alpes, t. II, p. 127, dans POUGENS.

    Pain sacré, morceau de cire bénit qu'on enchâsse dans des reliquaires.

    Pain de noix, pain d'olives, masse formée du résidu des noix, des olives, quand on en a extrait l'huile.

    Pain de noix est aussi le nom, en quelques provinces, du nougat de noix.

    Pain de roses ou chapeau de roses, nom qu'on donne au mare de roses qui reste dans l'alambic, après qu'on en a tiré l'eau, l'huile ou d'autres extraits.

    Terme rural. La masse de vendange qui surnage sur la cuve au-dessous du chapeau.

  • 14Pain d'acier, sorte d'acier qui vient d'Allemagne, différent de celui qu'on nomme acier en bille.

    Pain de liquation, alliage de cuivre avec trois fois son poids de plomb, auquel on donne la forme de pains aplatis.

    Terme de monnaie. Pain d'affinage, l'argent qui se fixe, en masse plate, dans la coupelle où il a été mis pour l'affiner.

  • 15Pain de nœuds, morceau, fragment de pierre d'ardoise.

    Terme de sculpteur. Masse de terre préparée et corroyée pour modeler.

  • 16Arbre à pain, le jaquier. L'arbre à pain sauvage porte des fruits hérissés de grosses pointes… tandis que l'excellente variété qu'on cultive aux îles des Amis produit des fruits lisses, couverts d'une pellicule très mince, Labillardière, Instit. Mém. scienc. phys. et math. sav. étrang. t. I, p. 472. Quand on le cueille avant sa maturité, il a le goût d'artichaut, et on le mange comme du pain, Raynal, Hist. phil. VI, 22.

    Pain de coucou, alleluia.

    Pain-de-hanneton, les fruits de l'orme.

    Pain-de-loup, espèce de champignon.

    Pain-de-pourceau, voy. CYCLAME.

    Pain-de-singe, fruit du baobab.

  • 17Pain fossile, concrétion calcaire.

    Pain ou miche de quatorze sous, masse de strontiane sulfatée.

    Pain de corbeau, variété de mica en masse.

PROVERBES

À mal enfourner on fait les pains cornus ; c'est-à-dire le principal d'une affaire, c'est de la bien commencer.

Il va à la messe des morts, il y porte pain et vin, se dit d'un homme qui déjeune avant d'aller à la messe.

Tel pain, telle soupe, c'est-à-dire les choses sont bonnes suivant la matière qu'on y met.

Pain coupé n'a point de maître, se dit lorsqu'à table on prend le pain d'un autre.

Liberté et pain cuit, c'est-à-dire on est heureux quand on a du bien et qu'on n'est sujet à personne.

Pain tendre et bois vert mettent la maison au désert, c'est-à-dire les dépenses mal entendues ruinent les maisons.

Le pain d'autrui est amer, c'est-à-dire il est pénible de tenir d'un étranger sa subsistance.

HISTORIQUE

XIIe s. As esquiers serai comme mendiz, Por aigue boivre ne por mengier pain bis, Raoul de C. 204. Uns huem [un homme], fait lur li reis, qui a mun pain mangié, Qui à ma curt vint povres e mult l'ai eshalcié, Pur mei ferir as denz ad sun talun drescié, Th. le mart. 134.

XIIIe s. Les sergens seculers qui seroient au pain et sel de Pontegni [nourris par Pontegni], Du Cange, panis. [Je] N'avoie qu'un cheval qui me trouvoit [gagnoit] mon pain, Berte, LXXIII. Sire, tu nos pestras de pain de lermes, Psautier, f° 98. Chascun pain d'oint [graisse], s'il poise cinq livres ou plus, doit obole de tonlieu, Liv. des mét. 318. Donner m'a mis au pain menu, la Rose, 14666. Compaignie se fet… par solement manoir ensamble à un pain et à un pot, Beaumanoir, XXI, 5. Ly rois Philippe establi que les talemeliers [boulangers] demourans dedens la banlieue de Paris peussent vendre leur pain reboutiz, c'est assavoir leur reffus, si comme leur pain raté, que rat ou soris ont entamé, pain trop dur ou ars ou eschaudé, pain trop levé, pain aliz [trop compacte], pain mestourné, c'est à dire pain trop petit, qu'ilz n'osent mettre à estal, Du Cange, panis. Pain ferez [gauffres], crespes et autres choses, Du Cange, ib. Un denier tournois sur chacun pain de sel, appelé salignon, Du Cange, ib.

XIVe s. Une boueste d'yvoire à mettre pain à chanter, garnie d'argent, De Laborde, Émaux, p. 426.

XVe s. Le marquis lui promettoit [à la reine de Hongrie] qu'il la feroit tenir au pain et à l'eau, Froissart, II, III, 233. Hardi fu, moult de maulx souffri, De froit pain plusieurs fois manga, Deschamps, Miroir de mariage, p. 14. Pourement ay esté peüz ; De pain secont vivoit mon maistre, Et cellui dont me faisoit paistre Fut presque quart, nel vueil noier [nier], Deschamps, Poésies mss. f° 457. Tel a pou blet [peu de blé], qui a assez pain cuit, Deschamps, ib. f° 36. On dit communement qu'on s'ennuye bien d'ung pain manger, le Jouvencel, dans LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 494. Faulte de blanc pain faict aulcunes fois manger le brun, Perceforest, t. VI, f° 76. Sera tenus le dit fournier de prendre cascun samedi le blé des moeutures des mollins de Corbye pour faire le blanc pain du couvent… et pour faire pain d'escuier [pain inférieur], on lui delivrera blé des greniers, Du Cange, panis. Deux burettes d'or à mettre le vin et l'eaue à chanter à la chapelle du roy nostre sire, De Laborde, Émaux, p. 426. Si je estoye un pauvre home qui allast querir le pain pour Dieu, l'on ne me devroit pas faire ce que l'on me fait, Les 15 joyes de mariage, p. 87.

XVIe s. Les dits Crouaz sont cruels à la guerre ; car ils tuent tout ce qu'ils peuvent, et ne prennent jamais prisonniers ; aussy on leur a fait de tel pain soupes, Lettres de Louis XII, t. I, p. 247, dans LACURNE. Il l'enveloppa si bien qu'il sembloit un petit pain de sucre, Marguerite de Navarre, Nouv. LII. Et celui qui ne l'a voulu vendre a esté contraint de faire petit pain (comme on dit) et repaistre ses amis, qui le venoient visiter, de discours d'architecture, Lanoue, 116. Cest entretien ne leur seroit pas baillé pour les engraisser en leurs maisons (car ce seroit, comme on dit, pain perdu), Lanoue, 278. Enfans mariés sont tenus pour hors de pain et pot, c'est à dire emancipés, Loysel, 56. Couleur de pain bis, D'Aubigné, Faen. I, 2. Pour manger en paix et en seureté le pain de son infidelité, D'Aubigné, Vie, CIV. Pain bien levé et bien cuit… ne trop rassis ne trop tendre… on leur donnera panade ou pain gratté avec bouillon de chapon, Paré, XXIV, 22. La plus subtile farine pour le pain de la premiere table ; et l'autre pour en faire du pain rousset, avec d'autre farine de segle, De Serres, 822. Le pain le plus delicat est celui qu'on appelle pain mollet ; que les boulangers font par souffrance, n'estant permis par la police… le pain dit bourgeois, et celui nommé de chapitre, suivent le mollet. …le bourgeois s'esleve plus en rondeur, que celui de chapitre, qui est plus pressé et plus plat… le bis-blanc suit après ; il est un peu gris ; finalement le bis… tous lesquels pains faits par boulengers, qu'on nomme estrangers, sont dits, pain-chalan (hor-mis celui de Gonesse) qu'on vend à discretion sans autre police que des places…, De Serres, 822. Le pain rousset vient après le blanc, puis le bis, finalement celui des chiens, faisant la quatriesme sorte, qu'on tire du plus grossier des bleds, et des reliefs des farines des autres pains, De Serres, 825. Pain de mesnage, De Serres, 824. Des potages liés et espés, comme pain gratté, dans lequel aura esté mis un peu d'eau roze, De Serres, 928. Pain de pourceau, ceste herbe est ainsi ditte, parce que les pourceaux se repaissent de ses racines, les fouillans dans terre avec affection, De Serres, 607. La decoction de la graine de pain-de-coucu, De Serres, 931. Faire de pierre pain, comme on dit, c'est là où est la peine, Brantôme, Louchaly. Un serviteur ne se plaint De son pain-gagnant service, Loys le Caron, Poésies, f° 60, dans LACURNE. À bon goust et faim n'y a mauvais pain, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 206. À faute de chapon, pain et oignon, Leroux de Lincy, ib. Avec du pain et du vin il fera quelque chose [par ironie, il ne peut gagner sa vie], Leroux de Lincy, ib. p. 207. Au pain et au couteau [être familiers], Leroux de Lincy, ib. p. 208. Mettre le pain en un four froid, Leroux de Lincy, ib. p. 211. Rendre pain pour fouace [rendre la pareille], Leroux de Lincy, ib. Nul pain sans peine, ib. p. 358. On se fasche bien de manger pain blanc, Génin, Récréat. t. II, p. 246. Quiers-tu meilleur pain que de fourment ? Cotgrave Pain tant qu'il dure, vin à mesure, Cotgrave Où pain faut, tout est à vendre, Cotgrave De tout s'avise à qui pain faut, Cotgrave Pin [Jean du], theologien, medecin, poete françois et orateur, autres l'appellent du Pain ; mais c'est à l'imitation des Parisiens qui ont ce dialecte ou façon de prononcer pain pour pin, Lacroix du Maine, Biblioth. p. 258, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

PAIN. Ajoutez :
18Pain de hanneton, nom que les enfants et les gens du peuple donnent aux fruits de l'orme.
19 Pain du pauvre, espèce de potiron qui vient de Valparaiso, Journ. offic. 13 oct. 1874, p. 6997, 3e col.
20être né avant son pain, se dit d'un orphelin laissé sans ressources. Coluchon était né avant son pain, comme disent les paysans, c'est-à-dire que le pauvre orphelin restait sans aucunes ressources, De Curzon, Une vie de paysan, dans Bull. de la Société académ. de Poitiers (séance du 4 juin 1873), p. 99. Nous qui sommes nés avec du pain sur la planche, comme on dit à la campagne, nous ne nous rendons pas compte des poignantes difficultés que doit résoudre pour subsister l'homme qui est né avant son pain, ID. ib.
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Pain : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PAIN, s. m. (Boulangerie.) les diverses especes de farine dont les Boulangers font leur pain, sont la pure fleur de farine pour le pain mollet, la farine blanche d’après la fleur, pour le pain blanc ; les fins gruaux mêlés avec cette derniere, pour le pain bis-blanc ; les gros gruaux, avec partie de farine blanche & de fin gruau, pour le pain bis.

Le pain se fait de farine de mays dans la plus grande partie de l’Asie, de l’Afrique & de l’Amérique ; outre le mays, l’Amérique a encore la racine de cassave, dont le suc récent est un poison, mais dont la racine que l’on en tire fait un pain délicat & nourrissant.

Pain bis, en Boulangerie ; est le nom de la moindre espece de pain ; on le fait avec une partie de farine blanche, & des gruaux fins & gros. On y mêle aussi des recoupetes, mais ce n’est que dans les chertés.

Pain bis-blanc, terme de Boulanger, qui signifie le pain au-dessous du blanc, & fait de farine blanche & de fin gruau.

Pain blanc, en terme de Boulanger, est le nom qu’on donne au pain fait de farine blanche, & tirée au bluteau d’après la fleur de farine.

Pain de brane, terme de Boulanger, pour dire, le pain de douze livres.

Pain chaland, en Boulangerie, est un pain très-blanc, fait de pâte broyée.

Pain chapelé, en Boulangerie, est un petit pain fait avec une pâte bien battue & fort légere, assaisonnée de beurre ou de lait.

Pain chapelé, se dit encore parmi les Boulangers, d’une espece de petit pain dont on a enlevé la plus grosse croute avec un couteau.

Pain de chapitre, en terme de Boulanger, est une espece de pain supérieure au pain chaland, qu’on peut regarder comme le pain mollet de ce dernier.

Pain cornu, nom que les Boulangers donnent à cette espece de pain qui a quatre cornes, & quelquefois plus. C’est de toutes les especes de petit pain celui qui se fait avec la pâte la plus forte & la plus ferme.

Pain a la reine, est chez les Boulangers, un pain fendu, qui ne differe du pain de festin que par l’assaisonnement, qui y est moindre que dans ce dernier. On fait le pain à la reine avec une pâte qui n’est proprement ni forte, ni douce, & qu’on appelle pour cela pâte moyenne. Quelques-uns l’appellent encore pâte bâtarde.

Pain a la sigovie, terme de Boulanger, pour signifier une sorte de pain qui a une tête au milieu. Il est fait avec une pâte d’un tiers plus forte & plus dure que celle du pain à la reine.

Pain petit, en terme de Boulanger, est un pain fait avec une pâte plus ou moins légere, selon l’espece de pain, du beure, du lait ou de levure. Le petit pain se divise en pain à la reine, pain à la sigovie, pain chapelé, pain cornu, &c. Voyez ces termes à leur article.

Quelques Boulangers de Paris font leur petit pain avec les gruaux qu’ils font remoudre : il bouffe en effet davantage ; mais n’est jamais si bon que celui de fleur de farine.

Des façons à donner aux principales sortes de pains en usage parmi nous. Pain d’avoine. Il faut que le levain soit fort ; prendre l’eau un peu chaude, & tenir le four chaud : le bien cuire & long-tems ; & le garder au four suivant la grosseur du pain, parce que le dedans en est toujours gras. Il demande un grand apprêt. La pâte doit en être bien travaillée & bien ronde.

Pain d’orge. Il ne lui faut en levain que le tiers de la masse de la pâte. Trop de levain le rend trop lourd & trop gras en-dedans. Il veut être bien travaillé. On le paîtrit à l’eau douce, parce qu’il semble porter son levain avec lui-même. Il ne lui faut pas beaucoup d’apprêt. Le four doit être chaud. Ce pain porte bien la cuisson.

Pain de seigle. Il faut faire de grands levains, à moitié de la quantité de la pâte ; prendre l’eau fraîche, & faire la pâte forte : donnez bien de l’apprêt, parce que le seigle est toujours doux. Travaillez-le beaucoup. Que votre four soit très-chaud : que le pain y reste long-tems ; cependant selon sa grosseur.

Biscuit de mer. Il faut en levain un bon tiers de la quantité de la pâte. Il faut que ce levain soit bon, naturel, bien fait, fort travaillé ; un four bien chaud, où on le laisse au moins trois heures.

Pain de blé, façon de Gonesse. Ayez de grands levains, & l’eau douce. Faites la pâte forte & bien soutenante. Travaillez-la beaucoup ; ensuite remettez-y un peu d’eau fraîche par-dessus, afin d’éclaircir ou délayer la pâte, & travaillez ensuite. Quand votre pâte sera bien travaillée, tirez-la du pêtrin, & la tournez tout de suite. Il ne faut pas qu’elle entre en levain, mais point du tout. Distribuez-la aux poids que les pains doivent avoir. Tournez les plus petits les premiers ; tournez ensuite les gros. Que les bannes ou sacs soient toujours frais. Que les couvertures soient un peu humides. Que le four soit très-chaud, afin que le milieu soit cuit. Que le four soit plus chaud au premier quartier qu’au dernier. On s’assure de la cuisson presqu’à la main.

Pain en pâte, ou quantité de pâte à employer pour avoir, après la cuisson, un pain d’un poids déterminé. Un pain de quatre livres veut quatre livres onze onces de pâte ; un pain de trois livres, trois livres & demie de pâte ; un pain de six livres, six livres & trois quarts de pâte ; un pain de huit livres, neuf livres de pâte ; un pain de douze livres, treize livres & demie de pâte : voilà à-peu-prés la regle en pâte qui détermine le poids après la cuisson.

Gros pain de Paris. Faites la pâte un peu plus douce que celle de Gonesse. Il y en a qui substituent au levain, le levain de biere. Faites du reste, comme au pain précédent.

Pain demi-mollet. Il ne faut en levain qu’un quart de la pâte. Il ne le faut pas laisser trop apprêter. Quand vous le voyez à moitié prêt, vous faites un autre levain de levure de biere. Lorsque vos levains sont prêts, vous aurez votre eau un peu dégourdie, & en quantité proportionnée à la masse de votre pâte. Vous ferez votre pâte un peu ronde ; vous lui donnerez deux ou trois tours. Vous prendrez un peu d’eau fraîche, que vous jetterez par-dessus votre pâte, jusqu’à ce qu’elle vous paroisse assez douce. Vous ne la laisserez point entrer en levain avant que de la tourner. Cela fait, vous la distribuerez ; vous couvrirez vos pains avec de la toile humide, ou des couvertures de laine. Votre pâte ne prenant point l’air, le pain en viendra plus jaune au four. Que votre four ne soit pas si chaud que pour le gros pain. Regardez de tems en tems dans le four, pour voir si votre fournée a assez de couleur. Lorsqu’elle a assez de couleur, vous laissez achever la cuisson à four ouvert.

Pain fendu. Prenez les ratissures du pain demi-mollet. Renforcez-les avec de la farine. Travaillez-les bien ; & distribuez cette pâte en pains de quatre livres, de deux & d’une ; tournez toujours les plus petits les premiers. Fendez ceux-ci avec la main ; les gros avec le bras. Placez-les dans les moules, & les moules au four au premier quartier de la chaleur.

Pain mollet. Prenez de la pâte du pain demi-mollet, le quart de la pâte du pain mollet que vous voulez faire. Ayez du levain fait à la levure de biere. Laissez la pâte un peu entrer en levain ; ensuite distribuez-la. Pour le pain d’une livre cuit, il faut une livre & un quart en pâte ; pour un pain d’une demi-livre cuit, il faut dix onces en pâte. Ayez des planches & des toiles qui s’appellent couches, pour couvrir ; tournez les pains les moins gros les premiers, ensuite les autres. Que votre four ne soit point trop chaud au dernier quartier.

Pain plat, ou autrement dit pain manqué. Prenez de la pâte du pain mollet. Remettez un peu d’eau fraîche & de farine par-dessus. Retravaillez bien la pâte. Battez-la ; mettez-la dans une corbeille ; tenez-la au frais. Tournez les pains que vous en ferez les derniers de tous vos pains. Menagez-leur une place à bouche de four entre vos pains mollets. Quand ils y seront placés, donnez-leur un coup de main par-dessus ; & lorsque vous aurez tiré votre premier quartier, vous enfoncerez dans le four ces pains-ci que vous y laisserez achever leur cuisson.

Pain à la reine. Faites un bon levain à levure de biere. Quand il sera prêt, façonnez votre pâte tout ensemble. Aprez l’avoir un peu travaillée, faites les petits pains, qu’on appelle aussi pains à caffé ; travaillez votre pâte de rechef ; battez-la avec la main. Levez-la du pêtrin. Placez-la dans une sebille ; couvrez-la avec des sacs ou bannes. Renforcez le reste de votre pâte avec de la farine. Détournez ensuite une portion pour les pains de sigovie & pour les pains cornus. Cela fait, achevez votre pain à la reine avec du beurre. Le beurre mis, travaillez-le encore un peu ; ensuite tirez la pâte du pêtrin ; couvrez-la pour la faire entrer en levain. Alors revenez au sigovie. Vous en renforcerez la pâte un peu plus qu’au pain à la reine. Vous en tournerez les pains les derniers. Après quoi, de la ratissure du pêtrin, vous faites votre pain cornu avec un peu de beurre. Vous en travaillez la pâte, & vous la mettez dans une sebille. Vous ferez les artichaux de la même pâte que les pains cornus ; les pains cornus les premiers, les artichaux les seconds, les pains à caffé les troisiemes, les pains à la reine les quatriemes, les pains de sigovie les derniers. Vous enfournez les pains à caffé les premiers ; puis les pains cornus, ensuite les artichaux ; après ceux-ci les pains à la reine ; enfin les pains de sigovie qui se trouveront à la bouche du four.

Pain de festin. Ayez un bon levain de levure de biere. Faites-en le tiers de la pâte que vous avez à préparer. Quand il sera prêt, ayez du lait dégourdi seulement ; délayez votre levain avec ce lait : travaillez un peu votre pâte. Ensuite prenez votre beurre & vos œufs. Ajoutez-les à la pâte. Que la pâte ne soit pas trop douce ; faites-la bonne & ronde. Laissez-la entrer en levain un peu ; puis tournez-la. Tournez les petits pains les premiers. Echauffez votre four doux. Le four chaud, coupez vos pains en s par-dessus ; dorez-les avec des œufs, & les enfournez. Quand ils auront pris de la couleur, vous laisserez achever la cuisson à four ouvert.

Espiotte. Faites de grands levains ; ayez-en le tiers de la pâte. Que votre pâte soit forte. Après l’avoir un peu travaillée, jettez-y un peu d’eau fraîche. Retravaillez & tournez sur des sacs. Que le four soit bien chaud. Enfournez les pains ronds les premiers, ensuite les longs, & laissez bien cuire ; car ces pains sont toujours gras en-dedans.

Pain de blé noir ou sarrasin. Ayez du levain la moitié de ce que vous ferez de pâte. Prenez de l’eau fraîche au sortir du puits. Faites votre pâte un peu ronde. Après l’avoir un peu travaillée, vous l’arroserez un peu d’eau fraîche ; & la retravaillerez bien. Que votre four soit bien chaud. Vous tournerez vos pains tout de suite, les plus petits les premiers. Vous les couvrirez de sacs humides ; vous répandrez un peu d’eau fraîche sur ces sacs, & vous laisserez votre pâte ainsi disposée, s’apprêter. Ensuite vous enfournerez les pains ronds les premiers.

Pain de blé de Turquie. Ayez du levain le tiers de la quantité de votre pâte : que votre eau soit dégourdie. Faites votre pâte forte. Travaillez-la bien. Tirez-la du pêtrin ; tournez-la tout de suite, non sans l’avoir bien broyée sur le pêtrin ; applatissez les pains ronds. Couvrez-les tous de sacs humides. Que votre four soit bien chaud. Laissez vos pains s’apprêter ; ensuite enfournez. Laissez long-tems au four ; ce pain devient très-jaune.

La bonne façon du pain tient donc à la juste quantité du levain, à la juste quantité d’eau ; sur-tout au travail long qui distribue également le levain & l’eau dans toute la masse, & à la cuisson convenable. Sans levain le pain est matte ; avec le levain sans eau le pain est matte ; avec du levain & de l’eau sans travail, le pain est matte ; avec du levain, de l’eau & du travail, sans juste cuisson, même défaut ; il est encore matte. Ces quatre conditions sont donc nécessaires pour rendre le pain léger & plein d’yeux. Quelle est celle qui y contribue le plus ? cela peut être aussi difficile qu’inutile à décider.

Pain, (Jurisprudence.) dans cette matiere se prend quelquefois pour jouissance. Etre en pain, dans les coutumes de Hainaut & de Mons, c’est être sous la puissance de son pere ; comme être hors de pain, signifie, être hors de cette puissance, mettre hors de pain, émanciper. (A)

Pain d’acier, (Comm.) c’est une sorte d’acier qui vient d’Allemagne ; il est différent de celui que l’on appelle acier en bille.

Pain d’affinage, (Fonderie de métaux.) c’est ainsi qu’on nomme la petite portion de matiere d’argent qui reste toujours dans le fond de la coupelle ; on l’appelle autrement plaque.

Pain béni, (Hist. eccles.) c’est un pain que l’on bénit tous les dimanches à la messe paroissiale, & qui se distribue ensuite aux fideles.

L’usage étoit dans les premiers siecles du christianisme, que tous ceux qui assistoient à la célébration des saints mysteres participoient à la communion du pain qui avoit été consacré ; mais l’Église ayant trouvé de l’inconvénient dans cette pratique, à cause des mauvaises dispositions où pouvoient se trouver les chrétiens, restraignit la communion sacramentelle à ceux qui s’y étoient duement préparés. Cependant pour conserver la mémoire de l’ancienne communion, qui s’étendoit à tous, on continua la distribution d’un pain ordinaire, que l’on bénissoit, comme l’on fait de nos jours.

Au reste, le goût du luxe & d’une magnificence onéreuse à bien du monde, s’étant glissé jusque dans la pratique de la religion, l’usage s’est introduit dans les grandes villes de donner au lieu de pain, du gâteau plus ou moins délicat, & d’y joindre d’autres accompagnemens coûteux & embarrassans ; ce qui constitue les familles médiocres en des dépenses qui les incommodent, & qui seroient employées plus utilement pour de vrais besoins. On ne croiroit pas, si on ne le montroit par un calcul exact, ce qu’il en coûte à la nation tous les ans pour ce seul article.

On sait qu’il y a dans le royaume plus de quarante mille paroisses où l’on distribue du pain béni, quelquefois même à deux grand’messes en un jour, sans compter ceux des confréries, ceux des différens corps des arts & du négoce. J’en ai vu fournir vingt-deux pour une fête par les nouveaux maîtres d’une communauté de Paris. On s’étonne qu’il y ait tant de misere parmi nous ; & moi en voyant nos extravagances & nos folies, je m’étonne bien qu’il n’y en ait pas encore davantage.

Quoi qu’il en soit, je crois qu’on peut du fort au foible, estimer la dépense du pain béni, compris les embarras & les annexes, à quarante sous environ pour chaque fois qu’on le présente. S’il en coûte un peu moins dans les campagnes, il en coûte beaucoup plus dans les villes, & bien des gens trouveront mon appréciation trop foible ; cependant quarante mille pains à 40 s. piece, font quatre-vingt mille livres, somme qui multipliée par cinquante-deux dimanches, fait plus de 4 millions par an, ci 4000000 liv.

Qui empêche qu’on n’épargne cette dépense au public ? On l’a déja dit ailleurs, le pain ne porte pas plus de bénédiction que l’eau qu’on emploie pour le bénir ; & par conséquent on peut s’en tenir à l’eau, qui ne coûte rien, & supprimer la dépense du pain laquelle devient une vraie perte.

Par la même occasion, disons un mot du luminaire. Il n’y a guere d’apparence de le supprimer tout-à-fait ; nous sommes encore trop enfans, trop esclaves de la coutume & du préjugé, pour sentir qu’il est des emplois du bien plus utiles & plus religieux, que de brûler des cierges dans une église. Néanmoins tout homme éclairé conviendra qu’on peut épargner les trois quarts du luminaire qui se prodigue aujourd’hui, & qui n’est proprement qu’une pieuse décoration. Cela posé, il y a dans le royaume plus de quarante mille églises en paroisses ; on en peut mettre un pareil nombre pour les églises collégiales, couvens, communautés, &c. ce qui fait quatre-vingt mille églises pour le tout. J’estime du plus au moins l’épargne du luminaire qu’on peut faire en chacune à 50 liv. par année ; cette somme, bien que modique multipliée par 80000 églises, produit 4 millions par an. Voilà donc avec les quatre millions ci-dessus, une perte annuelle de huit millions dans le royaume ; & cela pour de petits objets & de menus frais auxquels on n’a peut-être jamais pensé, ci 8000000 livres.

Combien d’autres inutilités coûteuses en ornemens superflus, en sonneries, processions, reposoirs, &c. Populus hic labiis me honorat, cor autem eorum longè est à me. Matt. xv. 8.

La religion ne consiste pas à décorer des temples, à charmer les yeux ou les oreilles ; mais à révérer sincérement le créateur, & à nous rendre conformes à Jesus-Christ. Aimons Dieu d’un amour de préférence, & craignons de lui déplaire en violant ses commandemens ; aimons notre prochain comme nous-mêmes, & soyons en conséquence toujours attentifs à lui faire du bien, ou du moins toujours en garde pour ne lui point faire de mal ; enfin remplissons le devoir de notre état : voilà précisément la religion que Dieu nous prescrit, & c’est celle-là tout juste que les hommes ne pratiquent point ; mais ils tâchent de compenser ces manquemens d’une autre maniere : ils se mettent en frais, par exemple, pour la décoration des autels, & pour la pompe des cérémonies ; les ornemens, le luminaire, le chant, la sonnerie ne sont pas épargnés ; tout cela fait proprement l’ame de leur religion, & la plûpart ne connoissent rien au-delà. Piété grossiere & trompeuse, peu conforme à l’esprit du Christianisme, qui n’inspire que la bienfaisance & la charité fraternelle !

Que de biens plus importans à faire, plus dignes des imitateurs de Jesus-Christ ! Combien de malheureux, estropiés, infirmes, sans secours & sans consolation ! Combien de pauvres honteux sans fortune & sans emploi ! Combien de pauvres ménages accablés d’enfans ! Combien enfin de misérables de toute espece, & dont le soulagement devroit être le grand objet de la commisération chrétienne ! objet par conséquent à quoi nous devrions consacrer tant de sommes que nous prodiguons ailleurs sans fruit & sans nécessité.

Pain, en terme de Cirier, c’est un morceau de cire plat & rond, à qui il ne manque plus pour être parfaitement blanc, que d’être mis encore une fois sur les toiles. Voyez Toiles, & l’article Blanchir.

Pain, (mettre en) en terme de Blanchisserie, est l’action de former des morceaux de cire plats & ronds, quand la matiere a acquis un certain degré de blancheur. Cela se fait en versant la cire fondue pour la troisieme fois sur des moules nommés pour cela planches à pain. V. Planches a pain, & l’art. Blanchir.

Pain de bougie, (Cirerie.) c’est la bougie filée que l’on a tortillée ou pliée d’une certaine maniere, pour s’en pouvoir servir plus commodément.

Pain a chanter, (Oublieur.) c’est du pain sans levain qui sert à la consécration dans le sacrifice des Catholiques. Il est fait de la plus pure farine de froment entre deux plaques de fer gravées en forme de gaufrier, que l’on frotte un peu de cire blanche, pour empêcher que la pâte n’y tienne. Ce sont les Patissiers-Oublieurs qui font les pains à chanter. Il y a des maîtres qui vivent de ce métier.

Pain de chapitre, (terme ecclésiastiq.) on lit dans la satyre Menippée : il n’est que d’avoir un roi légitime, etiam discole, pourvu qu’il nous laisse le pain de chapitre & le purgatoire. On appelle pain de chapitre celui qu’on distribue tous les jours aux chanoines dans quelques églises. Il étoit autrefois si excellent, qu’on appelloit pain de chapitre les meilleures choses. « S’il est question, dit Henri Etienne, de parler d’un pain ayant toutes les qualités d’un bon & friand pain, (voire tel que celui de la ville Eresias, pour lequel Mercure prenoit bien la peine de descendre du ciel, & en venir faire provision pour les dieux, si nous en croyons le poëte Archestrate), ne faut-il pas venir au pain de chapitre, je dis au vrai pain de chapitre, dont celui que vendent à Paris les boulangers, a retenu le nom, mais non la bonté, sinon qu’en partie ». Ainsi l’auteur de la satyre a entendu, sous le nom de pain de chapitre, les grands biens dont les ecclésiastiques sont en possession. Richelet. (D. J.)

Pain conjuré, étoit un pain d’épreuve fait de farine d’orge, que les Anglois, Saxons donnoient à manger à un criminel non convaincu, après que le prêtre avoit proféré des imprécations sur ce pain ; persuadés que s’il étoit innocent, le pain ne lui feroit point de mal ; mais que s’il étoit coupable, il ne pourroit l’avaler, ou qu’après l’avoir avalé il étoufferoit. Voyez Purgation, Epreuve, &c.

Le prêtre qui faisoit cette cérémonie, demandoit à Dieu dans une priere faite exprès, « que les mâchoires du criminel restassent roides, que son gosier s’étrecît, qu’il ne pût avaler, & qu’il rejettât le pain de sa bouche ». Voyez Jugement de Dieu, Ordalie, &c.

Pain a coucou (Botan.) voyez Alleluia.

Pain a coucou, ou Alleluia, (Mat. médic.) plante. Voyez Alleluia, Médec. cette plante a les mêmes qualités extérieures & les mêmes vertus que l’oseille. Voyez Oseille, Mat. méd. & Diete.

Pain de craie, (Amidonnier.) c’est un morceau de craie de forme quarrée, arrondie, long de six pouces, & épais de trois à quatre.

Pain d’épice, est un pain de miel & de farine de seigle. Avant d’employer le miel dans le pain d’épice, il faut qu’il ait bouilli long-tems, & qu’on l’ait bien écumé. On y détrempe la farine de seigle pendant qu’il est encore chaud, avec une espece de gache exprès.

Le pain d’épice peut servir utilement en Chirurgie ; il tient lieu de cataplasme maturatif dans la formation des abscès qui surviennent dans la bouche, à la racine des dents, & aux gencives entre les mâchoires & les joues. On coupe une tranche de pain d’épice, de l’épaisseur d’un écu de six livres, & de la grandeur convenable : on la trempe dans du lait chaud, & on l’applique sur les tumeurs inflammatoires disposées à suppuration. Ce topique n’a aucun désagrément ; il tient sans aucun moyen sur le lieu malade, & il remplit parfaitement les intentions de l’art en favorisant celles de la nature. Voyez Maturatif & Maturation, Suppuratif & Suppuration. Voyez pour le cas particulier, l’article maladies des gencives, à la suite du mot Gencives. (Y)

Pain-d’épicier, qui fait & vend du pain d’épice. Les pains-d’épiciers composent une communauté fort ancienne à Paris. Leurs ouvrages étoient fort à la mode avant que les Pâtissiers fussent érigés en corps de jurande : mais la pâtisserie d’invention plus moderne, & plus variée dans ses ouvrages, a prévalu sur le pain d’épice, quoiqu’il soit beaucoup plus sain que la pâtisserie qui est lourde & pesante.

Pain fossile, (Hist. nat.) artolithus, panis dæmonum ; quelques auteurs ont donné ce nom à des pierres à qui la nature a donné la forme d’un pain. Il s’en trouve de fort grands ensemble dans le voisinage de la ville de Rothwell : on dit qu’il s’en trouve aussi dans les montagnes des environs de Boulogne en Italie. On en a rencontré qui pesoient plusieurs quintaux dans le voisinage d’Ilefeld, près de Nordhausen, dans le Hartz. On assure que dans la grotte de Baumann au Hartz, on voit une cavité semblable à un four, dans laquelle sont plusieurs pains ou gâteaux. Il y a encore plusieurs autres endroits où l’on a trouvé de ces prétendus pains, & même des biscuits fossiles, que quelques personnes ont eu la simplicité de regarder comme des pains pétrifiés ; qui n’ont pris cette forme que par hasard, & qui sont de vrais jeux de la nature propre à amuser ceux qui ne cherchent que le singulier & non l’instruction dans l’histoire naturelle. Voyez Bruckmanni epistol. itineraria. Centuria I. epist. 66.

Pain de lie, (Vinaigriers.) c’est la lie seche que les Vinaigriers tirent de leurs presses, après en avoir exprimé tout le vin pour faire leur vinaigre. Les Chapeliers se servent aussi du pain de lie pour la fabrique de leurs chapeaux. Savary.

Pains de liquation, (Métallurgie.) ce sont les gâteaux de cuivre qui restent sur le fourneau de liquation, après que le plomb & l’argent en ont été dégagés. On les nomme aussi pieces de liquation. Voyez les articles Liquation & Cuivre.

Pain de munition, est à la guerre, le pain qu’on distribue aux troupes en campagne, & qui contient deux rations. Voyez Ration & Munitions. (Q)

Pain de pourceau, (Botan.) cyclamen ; genre de plante à fleur monopétale, ronde, en forme de rosette, & découpée ordinairement en cinq parties recourbées en haut. Le pistil sort du calice ; il est attaché comme un clou à la partie postérieure de la fleur, & il devient dans la suite un fruit presque rond & membraneux, qui s’ouvre de plusieurs façons, & qui renferme des semences le plus souvent oblongues, anguleuses & attachées à un placenta. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Il contient trente especes, dont la plus commune est nommée cyclamen orbiculato folio, infernè purpurascente, dans les I. R. H. 154.

Sa racine est sphérique, épaisse, charnue, un peu applatie, noirâtre en dehors, blanchâtre en dedans, & garnie de fibres noirâtres. Sa saveur est âcre, piquante, brûlante, désagréable, sans odeur ; ses feuilles nombreuses, presque rondes, portées sur des queues longues d’environ une palme, sont assez semblables aux feuilles de cabaret ; cependant moins épaisses, d’un verd foncé en dessus, parsémé de quelques taches blanches, de couleur de pourpre en-dessous, un peu sinuées à leur bord.

Ses fleurs panchées vers la terre, sont portées sur des pédicules longs & tendres ; elles sont d’une seule piece en rosette, taillées en maniere de godet, de couleur pourpre clair ou foncé, & d’une odeur suave. Leur calice est partagé en cinq quartiers ; il en sort un pistil attaché à la partie postérieure en maniere de clou ; ce pistil est porté sur un pédicule faisant plusieurs spirales. Après que la fleur est tombée, il se replie jusqu’à ce qu’il touche la terre sur laquelle il croît, & devient un fruit presque sphérique, membraneux, & qui s’ouvre en plusieurs parties. Il renferme de graines oblongues, anguleuses, d’un brun jaunâtre, attachées à un placenta.

Cette graine semée dans la terre ne germe pas, mais elle se change en un tubercule, ou en une racine qui pousse des feuilles. Dans la suite ses fleurs paroissent sur la fin de l’été, ou au commencement de l’automne ; ensuite ses feuilles ayant duré tout l’hiver, se perdent en Avril ou en Mai. On cultive cette plante dans nos jardins. Ses racines sont d’usage. (D. J.)

Pain de pourceau, (Mat. médic.) la racine de cette plante, qui est sa seule partie usuelle, est d’une saveur âcre, brûlante, désagréable lorsqu’elle est fraîche. Cette saveur disparoit presqu’entierement par la dessication. Cette racine est inodore.

Soit fraîche, soit seche, c’est un très-violent purgatifs hidragogue, que les paysans les plus robustes peuvent prendre cependant jusqu’à la dose d’un gros en substance, & jusqu’à celle de demi-once en décoction ; mais même dans ces sujets très-vigoureux, elle excite souvent des inflammations à l’œsophage, & dans tout le trajet intestinal. Voyez Purgatif.

On se sert aussi extérieurement de cette racine. Elle est comptée parmi les plus puissans résolutifs & apéritifs. Elle possede même ces vertus aussi-bien que la qualité purgative à un degré qui les rend capables de porter leur action jusques sur les parties intérieures, lorsqu’on l’applique sur les régions qui contiennent ces parties. Etant appliquée, par exemple, en forme de cataplasme sur les régions de la rate, elle passe pour en fondre les tumeurs. Si on frotte le ventre avec sa décoction ou son suc, elle lâche le ventre, tue les vers, fait revenir les regles, peut chasser le fœtus mort & l’arriere-faix, & a tous les effets propres aux purgatifs violens.

C’est à cette plante que doit son nom l’onguent appellé de arthanita, qui est composé d’ailleurs de tous les purgatifs végétaux les plus violens ; savoir, la colloquinte, le concombre sauvage, le glayeul, la scammonée, le turbith, le garou, l’aloës, l’euphorbe, la maroute ; de plusieurs gommes, résines & d’aromates exotiques les plus âcres, tels que le poivre long & le gingembre ; onguent qui étant appliqué sur le creux de l’estomac, fait vomir, qui vuide puissamment les eaux des hydropiques par les selles & par les urines, si on en frotte la région ombilicale & celle des reins ; qui excite les regles, si on l’applique au pubis & à la région hypogastrique, qui est un insigne fondant des tumeurs skirrheuses, &c. & qui est, malgré toutes ces vertus, un fort mauvais remede. (b)

Pain de proposition, (Critiq. sac.) les pains de proposition étoient des pains qu’on offroit tous les samedis sur la table d’or posée dans le saint : pones super mensam panes propositionis in conspectu meo, Exod. 25. 30. Il devoit y en avoir douze, en mémoire des douze tribus, au nom desquelles ils étoient offerts. Ces pains se faisoient sans levain ; on les présentoit tout chauds chaque jour de sabbat, & en même tems on ôtoit les vieux, qui devoient être mangés par des prêtres, à l’exclusion des laïcs, à qui il étoit défendu d’en manger ; c’est ce qui faisoit appeller le pain de proposition panis sanctus, I. Reg. xxj. 4.

Les anciens Hébreux cuisoient leur pain sous la cendre, & quelquefois on le faisoit cuire avec de la bouze de vache allumée. Voyez encore Proposition, pains de. (D. J.)

Pain de Reims, les pains d’épiciers donnent ce nom à des pains qu’ils font selon la maniere qu’on en fait dans la ville de Reims, avec de la pâte d’assortiment, que l’on assaisonne d’écorce-de-citron, d’anis, d’épices, &c.

Pain de rive, (terme de Boulanger.) c’est du pain qui n’a point de biseau, ou qui en a très-peu. Il ne manquera pas, dit Moliere dans son Bourgeois-Gentilhomme, act. IV. scène I. de vous parler d’un pain de rive, relevé de croûtes croquantes sous la dent.

Pain de roses, en Pharmacie, remede composé avec les roses, ramassées & comme pétries en forme de pain, que l’on trempe dans le vin ou dans le vinaigre.

On s’en sert dans la diarrhée, dans la dyssenterie, dans le vomissement, & dans les épuisemens des humeurs après les remedes généraux.

On applique avec un heureux succès un pain de roses que l’on a fait tremper dans le vin rouge ; dans le cas d’une indisposition chaude, on le mettra trempé dans une liqueur composée d’oxicrat & d’une eau calmante.

Voici comme on s’en sert :

Prenez encens, mastic, roses, corail rouge ; de chacun un gros : mettez-les en poudre ; saupoudrez-en un pain de roses qui aura trempé dans l’eau-rose avec une troisieme partie de vinaigre, ou dans du vinaigre rosat : appliquez-le chaudement sur le bas-ventre.

On le laisse pendant trois heures sur la partie, que l’on frotte ensuite avec un peu d’huile de lin ou d’amandes douces, ou d’huile rosat.

Pain de roses, (Parfumeur.) on le nomme aussi chapeau de roses ; c’est le marc des roses qui reste dans les alembics après qu’on en a tiré l’eau, l’huile exaltée, & le sel volatil.

Pain, terme de Potier de terre, c’est proprement la terre en motte telle qu’elle vient chez le potier, qui ne lui a encore donné qu’une façon.

Pain de savon, (Savonnerie.) on l’appelle plus ordinairement table de savon ; c’est du savon dressé dans des moules d’un pié & demi en quarré, & d’environ trois pouces de hauteur ; il y a cependant quelque différence entre la table & le pain de savon, la table s’entendant du savon au sortir du moule, & le pain lorsque la table a été coupée en morceaux. Savary.

Pain de sucre, (Raffinerie.) c’est du sucre affiné, que l’on dresse dans des moules de figure conique, & que l’on vend enveloppé de gros papier bleu ou gris : les pains de sucre pesent 3, 4, 5, jusqu’à 12 livres.

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Pain : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « pain » les plus populaires.

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Étymologie de « pain »

Étymologie de pain - Littré

Picard, poin, pan ; wallon, pon, pan ; Basse-Normand. poin ; prov. pan, pa ; port. pão ; ital. pane ; du lat. panis. Dans panis, les étymologistes voient le radical sanscrit , nourrir, qui a donné le sanscrit pita, pain, le grec παίομαι, le latin pabulum, pascor.

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Étymologie de pain - Wiktionnaire

Du moyen français pain, de l’ancien français pain, pan, du latin panem, accusatif singulier de panis (« pain »). Le pain désigne dès l’origine le résultat de la cuisson de la matière panifiable, c’est-à-dire une pâte levée à base de farine et de levain. Aussi dès le XIIe siècle, il existe une grande diversité de formes de pains, à savoir les boules, les boulots, les ficelles, les épis, les tourons, les bâtards, les fougasses, les saucisses ou saucissons, les baguettes, etc.
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Phonétique du mot « pain »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pain pɛ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « pain »

  • À Aumont-Aubrac, le comité des fêtes organise les 25 et 26 juillet, la 25e fête du pain, qui se déroulera, pour la cuisson à Chancelade. La vente aura lieu samedi et dimanche, au four de Chancelade et place de la mairie, à Aumont-Aubrac, sur réservation, dans les créneaux horaires suivants : de 10 h à 13 h et de 17 h à 19 h. Les réservations se font par avance auprès d’Alain Lorente, au 06 80 32 55 76. En raison des risques sanitaires, le comité des fêtes n’est pas en mesure de proposer un repas avec animation, en garantissant la sécurité de tous et toutes. Il attend le public nombreux pour cette manifestation dans le respect des règles sanitaires en vigueur. midilibre.fr, La vingt-cinquième fête du pain à Chancelade - midilibre.fr
  • Lionel a ses petites habitudes. Son pain, il l’achète rue Saint-Christophe à Soissons chez Kathy et Jean-Marc Marek. Oui mais voilà, les vacances estivales étant déjà bien entamées, les deux gérants de la boulangerie entendent bien s’octroyer quelques jours de congé : du 2 au 25 août. Journal L'Union abonné, Où trouver son pain à Soissons cet été ?
  • la découverte du patrimoine ligérien permet de nous adonner à des activités ludiques et originales. On a testé pour vous la fabrication du pain dans un moulin. Prenons la direction d'Apinac dans le Forez, à 45 minutes de Saint-Étienne au Moulin de Vignal. France Bleu, Emportes-pièces et farine, c'est parti pour la fabrication du pain au Moulin de Vignal à Apinac dans la Loire
  • Le groupe italien annonce un investissement exceptionnel de 33 millions d'euros pour augmenter ses capacités de production de pain de mie, de viennoiserie bio et le stockage de ces denrées. La France est le troisième marché de Barilla. Les Echos, Barilla investit en France… dans le pain de mie et les viennoiseries | Les Echos
  • La rumeur courait de bon train depuis quelque temps. C’est maintenant certain, un nouveau dépôt de pain va venir s’installer dans le village. La Voix du Nord, Bientôt un nouveau dépôt de pain à Tournehem-sur-la-Hem
  • Pour agir contre une baisse de fréquentation causée par la crise sanitaire et les travaux dans Breuil-le-Sec, la boulangerie Chez Frédéric et Leslie a installé une boîte à pain devant la salle Michel-Monard. Courrier picard, La boulangerie Chez Frédéric et Leslie de Breuil-le-Sec a construit une boîte à pain
  • Changement de corbillon fait trouver le pain bon. De Adrien de Montluc / La Comédie des proverbes
  • Quand le pain est mouillé, il faut le boire. De Chaval
  • Le travail est le pain nourricier des grandes nations. De Mirabeau
  • Je juge un restaurant par son pain et son café. De Burt Lancaster
  • Avant de mordre, vois si c’est pain ou pierre. De Proverbe serbo-croate
  • L'homme ne vit pas seulement de pain. De Proverbe français
  • Qui laboure la nuit perd un pain à chaque sillon. De Proverbe suédois
  • Le pain n'a pas raison contre le couteau. De Proverbe guadeloupéen
  • Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. De Moïse / La Bible
  • Le meilleur pain est celui de la maison. De Proverbe catalan
  • Faute de pain, on mange de la galette. De Proverbe québécois
  • Celui qui manque trop du pain quotidien n'a plus aucun goût au pain éternel. De Charles Péguy / Le mystère de la charité de Jeanne d'Arc
  • Qui ne pétrit, bon pain ne mange. De Jean Antoine de Baïf / Mimes, enseignements et proverbes
  • Mieux vaut un demi-pain que pas de pain du tout. John Heywood, Proverbes Proverbs
  • L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. , Évangile selon saint Matthieu, IV, 3-4
  • L'homme ne vit pas seulement de pain, mais l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé. , Ancien Testament, Deutéronome VIII, 3
  • Du pain et le cirque ! Juvénal en latin Decimus Junius Juvenalis, Satires, X, 81
  • Si les imbéciles veulent encore du gland, laisse-les en manger, mais trouve bon qu'on leur présente du pain. François Marie Arouet, dit Voltaire, Dictionnaire philosophique
  • Vente, gresle, gelle, j'ay mon pain cuit. François Villon, Testament, Ballade de la grosse Margot
  • Le luxe est le pain de ceux qui vivent de brioche. Isaac Félix, dit André Suarès, Voici l'homme, Albin Michel
  • Crois-tu qu'on puisse être bien tendre lorsqu'on manque de pain ? Antoine François Prévost d'Exiles, dit l'abbé Prévost, Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut
  • Mangez, moi je préfère, Probité, ton pain sec. […] Mangez, moi je préfère, Ô gloire, ton pain bis. […] Mangez, moi je préfère, Ton pain noir, liberté ! Victor Hugo, Les Châtiments, Chanson, I, 10
  • Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule. Victor Hugo, Les Burgraves, Préface
  • Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir. Victor Hugo, L'Art d'être grand-père

Traductions du mot « pain »

Langue Traduction
Corse u pane
Basque ogia
Japonais パン
Russe хлеб
Portugais pão
Arabe خبز
Chinois 面包
Allemand brot
Italien pane
Espagnol pan de molde
Anglais bread
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Synonymes de « pain »

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