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Légitimé, légitimée

Sommaire

  • Définitions du mot légitimé, légitimée
  • Phonétique de « légitimé »
  • Traductions du mot « légitimé »
  • Antonymes de « légitimé »

Définitions du mot légitimé, légitimée

Trésor de la Langue Française informatisé

LÉGITIME1, adj.

A. − Qui est conforme au droit positif. Autorité légitime; mariage légitime. [Si l'Assemblée] a, comme elle le devait laissé subsister les propriétés et les droits légitimes des seigneurs, elle a du moins révoqué toutes les usurpations (Le Moniteur,t. 2, 1789, p. 346).Les formalités nécessaires pour que le mariage soit valable, les conditions de la filiation légitime naturelle, adoptive (Durkheim, Divis. trav.,1893, p. 91).V. concubinage ex. :
1. 1595. Le contrat de vente ne peut avoir lieu entre époux que dans les trois cas suivans : (...) 2 celui où la cession que le mari fait à sa femme, même non séparée, a une cause légitime, telle que le remploi de ses immeubles aliénés, ou de deniers à elle appartenant, si ces immeubles ou derniers ne tombent pas en communauté... Code civil,1804, p. 294.
Enfant légitime. ,,Enfant issu des relations d'un homme et d'une femme unis l'un à l'autre par un mariage valable ou putatif`` (Cap. 1936). Toute donation à titre gratuit est révoquée de plein droit pour cause de survenance d'enfant légitime, même posthume, du donateur (Sandeau, Mlle de La Seiglière,1848, p. 112).Savez-vous (...) comme il est avec ses enfants, et jusqu'à chérir ses enfants légitimes autant que ses bâtards? (Montherl., Malatesta,1946, III, 5, p. 501).
Femme légitime. Synon. de épouse, p. oppos. à maîtresse, concubine :
2. Libre et sans famille, résolu à ne point prendre de femme légitime, je passais tantôt trois mois avec l'une, tantôt six mois avec l'autre, puis un an sans compagne en butinant sur la masse des filles à prendre ou à vendre. Maupass., Contes et nouv., t. 2, Ermite, 1886, p. 1055.
En emploi subst., fam. La journée finie, il pouvait, en entrant dans la maison, embrasser sa légitime et son surgeon et dormir auprès d'eux tranquille et le cœur à l'aise (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 146).Qui n'a jamais donné un million à une femme ne les connaît pas [les femmes] mais celui qui n'a jamais bouffé la dot de sa légitime ne les connaît pas non plus (Cendrars, Bourlinguer,1948,p. 40).
Intérêt légitime. Synon. rare de intérêt légal*.
Souverain, dynastie légitime. Souverain, dynastie qui exerce le pouvoir conformément au droit de dévolution du pouvoir du pays où il règne. C'est bien la signature de notre seul et légitime souverain, Christian VII, roi de Danemark (Scribe, Bertrand,1833, IV, 12, p. 211):
3. Les juristes persans ne reconnaissent pas toutes ces dynasties pour légitimes parce qu'il leur manque deux conditions sine qua non; la première, d'être investies du droit qui résidait dans la lignée sassanide et dont les Khalifes avaient hérité; la seconde, de posséder la prérogative de l'imamat qui seule avait rendu les Khalifes aptes à saisir régulièrement les droits des derniers Sassanides. Gobineau, Corresp. [avec Tocqueville], 1857, p. 285.
Légitime défense. V. défense1A 1 a.
B. − Qui est conforme à l'équité; qui est fondé sur le droit naturel, la morale, la loi divine. Monarchie légitime. V. légalité ex. 2 :
4. Alors, parmi eux, ils [les hommes] en choisirent un ou plusieurs qu'ils croyoient les plus justes, afin de protéger les bons contre les méchants, et que le foible pût vivre en paix. Et le pouvoir qu'ils exerçoient étoit un pouvoir Légitime; car c'étoit le pouvoir de Dieu qui veut que la justice règne, et le pouvoir du peuple qui les avoit élus. Lamennais, Paroles croyant,1834, p. 167.
Qui est dicté, justifié, explicable par le bon droit, le bon sens, la raison. Désir légitime; motif légitime; il est légitime de + inf. J'eus une certaine satisfaction légitime : je pus m'avouer qu'en politique je valais autant qu'en littérature, si je vaux quelque chose (Chateaubr., Mém., t.3, 1848, p. 216).Folcoche (...) n'aime pas attendre. Dans le cas présent, son impatience est au fond légitime (H. Bazin, Vipère,1948, p. 269):
5. La vérité qu'il nous est permis d'entrevoir n'est pas tout à fait ce que la plupart des hommes appellent de ce nom.Est-ce à dire que notre aspiration la plus légitime et la plus impérieuse est en même temps la plus vaine? H. Poincaré, Valeur sc.,1905, p. 5.
Prononc. et Orth. : [leʒitim]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1266 « fondé en droit » (Franch. d'Orgelet, Tuetey, Et. sur le dr. municipal en Fr.-Comté, p. 175 ds Gdf. Compl.); spéc. dr. ca 1300 légittime « né d'un mariage (d'un enfant) » (Aimé de Mont Cassin, Hist. des Normands, éd. V. de Bartholomaeis, p. 226); 1814 pol. (Chateaubriand, De Buonaparte et des Bourbons, et de la nécessité de se raillier à nos princes légitimes pour le bonheur de la France et celui de l'Europe); 2. 1562 subst. « réserve légale d'un héritier » (Calvin, Serm. sur le Deuter., 92 − XXVII, 306 − ds Hug.); 3. 1845 subst. fém. « femme » (Flaub., Corresp., p. 183). Empr. au lat.legitimus « établi par la loi » « conforme aux règles, régulier », attesté en lat. médiév. comme subst. fém. au sens d'« épouse » (av. 1081 ds Nierm.) et comme subst. masc. au sens d'« héritier légitime » (av. 1250 ds Latham); dér. de lex, legis « loi ». Fréq. abs. littér. : 2 162. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 031, b) 2 873; xxes. : a) 3 131, b) 2 339. Bbg. Dub. Pol. 1962, p. 330. - Quem. DDL t. 16, 18. - Vardar Soc. pol. 1973 [1970], p. 257.

LÉGITIME2, subst. fém.

HIST., DR. Institution analogue à la réserve légale actuelle et garantissant obligatoirement aux héritiers présomptifs légitimes une portion de l'héritage du défunt, en dépit de dispositions préjudiciables prises par celui-ci à leur encontre; portion de cet héritage. La jeune comtesse, à laquelle son frère refusa de payer sa légitime, suivit l'armée montée sur une charrette (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 10).Le fils cadet (...) dépouillé ou muni d'une mince légitime (Taine, Notes Anglet.,1872, p. 206).Si mes façons ne vous plaisent pas, vous quitterez ma maison sur l'heure; je vous compterai votre légitime, et vous irez loin de chez moi vivre comme l'enfant prodigue (Theuriet, Mar. Gérard,1875, p. 121).
Prononc. : [leʒitim]. Étymol. et Hist. V. légitime1.
DÉR.
Légitimaire, adj.[En parlant de qqc.] . Qui appartient à la légitime; qui y est relatif; qui s'y rapporte. Portion légitimaire. Droits légitimaires (Ac.1835-1935).[En parlant de qqn] . Qui est concerné par la légitime. Héritiers légitimaires (Ac. 1835-1935). [leʒitimε:ʀ]. Att. ds Ac. 1835 et 1878. 1resattest. 1579 adj. « de la légitime » (Charondas, Responses du droict françois, p. 89 vo), 1586 subst. « bénéficiaire de la légitime » (Id., ibid., fo134 ro); de légitime2« portion de patrimoine réservée aux héritiers légitimes »; suff. -aire*.

LÉGITIMER, verbe trans.

A. − Assimiler un enfant naturel à un enfant légitime avec les qualités et les droits qui en découlent. Peut-être serai-je obligé de me marier aussi pour légitimer vos enfants (Courier, Lettres Fr. et Ital.,1805, p. 685).V. légitimation ex. 1.
P. anal. Transformer une union de fait en union légitime. Si je tentais une démarche pour légitimer notre union par le ministère d'un de ces moines qui pullulent dans le quartier, j'attirerais certainement la mort sur ma tête! (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 310).La Société ne reconnaît que les unions légitimées par le sacrement religieux (Dantec, Savoir!1920, p. 69):
1. Le mariage légitimerait simplement une union qu'il regardait déjà comme éternelle. L'idée qu'il pouvait avoir un fils, lui fit seulement désirer de hâter un dénoûment prévu. Zola, M. Férat,1868, p. 102.
B. −
1. Faire reconnaître son titre, son pouvoir comme légitime. En rendant des services, dont le plus apprécié était la défense de la sécurité publique, le seigneur féodal légitima son usurpation. Parfois même il promettait des garanties particulières à ceux qui reconnaissaient son autorité (Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 44).Il n'est pas de responsabilité authentique sans la conscience d'une mission confiée, d'un pouvoir légitimé par une délégation qui peut d'ailleurs rester virtuelle (de la part de mon pays, d'une communauté, de l'humanité toute entière) (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 78):
2. ... elle [cette proposition] donne au pouvoir une idée sévère de ses devoirs, en lui apprenant qu'il tient son autorité de Dieu même, et qu'il lui doit compte de l'usage qu'il en fait; elle lui dit que s'il néglige de légitimer [it. ds le texte] sa puissance, en l'employant à faire régner les lois naturelles ou divines des sociétés, il cesse d'être le ministre de la bonté de Dieu sur les hommes, et il n'est plus que l'instrument de sa justice. Bonald, Législ. primit., t. 1, 1802, p. 147.
2. Faire reconnaître pour authentique. J'avais reçu la croix de Saint-Louis dans l'émigration; une ordonnance voulait qu'on la légitimât par un brevet nouveau (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 223).Après avoir retrouvé le magnétisme, Mesmer vint en France, où, depuis un temps immémorial les inventeurs accourent faire légitimer leurs découvertes (Balzac, U. Mirouet,1841, p. 66).
C. − P. ext.
1. Faire admettre, reconnaître (quelque chose) comme légitime, justifiable par l'équité, le droit naturel, la raison, un motif supérieur. Il est plus facile de légaliser certaines choses que de les légitimer (Chamfort, Max. et pens.,1794, p. 30).L'incompatibilité d'humeurs d'un peuple asiatique avec un peuple européen et surtout avec les Anglais. Voilà ce qui légitime toutes les craintes, toutes les méfiances (Gobineau, Corresp. [avec Tocqueville], 1855, p. 234):
3. ... [selon Machiavel] l'équilibre social dépend du jeu complexe et délicat des forces antagonistes; la violence est légitimée au nom de la puissance que l'État doit faire peser sur les individus. Hist. sc.,1957, p. 1559.
Emploi pronom. L'avenir (...) sera pour nous tel que nous le ferons. Rallions-nous franchement complètement à tout pouvoir qui maintiendra l'ordre et se légitimera par la justice et le respect des droits de tous (Lamennais, L'Avenir,1831, p. 137).
2. Synon. de justifier.Le sédiment doit tendre à se diviser (...) en couches ou strates distinctes, ce qui légitime l'appellation de dépôts stratifiés (Lapparent, Abr. géol.,1886, p. 41).Sa qualité de fils unique légitimait tous ses écarts, on ne savait rien lui refuser (Châteaubriant, Lourdines,1911, p. 37):
4. ... l'ichthyophagie est une diète échauffante : ce qui pourrait légitimer certaines louanges données jadis à quelques ordres religieux, dont le régime était directement contraire à celui de leurs vœux déjà réputé le plus fragile. Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 72.
Emploi pronom. Tout le savoir humain, y compris la science, n'est qu'un risque hardiment couru, qui se légitime au fur et à mesure de l'œuvre accomplie, c'est-à-dire du progrès effectif de la connaissance humaine (Lacroix, Marxisme, existent., personn.,1949, p. 102).
REM.
Légitimant, -ante, part. prés. et adj.C'est par ce biais de la valeur légitimante que je puis être non seulement responsable de..., mais responsable devant... (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 79).
Prononc. et Orth. : [leʒitime], (il) légitime [-tim]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. [Ca 1280 d'apr. Bl.-W.3-5, ca 1327 d'apr. Bl.-W.1] 1. ca 1350 « rendre légitime (un enfant naturel) » (Chron. de Flandres, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 1, p. 71); 1806 subst. « enfant qui est légitimé » (Duclos, Règne de Louis XIV, Œuvr., t. V, p. 102 ds Pougens d'apr. Littré); 2. 1376-83 « conférer à quelqu'un un pouvoir légitime » (Froissart, Chron., ms. Amiens, éd. S. Luce, t. 6, p. 355); 1694 « reconnaître pour authentique » (Ac.); 3. 1640 « justifier » (Chapelain, Correspondance ds Hunter). Dér. de légitime1*; dés. -er; cf. le lat. médiév. legitimare « rendre légitime (d'une personne) » (1220 ds Latham). L'angl. legitimate « justifier » est attesté dep. 1611 ds NED. Fréq. abs. littér. : 226. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 322, b) 198; xxes. : a) 219, b) 437. Bbg. Gohin 1903, p. 345.

LÉGITIMÉ, -ÉE, part. passé, adj. et subst.

I. − Part. passé de légitimer*.
II. − Emploi adj. et subst. (Celui) qui a été légitimé, qui a fait l'objet d'une légitimation, qui a été rendu légitime :
1. Si je me laisse glisser dans la maturité en y portant les passions et les habitudes de la jeunesse (...). J'entrevois un avenir qui choque toutes mes délicatesses natives [dit Pierrepont] (...) quelque vieille maîtresse légitimée in extremis (...) et mille choses du même genre... Feuillet, Honn. d'artiste,1890, p. 7.
Enfant légitimé et p. ell. légitimé. Enfant qui est devenu légitime par légitimation. Ils étaient les seuls légitimés des cinq bâtards de Son Altesse, et traités sur le pied et avec les honneurs de princes légitimes (Bourges, Crépusc. dieux,1884, p. 6).
HIST. Bâtard d'un roi de France ayant par décision du roi la position et les avantages d'un enfant né en légitime mariage, sauf le droit à succéder (exception faite de certains bâtards de Louis XIV). Le régent s'était personnellement couvert d'infamie. Dans l'affaire des princes légitimés, il avait montré la dernière bassesse, et commis un grand abus d'autorité (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 972).Charles IX eut de Marie Touchet des bâtards légitimés (Vigny, Journ. poète,1830, p. 913).
En emploi subst. Des palais s'étaient élevés autour de l'hôtel bâti par Louis XIV au duc du Maine, le benjamin de ses légitimés (Balzac, Langeais,1834, p. 216):
2. ... le duc du Maine et le comte de Toulouse, furent déclarés légitimes et aptes à succéder. (...) Louis XIV institua un conseil de régence dont le duc d'Orléans aurait la présidence seulement et où entreraient les Légitimés. Ce fut la cause initiale des difficultés et des scandales qui allaient survenir. Le duc d'Orléans ne devait avoir de cesse que les Légitimés, concurrents possibles, fussent remis à leur place. Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 267.
Prononc. : [leʒitime]. Étymol. et Hist. V. légitimer. Fréq. abs. littér. : 54.

Wiktionnaire

Forme de verbe

légitimé \le.ʒi.ti.me\

  1. Participe passé masculin singulier du verbe légitimer.


Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LÉGITIMER. v. tr.
Rendre légitime un enfant naturel. Son mariage a légitimé deux enfants qu'il avait eus auparavant. Ce prince fit légitimer deux de ses enfants naturels. Il signifie aussi Faire reconnaître pour authentique et juridique. Il a fait légitimer ses pouvoirs. Il signifie encore Justifier, rendre excusable. La dureté des parents ne légitime point les torts des enfants.

Littré (1872-1877)

LÉGITIMÉ (lé-ji-ti-mé, mée) part. passé de légitimer
  • 1Rendu légitime. Le roi, qui pensait toujours juste, aurait désiré que les princes légitimés ne se fussent jamais mariés, Mme de Caylus, Souvenirs, p. 61, dans POUGENS. Sa tendresse [de Louis XIV] qui redoublait pour le duc du Maine et pour le comte de Toulouse ses fils légitimés, le porta à les déclarer héritiers de la couronne, eux et leurs descendants, au défaut des princes du sang, Voltaire, Louis XIV, 28.

    Substantivement. On n'omettait rien pour préparer le public à l'élévation des légitimés, Duclos, Règne de Louis XIV, Œuvr. t. V, p. 102, dans POUGENS.

  • 2Justifié. Une action légitimée par les circonstances.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « légitimé »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
légitimé leʒitɛ̃e

Traductions du mot « légitimé »

Langue Traduction
Anglais legitimate
Espagnol legítimo
Italien legittimo
Allemand legitim
Chinois 合法
Arabe شرعي
Portugais legítimo
Russe законный
Japonais 正当な
Basque legitimoak
Corse legittimu
Source : Google Translate API

Antonymes de « légitimé »

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