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Gramscienne

Sommaire

  • Définitions du mot gramscienne
  • Phonétique de « gramscienne »
  • Citations contenant le mot « gramscienne »
  • Traductions du mot « gramscienne »

Définitions du mot « gramscienne »

Wiktionnaire

Forme d’adjectif

gramscienne \ɡʁam.sjɛn\ ou \ɡʁam.ʃjɛn\

  1. Féminin singulier de gramscien.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « gramscienne »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
gramscienne gramssjɛ̃n

Citations contenant le mot « gramscienne »

  • Passif L’« après », en tant que moment déjà derrière nous, a-t-il toujours une fonction cathartique ? Ou n’est-il qu’un instant de reprise de souffle, quand la déception, mâtinée d’espoir, vient nourrir nos réflexions ? Nous parlons là, vous l’avez compris, du remarquable score de Jean-Luc Mélenchon et de l’immense frustration d’échouer si près d’un renversement politique pour l’Histoire. Deux méthodes pour sortir de cet état d’excès de sensibilité. Primo : marteler le surgissement de « l’événement » en question, le fracasser à la réalité, le déconstruire. Secundo : prendre de la hauteur en puisant dans le référencement le plus symbolique qui soit. À la faveur de ce numéro spécial consacré aux quatre-vingts ans de la mort d’Antonio Gramsci, choisissons ici cette dernière option. Avec pour point de départ une phrase, une seule, piochée dans les nombreux écrits du philosophe André Tosel, mort le 14 mars 2017 et à qui ce bloc-notes est dédié. Cette phrase, la voici : « Passer de la révolution passive à la révolution active suppose un alignement des planètes assez rare. » Ce grand spécialiste de Gramsci n’eut qu’une obsession : traduire, à la lumière de l’actualité, la pensée gramscienne de l’émancipation à hauteur de notre temps. Ainsi, ce qu’il nommait « la révolution passive » comme concept s’avère, aujourd’hui-et-maintenant, d’une rare pertinence dans la mesure où il caractérise notre période par ­laquelle les classes dirigeantes, débarrassées enfin de leur antagoniste d’héritage (« ancien régime théologico-politique, privilégiés de la rente foncière ») affrontent désormais leur antagoniste fondamental qui est leur condition d’existence, à savoir la classe des travailleurs, producteurs de survaleur et de profit. André Tosel expliquait clairement : « Ces classes dirigeantes signifient aux travailleurs qu’il ne sera jamais question de dépasser une politique de redistribution du surplus social, de justice distributive, et que ne sera jamais franchi par elle le seuil de gestion de la production, de l’innovation technologique et de la direction d’ensemble de la société et de ses institutions économiques, politiques et culturelles. » Comprenons bien. La reproduction des contraintes et des consensus, par la stricte rhétorique de la force et de la persuasion active ou extorquée, permet aux classes dirigeantes, devenues des castes, de reproduire et d’élargir leur direction et leur domination au risque de la désassimilation croissante de masses vouées à la subalternité… L'Humanité, Gramscien(s) | L'Humanité
  • Pour comprendre l’État moderne mon livre s’inspire de la théorie de l’hégémonie gramscienne et sa prolongation poulantzasienne. Cette théorie permet de penser la présence simultanée du consentement et de la coercition comme un ensemble indissociable et indispensable pour le maintien au pouvoir de la classe dominante. Les gouvernements qui incarnent la capacité d’agir de l’État à un moment donné peuvent mener des politiques qui suscitent le soutien actif de la population, ce qui diminue la place de la violence dans le cocktail de l’hégémonie. Avec l’augmentation continue des inégalités, caractéristique de la période néolibérale, la partie de la population susceptible d’adhérer aux politiques menées par les gouvernements successifs décroît. En réaction, la reproduction de l’ordre établi repose davantage sur la force. Or, un recours croissant à la force risque d’accélérer la chute de la popularité d’un gouvernement. Les armes « non létales » devaient incarner le dépassement de cette contradiction : elles devaient permettre à l’Etat d’être plus violent sans être perçu comme tel. Jamais l’État ne disposait d’armes « non létales » aussi diverses, puissantes et omniprésentes. De ce point de vue, les armes « non létales » sont des armes néolibérales. L’insistance sur la périodisation du capitalisme permet aussi de comprendre les traites communs entre la répression des gilets jaunes et celle d’autres mobilisations syndicales, écologistes… DIACRITIK, Paul Rocher : « Les forces de l’ordre font varier le niveau de violence en fonction de ce qu’elles pensent des manifestants »
  • Trois cas très différents les uns des autres illustrent cette circulation. L’Argentine devient dès le milieu du XXe siècle le lieu d’une importante tradition gramscienne, avant que d’autres pays du continent, comme le Brésil, le Mexique ou le Chili, se plongent eux aussi dans l’étude des Cahiers de prison. La rapidité et l’ampleur de la réception de Gramsci en Argentine s’expliquent par l’importance de l’immigration italienne. Elles sont également dues au fait que ses principaux concepts — « hégémonie », mais aussi « césarisme » ou « révolution passive » — y sont mis à contribution pour comprendre ce phénomène politique typiquement argentin qu’est le péronisme. Le Monde diplomatique, Gramsci, une pensée devenue monde, par Razmig Keucheyan (Le Monde diplomatique, juillet 2012)
  • Restituer la complexité de l’opération théorique gramscienne face au jugement althussérien sur la nature idéologique de la philosophie de Gramsci. Car le fil rouge dans le labyrinthe dans lequel nous conduit André Tosel, est la réouverture du spartiacque, la ligne de partage des eaux, tracée par Althusser en 1965, dans son fameux chapitre « Le marxisme n’est pas un historicisme », qu’Etienne Balibar disait récemment relire avec effroi, comme cas d’école de la pensée stalinienne[35]. André Tosel revient sur le cas Althusser en faisant, à l’instar du disciple de Geymonat, Silvano Tagliagambe, un défi majeur posé à la conception gramscienne du marxisme, autour de leur conception de la science[36]. Il y revient à deux reprises, sur le même point de rupture, la contestation de la scientificité de la théorie gramscienne, sa réduction à une idéologie de la praxis, dans un monde unidimensionnel saisi par la conscience d’un acteur transformant un monde dont la totalité serait appropriée comme « totalité expressive », articulation de la théorie du reflet, d’une spiritualisation du monde et de son centrement, dont la transformation serait le produit d’une idéologie qui serait religion séculière, mythe efficace. André Tosel a décidé de fare i conti con Althusser non sur le terrain de la polémologie mais sur celui de la philologie. Les assertions péremptoires, déjà contestées par les scrupules qu’Althusser instillaient dans son texte même, entamées par ces jugements paradoxaux voire ambivalents, sont méthodiquement démontées. Face au gramscisme unidimensionnel sur le tableau noir d’Althusser, Tosel rétablit un Gramsci en couleurs et en trois dimensions. Althusser dénonçait l’historicisme absolu de Gramsci, Tosel le rétablit dans la complexité d’une théorie de l’histoire, une « théorie de la relativité générale » pour conjurer le spectre honni du relativisme par un philosophe à la recherche de l’absolu. Il repense l’espace présent non plus sous la modalité appauvrissante d’une « totalité expressive » mais une, nous citons Tosel ici, « théorie structurelle du tout social finalisée par la perspective politique de l’hégémonie ». Il se replace dans le temps dans une « théorie généalogique de l’histoire moderne » qui n’est pas justification ou acceptation de l’étant mais « périodisation ouverte sur le présent des luttes » et ouverture sur des « récits partiels » (p. 88). Le Vent Se Lève, Étudier Gramsci, suivre le guide, lire Tosel
  • La journée d’études Généalogies gramsciennes : usages et mésusages de la pensée d’Antonio Gramsci organisée par le Centre de Recherches Italiennes (CRIX) de l'université Paris Nanterre en collaboration avec la revue Historia Magistra. Rivista di storia critica (Turin) vise à questionner les diverses modalités d’utilisation ou de recyclage plus ou moins pertinent de la pensée de Gramsci, telle qu’elle s’exprime notamment dans les Cahiers de prison, dans des domaines et sous des horizons (géographiques et idéologiques) très divers. Les concepts clés de la vulgate gramscienne comme le concept d’État, de classes hégémoniques et subalternes, ainsi que le rôle de la culture dans le processus d’éducation des masses seront analysés à la loupe des études scientifiques les plus récentes. Bien que cela ne soit pas la raison d'être de l’organisation de cette journée, elle ne manquera pas d’intéresser, outre les spécialistes, les candidats aux concours nationaux de l’enseignement (Capes et Agrégation) pour la session 2019. , Généalogies gramsciennes : usages et mésusages de la pensée d’Antonio Gramsci (Nanterre)
  • Il faut revenir historiquement à la raison pour laquelle la question de la crise est une question gramscienne. La Première Guerre mondiale a provoqué une crise non seulement qui sera résolue d'une certaine façon en Russie, mais qui a amené des tentatives révolutionnaires dans l'Europe occidentale et qui venait du fait (et c'est vraiment au centre de la façon de penser de Gramsci) que la guerre et le fait que ce qu'on avait promis aux gens pour le prix du sang et des larmes n'avait pas été donné. Et de cette non prise en compte de ce que les masses représentaient et avaient en tête, découlait ce que Gramsci appelle une crise de l'hégémonie des classes dominantes.     Jean-Claude Zancarini France Culture, Une autre révolution est possible - Ép. 2/4 - Antonio Gramsci, marxiste à l'italienne
  • Je vois l'oeuvre de Gramsci comme un sous texte des mouvements populaires ou une pensée qui peut fournir des outils conceptuels pour lire, comprendre ce qui se passe. Les Gilets Jaunes sont un bon exemple, on peut considérer ce mouvement depuis une perspective gramscienne avec des outils forgés par Gramsci, parce que sa pensée est complexe, mobile, ses concepts sont plastiques, jamais figés dans des définitions. Une des idées fortes de Gramsci c’est l’idée d’historicisation : inscrire y compris ses propres pensées dans l’histoire et considérer qu’une chose peut être vraie à un temps donné, et être utile dans le sens de l’émancipation des subalternes, mais plus tard se retourner en son contraire et devenir une idée qu’il faut abandonner parce qu’il faut repenser le temps présent. Donc ce n’est pas trahir Gramsci de rendre ses concepts dans la dynamique, leur donner leur historicité et les faire vivre en fonction de leur temps. C’est pour ça que Gramsci a eu tellement de succès en dehors d’Italie alors même que ses concepts sont nés dans un terreau italien...                     Christophe Mileschi France Culture, Avoir raison avec... Antonio Gramsci
  • Machiavel ne peut être réduit au machiavélisme, comme Gramsci à la pensée gramscienne ou à la seule métapolitique. Eurolibertés, Gramsci ne peut être réduit à la pensée gramscienne - Eurolibertés

Traductions du mot « gramscienne »

Langue Traduction
Anglais gramscian
Espagnol gramscian
Italien gramsciano
Allemand gramscian
Chinois 葛兰西
Arabe جرامشيان
Portugais gramscian
Russe грамши
Japonais グラムシアン
Basque gramsciren
Corse gramscianu
Source : Google Translate API
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