La langue française

Curé

Sommaire

  • Définitions du mot curé
  • Étymologie de « curé »
  • Phonétique de « curé »
  • Évolution historique de l’usage du mot « curé »
  • Citations contenant le mot « curé »
  • Images d'illustration du mot « curé »
  • Traductions du mot « curé »
  • Synonymes de « curé »
  • Antonymes de « curé »

Définitions du mot curé

Trésor de la Langue Française informatisé

CURE1, subst. fém.

A.− Vieilli. Soin, souci. Il [le Père du Breuil] ne considérait pas son exil comme le dispensant de la cure des âmes (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 5, 1859, p. 185).Que le ciel ait cure de ceux qui me sont chers (Moréas, Iphigénie,1900, III, 4, p. 97):
1. Il n'en est pas moins vrai que Poquelin et Beyle, l'un au théâtre, l'autre dans le roman, ont eu cure de créer des personnages vivants, des êtres de chair et de sang et il n'y a ni vie sans illogisme, ni chair sans mouvement, ni sang qui ne charrie de la passion. L'un et l'autre ont combiné avec l'hypocrisie les jeux de l'amour et de la vengeance. Thibaudet, Réflexions sur la littér.,1936, p. 261.
P. ext. [Dans un syntagme verbal]
Avoir cure de qqc./qqn. Tenir compte de, faire attention à quelque chose/quelqu'un. Il suit de là que le goût du Beau, dans la seule partie du public dont le poète puisse avoir cure, s'est anobli (Verlaine, Œuvres compl.,t. 4, Mém. veuf, 1886, p. 270).Elle [la transformation générale du monde] se fait dans une durée trop vaste pour qu'il [le sage] en ait cure (Cassou, Arts plast. contemp.,1960, p. 641).
Cour. N'avoir cure de. Ne pas tenir compte de. On m'entretient de querelles, de doctrines dont je n'ai cure (Valéry, Variété III,1936, p. 44).Je lui dis que Lucie avait été mise au courant de notre entreprise par Rodriguez. Elle n'avait cure des détails (Abellio, Pacifiques,1946, p. 340).
B.− MÉD. et usuel
1. Vx. Guérison. Des cicatrices de coups de pique, qui annonçaient la cure de blessures que nous aurions jugées mortelles (Voy. La Pérouse,t. 1, 1797, p. 195).On racontait au sujet de ses cures [de Jésus] mille histoires singulières (Renan, Vie de Jésus,1863, p. 274):
2. − Il se guérira peut-être, s'écria Lucien. − D'après ce que nous dit Meyraux, la cure est impossible, répondit Bianchon. Sa tête est le théâtre de phénomènes sur lesquels la médecine n'a nul pouvoir. Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 373.
2. Courant
a) Ensemble des soins médicaux, souvent d'une certaine durée, destinés à traiter des maladies (physiologiques ou psychologiques) ou des lésions, en vue de leur guérison. Cure ratée; méthodes de cure, réussite d'une cure; achever, commencer, prescrire une cure. Quoique (...) l'on ne puisse terminer et compléter la cure que par des toniques (Cabanis, Rapp. phys. mor.,t. 2, 1808, p. 95).Que je fasse une cure à Vichy pour ma vésicule biliaire (Proust, Guermantes 1,1920, p. 220):
3. L'eau, d'une opaque couleur de rouille, n'était point si chaude qu'en y plongeant on ne s'y sentît d'abord frissonner; puis bientôt, si l'on ne bougeait point, venaient vous taquiner des myriades de petites bulles, qui se fixaient sur vous, vous piquaient, interposaient à la fraîcheur de l'eau une cuisson mystérieuse par quoi les centres nerveux fussent décongestionnés; le fer agissait de son côté, ou de connivence, avec le concours d'on ne sait quels éléments subtils, et tout cela mêlé faisait l'extraordinaire efficacité de la cure. Gide, Si le grain ne meurt,1924, p. 428.
SYNT. Cure longue et difficile, extraordinaire, merveilleuse; cure qui réussit; longueurs, phases d'une cure; issue, progrès, résultat d'une cure; bienfaits, effets, fruits d'une cure; efficacité d'une cure; entreprendre, faire, poursuivre, suivre une cure; guérir par une cure; célèbre, renommé par ses cures.
Cure libre. ,,Tout traitement laissant l'enfant dans son milieu familial ou dans un milieu substitutif`` (Méd. Biol. t. 1 1970).
Établissement, maison de cure. Établissement où sont donnés les soins pour des affections nécessitant un traitement de longue durée. Tout ce qui composait cette gaîté des maisons de cure, à substance superficielle et si mince (Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 475).
Spéc. Cure radicale. ,,Opération destinée à remédier de manière complète et permanente à une hernie, à une lésion ou à un défaut physique`` (Méd. Biol. t. 1 1970). La cure radicale de l'anévrisme est souvent impossible sinon dangereuse (Quillet, Méd.1965, p. 358).P. métaph. Montrer l'inanité de tout surnaturel, voilà la cure radicale du fanatisme (Renan, Marc-Aurèle,1881, p. 346).
[Avec un déterm. désignant la nature du mal à traiter ou le but recherché] Cure antialcoolique, d'amaigrissement. Toute cure de l'obésité doit commencer par ces trois préceptes de théorie absolue : discrétion dans le manger, modération dans le sommeil, exercice à pied ou à cheval (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 229).Le prospectus d'une nouvelle cure hépatique (Gracq, Syrtes,1951, p. 318).Il est nécessaire que le malade ait la volonté de ne plus boire après une cure de désintoxication en milieu spécialisé (Quillet, Méd.1965p. 364).
P. métaph. Sa situation [d'Éline Ebsen] est connue de tous et le mariage impie qu'elle va faire. On sait que la cure d'âme est commencée, mais que le mal résiste à tous les efforts (A. Daudet, Évangéliste,1883, p. 163).
[Avec un déterm. désignant ou évoquant la nature du traitement appliqué] Cure psychanalytique; cure d'eaux sulfureuses. Le bourg s'intéressait à la cure d'iode; tous les tuberculeux du canton en usèrent (Mauriac, Baiser Lépreux,1922, p. 190).L'expérience des analystes montre que la cure de défoulement (...) est loin d'être généralement infaillible (Mounier, Traité caract.,1946, p. 439).Des cures de sommeil pour venir à bout de crises particulièrement douloureuses [d'ulcère gastrique] (Quillet, Méd.1965p. 139).
fSYNT. Cure héliothérapique, hydrominérale, magnétique, solaire; cure de bains, d'hydrothérapie; cure d'antibiotiques, de cortisone, de pénicilline, de rayons ultra-violets.
Cure thermale. Traitement par l'action des eaux minérales. Les arrêts de travail prescrits à l'occasion d'une cure thermale ne donnent pas lieu à indemnité journalière (Réforme Séc. soc.,1968, p. 46).
Rare. [Le déterm. désigne l'inventeur d'une cure spécifique] J'ai entrepris la cure du docteur Andral. Elle est bien pénible, puisqu'elle consiste, surtout, à promener des vésicatoires sur les parois de la poitrine (Tocqueville, Corresp.[avec Reeve], 1858, p. 275).
b) P. ext.
Usage intense de quelque chose, sans prescription médicale, généralement pour en tirer avantage ou mieux-être. Cure de fruits, de repos, de soleil. Les rôdeurs, accoutumés à suivre leur cure de raisins, ne manquaient pas (Hamp, Champagne,1909, p. 133).Si donc mon Pascal n'est pas très avancé pour le 13 je ne ferai ma cure de lit qu'après l'avoir remis le 25 (Du Bos, Journal,1923, p. 300).
P. anal. ou p. métaph. Fait de s'adonner à quelque chose, de manière prolongée. Cure de bonne humeur, de désespoir, d'égoïsme, de mutisme, de pénitence, de silence, de solitude, de vérité. Puis, qui voudrait, qui saurait mener jusqu'à la guérison une cure d'honnêteté par le travail? (Zola, Fécondité,1899, p. 625).Une cure d'insipidité, que cela est donc difficile! (Valéry, Corresp.[avec Gide], 1905, p. 405).Ces hôtels de villégiature où nos charitables compatriotes viennent faire leur cure d'ennui (Camus, Chute,1956, p. 1512):
4. ... la rédaction de Madame Bovary ayant fait fonction pour Flaubert de cure d'impersonnalisme en même temps que de cure de désintoxication romantique, et de cure contre la facilité d'écrire et l'euphorie de produire. Thibaudet, Hist. de la litt. fr. de 1789 à nos jours,1936, p. 341.
Prononc. et Orth. : [ky:ʀ]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1050 n'en aveir cure « ne pas s'en soucier » (Alexis, éd. Chr. Storey, 408); début xiiies. [ms.] cure « traitement médical » (Poème anonyme ds G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 1922, Appendice II, 9); 1863 spéc. « saison passée aux eaux » (Littré); 1863 « usage abondant que l'on fait de quelque chose » (ibid.). Du lat. class. cura « souci, traitement d'une maladie ». Bbg. Darm. Vie 1932, p. 192. − Goug. Mots t. 2 1966, pp. 36-37. − Rog. 1965, p. 110. − Termes techn. fr. Paris, 1972, p. 38.

CURE2, subst. fém.

A.− Charge ecclésiastique (dans l'église catholique) qui consiste dans la direction spirituelle et l'administration d'une paroisse. Nomination à la cure de; être pourvu d'une cure. Le revenu et le casuel de la cure ne doivent guère l'enrichir (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p. 317):
1. Ils sont prêtres tous deux; l'un se targuera de sa cure, l'autre se rengorgera dans sa charge de gouverneur. Musset, On ne badine pas avec l'amour,1834, p. 14.
SYNT. Une modeste, petite cure; la meilleure cure du diocèse; offrir une cure; obtenir, refuser une cure; se démettre de sa cure, quitter sa cure; exercer la cure pastorale.
B.− P. méton.
1. Vieilli. Territoire où s'exerce cette charge, paroisse. S'ensevelir dans une cure de campagne. L'abbé Blampoix n'avait ni cure ni paroisse (Goncourt, MmeGervaisais,1869, p. 67).Cette expédition, qui fut dénommée dans les cures du voisinage la croisade des enfants, l'autorité ecclésiastique, avec un sens profond de la vie du village, la jugea décisive (Barrès, Colline insp.,1913, p. 211).
Ensemble des fidèles de la paroisse :
2. Encore s'il avait trouvé quelques consolations près de ses paroissiennes! Mais, au sortir de son ancienne cure si croyante, ce nouveau pays gâté par l'irréligion, respectueux des seules pratiques extérieures, le bouleversait dans la timidité inquiète de son âme. Zola, La Terre,1887, p. 458.
2. Usuel. Résidence de celui qui exerce cette charge. Une charmante cure; le jardin de la cure; habiter la cure; loger, s'installer à la cure; vivre dans une cure. Synon. presbytère.L'abbé m'emmenait déjeuner à la cure avec ses trois vicaires (Gyp, Souv. pte fille,1927, p. 175).Quand un vagabond sonnait à la porte de la cure, il lui donnait un morceau de pain (Aymé, Jument,1933, p. 70).
Train de maison de cette résidence. Sa mère âgée, mais encore belle et gracieuse, gouvernait la cure de temps immémorial (Lamart., Confid.,1849, p. 342).
Prononc. et Orth. : [ky:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1130-40 « souci, administration, charge (ecclésiastique) » (Wace, Conception ND, 234 ds Keller, p. 142); ca 1172 « charge des âmes, des fidèles » (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 3114); ca 1220 « charge de curé » (G. de Coinci, Mir. Vierge, éd. V. F. Kœnig, 1, Mir. 14, 33); [1496 « presbytère » d'apr. Bl.-W.3-5]; fin xves. (Coquillart, Monologue des Perrucques, éd. M. J. Freeman, 180). Du lat. class. cura « soin », attesté en lat. médiév. aux sens de « direction spirituelle » (750), spéc. « celle d'une paroisse » (1031) et « fonction à laquelle est attachée la direction spirituelle d'une paroisse » (1072 ds Nierm.).
STAT. − Cure1 et 2. Fréq. abs. littér. : 522. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 483, b) 404; xxes. : a) 756, b) 1 135.
BBG. − Ducháček (O.). La Tendance de motivation et la conscience étymol. Wissenschaftliche Zeitschrift der Humboldt-Universität zu Berlin. 1969, t. 18, no4, p. 703.

CURÉ, subst. masc.

A.− Prêtre canoniquement chargé du service spirituel et de l'administration d'une paroisse, sous l'autorité de l'évêque. Le nouveau curé, un curé jovial; le curé de ma paroisse; le sermon du curé; appeler le curé, déjeuner chez le curé. La mère de Pierrette apporta un grand verre d'eau froide à monsieur le curé (Vigny, Serv. et grand. milit.,1835, p. 94).Il dit des choses terribles avec la figure innocente d'un curé de campagne (Green, Journal,1934, p. 209):
1. − Tu es un drôle de corps, m'a-t-il dit, enfin. Un plus nigaud, on n'en trouverait pas dans tout le diocèse, sûr! (...) Il faut que Monseigneur ait vraiment grand besoin de curés pour te mettre une paroisse dans les mains! Bernanos, Journal d'un curé de campagne,1936, p. 1101.
Rem. Dans l'usage, curé et desservant sont souvent considérés comme synon. (cf. desservant). Au sens strict, d'après le droit canon, le terme desservant est réservé au prêtre chargé d'une paroisse à titre transitoire ou intérimaire, le terme curé à celui qui est titulaire de la charge.
[Avec une nuance péj.] Le prêtre en tant qu'allié ou rival des autorités civiles. Le curé lui racontait ses démêlés avec le maire (Mauriac, Myst. Frontenac,1933, p. 137).S'il faut en croire le commissaire de police, le patron et le curé mettent en péril la tranquillité des états (Guéhenno, Journal homme 40 ans,1934, p. 69).
P. anal. D'ailleurs un médecin, c'est l'instruction, c'est la science..., ce n'est pas un homme. C'est le curé du républicain (Bernanos, Soleil Satan,1926, p. 72).
Arg. Curé de campagne. ,,Femme à tout faire`` (France 1907).
SYNT. Mon, votre curé; l'ancien curé; un jeune, vieux curé; un bon, brave, digne, pauvre, respectable, vénérable curé; un curé bienveillant, libertin, populaire; un curé défroqué; curé-archiprêtre, curé-doyen; votre confrère le curé de... Curé de (s.-ent. la paroisse de) la Madeleine, la basilique; curé de banlieue, de ville, de/du village; les curés du diocèse, du doyenné, du voisinage. Le doyen des curés; l'aumonière, le casuel du curé; l'allocution, le prône, les remontrances, la visite (pastorale) du curé; servante du curé, les paroissiens du curé. Aller chercher, faire venir, mander, recevoir, rencontrer le curé; faire bénir par le curé.
Maison de curé. Synon. presbytère.Elle [la maison de Gondran] a l'allure d'une bonne grosse maison de curé, avec ses contreforts trapus, sa porte ronde et basse (Giono, Colline,1929, p. 17).
Jardin de curé. Modestement elle parla du petit jardin de curé qu'elle avait derrière (Proust, Sodome,1922, p. 813).L'enclos lui-même a tout juste le charme d'un jardin de curé (T'Serstevens, Itinér. espagnol,1933, p. 104):
2. On nous a permis encore de voir le jardin [de Gœthe], assez grand, mais planté pour l'utilité plus que pour l'agrément − ce qu'on appelle chez nous un jardin de curé. G. de Nerval, Lorely,1852, p. 96.
Fleurs de curé. Nous n'avons dans nos plates-bandes que (...) des lis (...) des pentecôtes (...) des roses trémières (...) des jalousies (...) des œillets (...) enfin ce qu'on appelle des fleurs de curé (Feuillet, Morte,1886, p. 32).
Passer devant le maire et le curé. Se marier civilement et religieusement (cf. Aragon, Beaux-quart., 1936, p. 81).
Loc. proverbiale fig.
Mieux vaut mutiler Dieu que fâcher son curé (Hugo Âne, 1880, p. 281).
C'est Gros-Jean qui en remontre à son curé (cf. Barrès, Colline insp., 1913, p. 275).[En parlant d'un ignorant voulant instruire qqn qui en sait plus que lui en la matière] .
B.− P. ext., avec nuance fam. et parfois péj.
1. Tout prêtre, qu'il soit ou non curé. Curé en civil, apprenti-curé (séminariste); soutane, souliers, chapeau de curé; boniments de curé. Synon. pop. et péj. curaillon, cureton, ratichon.Un militaire c'est le sabre, un curé c'est le goupillon (Thibaudet, Réflex. litt.,1936, p. 198).Mais c'est vrai, vous pouvez pas apprécier, vous êtes pas curé, vous êtes flic (Queneau, Zazie,1959, p. 103):
3. Elle était portée sur la dévotion. C'est peut-être pour ça que son fils s'est fait curé. Du reste, il y a toujours eu des curés dans la famille, des curés ou des bonnes sœurs. Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 196.
Loc. pop. et fig.
Manger du curé. Manifester son hostilité aux prêtres, à la religion en tant qu'institution, être anticlérical. Var. bouffer du curé (Dub.). On lui a fait des obsèques religieuses [à Rémy de Gourmont], à lui qui mangeait si bien du curé (Léautaud, Passe-temps,1929, p. 119).Les industriels d'ici, je les ai connus qui mangeaient du curé. Maintenant ils subventionnent nos œuvres (Guéhenno, Journal homme 40 ans,1934, p. 97).
Mangeur de curé. Anticlérical. C'était Voiturier le radical, le mangeur de curés, le contempteur de l'autel (Aymé, Vouivre,1943, p. 248).
2. Au plur. Clergé séculier et/ou régulier, monde ecclésiastique en tant que corps social. L'autorité des curés; au service des curés; être bien avec les curés, ne pas aimer les curés, voter pour les curés; exploité par les curés. Bongard (...) avait mis ses enfants à l'école laïque (...) parce qu'il n'était pas avec les curés (Zola, Vérité,1902, p. 61).Julien est dans un collège à curés (Valéry, Corresp.[avec Gide], 1918, p. 469).Il était pour les curés avec ça, le parigot (AragonBeaux quart.,1936, p. 92).
Prononc. et Orth. : [kyʀe]. Ds Ac. 1694-1932. Homon. curée, curer. Étymol. et Hist. 1259 « celui qui est à la tête d'une paroisse » (Rutebeuf, Règles, éd. E. Faral et J. Bastin, t. 1, p. 274, vers 126); p. ext. 1845 se dit de tout ecclésiastique (Besch.). Empr. au lat. médiév. curatus « celui qui a la charge des âmes » (xies. d'apr. FEW t. 2, p. 1558 a; v. aussi Nierm.; Du Cange et Naz, col. 902; très rare au Moy. Âge) dér. de cura, v. cure2. Fréq. abs. littér. : 4 515. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 400, b) 7 065; xxes. : a) 8 241, b) 6 704. Bbg. Cohen 1946, p. 15. − Gottsch. Redens. 1930, passim.

CURER, verbe trans.

A.− Usuel. [Le compl. d'obj. désigne ce qui est à nettoyer, le plus souvent une cavité] Nettoyer quelque chose en grattant, en raclant et en enlevant les corps étrangers. Curer un égout, une pipe, des sabots. En curant ses chicots avec des bouts d'épingles (Huysmans, Sœurs Vatard,1879, p. 171).Renée entassait sa vaisselle dans un tian [« écuelle dans laquelle on lave la vaisselle »] et versait de l'eau bouillante, lavait, curait, essuyait (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 283):
Borneau s'est fâché avec Mougneau à propos d'un puits commun. Ils s'étaient entendu pour le faire curer : Borneau a fait le travail. Venu le moment de payer, Mougneau dit qu'il n'a rien promis. Renard, Journal,1905, p. 979.
SYNT. Curer un canal, un fossé, une mare, un ruisseau; curer une écurie, une étable; curer une charrue; curer un trou; curer un bois.
Emploi pronom. réfl. indir. Se curer les ongles, les dents, la gorge, le nez. Un crayon dont il mâchonne le bout et au moyen duquel, à d'autres instants, il se gratte et se cure l'oreille (Duhamel, Nuit St-Jean,1935, p. 172).
P. métaph. Quand une mère Mandru fait une fille on dirait que celle-là en sortant lui a curé le ventre de toute sa provision de beauté (Giono, Chant monde,1934, p. 120).À mon âge, on devrait pouvoir curer sa mémoire; juste comme tu cures ton puits, tout pareil (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1440).
B.− Rare. [Le compl. d'obj. désigne ce qui est à enlever] En curant cette boue comme engrais pour les champs (Meynier, Paysages agraires,1958, p. 122).
P. métaph. Ces longs séjours déposent de tels sédiments, que rien ne parvient jamais à les curer (H. Bazin, Tête contre murs,1949, p. 396).
Rem. La docum. atteste un emploi, vraisemblablement par fig. étymol., de (se) curer, verbe pronom. réfl. « se soigner, faire une cure ». Et puis quoi? Je ne vous propose pas de vous interner à jamais dans un cloître... (...) Mais bien d'y rester une huitaine, juste le temps nécessaire pour vous y curer (Huysmans, En route, t. 1, 1895, p. 223).
Prononc. et Orth. : [kyʀe], (je) cure [ky:ʀ]. Ds Ac. 1718-1932. Homon. curé, curée. Étymol. et Hist. A. Av. 1105 judéo-fr. « nettoyer » (Raschi Blondh., glose 297); ca 1160 [ici « enlever la chair des os »] (B. de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 29555). B. Ca 1160 « soigner, prendre soin de » (Id., ibid., 135); ca 1220 « guérir » (G. de Coincy, Mir. Vierge, éd. F. Kœnig, 1 mir. 10, 840). Empr. au lat. class. curare « nettoyer » et « soigner » dér. de cura, v. cure1. Fréq. abs. littér. : 159. Bbg. Goug. Lang. pop. 1929, p. 134. − Roche (P.). L'Arg. de l'Éc. de l'air. Vie Lang. 1961, p. 172.

Wiktionnaire

Nom commun

curé \ky.ʁe\ masculin

  1. (Religion) Prêtre de l’église catholique romaine pourvu d’une cure.
    • Sous la première République, au moment même où toute l’Europe nous tombait sur le dos, c’est les curés qui ont excités [sic : excité] la guerre civile en Vendée, fanatisant les paysans, les menant au combat, et leur promettant le paradis s’ils étaient tués. — (Émile Thirion, La Politique au village, Fischbacher, 1896, p. 203)
    • Quand sa calèche passa par le village, la marquise reçut le salut du curé qui revenait de l’église. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • […] j’entends toujours ce glas, toujours j’entends le curé me dire en pleurant : « Pauvre petit diable ! », et je revois le bedeau et ses tintenelles, les chantres et leurs chapes. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
    • Nous prenons deux otages, le vieux maire […] et le jeune curé, qui proteste avec véhémence, bien que les soldats aient encore, épinglé à la capote, les Sacré-Cœur distribués à Paray-le-Monial. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Le curé de Melotte paissait depuis trente longues années le petit troupeau que le Seigneur, par l’intermédiaire de son archevêque […] avait commis à sa garde. — (Louis Pergaud, Le Sermon difficile, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Je ne saisis pas, quant à moi, un seul mot de leur jargon. Ni le maire, ni le curé je ne les entends. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (Par extension) Tout membre du clergé.
    • Sans pain, sans travail et sans armes,
      Nous allons être gouvernés
      Par des mouchards et des gendarmes,
      Des sabre-peuple et des curés.
      — (Jean-Baptiste Clément, La Semaine sanglante, 1871)
    • Aujourd’hui tout est devenu si confus que les curés prétendent être les meilleurs de tous les démocrates ; ils ont adopté la Marseillaise pour leur hymne de parti ; et si on les en priait un peu fort, ils illumineraient pour l’anniversaire du 10 août 1792. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chap. VI, La Moralité de la violence, 1908, p. 303)
    • Quand on parle de réforme de l'enseignement, certaines gens s'épanouissent d'aise : « Enfin, on va leur frotter les oreilles, à ces curés! » — (Marie-Victorin, « Pour un institut de géologie », Le Devoir, 27 janvier 1937, page 10)
    • Il cherchait la provocation. Lorsqu'il était à point, il hurlait dans le café que le rêve de sa vie serait de pendre le dernier curé avec les tripes du dernier bourgeois et de le laisser sécher au soleil un été durant. — (Bernard Thilie, La prise du Sébastopol: La passion d'un musicien pendant la Grande Guerre, Villeneuve-d'Ascq : Éditions Ravet-Anceau, 2015, chap. « Ouverture »)
  3. (Figuré) (Péjoratif) Personne qui veut diriger la vie privée des autres au nom de ses propres principes ; moraliseur.
    • Tu as conscience que tu jettes de l’huile sur le feu avec tes « calmons-nous » et tes manières de curé ! C’est nouveau ça ? — (Yasmina Reza, Art)

Forme de verbe

curé \ky.ʁe\

  1. Participe passé masculin singulier de curer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CURÉ. n. m.
Prêtre pourvu d'une cure. Curé d'une paroisse de Paris. Le curé et les paroissiens. Fig. et fam., C'est Gros Jean qui en remontre à son curé, se dit Lorsqu'un ignorant veut donner des leçons à un homme qui en sait plus que lui.

Littré (1872-1877)

CURÉ (ku-ré) s. m.
  • 1Prêtre placé à la tête d'une paroisse, et soumis dans l'exercice de ses fonctions à l'évêque du diocèse. On ne peut pas faire une loi qui obligeât les curés à dire la messe, Pascal, Prov. 6. Ce que je trouvai de plus ferme à Paris dans la consternation, furent les curés ; ils travaillèrent dans ces sept ou huit jours-là parmi le peuple avec un zèle incroyable, Retz, Mém. liv. III, p. 105, dans POUGENS. Feu M. le duc de Bourgogne avait la plus grande estime pour les curés de Paris ; il était persuadé qu'il fallait leur faire l'accueil le plus favorable à la cour, et leur accorder, autant qu'il était possible, les petites grâces qu'ils demandaient pour des familles, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuvres, t. IV, p. 214, dans POUGENS. Mon bon ami, je ne trouve rien de si beau que d'être curé ; un bon curé est un ministre de bonté, comme un bon magistrat est un ministre de justice, Rousseau, Ém. IV. De bons curés seront, quand on le voudra bien, dans les villes et dans les campagnes, des missionnaires perpétuels, et de plus des arbitres, des conciliateurs, de fidèles dépositaires de la confiance des familles, des liens de concorde, de zélés surveillants de la tranquillité publique, Marmontel, Élém. litt. t. VI, p. 70, dans POUGENS. Le curé ne doit connaître ni saisons, ni distance, ni contagion, ni soleil, ni neige, s'il s'agit de porter l'huile au blessé, le pardon au coupable, ou son Dieu au mourant, Lamartine, dans le Dict. de DOCHEZ. Coupable ou malheureux, vous n'avez rien à taire ; Pardonner, soulager, c'est tout mon ministère ; Je suis l'œil et la main et l'oreille de Dieu, Sa providence à tous, le curé de ce lieu, Lamartine, ib. Un mort s'en allait tristement S'emparer de son dernier gîte ; Un curé s'en allait gaiement Enterrer ce mort au plus vite, La Fontaine, Fabl. VII, 1.

    Spécialement, en termes d'administration, le curé d'une église paroissiale, par opposition à la succursale.

    Dans le langage ordinaire, par politesse, on donne le nom de curé au simple succursaliste.

    Familièrement. C'est Gros-Jean qui remontre à son curé, se dit d'un ignorant qui prétend conseiller un plus habile que lui.

    Curé primitif, titre porté par certaines communautés régulières qui avaient jadis possédé des cures et qui en avaient gardé quelques droits.

    Monsieur le curé n'aime pas les os, que lui donnez-vous à manger ? Jeu d'enfants ou attrape fondée sur l'homophonie d'os et de la voyelle o. Il faut répondre par un mot dans le nom duquel la voyelle o n'entre pas : des navets, du veau, un canard, etc. Mais si l'on dit des carottes, des abricots, etc. on donne un gage.

  • 2Morceau de chapeau dont le coutelier se sert pour tenir les pointes des pièces sur le polissoir.
  • 3Variété de tulipe d'un gris de lin fort pâle.

PROVERBES

Il faut faire carême-prenant avec sa femme et Pâques avec son curé.

Vous allez trop vite à l'offrande, vous ferez choir M. le curé, se dit à ceux qui s'empressent trop de faire quelque chose.

Il a affaire au curé et aux paroissiens, se dit de celui qui a affaire à plusieurs parties ensemble.

Qui croit sa femme et son curé est en danger d'être damné, c'est-à-dire une femme est capable de faire damner un homme nonobstant les bonnes instructions de son curé.

HISTORIQUE

XIIIe s. Laie gent aiment moult leur bon prestre curé, J. de Meung, Test. 700. Sans avoir cureur [souci], [les moines] ont l'avoir, Et li curez n'en puet avoir, S'à peine non, du pain pour vivre, Ne achater un petit livre Où il puisse dire complies, Rutebeuf, 193.

XIVe s. Je més la main à vous pour che que vous devés à monsignor che prestre qui est no bons curés, Baud. de Seb. VII, 681.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CURÉ, (Jurisp.) en général est un ecclésiastique qui possede un bénéfice-cure auquel est attaché le soin des ames d’une paroisse, c’est-à-dire du territoire de cette cure, pour le spirituel.

Le titre de prêtre étoit autrefois synonyme de curé, parce qu’on n’ordonnoit point de prêtre qu’on ne lui donnât en même tems la direction d’une église. On appelloit aussi les curés, personæ ecclesiarum.

Le nom de curé vient de habet curam animarum, d’où les auteurs latins du bas siecle ont dit curatus pour curator.

Dans quelques pays, comme en Bretagne, on les appelle recteurs.

Il y a des paroisses dont les curés ont laissé anciennement la conduite des ames à des vicaires, & ne se sont réservé que le titre de curé avec les dixmes ou une portion d’icelles, & quelques marques de prééminence : on les appelle curés primitifs ; & ceux qui sont chargés de la conduite des ames, sont aussi qualifiés de curés ou vicaires perpétuels, pour les distinguer des vicaires amovibles ; avec cette restriction néanmoins, que ces vicaires perpétuels ne peuvent prendre le titre de curés dans tous les actes & cérémonies où se trouve le curé primitif.

Les curés représentent à certains égards les lévites de l’ancien Testament qui étoient chargés des fonctions du sacerdoce ; ils ont comme eux de droit commun la dixme de tous les fruits de la terre pour leur subsistance ; mais ils représentent encore plus particulierement les disciples auxquels ils ont succédé, de même que les évêques aux apôtres. Ils tiennent le second rang dans la hiérarchie ecclésiastique, c’est-à-dire qu’ils ont rang immédiatement après les évêques. Leur puissance de jurisdiction est également de droit divin dans sa premiere institution ; mais toûjours avec subordination à l’autorité des évêques, comme il est aisé de le voir dans les monumens de l’Église dès les premiers siecles.

Dans quelques lieux exceptés de l’ordinaire, il y a des prêtres commis à la desserte des sacremens, qui prennent aussi le titre de curés. Voyez ci-après Exemption de l’ordinaire.

Les devoirs & fonctions des curés, & leurs droits, vont être expliqués dans les subdivisions suivantes.

Absence du Curé, voyez Résidence.

Age, voyez ci-dessous Capacités.

Bannalité, voyez Exemption.

Baptême, voyez Sacremens.

Bis cantat. Quand il se trouve deux églises voisines, si pauvres qu’elles n’ont pas de quoi entretenir chacune un curé, l’évêque diocésain donne à un curé la permission de dire deux messes par jour, une dans chaque paroisse, ce que l’on appelle un bis cantat ou bis cantando. L’ordonnance de Blois, article 22. permet d’unir d’autres bénéfices non cures, & de procéder à la distribution des dixmes ; auquel cas, si le curé se trouve avoir suffisamment de quoi subsister, on ne lui donne point de bis cantat.

Capacités. Ceux qui sont nommés pour être pourvûs de cures, doivent être de bonne vie & mœurs, & gens lettrés : on doit les examiner, & préférer le plus capable ; & en cas d’égalité, celui qui est natif du lieu. Ceux qui sont de doctrine suffisante, accompagnée de bonnes mœurs & de piété, doivent être préférés à ceux qui auroient une doctrine plus éminente, mais auxquels manqueroient les mœurs & la piété : il faut qu’ils soient âgés de vingt-trois ans & un jour, on n’accorde point de dispense à cet égard. Si le pourvû n’est pas encore prêtre, il faut qu’il se fasse promouvoir à la prêtrise dans l’an, sinon au bout de l’an la cure seroit impétrable. Les étrangers ne peuvent posséder aucune cure dans le royaume, à moins qu’ils n’ayent obtenu des lettres de naturalité, ou qu’ils ne soient originaires de France.

Clefs. Les curés & les marguilliers ont conjointement la garde des clefs de l’église & du chœur, pour y entrer lorsqu’il est nécessaire, soit pour l’administration des sacremens, ou pour autre cause. Le curé a seul la garde des clés du lieu où est l’eucharistie.

Cloches. Elles ne peuvent être sonnées après le décès des paroissiens & autres qui sont inhumés dans la paroisse, que le curé n’en ait été averti & n’y ait consenti. L’émolument de la sonnerie appartient à la fabrique.

Comptes des fabriques. Le curé n’a pas l’administration des revenus de l’église, mais seulement de ceux destinés pour sa subsistance. Ce sont les marguilliers qui ont la charge de l’œuvre & fabrique, & qui sont chargés de l’entretien des ornemens & acquittement du service divin & fondations, dont ils doivent rendre compte. Les curés, comme marguilliers nés, peuvent assister à la reddition de ces comptes.

Convois, voyez Sépultures.

Deux curés. Il ne peut y avoir deux curés dans une même église & paroisse : on a vû néanmoins quelques exemples du contraire, comme à S. Méry de Paris, où il y avoit deux curés qui exerçoient alternativement chacun pendant six mois, mais cela ne subsiste plus. Il y a aussi quelquefois des curés qui font leurs fonctions dans une église voisine, en attendant que la leur soit rebâtie ; mais ils ne sont dans cette église que par emprunt & pour un tems seulement, & les territoires des deux paroisses sont séparés.

Dixme. Le curé est fondé de droit commun à percevoir la dixme de toutes sortes de fruits, selon l’usage du pays ; il n’a pas besoin pour cela d’autre titre que son clocher, c’est-à-dire sa qualité de curé. Les novales, menues & vertes dixmes lui appartiennent, à l’exclusion des autres gros décimateurs, sauf quelques exceptions qui seront expliquées au mot Novales. Un curé peut lever lui-même sa dixme ; il peut prendre à ferme les dixmes de sa paroisse, soit ecclésiastiques ou inféodées, sans déroger ni devenir taillable.

Droits honorifiques. Pour savoir comment les curés doivent se conduire à ce sujet, voyez ci-après au mot Droits honorifiques.

Eau benite. Le curé doit la faire tous les dimanches, conformément au rituel ; & après avoir aspergé l’autel & le clergé, il doit en donner aux seigneur & dame du lieu, & à leurs enfans par présentation, & au surplus des fideles par aspersion.

Ecoles. Les maîtres & maîtresses d’écoles doivent être approuvés par les curés.

Enterremens, voyez Sépultures.

Exemptions de l’ordinaire. Les curés exempts de la jurisdiction des évêques diocésains, & soumis à celle du chapitre ou immédiatement au saint siége, ne laissent pas d’être sujets à la visite & correction de l’évêque diocésain, pour ce qui concerne les fonctions curiales & l’administration des sacremens.

Fabrique, voyez Comptes des Fabriques, & au mot Fabrique.

Fonctions curiales, voyez Curial, & l’art. Fonctions.

Fondations. Les marguilliers ne peuvent en accepter, sans y appeller le curé & avoir son avis. Voyez au mot Fondations.

Gros décimateurs. Quand les curés ont les grosses dixmes, ou quelque portion de ces dixmes, ils ne peuvent demander de portion congrue aux autres gros décimateurs, à moins qu’ils ne leur abandonnent tout ce qu’ils possedent dans les grosses dixmes ; tant qu’ils en possedent quelque portion, ils doivent contribuer à proportion avec les autres codécimateurs, aux charges des grosses dixmes, telles que sont les réparations du chœur & cancel.

Incompatibilité. Les cures sont incompatibles avec tous autres bénéfices qui demandent résidence & fonction habituelle ; & par conséquent on ne peut posséder en même tems deux cures, quand elles seroient dans le même lieu. Les cures sont aussi incompatibles avec les offices d’official & de promoteur.

Mariages. Il est défendu aux curés de conjoindre par mariage d’autres personnes que ceux qui sont leurs vrais & ordinaires paroissiens. Voyez au mot Mariage.

Messe de paroisse. Autrefois les curés, avant de la dire, interrogeoient les assistans pour savoir s’ils étoient tous de la paroisse, & renvoyoient ceux qui n’en étoient point : ce qui ne se pratique plus ; quoique dans la regle étroite chacun doive assister au service & instructions de sa paroisse autant qu’il le peut. Voyez ci-après service divin.

Oblations & offrandes appartiennent au curé ou vicaire perpétuel. Voyez Vicaire perpétuel.

Paroisse, paroissiens. Pour savoir ce que c’est que paroisse, & ce qui concerne les érections de nouvelles paroisses, l’union d’une paroisse à une autre, voyez au mot Paroisse.

Pension, voyez Résignation.

Portion congrue des curés est de 300 liv. voyez au mot Portion congrue.

Presbytere. Le curé doit être logé aux frais de ses paroissiens dans l’étendue de sa paroisse : ils sont obligés de lui faire construire un presbytere s’il n’y en a point, de le réparer s’il est dégradé de vétusté ou par quelque force majeure. S’il n’y a pas de lieu commode pour lui bâtir un presbytere, ils doivent lui payer son logement en argent.

Curé primitif, a droit de percevoir la moitié des oblations les quatre fêtes annuelles & le jour du patron, pourvû qu’il fasse ces jours-là le service. Il doit avoir un vicaire perpétuel & non amovible. Il est tenu aux réparations du chœur de l’église. Il y a des religieuses qui joüissent du droit de primitives quoiqu’elles ne puissent faire les fonctions curiales, telles que l’abbêsse de S. Pierre de Lyon, les religieuses de Cusset en Auvergne ; ce qui vient de ce que l’on a uni à ces abbayes des bénéfices qui avoient les droits de curés primitifs.

Prône. Les curés & vicaires ne sont point tenus de publier au prône ce qui regarde les affaires purement temporelles.

Qualités du curé, voyez ci-devant Capacités.

Quête. Le curé ne peut empêcher que l’on ne quête pour les pauvres dans son église, quand il y a permission de l’évêque diocésain.

Régale. Les cures n’y sont point sujettes, à moins qu’elles ne soient unies à des dignités, personnats ou canonicats ; mais si c’est la dignité ou canonicat qui est unie à la cure, l’un & l’autre est exempt de la régale.

Registres des baptêmes, mariages & sépultures. Les curés doivent les tenir exactement, & en faire deux ; un pour garder par-devers eux, l’autre pour envoyer au greffe de la justice royale du lieu. Voyez au mot Registres.

Réguliers. Les chanoines réguliers de S. Augustin & de Prémontré ont coûtume de nommer quelqu’un d’entr’eux aux cures de leur ordre. Ils appellent ces bénéfices des prieurés-cures.

Religieux. Anciennement les moines desservoient la plûpart des cures, à cause de la disette où l’on étoit alors de prêtres séculiers. Ce furent principalement les religieux de l’ordre de S. Benoît qui suppléerent ainsi pour les cures : les chanoines réguliers de S. Augustin y eurent aussi bonne part. Lorsque les religieux se retirerent dans leurs cloîtres, ceux de S. Benoît mirent des vicaires perpétuels ; ceux de S. Augustin & quelques autres continuerent à nommer de leurs religieux pour remplir les cures de leur ordre. Les cures & autres bénéfices séculiers qui ont charge d’ames, ne peuvent être tenus par des religieux mendians : les autres moines & religieux ne peuvent aussi les posséder. Un religieux qui a obtenu une cure, doit la faire desservir par un vicaire, & ne peut la desservir lui-même, à moins qu’il n’en ait obtenu dispense du pape, ou que ce ne soit un bénéfice de son ordre, & qui y soit affecté par la fondation. Voyez ci-devant Réguliers.

Réparations, voyez ci-dev. Presbytere & Curé primitif.

Résidence. Les curés y sont obligés ; ils ne peuvent s’absenter sans cause légitime, & ne doivent pas excéder le tems de deux mois. Une dispense de resider seroit abusive.

Résignation. Les curés qui résignent leur cure en faveur d’un autre, ne peuvent point reserver de pension qu’ils n’ayent desservi leur cure pendant quinze années ; si ce n’est que la résignation soit faite pour cause de maladie ou infirmité connue de l’ordinaire, qui les mette hors d’état de servir ; & dans ce cas même les pensions ne peuvent excéder le tiers du revenu. Il faut aussi qu’il reste au titulaire 300 liv. par an francs de toute charge, non compris le casuel & le creux de l’église.

Sacremens. Les curés ont le droit & sont tenus d’administrer ou faire administrer les sacremens de l’église à leurs paroissiens, excepté ceux de l’ordre & de la confirmation dont la dispensation est reservée aux évêques. Il y a cependant quelques paroisses où les curés n’administrent pas certains sacremens, comme dans la ville du Puy en Velay, où le chapitre de la cathédrale est en possession de baptiser tous les enfans nouveaux-nés dans cette ville privativement au curé. Les curés ne peuvent exiger aucune chose pour l’administration des sacremens, si ce n’est pour les mariages, suivant les statuts du diocese autorisés par lettres patentes duement registrées.

Sépulture. Le patron ecclésiastique ne peut pas donner droit de sépulture dans le chœur ; cela n’appartient qu’au curé. Quand quelqu’un se fait enterrer hors l’église paroissiale, & néanmoins dans le même lieu, le curé doit conduire le corps, & le luminaire se partage par moitié entre le curé & l’église où le défunt est inhumé. Les pauvres doivent être enterrés gratuitement.

Service divin. Les seigneurs, gentilshommes, & autres personnes puissantes, ne peuvent obliger le curé de changer ou différer l’heure du service divin.

Tailles. Les curés sont exempts de tailles, tant pour leurs biens patrimoniaux que d’acquêts ; ils peuvent même être fermiers des dixmes de leur paroisse sans devenir taillables. Leurs domestiques qui levent ces dixmes ne sont pas non plus taillables.

Testamens. Les curés peuvent dans leurs paroisses recevoir eux-mêmes les testamens de leurs paroissiens, en la forme prescrite par l’ordonnance & par la coûtume du lieu, quand même il y auroit des legs pieux & au profit de leur église, pourvû qu’il n’y ait point de legs pour eux ni pour leurs parens : quand il y a des legs pieux, ils doivent en donner avis au procureur général du ressort, & lui remettre un extrait en bonne forme du testament.

Vicaire perpétuel, est un ecclésiastique qui est titulaire d’une cure dont un autre est curé primitif. Voyez ci-devant Cure & Curé primitif, & au mot Vicaire perpétuel. Voyez le code des curés, & notamment les décisions de Borjon. (A)

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Étymologie de « curé »

Bas-latin, curatus, curé, de cura, soin (voy. CURE 1) : celui qui est chargé d'un soin, du soin des âmes. Quelques-uns ont voulu le rattacher au latin curio, prêtre de la curie ; mais la forme du mot ne le permet pas.

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(fin XIIIe siècle) Du latin curatus, « celui qui a la charge des âmes » (très rare au Moyen Âge), dérivé de cura (« cure »).
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Phonétique du mot « curé »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
curé kyre

Évolution historique de l’usage du mot « curé »

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Citations contenant le mot « curé »

  • Un jeune curé fait les meilleurs sermons. Alfred de Musset, Un caprice, 8, Chavigny
  • Les curés sont consolés de ne pas être mariés, quand ils entendent les femmes se confesser. Armand Salacrou, Une femme libre, Gallimard
  • Quand il pleut sur le curé, il dégoutte sur le vicaire. De Proverbe français
  • Trouvez-moi un seul curé pressé d'aller au paradis ! De Pierre Perret
  • Un curé n’a besoin d’autre titre que de son clocher pour demander ses dîmes. De Proverbe français
  • C'est peu de chose d'être loué de son père, de sa nourrice et de son curé. De Proverbe français
  • Trois choses sont indispensables pour bien prêcher, quand on est curé : avoir quelque chose à dire, le dire, se taire. De Jean Bousquet (1910 - ) / Les Tribulations du curé de Saint-Tristan
  • Les curés sont consolés de ne pas s'être mariés quand ils entendent les femmes se confesser. De Armand Salacrou / Une Femme libre
  • Les curés épongent les péchés comme les mouchoirs épongent les larmes, liquide du repentir. De Francis Picabia / Ecrits
  • Après 50 ans dans les ordres, ce curé bien connu de Nice passe la main Nice-Matin, Après 50 ans dans les ordres, ce curé bien connu de Nice passe la main - Nice-Matin
  • À Drap, pour la Saint-Jean, même le curé a sauté le feu (et c'était la dernière fois)! Nice-Matin, À Drap, pour la Saint-Jean, même le curé a sauté le feu (et c'était la dernière fois)! - Nice-Matin
  • Le curé sur le départ de la paroisse de Wambrechies, mis en cause par Pascal Defrance à propos de ses inquiétudes sur le fort du Vert-Galant, réagit à son tour, après Michel Sas. La Voix du Nord, Wambrechies: Jean-Luc Morand conteste tout soutien politique en tant que curé
  • Pour des raisons personnelles, l’abbé Léonce Faucon a soudainement renoncé pendant le confinement à poursuivre sa charge de curé d’Étaples. Un nouveau a été nommé, son installation a lieu ce samedi soir. La Voix du Nord, Le curé d’Étaples se retire, cela entraîne un jeu de chaises musicales
  • Pourtant, environ 150 personnes ont pu entrer dans l’église Saints-Martyrs-Canadiens, dans le quartier Montcalm. L’abbé Pierre Gingras, curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, précise que, dans les faits, il y avait «trois groupes de 50 personnes». Ces groupes se trouvaient au même moment dans l’église, mais dans des sections différentes. Le Journal de Québec, 150 fidèles dans son église: un curé brise les règles de la santé publique | JDQ
  • Cette sortie de détention de l'ancien curé de Massiac, dont les faits reprochés peuvent le conduire devant une cour d'assises, ne devrait pas atténuer la détermination de Christophe dans son combat pour la vérité.   France Bleu, Cantal : remise en liberté de l'ancien curé de Massiac, accusé d'agressions sexuelles sur mineurs
  • Visé par la plainte de harcèlement sexuel d'un confrère, abbé à Peseux (NE) aujourd'hui, le curé de la cathédrale de Fribourg est aussi soupçonné d'avoir eu une relation avec un jeune de 17 ans en 1998 dans un chalet à Torgon (VS). Il a été écarté de son ministère début février par l'évêché. rts.ch, Le curé de la cathédrale de Fribourg accusé d'abus sexuels a démissionné - rts.ch - Fribourg

Images d'illustration du mot « curé »

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Traductions du mot « curé »

Langue Traduction
Anglais priest
Espagnol sacerdote
Italien sacerdote
Allemand priester
Chinois 牧师
Arabe كاهن
Portugais sacerdote
Russe священник
Japonais 祭司
Basque apaiz
Corse sacerdote
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Synonymes de « curé »

Source : synonymes de curé sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « curé »

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