La langue française

Crue

Sommaire

  • Définitions du mot crue
  • Étymologie de « crue »
  • Phonétique de « crue »
  • Évolution historique de l’usage du mot « crue »
  • Citations contenant le mot « crue »
  • Traductions du mot « crue »
  • Synonymes de « crue »
  • Antonymes de « crue »

Définitions du mot crue

Trésor de la Langue Française informatisé

CRU2, CRUE, adj., subst. et adv.

I.− Adjectif
A.− Qui n'a pas subi de cuisson.
1. [En parlant d'aliments] Anton. cuit.Oignons crus. Un peu de viande crue hachée (Zola, Joie de vivre, 1884, p. 898); légumes (...) crus ou bien cuits (Céline, Mort à crédit,1936, p. 344):
1. Nous emportions chacun une tartine de pain noir bien beurré et un grand couteau pour prendre des berniques. Un régal de son enfance qu'il voulait renouveler avec moi, des coquillages tout crus avec du pain et du beurre. Loti, Mon frère Yves,1883, p. 109.
2. P. anal.
a) Eau crue. Eau chargée de sels, généralement calcaire, qui n'est pas adoucie ni tempérée par quelque mélange et est impropre à dissoudre le savon, à cuire les aliments et lourde à digérer. Eaux crues et dures (Cabanis, Rapp. phys. mor. de l'homme,t. 2, 1808, p. 448).Peut-être était-ce la vingtième fois qu'il se chargeait de l'eau crue et lourde (Alain-Fournier, Corresp.[avec J. Rivière], 1909, p. 121).
b) Région. (Nord et Est de la France, Canada). [En parlant de l'air, de l'atmosphère] Qui est humide et froid. Le souffle glacial et cru de la nuit (Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 348).
3. Au fig.
(Vouloir) avaler/manger qqn tout cru. Le traiter durement en paroles. [Le vicaire-général :] − (...) Si l'on nous savait nous mêlant d'élections, nous serions mangés tout crus par les puritains de la Gauche qui font pis (Balzac, A. Savarus,1842, p. 116).
Avaler qqc. tout cru. Croire telle quelle une opinion, une nouvelle; l'admettre sans la discuter et sans esprit critique. Cela serait avalé tout cru, et considéré comme parole d'évangile (Larbaud, Journal,1932, p. 271).
B.− [En parlant d'un produit] Qui est à l'état brut; qui n'est pas travaillé; qui n'a pas subi de préparation (pour l'usage qu'on veut en faire), ni de transformation.
1. Domaines techn.
a) CHIM. Métal cru. Tel qu'il est extrait de la mine; non débarrassé des corps étrangers. Amidon cru; antimoine cru (Kapeler, Caventou, Manuel pharm. et drog.,t. 1, 1821, p. 95).
b) TANN. Cuir cru ou cuir vert. Tel qu'il a été retiré de l'animal sans avoir subi de préparation (cf. Proudhon, Propriété, 1840, p. 270). Pieds nus dans les petits mocassins de daim cru (Colette, Ingénue libert.,1909, p. 294).
c) TEXT. Chanvre cru. Qui n'a pas encore été trempé dans l'eau. Soie crue ou écrue. Qui n'a pas subi de lavage ni de teinture.
En emploi subst. Teindre sur le cru. Mettre la soie à la teinture avant qu'elle ne soit entièrement décreusée. Synon. teindre à demi-bain.
d) TECHNOL. Qui est simplement séché et n'est pas passé à l'action du feu ou du four. Briques crues. [Les] acides (...) ont une action très différente (...) sur l'argile crue et sur l'argile qui a été calcinée (A. Brongniart, Arts céram.,1844, p. 58).Un pot à tabac en argile crue (Miomandre, Écrit sur eau,1908, p. 183).
CÉRAM. Faïences à décor sur émail cru (G. Fontaine, Céram. fr.,1965, p. 142).Faïence au grand feu. − Le décor fut d'abord disposé sur l'émail cru, qui, lorsqu'il est sec, se présente sous une forme pulvérulente (G. Fontaine, Céram. fr.,1965p. 5).
2. P. anal., MÉD., vx. Qui n'a pas subi la transformation habituelle nécessaire. Excréments crus, humeurs crues, urines crues. Qui n'ont pas suffisamment de coction.
C.− Au fig.
1. Qui n'est pas atténué; qui n'a pas de nuances. Parfums rouges et crus (Queffélec, Recteur,1944, p. 102):
2. Une cataracte sonore déferlait dans l'abbatiale. Chants rugueux et jeunets d'une rusticité pleine d'enfance, leurs sons crus semblaient la matière première, solide et de bonne qualité, dans laquelle, plus tard, on ferait des voix. Une musique d'enfants de troupe courait partout, mordait partout, prenait son élan et sautait aux clefs de voûte en quatre coups de talon. Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 66.
2. Spécialement
a) Domaines de la vue et de la peint.Dont les contours sont brutalement découpés; dont la couleur est dure, criarde ou discordante. Lumière, clarté crue; vert cru. Tons rouges crus (Du Camp, Nil,1854, p. 94).La lune (...) si claire encore qu'elle projette des ombres crues, par-dessus lesquelles on a envie de sauter (Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 127):
3. À Paris, c'est un mauvais éclairage, uniforme et cru, qui empêche de lire. On voit tout sur le même plan. Chardonne, Éva ou le Journal interrompu,1930, p. 78.
4. ...nous restâmes un moment debout devant la ville embrumée. Nous voyions le dôme du Panthéon, la masse indistincte des pierres grises. Pour être désengourdi par ce paysage, il lui eût fallu que celui-ci prît les tons violents et crus qu'il [le peintre] jetait jadis sur ses toiles; ici, rien que des demi-teintes; un Paris voilé de demi-joies, de demi-tristesses; ... Abellio, Heureux les pacifiques,1946, p. 140.
b) Domaine du lang.Qui est dit, exprimé sans altération et sans détours; qui exprime les choses telles qu'elles sont, sans fard, ni affectation; qui est franc, naturel. Mots, termes crus. Le poëte s'y affirme comme un réaliste audacieux, qui ne mâche pas les mots crus, et qui appelle les choses laides par leur nom (Zola, Doc. littér.,Les Poëtes contemporains, 1881, p. 147):
5. ...lui qui a affadi avec emphase un style primesautier, cru, direct, ce style qu'ils employaient tous à la grande époque les voyageurs, les marins, les hommes d'armes, les découvreurs, tous aventuriers pas très forts sur la grammaire, chancelant sur l'orthographe d'une langue encore instable, mais qui écrivaient comme ils parlaient, les bougres, parce qu'ils étaient des grands vivants, ne faisaient de rhétorique, mais avaient quelque chose à dire et le monde entier à raconter; ... Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 15.
P. ext. [En parlant de choses ou de sujets peu décents ou libres] Avec des mots qui choquent la bienséance. Les détails crus de l'adultère (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 361):
6. Le ton d'Antoine, son rire, son attitude d'homme fait, certains détails trop crus qui contrastaient avec son habituelle réserve d'aîné, provoquaient chez Jacques un malaise tout nouveau. Martin du Gard, Les Thibault,La Belle saison, 1923, p. 915.
En emploi subst. − Oh!!! (...) vous êtes d'un cru!... vous parlez de ça avec une désinvolture? (Gyp, Ohé! La Grande vie!!!1891, p. 221).
3. Domaine abstr.[En parlant du caractère de la pensée] Qui est à l'état brut, naturel, sans mélanges; qui n'a pas été raffiné, ni altéré; qui n'est pas déguisé. Nous devons à cette maladresse d'apprendre de lui, à l'état cru, quantité de choses que de plus habiles auraient dissimulées ou arrangées à notre usage (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t. 15, 1851-62, p. 241).Cette lettre (...) c'est l'éloquence du cœur, toute pure et toute crue, et qui n'y va pas par quatre chemins (Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 1, 1863-69, p. 334):
7. Il ignore jusqu'aux moindres usages : si nous sommes à une porte, et qu'il soit pressé, il passe le premier; à table, s'il a faim, il prend ce qu'il désire, sans attendre qu'on lui en offre. Il interroge librement sur tout ce qu'il veut savoir, et ses questions seroient même souvent indiscrètes, s'il n'étoit pas clair qu'il ne les fait que parce qu'il ignore qu'on ne doit pas tout dire. Pour moi, j'aime ce caractère neuf qui se montre sans voile et sans détour, cette franchise crue qui le fait manquer de politesse, et jamais de complaisance. ... Cottin, Claire d'Albe,1799, p. 95.
II.− Emploi subst.
A.− Le cru. Ce qui est cru, p. oppos. à cuit :
8. ...des catégories empiriques, telles que celles de cru et de cuit, de frais et de pourri, de mouillé et de brûlé, etc., peuvent... servir d'outils conceptuels pour dégager des notions abstraites et les enchaîner en propositions. Lévi-Strauss, Le cru et le cuit,1964, p. 9.
Rem. Attesté ds Lar. 19e-20eet Quillet 1965.
B.− TECHNOL. Produit simplement séché et non cuit. Le vernis [de poteries communes suisses] est (...) du minium (...) mis par saupoudration sur le cru bien sec (A. Brongniart, Arts céram.,1844, p. 15).L'émail de ses peintures sur cru bouillonnait (Flaub., Éduc. sentim., t. 1, 1869, p. 187).
III.− Adv. et loc. adv.
A.− Adv. De manière crue; sans ménagements. Parler cru. Synon. crûment.
Fam. Tout cru. Tel quel; sans détours, ni arrangement. Voilà plus de six mois que j'aspire au moment De vous dire à tous deux tout cru mon sentiment (Augier, Ciguë,1844, p. 10).Soulevé d'une haine subite, il eut un sourire grinçant et jeta, tout cru : − « Rassurez-vous, Madame : je n'aimais pas mon père » (Martin du G., Thib.,Mort père, 1929, p. 1314).
B.− Loc. adv. À cru. En contact direct avec...; directement sur... Portant à cru le baudrier d'un sabre sur sa poitrine sans chemise (Flaub., Éduc. sentim., t. 2, 1869, p. 127).Assis à cru sur l'herbe (Gide, Thésée,1946, p. 1415).
Spéc. Monter à cru. Monter à cheval sans selle. Ils [les barbares] (...) montoient à cru des étalons sauvages (Chateaubr., Martyrs,t. 1, 1810, p. 281).À onze ans, l'enfant [Gaston] en vint à monter à cru, sans même une sangle à panneau, pour être plus près de son poney (La Varende, Centaure de Dieu,1938, p. 68):
9. ...derrière un pli de sable, (...) la file solennelle des cavaliers de Gauguin chevauchant à cru, à longs gestes nobles, ces chevaux frères de la mer, pommelés et brusques comme elle, ... Gracq, Un Beau ténébreux,1945, p. 35.
Rem. On rencontre ds la docum. le néol. crudiste, subst. Adepte d'une doctrine diététique ne tolérant dans l'alimentation que les végétaux crus. Certains végétariens sont même partisans d'une alimentation à base de végétaux crus (doctrine crudiste) (Lalainne, Alim. hum., 1942, p. 107).
Prononc. et Orth. : [kʀy]. Ds Ac. 1694-1740 s.v. crud, au fém. crue. La forme avec d étymol. est donnée encore ds Fér. 1768, et ds Fér. Crit. t. 1 1787 à côté de cru. Ds Ac. 1762-1932 sous la forme mod. Noter cependant que Ac. 1798 réserve à crud une vedette de renvoi à cru. Homon. et homogr. crue; formes de croire et de croître. Étymol. et Hist. A. 1. 1165-70 poires crues (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 4240); 2. 1268 « qui n'a pas subi de préparation (du cuir, de la soie) » cuirien cru (E. Boileau, Livre des métiers, 280 ds T.-L.); 3. 1765 (eau) crue « dure » (J.-J. Rousseau, Confessions, éd. B. Gagnebin et M. Raymond, VI, 227). B. 1. xives. « (du temps) froid, humide » temps crus et plouvieus (Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, V, 202); 2. loc. adv. xives. armé a cru (G. de Roussillon, éd. E.-B. Ham, 5094), à nouv. en 1660 monter à cru (Oudin, Tresor des deux lang. espagnolle et françoise, Paris); 1835 archit. porter à cru (Ac.); 3. a) 1460 fig. a si crue response (G. Chastellain, Chroniques, III, 59, 13 ds Heilemann Chastellain); b) 1819 « libre, peu décent » sens trop cru (Maine de Biran, Journal, p. 260); 4. 1754 fig. (d'une sensation visuelle) (Encyclop. t. 4). Du lat. class. crudus « saignant; cru, non travaillé (du cuir) ». Fréq. abs. littér. : 798. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 946, b) 1 293; xxes. : a) 1 187, b) 1 169. Bbg. Grundt (L.-O.). Ét. sur l'adj. invarié en fr. Oslo, 1972, p. 209, 223.

CRUE, subst. fém.

[Gén. à propos d'un inanimé] Action de croître; résultat de cette action.
A.− Vx ou littér. Action de se développer, croissance. La crue extraordinaire de cette barbe (Hugo, Han d'Isl.,1823, p. 103).
B.− Spécialement
1. HYDROL., lang. cour. [À propos d'un cours d'eau] Augmentation rapide et importante du volume des eaux sous l'effet de facteurs extérieurs. La crue d'un fleuve ravage ou emporte les terres sans consistance; elle fertilise les parties solides qui ont résisté (Vogüé, Morts,1899, p. 31).Crue occasionnelle, périodique. Fleuves à crues périodiques (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum.,1921, p. 240).Crue des eaux. Le fleuve changé en furie par la crue des eaux (Guèvremont, Survenant,1945, p. 144).
P. métaph. Cette crue de maisons neuves qui dévore si rapidement toutes les vieilles façades de Paris (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 70).
2. BOT. Développement d'un végétal; résultat de cette croissance; p. méton. période de la croissance. [Le lin] Sa crue est rapide. Le maïs seul croît aussi vite (Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 247).Constater la crue des jeunes pins qu'il y avait plantés (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 101).
3. JUST., vx. Somme en sus de la prisée que payait un acheteur lors d'une vente aux enchères :
L'estimation des meubles, s'il n'y a pas eu de prisée faite dans un inventaire régulier, doit être faite par gens à ce connaissant, à juste prix et sans crue. Code civil,1804, no825, p. 151.
4. TRICOT, rare, vx. (Quasi-)synon. augmentation.Il n'est pas nécessaire de faire de crues ni de diminutions, le rond des oreillettes se formant tout naturellement en faisant un bord solide autour du bonnet (Journal des femmes,nov. 1847, p. 528).La crue (on dit aussi recrue) se dit par opposition aux apetissées qui tendent à diminuer le tricot (Coulabin, Dict. loc. pop. Rennes,1891).
Prononc. et Orth. : [kʀy]. Ds Ac. 1694 et 1740 sous les formes crue (mod.) ou creue et de plus cruë dans le texte de l'article. Ds Ac. 1740-1932 sous la forme mod. uniquement. Fér. Crit. t. 1 1787 et Land. 1834 enregistrent crûe forme dans laquelle l'accent circonflexe signifie l'anc. e de creue. Cf. croître. Homon. : formes de croire et croître. Étymol. et Hist. 1. Début xives. creue (du Nil) (Joinville, Hist. de St Louis, éd. N. de Wailly, XL, 188); 2. 1651 « croissance de quelqu'un ou quelque chose » creue (d'un arbre) (Quisard, Cout., fo297 vods Pat. Suisse rom., t. 4, p. 621 ds Quem. Fichier); 3. 1325 « enchère » (Arch. JJ 62, fo242 vods Gdf.); 1440 « augmentation d'une somme » (Ord., XIII, 319, ibid.). Part. passé fém. subst. de croître*. Fréq. abs. littér. : 147. Bbg. Clouzot (H.). R. des Ét. rabelaisiennes. 1912, t. 10, p. 491. − Quem. 2es. t. 4 1972.

Wiktionnaire

Nom commun

crue \kʁy\ féminin

  1. (Vieilli) Augmentation.
    • Cette premiere classe fait alors la base solide d'un autre ordre d'industrie plus ingénieuse à multiplier les commodités & les agrémens de la vie, & sert par la consommation & par l'achat nombreux & favorable des matieres premieres , à la crue des revenus des dépenses de la réproduction & par conséquent à son propre entretien. — (Victor Riqueti de Mirabeau, Philosophie rurale: ou Économie générale et politique de l'agriculture, vol.3, Amsterdam, 1764)
  2. (Courant) (Hydrologie) Augmentation rapide du niveau des cours d’eau.
    • La crue, stationnaire alors, paraissait avoir atteint sa plus grande élévation. — (Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, 1846)
    • Si par malheur les crues de l’Ourthe coïncidaient avec celles de la Meuse, des inondations catastrophiques affectaient toute la vallée en aval de Liège. — (Jean Louis Kupper, Liège et l'église impériale: XIe-XIIe siècles, Librairie Droz, 1981, p.81)
    • Il s'agit d'un système d’information transnational de crues mis en place dans les bassins de la Moselle, de la Nahe et, pour partie, de celui du Rhin (environ 55 000 km2). — (Examens environnementaux de l'OCDE : Luxembourg, OCDE, 2010, page 198)
    • En moyenne, les maxima avoisinent 20 à 30 m³/s. Mais les crues biennales atteignent 28 m³/s, les crues quinquennales 37 m³/s, décennales 43 m³/s et vicennales 49 m³/s. — (Connaissance de l'érosion, Institut de géographie et d'aménagement régional & Université de Nantes, 1998, page 30)
    • Les zones humides ont la capacité de retenir l’eau, de la stocker et ainsi de limiter les crues et inondations.— (Julie Lallouët-Geffroy Cinq questions, cinq réponses, pour comprendre les zones humides, Reporterre, le 6 mai 2016)
  3. (Vieilli) Croissance.
    • Mais, dira-t-on, si le cône ligneux qui est formé à la fin de la première année ne s'étend plus, comment se fait donc pour les années suivantes la crue des arbres tant en grosseur qu'en longueur! — (M. du Hamel, Sur le développement et la crue des os des animaux, dans Histoire de l'Académie royale des sciences, année 1742, Imprimerie royale, 1745, page 368)
    • Mais une ville comme Paris est dans une crue perpétuelle. — (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831)
    • Comment donc , avec la crue de l’os en longueur par couches juxtaposées , l'éloignement des têtes de l’os peut-il se produire? — (Pierre Flourens, Théorie expérimentale de la formation des os, Paris, Baillière, 1847, page 27)

Forme d’adjectif

crue \kʁy\

  1. Féminin singulier de cru.

Forme de verbe 1

crue \kʁy\

  1. Participe passé féminin singulier du verbe croire.

Forme de verbe 2

crue \kʁy\ (orthographe traditionnelle)

  1. Participe passé féminin singulier du verbe croître (ou croitre).
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CROIRE. (Je crois ; nous croyons. Je croyais ; nous croyions. Je crus. Je croirai. Crois. Que je croie ; que nous croyions. Que je crusse. Croyant. Cru.) v. tr.
Tenir pour véritable. J'ai de la peine à croire tout ce qu'il dit. Vous ne me ferez jamais croire cela. Il croit cette histoire, ce conte. Ne croyez rien de tout ce qu'il vous dit. C'est un homme défiant, il ne croit que ce qu'il voit. Cela est aisé à croire. Il le croit bonnement. Permettez-moi de n'en rien croire. Vous en croirez ce qu'il vous plaira. Absolument, Croire légèrement. Croire sans preuve. Il ne faut pas être si facile à croire. Il signifie particulièrement, en matière de Religion, Avoir la foi et recevoir avec soumission d'esprit tout ce que l'Église enseigne. Je crois fermement qu'il existe un Dieu. Croire les mystères, les articles du symbole. Croire l'Évangile. On dit dans le même sens Croire en Dieu, en JÉSUS-CHRIST. Croire à la Sainte Vierge, au Saint-Esprit. Absolument, À la première prédication des Apôtres, beaucoup de Juifs crurent. Cet impie ne croit point. Fam., Croire une chose comme l'Évangile, comme article de foi, La croire fermement. Croire tout comme article de toi, Être fort crédule. Suivi d'un complément direct, nom de personne, il signifie Tenir pour sincère, véridique. Croyez-vous cet homme-là? Je vous crois. C'est un menteur avéré, on le ne croit plus, il ne peut plus se faire croire. Il ne croit point les médecins. En croire quelqu'un, en croire quelque chose, S'en rapporter à quelqu'un, à quelque chose. Je vous en croirai sur parole. Il aura beau dire, il n'en sera pas cru. Si vous m'en croyez, vous ne ferez pas cela. À l'en croire, s'il faut l'en croire, tout est perdu. J'en crois à peine mes yeux. En croirez-vous cette lettre? Si j'en croyais mon courage. S'il faut en croire les apparences. On dit aussi S'il avait voulu m'en croire, il ne serait pas aujourd'hui dans l'embarras. On dit également S'en croire, Obéir à un sentiment intime. Si je m'en croyais, je ne le verrais plus. Croire à quelqu'un, à quelque chose, Ajouter foi à quelqu'un, à quelque chose, s'y fier. Croire aux astrologues, aux voyants. Croire au rapport, au témoignage de quelqu'un. On ne croit plus à ses promesses, à ce qu'il dit. En parlant des Personnes, on dit aussi Croire quelqu'un, mais avec une certaine différence dans le sens. Croire un médecin, c'est Suivre ses avis, ses prescriptions. Croire aux médecins, c'est Avoir foi dans leur puissance de guérir. Croire en quelqu'un, Avoir confiance en lui, en ses talents, en sa parole. Croire à quelque chose signifie aussi Tenir pour vraisemblable, réel ou possible. Il proteste de son innocence, mais je n'y crois pas. Croire aux revenants, aux esprits, aux sorciers, à la magie. Il signifie encore simplement Penser, estimer, s'imaginer, présumer. À ce que je crois. Vous ferez bien, je crois, de ne plus fréquenter cet homme-là. Je crois cet homme capable de tout. Je l'avais toujours cru sage. Le croyez-vous homme d'honneur? On me croyait son père. Elle n'est pas aussi jeune que je l'avais cru. Qui aurait jamais cru cela? Que va-t-on croire de moi? Je crois tout de lui. Cet homme se croit habile. Il se crut obligé de répondre. Il se croyait au moment de réussir.

Littré (1872-1877)

CRUE (krue) s. f.
  • 1Élévation du niveau des eaux d'un cours d'eau, par suite de pluies ou de fonte de neiges. Ce fleuve [Nil], qui prend sa source dans l'Éthiopie, doit son accroissement à des nuages qui, retombant en pluie, occasionnent sa crue périodique, Raynal, Hist. phil. XI, 3. Montez à travers Blois cet escalier de rues Que n'inonde jamais la Loire au temps des crues, Hugo, F. d'aut. 2.
  • 2Croissance. Cet enfant, cet arbre n'a pas pris toute sa crue.
  • 3Autrefois l'augmentation des tailles. La crue de la taille.

    Dans l'ancienne pratique et en matière d'inventaire, le cinquième denier au-dessus de la prisée, lequel était attribué aux commissaires-priseurs, parce qu'alors ils étaient responsables. La crue est abolie. Estimation à juste prix et sans crue.

    En un autre sens. Je ne sais qui a pu imaginer que nous demandions à prendre le sel de la ferme à bas prix, pour en tirer un petit profit qu'on appelle crue, Voltaire, Lett. Dupont, 10 oct. 1775.

HISTORIQUE

XIIIe s. Ne scet l'en [l'on] dont celle creue [du Nil] vient, mez que de la volenté de Dieu, Joinville, 220.

XVe s. Qui du marchié le denier à Dieu prent, Il n'y peut mectre ne rabat ne creüe, Orléans, Rond. Octroions que tout le sel qui sera vendu es gremer à sel de nostre pays de Normandie… soit vendu à la creue de douze deniers tournois sur chacun minot… pour les deniers qui vendront [viendront] de ladite creue… tourner et convertir au profit de nostre dit conseiller, Vallet de Viriville, Chron. de la Pucelle, p. 78.

XVIe s. Que les creues des compagnies de gens de pied, et la levée des Suisses n'estoit à autre fin que pour ruiner les huguenots, Castelnau, 196. Joinct les ordinaires commissions des creues et recreues, que l'on distribue par toutes les provinces, causées sur levées des deniers, pour la subvention de ses affaires, Carloix, IV, 5.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CRUE. Ajoutez :
4Levée de troupes (inusité). Quintius fut continué au gouvernement de la Grèce avec deux légions ; s'il avait besoin de quelque crue, les consuls eurent commandement de la faire et de la lui envoyer, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CRUE. Voyez Croissance.

Crue des meubles au-dessus de leur prisée, (Jurisp.) tire son étymologie du mot croître. C’est un supplément de prix, qui, dans quelques pays & en certains cas, est dû, outre le montant de la prisée des meubles, par ceux qui en doivent rendre la valeur. On écrivoit autrefois creüe, à présent on écrit & on prononce crue. Elle a été introduite pour suppléer ce qui est présumé manquer à la prisée, pour porter les meublés à leur juste valeur. Les auteurs la nomment en latin incrementum mobilium, quinum assem, accretionem, accessionem ; & en françois quelques-uns l’appellent plus value ou plus valeur des meubles, quint en sus ou cinquieme denier parisis ; mais plus communément on dit crue, & ce nom lui convient mieux en général, parce que la crue n’est pas par-tout du parisis ou quart en-sus, comme on le dira dans un moment. Cet usage étoit inconnu aux Romains. Le nom de parisis des meubles, qui paroît le plus ancien qu’on lui ait donné, vient du rapport que la crue a ordinairement avec la monnoie parisis, qui valoit un quart en-sus plus que la monnoie tournois ; la seule coûtume qui en fasse mention est celle de Berry, réformée en 1539, qui en parle à l’occasion des tuteurs, curateurs, & autres administrateurs, qu’elle charge, lorsqu’ils rendront compte, d’augmenter la prisée du tournois au parisis, pour les meubles prisés dans la ville & septaine de Bourges ; ainsi cela n’est pas ordonné pour toutes sortes de personnes ni dans toute l’étendue de la coûtume, mais seulement pour la ville & septaine de Bourges, ce qui est apparemment fondé sur ce que dans la ville & septaine de Bourges, il y a plus d’enchérisseurs, & que les meubles s’y vendent plus cher que dans le reste de la province, & qu’on a présumé que si les meubles prisés eussent été vendus, ils auroient été portés au-dessus de la prisée. C’est donc parce que la prisée est censée faite à-bas prix, que l’on y ajoûte la crue, ce qui paroît un circuit assez inutile ; il seroit plus naturel d’estimer tout d’un coup les meubles à leur juste valeur : cependant comme les huissiers & autres qui font la prisée des meubles ont peur de la faire trop haute, que l’édit d’Henri II, du mois de Février 1556, les rend garans de leur prisée, & que les meubles ne peuvent être vendus au-dessous sans une ordonnance de justice ; pour éviter ces inconvéniens, on fait ordinairement la prisée à bas prix, & c’est sans doute de-là qu’est venu l’usage de la crue.

Il est encore inconnu dans plusieurs provinces du royaume, telles que les parlemens de Droit écrit, dans le Roussillon & l’Alsace, & dans plusieurs coûtumes, comme Artois, Normandie, Blois, Lorraine.

A Paris la crue est du quart en-sus ; il en est de même dans les coûtumes d’Abbeville, Amiens, Anjou, Beauvais, Berry, Bourbonnois, Bourgogne, Chalons, Chartres, Chaumont-en-Bassigny, Dourdan, Mantes & Meulan, Montdidier, Roie & Peronne, Orléans, Montargis, Nivernois, Poitou, Ponthieu, Reims, Senlis, Sens, Vitry, & quelques autres.

On observe la même chose dans les provinces de Lyonnois, Forez, Beaujolois & Maconnois, qui suivent le Droit écrit, & sont du ressort du parlement de Paris.

Dans quelques coûtumes la crue n’est que du demi-parisis ou huitieme en-sus de la prisée, comme au bailliage de Melun, dans celui d’Etampes, & à Troyes.

A Meaux elle n’est que de trois sols pour livre.

Lorsqu’il s’agit de regler si la crue est dûe, & sur quel pié, on doit suivre l’usage du lieu où les meubles ont été inventoriés.

Les prisées faites à juste valeur entre majeurs, ne sont pas sujettes à crues. Il en est de même des prisées qui ne sont pas destinées à être suivies de la vente des meubles, telles que celles qui se font par contrat de mariage ; parce que ces sortes de prisées sont toûjours réputées faites à juste valeur.

Il y a certains meubles qui ne sont point sujets à la crue, tels que ceux qui sont mis pour perpétuelle demeure, parce qu’on ne les estime pas avec les meubles ; ils sont censés faire partie du fonds. Tels sont encore ceux qui ont un prix certain, comme les especes monnoyées, la vaisselle, & les matieres d’or & d’argent, les billets, obligations, sentences, & autres jugemens ; les actions de la compagnie des Indes, les gros fruits, lorsqu’ils sont estimés suivant les mercuriales, le sel, les glaces, le verre, le bois & le charbon, & les fonds de librairie & imprimerie, attendu qu’ils sont toûjours prisés à juste valeur.

Quoique la crue paroisse avoir été introduite d’abord en faveur des mineurs contre leurs tuteurs, présentement les majeurs peuvent aussi la demander, quand même ils auroient fait faire la prisée ou prisé eux-mêmes les meubles, & qu’il y auroit eu un expert-priseur de part & d’autre ; les créanciers peuvent la demander contre l’héritier de leur débiteur, aussi-bien que ceux qui ont droit de propriété aux meubles.

Tous tuteurs, curateurs, gardiens, & autres administrateurs, doivent tenir compte de la crue lorsqu’ils n’ont pas fait vendre les meubles, à moins qu’ils n’eussent droit d’en profiter.

Les héritiers légataires universels, exécuteurs testamentaires, curateurs à succession vacante, sequestres, gardiens, sont aussi tenus de la crue envers les créanciers & envers leurs co-partageans, faute d’avoir fait vendre les meubles, & de les représenter en nature & en bon état.

Entre conjoints ou entre le survivant & les héritiers du prédécedé, la crue n’est pas dûe pour les meubles prisés par contrat de mariage, mais seulement pour ceux inventoriés après décès, au cas qu’ils ne soient pas vendus ou représentés en bon état.

On stipule ordinairement entre conjoints un préciput pour le survivant, en meubles, pour la prisée & sans crue, auquel cas le survivant peut prendre jusqu’à concurrence des meubles pour la prisée ; mais s’il prend de l’argent ou des meubles non sujets à crue, il perd le bénéfice qu’il avoit droit de prétendre d’avoir des meubles pour la prisée & sans crue, & ne peut pas demander pour cela une indemnité.

Le conjoint donataire mutuel qui a droit de joüir des meubles, doit les faire vendre ou les faire estimer à juste valeur, sans s’arrêter à l’estimation portée par l’inventaire, autrement il en devroit la crue outre la prisée.

Si la prisée étoit frauduleuse, on n’en seroit pas quitte en ajoûtant la crue, ce seroit le cas de recourir aux preuves de la véritable valeur des meubles. Voyez mon traité de la crue des meubles au-dessus de leur prisée. (A)

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Étymologie de « crue »

Féminin du participe crû ; provenç. creguda ; catal. crescuda ; espagn. crecida.

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Participe passé féminin substantivé de croître.
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Phonétique du mot « crue »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
crue kry

Évolution historique de l’usage du mot « crue »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « crue »

  • Onze personnes, randonneurs ou campeurs, ont été surprises par la crue rapide du Chassezac ce vendredi en Ardèche. Les pompiers sont intervenus pour les mettre en sécurité. Intervention aussi dans l'ouest des Cévennes prés de la Lozère pour une dizaine de maisons inondées. France Bleu, Crue du Chassezac et fortes pluies sur les Cévennes provoquent des situation difficiles en Ardèche
  • La vigilance jaune "crue" a été déclenchée ce samedi 13 juin 2020 sur les deux tronçons de la Loire charolaise et de la Loire nivernaise. Pour autant, la situation reste sous contrôle, notamment à Digoin, où le pic est attendu dans la nuit de samedi à dimanche. France 3 Bourgogne-Franche-Comté, Crue de la Loire : Digoin est en alerte
  • Qu’il pleuve dans le bassin du Yangtsé (le fleuve bleu) à cette époque de l’année n’a rien d’anormal. Mais en 2020, les pluies ont commencé à tomber en mai et les quantités sont exceptionnelles. Les provinces les plus touchées sont le Hunan, le Jiangxi, le Guangxi ainsi que la mégapole de Chongqing. Partout, dans ces provinces, les fleuves et les rivières sont en crue et les autorités annoncent que la rivière des Perles, au sud de la Chine, pourrait dépasser sa cote d’alerte. Le Monde.fr, Le sud de la Chine frappé par des crues exceptionnelles
  • La Loire est montée d'1m70 en 36 heures. Résultat de cette crue remarquable : elle a recouvert toutes les zones sableuses où les oiseaux nichent, comme les sternes. Si leur descendance de cette année est compromise, le phénomène est compensé par la longévité de ces oiseaux migrateurs.   France 3 Centre-Val de Loire, Crue de la Loire : "les sternes qui nichent dans le sol ne pourront pas faire de ponte de remplacement"
  • Il a beaucoup plu et les cours d'eau auvergnats ont du mal à absorber. C'est le cas de plusieurs rivières du Puy-de-Dôme et de Haute-Loire, dont certaines sont placées en vigilance orange car les risques de crue sont importants. www.lamontagne.fr, Plusieurs cours d'eau d'Auvergne en alerte crue après les fortes pluies - Clermont-Ferrand (63000)
  • Les cours d’eau réagissent très fortement ce vendredi en raison des intempéries, qui provoquent un phénomène de crues-éclair.  À Anduze, le Gardon a vu sa cote augmenter de près de 3 à 5 mètres, soit une hausse de 1 cm par seconde. C’est sous un axe s’étirant du nord du Gard à l’est de la Lozère que les pluies sont les plus copieuses, à la mi-journée, une dizaine de routes étaient coupées et 2000 foyers privés d'électricité. LCI, Crue dans les Cévennes : du jamais vu depuis 50 ans | LCI
  • Comme le débit en mètres cube par seconde du Tarn au plus fort de sa crue, vendredi. Une montée des eaux très rapide en l’espace de quelques heures mais surtout inhabituelle en cette période de l’année. De mémoire d’anciens Millavois, personne ne se souvient d’avoir assisté à une telle montée des eaux aussi haute en ce début de saison estivale. Le pic de la crue a été atteint peut après 20 heures avec une hauteur de 5,10 m. Pour mémoire en novembre dernier, la crue avait été mesurée à 4,95 m mais avec moins de rapidité que vendredi. Journal de Millau, 12 juin 2020 : La crue que l’on n’attendait pas | Journal de Millau
  • Météo France avait annoncé pour vendredi un « épisode pluvio-orageux en cours sur le Languedoc et le sud du Massif Central jusqu'en fin de journée ». Il attend de « violents orages sur le Nord-Est en fin d'après-midi et soirée » et il évoque des « crues importantes en cours sur le Haut-Tarn, les Gardons et la Céze ». leparisien.fr, Crues : cinq départements toujours en vigilance orange - Le Parisien
  • La montée des eaux a entraîné ce week-end, une crue du Tarn assez conséquente. Le fleuve s’est épaissi et a gagné en hauteur, ce qui ne laisse évidemment pas les Bressolais à cours de curiosité. ladepeche.fr, Bressols. En crue, le Tarn a souillé les installations du club d’aviron - ladepeche.fr

Traductions du mot « crue »

Langue Traduction
Anglais flood
Espagnol inundar
Italien alluvione
Allemand flut
Chinois 洪水
Arabe فيضان
Portugais inundar
Russe наводнение
Japonais 洪水
Basque uholde
Corse inundazioni
Source : Google Translate API

Synonymes de « crue »

Source : synonymes de crue sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « crue »

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