Courtisane : définition de courtisane


Courtisane : définition du Wiktionnaire

Nom commun

courtisane \kuʁ.ti.zan\ féminin

  1. (Soutenu) (Péjoratif) Femme galante de profession ; prostituée.
    • La marquise avait paru recevoir les soins intelligents d’Arthur […] avec l’insouciance d’une courtisane qui ne sait ni le coût des choses ni la valeur des hommes, et les prise au degré d’utilité dont ils lui sont. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • On se précipitait avec ardeur vers les jouissances matérielles : […]. Les hommes utiles et modestes vivaient dans l’oubli, tandis que les histrions et les courtisanes attiraient les regards. — (Général Ambert, Récits militaires : L'invasion (1870), p.240, Bloud & Barral, 1883)
    • Or je veux bien que les courtisanes aient parfois plus de génie et plus de talent que leurs peintres, qu’elles atteignent à des raffinements d’une délicatesse admirable, et qu’au moment suprême où l’on en ressent l’effet, on serait parfois aussi tenté de les applaudir que de les embrasser : […] — (Pierre Louÿs, Les aventures du roi Pausole, 1901)
    • Courtisanes et guerriers ivres font quelquefois de la lumière. — (Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle (1948), LXIII)
    • De ce capharnaüm d'armures, de hennins et de gorges d'une blancheur lunaire dans lequel mon imagination se plaisait est sorti le concept de la fée, ou de la femme telle qu’à la fois je la souhaitais et redoutais, enchanteresse capable de toutes les douceurs mais recélant aussi tous les dangers, comme la courtisane (mot qui débute avec « courtine » pour finir avec « pertuisane », ce qui – à l`époque encore récente où j’attachais une valeur d’oracle à ce genre de jeux de mots - m'aurait paru un argument inébranlable à l’appui de ce que j’avance). — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, pages 137-138.)
    • Dans le même temps, l'ouvrage posthume de Lucien Bodard consacré aux promotions canapé de Jiang Qing, l'épouse de Mao Zedong, connaît un succès en librairie et vient s'ajouter à une dizaine d'ouvrages disponibles en français sur les frasques de cette courtisane contemporaine. Nul ne s'en offusque. — (Thierry Pfister, Lettre ouverte aux gardiens du mensonge, Éditions Albin Michel, 1998, p. 36)
    • Vous pouvez alléguer que mon peu de fortune autant que mes goûts m’interdisent de porter des bagatelles qui ne conviennent qu’à des reines ou à des courtisanes. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1855)
  2. (Antiquité) (Moins péjoratif) Femme de cette sorte, chez les peuples de l’Antiquité et dans les grandes villes d’Italie.
    • […], et il réunit par le bout de l’index et le pouce de sa main droite, non point avec la signification que donnaient à ce petit geste les courtisanes athéniennes, mais pour marquer qu’il s’exprimait en termes d’ultimatum : […] — (Pierre Louÿs, Les aventures du roi Pausole, 1901)
    • On saura aussi et on révérera les courtisanes sacrées ayant réjoui le plus grand nombre d’hommes ou de femmes. Et leurs noms, gravés sur le marbre, seront conservés pour la postérité. — (Renée Dunan, Ces Dames de Lesbos, 1928)
    • Un des mots auxquels j’ai accordé le plus tôt une valeur érotique, c’est le mot courtisane, que je prenais dans le sens de féminin de « courtisan » bien que je sentisse qu’il y avait là quelque chose de spécial et, pour moi, d’assez mystérieux. Or, une courtisane, je ne la voyais qu’en peplum et cela voulait toujours dire une courtisane antique. — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 55.)

Adjectif

courtisane \kuʁ.ti.zan\

  1. Féminin singulier de courtisan.
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Courtisane : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COURTISAN. n. m.
Celui qui est attaché à la cour, qui fréquente la cour d'un souverain. Vieux courtisan. C'est un adroit, un habile, un fin, un rusé courtisan. Il se dit aussi de Celui qui courtise quelqu'un, qui cherche à lui plaire, pour en obtenir quelque chose. Une coquette aime à se voir entourée de nombreux courtisans. Cet homme n'a point d'amis, il n'a que des courtisans. Ceux qui ont des emplois à donner ne manquent point de courtisans. Courtisan du peuple. Par extension, Courtisan du pouvoir, du succès. Adjectivement, Il a l'esprit courtisan. Un style courtisan.

Courtisane : définition du Littré (1872-1877)

COURTISANE (kour-ti-za-n') s. f.
  • 1Nom que l'on donne aux femmes de mœurs déréglées, mais non sans quelque élégance, qui sont dans les grandes villes d'Italie. Les courtisanes de Venise. La Courtisane amoureuse, titre d'un conte de LA FONTAINE, dont la scène est à Rome.

    Par extension, nom donné aux femmes de ce genre dans l'antiquité. Les particuliers qui veulent assurer le succès de leurs entreprises, promettent d'offrir à Vénus un certain nombre de courtisanes qu'il font venir de divers endroits, Barthélemy, Anach. ch. 37. Corinthe érigea un temple à Vénus où plus de mille courtisanes furent consacrées ; c'est de ce séminaire que sortirent la plupart de ces beautés célèbres dont Athénée a osé écrire l'histoire, Montesquieu, Esp. XXI, 7.

    Par une autre extension, dans le style soutenu, toute femme de mauvaise vie qui est au-dessus des simples prostituées. Une vile courtisane. Le Canara est toujours en possession de fournir les courtisanes les plus voluptueuses et les plus belles danseuses de tout l'Indoustan, Raynal, Hist. phil. III, 16.

  • 2 Terme d'histoire naturelle. Vénus courtisane, sorte de mollusque (Venus meretrix).

HISTORIQUE

XVIe s. La courtisane Flora disoit…, Montaigne, III, 2. Le mot de courtisanne qui est le moins deshonneste synonyme de putain, a pris son origine de la cour de Rome, à sçavoir des premieres devottes qui frequentoient plus que très familierement jour et nuit avec les prelats de Rome, H. Estienne, Apol. d'Hérod. p. 576, dans LACURNE.

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Courtisane : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

COURTISANE, s. f. (Morale.) on appelle ainsi une femme livrée à la débauche publique, sur-tout lorsqu’elle exerce ce métier honteux avec une sorte d’agrément & de décence, & qu’elle sait donner au libertinage l’attrait que la prostitution lui ôte presque toûjours. Les courtisanes semblent avoir été plus en honneur chez les Romains que parmi nous, & chez les Grecs que chez les Romains. Tout le monde connoît les deux Aspasies, dont l’une donnoit des lecons de politique & d’éloquence à Socrate même ; Phryné, qui fit rebâtir à ses dépens la ville de Thebes détruite par Alexandre, & dont les débauches servirent ainsi en quelque maniere à réparer le mal fait par le conquérant ; Laïs qui tourna la tête à tant de philosophes, à Diogene même qu’elle rendit heureux, à Aristippe, qui disoit d’elle, je possede Laïs, mais Laïs ne me possede pas (grande leçon pour tout homme sage) ; enfin la célebre Léontium, qui écrivit sur la philosophie, & qui fut aimée d’Epicure & de ses disciples. Notre fameuse Ninon Lenclos peut être regardée comme la Léontium moderne ; mais elle n’a pas eu beaucoup de semblables, & rien n’est plus rare parmi nous que les courtisanes philosophes, si ce n’est pas même profaner ce dernier nom que de le joindre au premier. Nous ne nous étendrons pas beaucoup sur cet article, dans un ouvrage aussi grave que celui-ci. Nous croyons devoir dire seulement, indépendamment des lumieres de la religion, & en nous bornant au pur moral, que la passion pour les courtisanes énerve également l’ame & le corps, & qu’elle porte les plus funestes atteintes à la fortune, à la santé, au repos & au bonheur. On peut se rappeller à cette occasion le mot de Démosthene, je n’achete pas si cher un repentir ; & celui de l’empereur Adrien, à qui l’on demandoit pourquoi l’on peint Venus nue ; il répondit, quia nudos dimittit.

Mais les femmes fausses & coquettes ne sont-elles pas plus méprisables en un sens, & plus dangereuses encore pour le cœur & pour l’esprit, que ne le sont les courtisanes ? C’est une question que nous laisserons à décider.

Un célebre philosophe de nos jours examine dans son histoire naturelle, pourquoi l’amour fait le bonheur de tous les êtres, & le malheur de l’homme. Il répond que c’est qu’il n’y a dans cette passion que le physique de bon ; & que le moral, c’est-à-dire le sentiment qui l’accompagne, n’en vaut rien. Ce philosophe n’a pas prétendu que ce moral n’ajoûte pas au plaisir physique, l’expérience seroit contre lui ; ni que le moral de l’amour ne soit qu’une illusion, ce qui est vrai, mais ne détruit pas la vivacité du plaisir (& combien peu de plaisirs ont un objet réel !) Il a voulu dire sans doute que ce moral est ce qui cause tous les maux de l’amour, & en cela on ne sauroit trop être de son avis. Concluons seulement de-là, que si des lumieres supérieures à la raison ne nous promettoient pas une condition meilleure, nous aurions beaucoup à nous plaindre de la Nature, qui en nous présentant d’une main le plus séduisant des plaisirs, semble nous en éloigner de l’autre par les écueils dont elle l’a environné, & qui nous a, pour ainsi dire, placés sur le bord d’un précipice entre la douleur & la privation.

Qualibus in tenebris vitæ quantisque periclis
Degitur hoc ævi quodcumque est !

Au reste, quand nous avons parlé ci-dessus de l’honneur que les Grecs rendoient aux courtisanes, nous n’en avons parlé que relativement aux autres peuples : on ne peut guere douter en effet que la Grece n’ait été le pays où ces sortes de femmes ont été le plus honorées, ou si l’on veut le moins méprisées. M. Bertin, de l’académie royale des Belles-lettres, dans une dissertation lûe à cette académie en 1752, & qu’il a bien voulu nous communiquer, s’est proposé de prouver contre une foule d’auteurs anciens & modernes, que les honneurs rendus aux courtisanes chez les Grecs, ne l’étoient point par le corps de la nation, & qu’ils étoient seulement le fruit de l’extravagante passion de quelques particuliers. C’est ce que l’auteur entreprend de faire voir par un grand nombre de faits bien rapprochés, qu’il a tirés principalement d’Athenée & de Plutarque, & qu’il oppose aux faits qu’on a coûtume d’alléguer en faveur de l’opinion commune. Comme le mémoire de M. Bertin n’est pas encore imprimé en Mars 1754 que nous écrivons ceci, nous ne croyons pas devoir entrer dans un plus grand détail, & nous renvoyons nos lecteurs à sa dissertation, qui nous paroît très-digne d’être lûe. (O)

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Courtisane : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « courtisane » les plus populaires.

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Étymologie de « courtisane »

Étymologie de courtisane - Littré

Courtisan.

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Étymologie de courtisane - Wiktionnaire

Depuis courtisienne (« femme ayant des manières de la Cour »), ou de l’italien cortigiana, féminin de cortigiano (« courtisan »).
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Phonétique du mot « courtisane »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
courtisane kurtizan play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « courtisane »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « courtisane »

  • C’est le mot "courtisane" qui a fait bondir le MoDem lyonnais. A tel point qu’un communiqué de presse intitulé "Après Alice et le maire, le baron et la pute !" a été transmis aux médias. S’adressant à la journaliste de Libération, les signataires indiquent : "La nature de vos commentaires à l’égard d’une femme élue est proprement hallucinante au moment-même où le combat du mouvement "Me too" prend tout sens. Votre façon de concevoir la femme politique renvoyée une fois encore à sa condition d’objet sexuel, est inacceptable… Evoquer Mme Bouzerda comme une prostituée pour mieux dénoncer une soi-disant ambition dévorante, cela est proprement injuste et d’une grande inélégance". Lyonmag.com, Bouzerda “courtisane” de Gérard Collomb : le MoDem furieux contre Libération
  • Simon Stone, jeune metteur en scène australien, déplace lui aussi dans le futur le drame de Violetta Valéry. La courtisane du XIXe siècle inspirée de La Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas fils, se voit transformée en influenceuse accro aux réseaux sociaux. Sur un mur de projection elle répond à ses followers et fait la moue pour ses selfies géants, une star d’aujourd’hui interprétée par une soprano sud-africaine, Pretty Yende, qui a subjugué les foules. , Bohème ou Traviata, deux opéras offerts en intégralité par l’Opéra National de Paris | Italieaparis.net
  • Parmi tous les conseils qui nous sont donnés durant cette période de confinement, j’en ai vu un qui concerne le fait d’entamer un projet qu’on avait laissé de côté depuis longtemps. J’en ai plusieurs…mais un en particulier me tient à cœur. Il s’agit de la lecture d’un manuscrit attribué à une courtisane du 17ème siècle qui traîne dans mes tiroirs depuis des années et dont j’ai pour projet (aussi depuis des années) de faire un article. Je saisis donc cette occasion pour y consacrer du temps et en partager le résultat au fur et à mesure sur ce blog. Inde: Arts & Lettres, Le manuscrit d’une courtisane (1) – Inde: Arts & Lettres
  • Rituel bien établi, le traditionnel petit-déjeuner de la majorité n’a pas eu lieu ce mardi matin. La faute à une info parue dans « Marianne » qui est restée sur l’estomac d’Edouard Philippe et lui a ôté l’appétit de retrouver les siens. L’hebdomadaire a révélé le contenu d’une note « secrète » transmise à Emmanuel Macron par Gilles Le Gendre, le président du groupe La République en Marche à l’Assemblée nationale. Message dans lequel l’élu parisien plaide pour un remaniement gouvernemental et adresse son casting idéal au président. Un modèle d’intrigue courtisane et politicienne. Le Gendre propose de remplacer l’actuel Premier ministre par Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, en dépit de son… « faible charisme ». Parole de connaisseur ! À défaut, il plaide pour la nomination à Matignon de Jean-Yves Le Drian, voire de Jean Rottner, le président de la région Grand Est. Le Gendre distribue ensuite les portefeuilles, suggère l’entrée au gouvernement de Manuel Valls. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, il se propose en toute humilité de remplacer Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, qu’on imagine ravie d’apprendre qu’elle avait un prétendant à son poste. Elle ne s’en serait jamais doutée si l’impudent ne s’était pas montré si imprudent. Les élus marcheurs sont habitués à avaler des couleuvres. La révélation des petites manœuvres de leur chef, au moment où le pays à quelques autres priorités, sera quand même un peu raide à digérer. À défaut de petit-déjeuner, une réunion du groupe LREM s’est tenue hier matin dans une ambiance plombée. Gilles Le Gendre a sauvé sa peau, provisoirement en tout cas. Selon la formule imagée d’un député, il devrait bénéficier d’un « sursis avec mise à l’épreuve d’un mois », le temps de laisser passer le second tour des municipales, le 28 juin. Le ministère du Temps libre n’existe plus, mais il y va tout droit. , Edito | Le Gendre paye sa note
  • Ces personnages et l’épisode auquel ce texte fait allusion sont tirés de la légende de la sainte Thaïs, courtisane égyptienne qui vécut au IVème siècle et qui fut arrachée à sa vie de débauche par saint Paphnuce et enfermée dans une cellule pendant trois ans pour y faire pénitence. La vie de la sainte pécheresse repentie inspirera Anatole France pour son roman ‘Thaïs’, paru en 1890. , CAMBODGE - HISTOIRE: George Groslier, l'âme du musée de Phnom Penh dans les années 20
  • Il y a chez toute courtisane quelque chose de religieux qui porte ses clients aux confidences. De Frédéric Dard
  • La courtisane ne délie pas le noeud de sa ceinture pour l'amour du prophète. De Proverbe persan
  • La femme ne sait plus même être courtisane ! De Arthur Rimbaud / Poésies
  • La pudeur est la ruine de la courtisane. De Proverbe sanskrit
  • La courtisane est une institution si elle est un besoin. De Honoré de Balzac
  • Les courtisans sont toujours plats. Les courtisanes ne le sont jamais. De Noël-Noël
  • Un des mots auxquels j’ai accordé le plus tôt une valeur érotique, c’est le mot « courtisane », que je prenais dans le sens féminin de « courtisan » bien que je sentisse qu’il y avait là quelque chose de spécial et, pour moi, d’assez mystérieux. De Michel Leiris / L'âge d'homme
  • La courtisane est un mythe. Jamais une femme n'a inventé une débauche. Gustave Flaubert, Correspondance, à Mme X, 1852

Images d'illustration du mot « courtisane »

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Traductions du mot « courtisane »

Langue Traduction
Corse cortesana
Basque emagaldu
Japonais 遊女
Russe куртизанка
Portugais cortesã
Arabe مومس
Chinois 妓女
Allemand kurtisane
Italien cortigiana
Espagnol cortesana
Anglais courtesan
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Synonymes de « courtisane »

Source : synonymes de courtisane sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « courtisane »


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