Court : définition de court


Court : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

COURT1, COURTE, adj. et adv.

I.− Adjectif
A.− [Dans l'espace] Qui a une petite ou une trop petite étendue par rapport à la moyenne idéale ou réelle ou par rapport à autre chose.
1. [En longueur, en largeur, en hauteur ou en surface] Chemin court, geste court; flamme, herbe courte; courte épée, courte queue; à courte distance. Anton. long.Du bois de Vincennes à la rue Culture-sainte-Catherine le trajet était court et s'effectua en quelques minutes (Ponson du Terr., Rocambole,t. 3, 1859, p. 415).Mes pieds nus, conscients, tâtent la laine courte et dure d'un beau tapis de Perse (Colette, Vagab.,1910, p. 58):
1. C'était toujours la ligne droite sans qu'aucun obstacle, lac ou montagne, les obligeât à la changer en ligne courbe ou brisée. Ils mettaient invariablement en pratique le premier théorème de la géométrie, et suivaient, sans se détourner, le plus court chemin d'un point à un autre. Verne, Les Enfants du capitaine Grant,t. 2, 1868, p. 96.
Au fig. :
2. blaise. − Pour beaucoup de femmes, le plus court chemin vers la perfection c'est... la tendresse. Cela ne veut pas dire qu'on doive s'abandonner à tous ses instincts, bien entendu! Mauriac, Asmodée,1938, I, 4, p. 35.
2. En partic.
a) [En parlant d'une pers. ou d'un animal] Qui est de petite taille. Court et rond; court et trapu; court de taille, de jambes; court sur pattes. Une singulière petite bonne femme, toute courte, toute ronde (Halévy, Criquette,1883, p. 246).Courte et un peu bossue, elle (Félicie) essayait de rehausser sa petite taille en avançant le ventre et plaça une main sur sa hanche (Green, Malfaiteur,1955, p. 13):
3. Gasselin était un de ces petits Bretons courts, épais, trapus, (...) à figure bistrée, (...) têtus comme des mules, mais allant toujours dans la voie qui leur a été tracée. Balzac, Béatrix,1839-45, p. 31.
Bête courte. Qui a peu de longueur de l'échine au garrot. Cheval, mulet court. Ils ont de beaux petits mulets. Des bêtes courtes; des turcs (Giono, Bonh. fou,1957, p. 355).
b) [En parlant d'une partie du corps] Nez, cou, bec, bras court; jambes courtes; courte queue. Des crocodiles sur leurs courtes pattes (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Qui sait? 1890, p. 1190).Les taureaux normands à l'encolure courte (Bernanos, Joie,1929, p. 628).
Spéc., ANAT.
Muscles courts; court adducteur, court fléchisseur, court supinateur. Le court extenseur du pouce manque dans le chat, le chien, l'ours et le lapin (Cuvier, Anat. comp.,t. 1, 1805, p. 323).
Os courts. Anton. os plats et os longs.Les os courts dont la structure est comparable à celle des épiphyses (Gérard, Manuel anat. hum.,1912, p. 5).
c) [En parlant d'un vêtement ou d'une partie de vêtement] Habit court, à manches courtes; robe, jupe courte (qui ne couvre pas la jambe jusqu'à la cheville). Deux valets en culotte courte et en bas de soie blancs (Balzac, Splend. et mis.,1846, p. 462).Une sorte de manteau à larges manches (...) sensiblement plus court que la jupe (Gide, Journal,1915, p. 517):
4. La jeune fille [Sabine] tira sur sa jupe turquoise, qui était courte jusqu'à l'indécence... Toulet, La Jeune fille verte,1918, p. 52.
d) Loc. Tenir la bride* courte. Tirer à la courte paille*. Faire la courte échelle* à qqn.
Le plus court chemin, et p. ell., le plus court, subst. masc. Le chemin le plus direct. Passer par le plus court, aller au plus court, couper au (plus) court. Toutes deux passèrent par la brèche pour aller au plus court (Balzac, Ténéb. affaire,1841, p. 218).Nous nous sommes perdus dans les champs en voulant couper au court (Sue, Myst. de Paris,t. 3, 1842-43, p. 75):
5. François Rabelais se rendit à Montpellier; mais il ne s'y rendit pas tout droit, ni par le plus court (...) il s'amusait à prendre le plus long. A. France, Rabelais,1924, p. 26.
Au fig. Le plus facile, le plus expédient ou le meilleur moyen (cf. infra B 5).Je ne comprends guère (...) vos moyens, au moins très indirects; il est plus court de rester ici (Hugo, Han d'Isl.,1823, p. 142).
3. Qui a une faible ampleur ou une faible portée. Lunette, objectif à court foyer*; vue courte.
Au fig. Borné, obtus, mesquin. Esprit court; idée, intelligence courte. Elle n'avait pas un brin de religion et son bon sens, un peu court, s'offensait de tout mystère (A. France, Livre ami,1885, p. 97).Le nominalisme est une doctrine un peu courte; et les antiféministes ont beau jeu de montrer que les femmes ne sont pas des hommes (Beauvoir, Deux. sexe,t. 1, 1949, p. 12).
Loc. verbale. Avoir la vue courte. Avoir son champ de vision limité aux objets proches, ne pas voir clair de loin (cf. myope). Ce jeune homme, qui paraissait avoir la vue courte, arrêtait presque son cheval pour pouvoir regarder Lamiel plus à l'aise avec son lorgnon (Stendhal, Lamiel,1842, p. 140).Au fig. Manquer de prévoyance, de discernement ou d'ouverture d'esprit, de grandeur d'âme. Hélas! pourquoi faut-il que les idées généreuses aient toujours la vue si courte! (Nerval, L. Burckart,1839, p. 179):
6. ... il [La Bruyère] se raille des vues courtes et des esprits bornés ou envieux qui arguent d'une de vos qualités pour vous refuser une qualité voisine ou même opposée. Sainte-Beuve, Nouveaux lundis,t. 1, 1863-69, p. 138.
Loc. adv., au fig. À courte vue. Étroit, borné, mesquin. Homme, doctrine, politique à courte vue. Jugements à courte vue (Barrès, Jard. Bérén.,1891, p. 203).Égoïsme à courte vue (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 230).
4. Spéc. Qui ne s'étend pas assez.
a) ART CULIN. Sauce courte. Qui manque de fluidité, trop épaisse.
b) CÉRAM. Pâte courte. Qui manque de plasticité, qui s'étend mal. Si la pâte est trop courte, on peut lui donner du liant (...) par le gommage (Al. Brongniart, Traité arts céram.,1844, p. 136).
c) PEINT. Peinture courte. Des artistes m'ont dit que, le silicate séchant très rapidement, la peinture est courte (Mérimée, Ét. anglo-amér.,1870, p. 252).
5. Au fig. Qui a une trop faible importance, qui est nettement insuffisant (en volume, en quantité, en qualité, en dignité, en durée, etc.). C'est court! C'est bien court! C'est trop court! Synon. juste, insuffisant.Plats de consistance trop courte (Huysmans, En ménage,1881, p. 107).Deux poulets pour dix, c'est court! (Gyp, Passionn.,1891, p. 79):
7. [M. Sylvestre :] Fille unique, elle [MlleVallier] a fait honneur à tout et s'est trouvée, à dix-huit ans, à la tête de douze cents francs de rente. C'est court pour une jeune personne habituée à l'opulence. G. Sand, M. Sylvestre,1866, p. 82.
B.− [Dans le temps ou dans l'espace-temps]
1. Qui a une faible durée. Vie courte, jours courts, courte maladie; trouver le temps court. Anton. long.Un court mais expressif regard (Dumas père, Monte-Cristo,1846, p. 699).Court interlude d'orgue (Potiron, Mus. église,1945, p. 94).Ses petites flammes de courtes joies (Vialar, Brisées hautes, 1952, p. 124):
8. La nuit qui descend si rapide aux courtes journées de décembre était venue, mais sans amener avec elle une obscurité complète. La réverbération de la neige combattait les ténèbres du ciel, et par un renversement bizarre il semblait que la clarté vînt de la terre. T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 144.
P. plaisant. À la longue et même, selon certains, à la courte Montesquiou devenait fatigant, puis insupportable (L. Daudet, Qd viv. mon père,1940, p. 247).
SYNT. Court espace de temps, frisson, instant, intervalle, laps de temps, moment, silence, sommeil, voyage; courte absence, apparition, averse, hésitation, pause, prière, visite; cycle, enseignement court; un temps relativement court; de courte durée.
Loc. div.
Proverbes. Les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures. Faire courte messe et long dîner. Être peu fervent (cf. Ac. Compl. 1842).
Fam. Avoir la mémoire courte. Oublier vite quelque chose ou ne pas vouloir s'en souvenir. Que tu as la mémoire courte, Élisabeth! Rappelle-toi l'été où tu m'accompagnais à Bordeaux, tous les jours (...). Souviens-toi de tes larmes dans la voiture (Mauriac, Mal Aimés,1945, II, 6, p. 201).La vouloir courte et bonne. [P. allus. à une citation de la duchesse de Berry] Jouir de la vie au détriment de sa santé. Ce farceur, qui la demandait courte et bonne, la mène bête et triste (Vallès, Réfract.,1865, p. 175).
En savoir le court et le long sur une affaire. En connaître tous les détails, tous les aspects.
2. P. ext. [En parlant d'une énonciation orale ou écrite] Qui a peu d'ampleur, peu de développement. Roman, poème court; phrase courte; de courts extraits (cf. bref). Les deux montagnards se retrouvèrent avec l'effusion aux paroles courtes (...) chez ces gens d'élocution difficile (A. Daudet, Tartarin Alpes,1885, p. 193).Elle [Clotilde] parlait par petites phrases, nettes, courtes, tranchantes (Tharaud, Bien-aimées,1932, p. 107).Résumés courts et fidèles (Civilisation écr.,1939, p. 3401):
9. J'avais repris Ésope le bossu, que j'avais aimé dès ma troisième pour ses paroles frustes, courtes et judicieuses. Jammes, Mémoires,1923, p. 186.
Loc. fig., fam., vieilli. Pour (le) faire court. Pour abréger, pour dire en peu de mots. Synon. (Pour faire) bref.Pour le faire court, monsieur, Carmen me procura un habit bourgeois (Mérimée, Carmen,1847, p. 51).
SYNT. Compliment, exposé, récit court; épigramme, introduction, lettre courte; courte description, digression, explication.
[En parlant de qqn] Être court. Parler ou écrire de façon brève, sans s'étendre sur les détails :
10. Cet art de prendre en tout ce qui est la fleur, de ne point fatiguer le lecteur par des détails oiseux, en un mot l'art d'être court (...) est la qualité qui nous charme et dont l'absence gâte pour nous des ouvrages pleins de choses... E. Delacroix, Journal,1857, p. 142.
3. Dont le terme est rapproché. À court terme, à courte échéance. Je signai des lettres de change à courte échéance, et le jour du payement arriva (Balzac, Peau chagr.,1831, p. 181).Il s'est fait débiteur à court terme (Claudel, Corona Benignitatis,1915, p. 412).Dans le plus court délai possible (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 660).
4. Qui est récent. De courte noblesse. [Brichanteau] − Mais ce Corneille-là, c'est de courte noblesse! (Hugo, Marion Del.,1831, p. 201).
5. Pratique et sûr par sa rapidité, simple, facile (cf. supra A 2 d, au fig.). Le plus court expédient; avoir, trouver plus court de... Si vous voulez annoncer votre visite, vous aurez plus court d'envoyer un messager (Bourget, Némésis,1918, p. 26):
11. La vie moderne tend à nous épargner l'effort intellectuel comme elle fait l'effort physique. (...) Elle nous offre toutes les facilités, tous les moyens courts d'arriver au but sans avoir fait le chemin. Valéry, Variété IV,1938, p. 141.
Vx et littér. En être pour sa courte honte; rester, revenir avec sa courte honte. Être vite humilié ou embarrassé après avoir essuyé un affront, un refus. Ton grand-père m'a signé un chèque de cinq mille francs. Une aumône! J'en suis pour ma courte honte (H. Bazin, Vipère,1948, p. 220).
6. Qui a une fréquence rapide. Souffle court, haleine, respiration courte, (vx) courte haleine. Respiration difficile et fréquente. Avoir le souffle court. S'essouffler vite. Être court d'haleine*. Le rythme de sa respiration courte [de Dubourg] se précipitait (Arnoux, Roi d'un jour,1956, p. 72).
a) MAR. Vague courte, mer courte. La vague, de plus en plus gonflée, devenait courte (Hugo, Homme qui rit,t. 1, 1869, p. 116).Vent court, courte houle. Vent qui ne permet pas d'atteindre facilement le but. Un vent court et dru brosse vigoureusement la mer (Camus, Été,1954, p. 171).
b) RADIO. Ondes* courtes, ultra-courtes.
II.− Adverbe
A.− [Dans l'espace] D'une manière courte. Une mode qui habille court; cheveux coupés court (Dub.); barbe court frisée; être attaché court. Les cochers, attentifs, tenaient court les rênes (Reider, MlleVallantin,1862, p. 122).
Couper, tailler court des cheveux, de l'herbe, etc. Ces champs de pailles jaunes, tondues court, que dessèche et dore le soleil d'août (Loti, Rom. enf.,1890, p. 107).Ramilles coupées court et appointées (Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 139):
12. Il ne faut jamais craindre de couper du bois sur le chèvrefeuille de Chine. Plus on taille court, plus il pousse avec vigueur, fleurit abondamment, et garnit le bas et le centre... A. Gressent, Traité complet de la création des parcs et jardins,1891, p. 598.
Rem. Dans ces loc. verbales, l'emploi adj. de court est possible. Faire couper ses cheveux courts (cf. Grev. 1964, § 378). À treize ans, c'était un petit garçon pâle, aux cheveux bruns toujours coupés trop courts, aux yeux tristes (Larbaud, F. Marquez, 1911, p. 142).
B.− [Dans le temps ou l'espace-temps] D'une manière brusque, rapide. D'habitude, il la quittait court, comme si les choses n'avaient pas en lui de prolongement (A. France, Lys rouge,1894, p. 38).Elle [Camille] respirait court (Colette, Chatte,1933, p. 212).
C.− Loc. div.
1. Loc. verbales
Arrêter court qqn; s'arrêter court. Synon. net.Une autre fois, petit, il faudra s'arrêter court plutôt que de se disputer comme ça (Sand, Meunier d'Angib.,1845, p. 327):
13. En voyant entrer M. Viot toute l'étude tressauta. Les petits, effarés, se regardèrent. Le narrateur s'arrêta court. A. Daudet, Le Petit Chose,1868, p. 68.
Faire court. L'ironie doit faire court. La sincérité peut s'étendre (Renard, Journal,1908, p. 1164).
Rester, demeurer, se trouver court. Manquer d'idées, d'arguments, de repartie. Synon. coi :
14. − (...) Mouret, ne vous verra-t-on pas quelquefois, nous bouderez-vous toujours? Mouret, que le caquetage attendri de sa belle-mère finissait par troubler, resta court sur la riposte. Zola, La Conquête de Plassans,1874, p. 938.
Couper court à qqc. Mettre brusquement un terme à quelque chose. Couper court à un entretien, à des objections, à des médisances. On peut souvent couper court à une bronchite et enrayer la maladie (Cadet de Gassicourt, Malad. enf.,t. 2, 1880-84, p. 112).
Emploi abs. Couper court :
15. Bardot voulut le mettre au courant de l'état du 57. Mais, dès la première phrase, le professeur coupa court en se dirigeant vers la porte : − « Montons. ». R. Martin du Gard, Les Thibault,Épilogue, 1940, p. 766.
Tourner court
Changer brusquement de direction. Arrivé au coin de la rue Vaneau et de la rue de Sèvres, il [Voillenier] tourna court, et revint chez lui (Bourget, Tapin,1928, p. 171).Au fig. Passer d'une chose à une autre sans transition :
16. Pourquoi Gorrevod, après avoir mentionné ce Lotos et dit étourdiment : « S'y est-on amusé hier! » avait-il tourné court et changé de sujet de conversation? P. Bourget, Un Drame dans le monde,1921, p. 128.
Cesser brusquement, ne pas arriver au terme de son développement, du résultat escompté. Puis elle [la reine] sortit précipitamment, laissant Christian très étonné que la scène eût tourné si court (A. Daudet, Rois en exil,1879, p. 323).
2. Loc. adv.
Tout court. Tel quel, sans aucun mot de plus. Homme je suis parti, homme je rentre. Et pas homme de lettres. Homme tout court (Cocteau, Maalesh,1949, p. 197):
17. Elle aimait tant Georges! (elle disait Georges tout court avec une fraternelle familiarité), qu'elle avait une envie folle de connaître sa jeune femme et de l'aimer aussi. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Le Pardon, 1882, p. 659.
De court. Serrer, tenir qqn de court.
Le serrer de près, laisser peu de jeu au lien (cf. tenir la bride* courte) :
18. ... j'avais beau allonger mes petites jambes, un de ces grands diables s'était acharné sur moi et me serrait de si court, de si court qu'après avoir senti deux ou trois fois le vent de sa trique, je finis par la recevoir en plein sur la tête. A. Daudet, Contes du lundi,1873, p. 234.
Au fig. Lui laisser peu de liberté. De vraies passions, tenues de trop court par l'avarice terrienne de vieux parents de sang paysan (E. de Goncourt, Élisa,1877, p. 66).
Prendre qqn de court. Le prendre au dépourvu, sans lui laisser le temps de réfléchir, d'agir. En principe, l'interne doit tout savoir et ne jamais être pris de court. S'il y a de la casse, c'est sa faute (L. Daudet, Dev. douleur,1931, p. 180).
3. Loc. prépositive. À court de; être à court de. Manquer de. Être à court d'argent, d'arguments. L'homme n'est jamais à court d'ingéniosité (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 142).
P. ell. À court (souvent pour à court d'argent). Toutes dettes payées − et j'en avais! − je me trouve à court (Verlaine, Corresp.,t. 3, 1890, p. 179).
Rem. La loc. synon. être court de est vieillie et littér., largement concurrencée par être à court de. Un vicomte de Limoges (...) se trouva court de poivre (Faral, Vie temps St Louis, 1942, p. 172). Wedecke parlait d'abondance, lui généralement si court de propos (Morand, Fin siècle, 1957, p. 32).
Prononc. et Orth. : [ku:ʀ], fém. [kuʀt]. Ds Ac. depuis 1694. Adj. qui s'emploie comme adv. inv. : couper court; des cheveux coupés court; elle allait court vêtue. Homon. cour, courre, cours, formes de courir. Étymol. et Hist. I. Adj. a) ca 1100 curt « de peu de longueur » (Roland, éd. J. Bédier, 1492); 1640 au propre veuë Courte (Oudin, Curiositez); 1690 domaine moral veuës courtes (Fur.); b) 1155 corte duree (Wace, Brut ds Keller, p. 335 a); 1532 avoir la mémoire courte (Rabelais, Pantagruel, 12, éd. Marty-Laveaux, I, 276); c) fin xiie-début xiiies. « rapproché (dans le temps) » (Aiol, 7724 ds T.-L. : a cort terme). II. Subst. av. 1266 le court (opposé au long) (Livre de Jean d'Ibelin, Assises de Jerusalem, XXII, éd. Beugnot, I, 46). III. Loc. a) ca 1205 tenir qqn de court « surveiller de près, laisser peu de liberté » (Renart, éd. Martin, XVII, 1112); ca 1450 pour le faire court « pour être bref » (Mistère Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 16230); xves. couper court (qqc.) « interrompre brusquement » (Monstrel., liv. I, ch. 134 ds Littré); b) 1556 être court de qqc. « être dépourvu de » (Saliat, Plethon, II ds Gdf. Compl.) d'où 1862 être à court (de qqc.) (Flaub., Corresp., p. 283); c) 1660 pris de court (Oudin, Tresor des deux lang. espagnolle et françoise, Paris, 2epart.). Du lat. class. curtus « écourté, tronqué », au fig. « incomplet, mince, insuffisant ». Fréq. abs. littér. : 7 533. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 10 455, b) 10 328; xxes. : a) 10 177, b) 11 465. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, passim.Goug. Mots. t. 1. 1962, p. 275. − Grimaud (F.). Petit gloss. du jeu de boules. Vie Lang. 1968, p. 673. − Grundt (L.-O.). Ét. sur l'adj. invarié en fr. Oslo, 1972, pp. 66-72; p. 114, 130, 150, 155, 313, 323. − Guiraud (P.). Le Jargon de la Coquille. Cah. Lexicol. 1967, t. 11, no2, p. 50. − Quem. 2es. t. 4 1972. − Rog. 1965, p. 230, 236.

COURT2, subst. masc.

SP. Terrain rectangulaire en terre battue ou en dur spécialement aménagé pour le tennis, délimité par des lignes et séparé en deux dans sa largeur par un filet. Court de tennis, court couvert. Court de tennis rougeâtre (Montherl., Lépreuses,1939, p. 1484):
Le terrain vague a été coupé en trois pour faire trois tennis, des gens en blanc y courent, les balles volent, les raquettes battent l'air. C'était le court du fond, près duquel il est resté un grand marronnier devant l'espèce de cabane-vestiaire, et un banc. Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 331.
Rem. Attesté ds Rob., Quillet 1965, Dub. et Lar. Lang. fr.
Prononc. : [ku:ʀ]. Étymol. et Hist. [1894 la cour trad. de l'angl. (the) court (Dary, Jeux de Balle et de Ballon, p. 178 ds Bonn.)]; 1900 court (De Vaux, Sport en France, II, 351, ibid.). Angl. court (empr. à l'a. fr. cort, court, v. cour) attesté comme terme de sp. tennis court dep. 1519 ds NED. Fréq. abs. littér. : 66.

Court : définition du Wiktionnaire

Adjectif

court \kuʁ\ masculin

  1. De petite longueur ou qui n’a pas la longueur moyenne des objets du même genre.
    • L’ouvrier se sert d'une lame courte et tranchante, engagée dans un manche d’os, avec laquelle il pratique, au bas de l’arbre, une entaille circulaire et assez profonde pour arriver jusqu'à l’aubier. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 174)
    • Les îles Galapagos, mon escale prévue, n’étaient qu’à huit cent milles à vol d’oiseau, mais malgré la courte distance, c’était une longue traversée. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Le seul moyen de se garantir d’oignons, & même de toute incommodité aux pieds, c'est d'être absolument en garde contre les chaussures trop courtes. — (Nicolas Laurent Laforest, L'art de soigner les pieds : contenant un traité sur les cors, verrues, durillons, oignons, engelures, les accidens des ongles & leur difformité, Paris : chez l'auteur & Maison de M. Bourdet et Versailles : Blaizot, 1781, page 77)
  2. (Familier) Qui est en petite quantité, insuffisant.
    • Courte pitance.
    • Le bouillon est un peu court, mettez-y de l’eau.
  3. (Figuré) Borné (en parlant de l'esprit ou de l'intelligence).
    • Avoir l’esprit court, l’intelligence courte.
  4. (Par ellipse) Plus court chemin.
    • Allez par là, c’est le plus court.
    • Il arriva le premier, parce qu’il avait pris le plus court.
    • Prendre au plus court.
  5. Prompt, facile, expéditif.
    • Il eût été plus court de faire ce que je vous ai conseillé.
    • J’ai trouvé plus court de ne rien répondre.
  6. Qui est de peu de durée.
    • La courte nuit d’été lui parut cependant interminablement longue. Il éprouvait une sensation désagréable d’insécurité et il s’imaginait, sans la moindre raison, que le jour la dissiperait. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 98 de l’éd. de 1921)
    • Une lettre de change à courte échéance.
    • Il est mort après une courte maladie.
  7. Concis, peu développé.
    • Votre lettre est beaucoup trop courte.
    • Les règles doivent être courtes et claires.
    • Ce prédicateur, cet avocat fut court.
    • Il est court dans ses explications.
  8. (Familier) Petit, courtaud.
    • Il est court sur pattes.
  9. (Grammaire anglaise) Se dit d’un adjectif comportant une seule syllabe, ou deux auquel cas il se termine obligatoirement par un -y.
    • Les adjectifs pretty et doggy sont dits courts parce qu’ils ne comportent que deux syllabes et terminent par -y.
    • Les adjectifs good et fat sont dits courts puisqu’ils ne sont constitués que d’une syllabe.

Adverbe

court \kuʁ\

  1. De façon courte.
    • Si l’animal a le vice de mordre, il est attaché très-court, et si vous êtes curieux d’en savoir le motif, l’on vous répond que c’est parce qu’il irait manger la ration du voisin. — (Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877)
    • Court-vêtu, qui a un vêtement court.
    • Être pendu haut et court, être exécuté à la potence.
    • Pour vous le faire court, pour le faire court, se dit quand on veut abréger un discours, un récit.
    • Pour faire court.
  2. Sans voix.
    • Demeurer, rester court, se dit d’une personne qui vient à manquer de mémoire en récitant un discours appris par cœur, ou qui ne trouve plus ce qu’elle avait à dire, ce qu’elle voulait dire. On le dit aussi quand une personne est si pressée par des objections, ou si convaincue, qu’elle ne sait que répondre.
    • Ce prédicateur, dans son sermon, cet avocat, dans son plaidoyer, etc., est demeuré court.
    • Elle est demeurée court après les premiers mots de son compliment.
    • Il ne manque pas de hardiesse, il n’est point homme à rester court.
    • On l’accabla tellement de raisons, qu’il demeura court, qu’elle resta court.
  3. Brusquement, subitement.
    • Enfin ! À mes coups de sifflets, j'eus la joie de voir mon rouan s'arrêter court. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • Couper court, abréger un récit des explications, un exposé.
    • Se rendant compte que l’auditoire s’ennuyait, il a pris parti de couper court.
    • Devant l’inutilité de cette démarche, il a coupé court et s’est retiré.
    • Couper court à quelqu’un, le quitter brusquement en lui faisant une réponse brève et décisive.
    • Couper court à une chose, en finir avec elle, l’empêcher de se prolonger.
    • Couper court à un entretien, y mettre brusquement un terme.
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Court : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COURIR. (Je cours ; nous courons. Je courais. Je courus. Je courrai. Cours. Que je coure. Que je courusse. Courant. Couru.) v. intr.
Aller avec vitesse, avec impétuosité. Courir de toute sa force. Courir sur quelqu'un. Courir après quelqu'un. Courir à toutes jambes. Ils couraient aussi vite l'un que l'autre. Ceux qui couraient dans les jeux Olympiques. On le dit, également et par extension, des Choses, quand elles sont susceptibles de mouvement. Ces nuages courent dans le ciel. Faire courir une boule. En termes de Marine, Faire courir une manœuvre dans ses poulies. Il se dit absolument des Chevaux qui disputent le prix de la vitesse. Ce cheval a couru aux dernières courses. Faire courir signifie Envoyer sur le champ de course des chevaux pour disputer ce prix. Transitivement, Courir le grand prix de Paris. Il se dit aussi des Épreuves de vitesse de cyclisme, d'automobilisme, de bateaux à rames, à voiles ou à moteurs. Fig. et transitivement, Courir une carrière, Être engagé dans une profession, une entreprise, etc., où l'on s'efforce d'obtenir des succès, de l'emporter sur ses rivaux. Vous courez une périlleuse carrière. Hortensias et Cicéron couraient la même carrière. Prov. et Fig., Ce n'est pas le tout que de courir, il faut partir de bonne heure, ou Rien ne sert de courir, il faut partir à temps, Ce n'est pas assez de se hâter quand on veut réussir dans une entreprise, il faut prendre ses mesures de loin. Fig. et fam., Je cours encore, Il court encore, signifie qu'on s'est échappé en toute hâte, qu'on ne se laissera plus prendre à une chose. Il m'a suffi de le voir, de l'entendre : je cours encore. Courir sus à quelqu'un se disait, dans les anciennes Ordonnances, pour Se jeter sur quelqu'un, l'arrêter, le maltraiter. Il fut mis hors la loi, et chacun eut le droit de lui courir sus. Figurément, il signifie S'en prendre à quelqu'un, se précipiter violemment sur lui. Tout le monde lui court sus. Il signifie quelquefois Aller plus vite que le pas. Vous allez trop vite, vous ne marchez pas, vous courez. Il signifie aussi Aller avec empressement. Courir au feu. Je cours le prévenir. Courez, ne perdez pas un instant. Courir au plus pressé, S'occuper, avant toute autre chose, de ce qui importe le plus dans le moment. Fig., Courir après les honneurs, les places, les richesses, la fausse gloire, etc. Courir après des chimères, après des fantômes. Courir à sa perte, à sa ruine. Fig., Courir après l'esprit, Mettre de la recherche, de l'affectation, de l'effort à montrer de l'esprit. Fam., Courir après l'argent, Chercher toutes les occasions de gagner de l'argent. Il ne se dit qu'en mauvaise part. Fam., Courir après son argent, Continuer à jouer pour regagner ce qu'on a perdu. Il signifie aussi Faire des démarches, des poursuites pour recouvrer une somme d'argent qu'on a de la peine à se faire rendre, à se faire payer. Courir à sa fin se dit des Choses qui sont près de finir, qui n'ont pas longtemps à durer. Ma provision de bois court à sa fin. Cette maladie court à sa fin. Il se dit aussi figurément de Toute action précipitée, de tout ce qu'on fait trop vite. Il faut aller bride en main, on ne fait pas les affaires en courant. Il se dit particulièrement d'une Personne qui lit, qui récite, qui prononce, qui écrit ou qui compose trop vite. Lisez doucement, ne courez pas. Il a écrit cela en courant. Il laisse courir sa plume sur le papier. Il signifie encore familièrement Aller çà et là, sans s'arrêter longtemps en chaque endroit. Il ne fait que courir. Il est toujours à courir. Il court depuis le matin jusqu'au soir. Il se dit particulièrement des Courses, des démarches qu'on est obligé de faire pour quelque objet que ce soit. Il a couru toute la journée pour cette affaire. En termes de Marine, il signifie Faire route. Courir au nord. Courir au sud. Transitivement, Courir des bordées, courir des bords, Louvoyer, aller alternativement à droite et à gauche, quand le vent est presque debout. Il se dit particulièrement d'une Côte, d'une terre, d'une montagne, etc., qui se prolonge dans une direction déterminée. Cette côte court de l'est à l'ouest l'espace de trois ou quatre lieues. Ces montagnes courent du nord au sud et partagent de grands continents. Il s'emploie pour Couler, s'écouler. Le ruisseau qui court dans la prairie. Le Rhône court du nord au sud. L'eau qui court. Il se dit figurément du Temps. Le temps court insensiblement. Au temps ou par le temps qui court, Dans le temps présent, dans les circonstances actuelles. Il se dit à propos d'une Rente, des gages, des appointements, etc., pour désigner l'Époque à partir de laquelle ils doivent être comptés. L'intérêt de cette rente court du commencement de l'année. Ses gages, ses appointements courent du milieu du mois. Son loyer court du mois de janvier. Il signifie encore Circuler, se propager, se communiquer ; et, en ce sens, il est souvent impersonnel. Il court des bruits fort désavantageux sur son compte. Faire courir de fausses nouvelles. Une rumeur très alarmante court depuis hier dans le public. Il signifie aussi figurément Être en vogue. La mode qui court. Cette chanson courait par la ville.

COURIR est aussi verbe transitif, alors il signifie Poursuivre à la course avec dessein d'attraper. Il s'emploie surtout en termes de Chasse. Courir le cerf, le lièvre, le daim. Il a droit de courir le cerf sur ses terres. Voyez aussi COURRE. Fig. et fam., Courir le même lièvre se dit de Deux personnes qui sont en concurrence pour la même chose. Prov. et fig., Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois, ou Qui court deux lièvres n'en prend aucun, Poursuivre deux affaires à la fois, c'est s'exposer à ne réussir ni dans l'une ni dans l'autre. Fig. et fam., Courir le cachet. Voyez CACHET.

COURIR se dit figurément en parlant des Personnes ou des Choses qu'on recherche avec empressement, qui sont fort en vogue. On ne l'emploie guère qu'au participe passé. Ce prédicateur est fort couru. Ce spectacle est très couru. Il signifie aussi figurément Être exposé à. Courir un danger. Courir risque, courir le risque de, Être en péril de. Il court grand risque de perdre son bien. Courir des chances, courir la chance de..., S'exposer à un risque dans l'espoir d'un avantage. Courir même fortune, Être dans les mêmes intérêts, dans la même situation d'affaires. Courir les aventures se disait des Chevaliers qui allaient à la recherche des exploits guerriers. Il se dit aussi de Quelqu'un qui cherche à se faire un nom ou une fortune par des moyens qui ne sont pas les moyens ordinaires. Il signifie encore Parcourir. J'ai couru toute la ville sans le trouver. Courir les rues. Courir les champs. Courir le pays, Parcourir tel ou tel pays, en vue de le connaître à fond. Courir le monde, Voyager en divers pays par goût d'aventure. Fam., Cette nouvelle, cette aventure, cette histoire court les rues, Elle est sue de tout le monde. L'esprit court les rues, L'esprit est commun, tout le monde en a. Fam., Courir la prétantaine. Voyez PRÉTANTAINE. Pop., Courir le guilledou. Voyez GUILLEDOU. Il signifie également Hanter, fréquenter Courir les buts. Courir les spectacles, les concerts, les maisons de jeu, les mauvais lieux, etc.

Court : définition du Littré (1872-1877)

COURT (kour, kour-t' ; usage variable pour la liaison du t ; les uns disent : un kour espace de temps ; les autres : un kour-t espace de temps ; au pluriel, même incertitude pour l's ; quelques-uns disant : les kour espaces de temps ; plus souvent : les kour-z espaces de temps) adj.
  • 1Qui a peu de longueur. Cheveux courts. Herbe courte. Manteau court. Que le chemin est court d'un palais au tombeau ! Rotrou, Bélis. V, 4. Il a bien jugé que le plus court chemin de persuader était de plaire, Guez de Balzac, liv. VI, lett. 5. J'en vis plusieurs s'approcher sur une espèce de courte allée qui séparait en deux le terre-plein, Rousseau, Hél. IV, 11.

    Anciennement, prévôt, lieutenant criminel de robe courte, juge qui porte l'habit court et l'épée, qui n'est point gradué ; ces juges étaient particulièrement établis pour la capture et le jugement des voleurs et des vagabonds.

    Terme d'anatomie. Vaisseaux courts, artères et veines qui s'étendent de la rate au grand cul-de-sac de l'estomac.

    Courte paume, courte boule, jeu de paume ou de boule renfermé dans un espace étroit, et où l'on ne pousse pas la paume, la boule de toute sa force, mais où l'on fait voir plus d'adresse en la menant en des endroits limités.

    On dit d'un homme adroit et habile, que l'herbe sera bien courte s'il ne trouve à brouter.

    Fig. Son épée est trop courte, c'est-à-dire il n'a pas assez de crédit, de capacité, de force pour… On dit dans le même sens : il a les bras trop courts.

    Tirer à la courte paille, décider par le sort au moyen de plusieurs pailles dont la plus courte assigne ce dont il s'agit à celui à qui elle échoit.

    Faire la courte échelle, présenter son dos comme marchepied à quelqu'un qui veut escalader un mur. Escalader un mur à la courte échelle. Et, figurément, faire à quelqu'un la courte échelle, lui faciliter les moyens d'arriver à son but.

    Tenir quelqu'un de court, lui laisser peu de liberté. Mme de Marsan ne fut regrettée ni des siens, ni de son mari qu'elle tenait de court, et qui demeurait riche usufruitier d'une partie de ses biens, Saint-Simon, 73, 203. Le duc de Bourgogne était peu accompagné, et de personne qui le tînt de court, Saint-Simon, 306, 3. Ne sachant à qui nous en avions, on nous tenait de plus court qu'auparavant, Rousseau, Conf. I.

    Prendre quelqu'un de court, ne pas lui laisser assez de temps pour faire la chose dont il s'agit. On l'eût pris de bien court à moins qu'il ne songeât à l'endroit où gisait cette somme enterrée, La Fontaine, Fabl. IV, 20.

    Terme de poterie. Pâte courte, pâte qui ne s'étend pas beaucoup. Cette porcelaine diffère essentiellement des autres, en ce qu'elle est faite d'une pâte plus courte, qu'elle est très dure et très solide, Raynal, Hist. phil. V, 27.

  • 2Qui a peu de taille. La trop courte beauté monta sur des patins, La coquette tendit ses lacs tous les matins, Boileau, Ép. IX. Ce peuple imitateur, ce singe de la cour A commencé depuis un jour D'humilier enfin l'orgueil de ses coiffures ; Mainte courte beauté s'en plaint, gronde, tempête, Et, pour se rallonger consultant les devins, Apprend d'eux qu'on retrouve en haussant ses patins La taille que l'on perd en abaissant la tête, Chaulieu, Pour Mme de Lassay.

    Terme de manége. Cheval court, celui dont le corps a peu de longueur du garrot à la croupe.

    Terme de chasse. Longue levrette et court lévrier.

  • 3Insuffisant. Il vint des gens qu'on n'attendait pas, et le dîner se trouva court. Le bouillon est un peu court, mettez-y de l'eau. Tu diras qu'aux coffres du roi L'argent est court comme chez moi, Boisrobert, Ép. XI. Voilà ce qu'un marchand appellerait le nécessaire, mais le nécessaire est bien court entre ceux qui trafiquent d'esprit, Diderot, Lett. à M. de Ramsay. Depuis lors mes finances ont souvent été fort courtes, mais jamais assez pour être obligé de jeûner, Rousseau, Conf. IV.

    Avoir la vue courte, ne pas voir de loin. Pour servir à ceux qui ont la vue courte, Descartes, Diopt. 2. La faiblesse de sa vue, qui était si courte qu'il ne voyait pas à dix pas, Fontenelle, l'Hôpital. Et fig. N'avoir pas assez de sagacité, de prévoyance. On dit dans le même sens : un homme à courte vue. On dit aussi : des vues courtes, il n'a que des vues courtes.

    Terme de marine. Un navire a le vent court, quand il n'atteint que difficilement, à la bordée, le point vers lequel il se dirige.

    Fig. Avoir l'esprit court. La sagesse humaine est toujours courte par quelque endroit. M. Basnage ne s'aperçoit pas, tant ses lumières sont courtes, qu'il est pris par son aveu, Bossuet, Var. déf. 1er disc. § 65. Cette religion de l'esprit, tout intellectuelle et morale, ils l'ont faite toute physique et matérielle, pour la mettre à leur brute et courte portée, Ségur, Hist. de Napol. VII, 8.

    Monnaie courte, monnaie qui n'a pas tout à fait le poids requis.

    En parlant des personnes, être court de, manquer de. Être court d'argent, de mémoire. Plus heureux cent fois que le roi Si je n'étais court de finance, Régnier, Ép. III. Et que deviendra lors cette publique estime Qui te vante partout comme un fourbe sublime Et que tu t'es acquise en tant d'occasions à ne t'être jamais vu court d'inventions ? Molière, l'Étour. III, 1. Fénelon prit Godet pour un homme sans monde, sans talents, de peu d'esprit et court de savoir, Saint-Simon, 34, 136.

    Absolument. Être court, n'avoir pas une grande portée d'esprit. C'était [Boufflers] un homme fort court, mais pétri d'honneur et de valeur, Saint-Simon, 207, 38.

  • 4Qui est de peu de durée. En hiver les jours sont courts. De quels jours assez longs peut-il borner sa vie, Que notre affection ne les trouve trop courts ? Malherbe, II, 1. Toute action, tout temps, tout lieu Était propre à penser à Dieu ; Toute heure était trop courte à cette sainte idée, Corneille, Imit. I, 18. Leur amitié fut courte autant qu'elle était rare : Le sang les avait joints, l'intérêt les sépare, La Fontaine, Fabl. IV, 18. Comptons comme très court, ou plutôt comptons comme un pur néant tout ce qui finit, Bossuet, le Tellier. Qu'importe que sa vie ait été si courte ? jamais ce qui doit finir ne peut être long, Bossuet, Duch. d'Orl. Les autres ennemis n'ont que de courtes haines, Racine, Théb. III, 6. Ces jours, si longs pour moi, lui sembleront trop courts, Racine, Bérén. IV, 5. Mais toi seul, ô mon Dieu, par siècles tu mesures Ce temps qui sous tes mains coule éternellement ; L'homme compte par jours ; tes courtes créatures Pour naître et pour mourir ont assez d'un moment, Lamartine, Harm. IV, 4.

    Courte et bonne, disent les dissipateurs en parlant de la vie. La faire courte et bonne, mener joyeuse vie en mangeant sa fortune et ruinant sa santé.

    Terme de commerce. Lettre de change à courts jours, celle qui n'a plus que peu de jours à courir. On dit de même, tirer ou remettre à courts jours, c'est-à-dire pour un terme qui doit bientôt échoir.

  • 5Avoir la courte haleine, l'haleine courte, la respiration courte, respirer peu profondément et coup sur coup ; être facilement essoufflé.
  • 6Bref. Courte harangue. Une courte réprimande. Une courte prière. [Il] s'est défait de cet esprit jaloux Avec un compliment encor plus court qu'à vous, Corneille, Tite et Bérén. III, 4. Je n'ai fait celle-ci plus longue que parce que je n'ai pas eu le loisir de la faire plus courte, Pascal, Prov. 16.

    Être court, ne pas parler longuement. Monseigneur, vous avez d'autres affaires que celles du pays de Gex, ainsi je serai court, Voltaire, Lett. Turgot, 22 déc. 1775.

    Pour le faire court, pour abréger. Et pour le faire court, Dire qu'il n'est rien…, Régnier, Sat. III. Il le prit en homme de courage, En galant homme, et, pour le faire court, En véritable homme de cour, La Fontaine, Joc. Enfin, pour faire court, l'aventure fut telle…, Mairet, Soliman, I, 1. On lui dit, pour faire court, Qu'il mette ordre à ses affaires, La Fontaine, Glout.

  • 7Prompt et facile. Les moyens les plus courts pour réussir. Le plus court expédient. Le général a plus court de céder, mais d'éviter à les avoir dans son armée [les gendarmes et mousquetaires], Saint-Simon, 471, 231.
  • 8Courte honte, refus, affront, insuccès. Il en a eu la courte honte. Qu'il serait pris ainsi qu'au trébuchet Et s'enfuirait avec sa courte honte, La Fontaine, Confid.

    L'explication de cette locution paraît être une honte avec laquelle on demeure court, on est arrêté court.

  • 9 Substantivement. Le court, ce qui est court. Savoir le court et le long d'une chose, en connaître tous les détails.

    Le plus court, le chemin le plus court. Quel est mon plus court ? En passant par là, vous prenez le plus court.

    Fig. Le plus court, ce qu'il y a de plus simple, de plus facile. Votre plus court sera, madame la mutine, D'accepter sans façon l'époux qu'on vous destine, Molière, Sgan. 1. Il faut qu'avec notre famille Nous prenions dès demain chacun une faucille ; C'est là notre plus court, La Fontaine, Fabl. IV, 22. Votre plus court est de ne dire mot, La Fontaine, Rich. Il faudrait que votre imagination nous représentât aussitôt leurs figures, elle ne le peut pas ; c'est le plus court de croire qu'ils ne sont point, Fontenelle, les Mondes, 6e soir.

  • 10Court, adv. Couper court, abréger, ou même interrompre. Et moi, pour trancher court toute cette dispute, Molière, Femmes sav. V, 3. Laissez un peu de temps agir la maladie ; Cela fait, tranchez court ; quelquefois un moment Est maître de toute une vie, La Fontaine, Quinquina, II. Coupons, morbleu, coupons court Aux erreurs de la jeunesse, Béranger, Chapons.

    Couper court à quelqu'un, le quitter brusquement ; rompre l'entretien par une parole brève et décisive.

    Se trouver court, être arrêté tout à coup dans une entreprise, faute de moyens, de ressources, de capacité. Les ressources leur ont manqué, et ils se sont trouvés court. Les souscriptions ne vinrent pas, et la compagnie se trouva court. Se trouvant court par celui-là ; C'est par l'esprit que je veux dire, La Fontaine, Nic. N'as-tu point honte, toi, de demeurer court à si peu de chose ? Molière, Scapin, I, 2. Il demeure court dans ses entreprises, Bossuet, Amb. 5. La hardiesse humaine n'aime pas à demeurer court, Bossuet, Gornay. Puisque, entreprenant de marquer ces faits, il demeure court dans la preuve, Bossuet, Var. 2e instruct. past. § 81. Si j'avais mis nos gens à bord [à terre] Sans argent et sans pierreries, Seraient-ils pas demeurés court ? La Fontaine, Fianc.

    Rester court, tout court, manquer de mémoire, être confondu. Je ne saurais plus écrire ; me voilà demeurée tout court, Sévigné, 99. J'aime mieux demeurer court sur cette demande, Bossuet, Satisf. D'où vient que son dictionnaire demeure court en celle-ci ? Bossuet, Préf. Il a la confusion de demeurer court, La Bruyère, Théophr. 27. C'est le plus petit inconvénient du monde que de demeurer court dans un sermon ou dans une harangue, La Bruyère, XII.

    Tourner court, en parlant d'un cocher qui ne se donne pas assez d'espace pour faire tourner sa voiture. Un cocher risque de verser quand il tourne court.

    Par extension. Tourner court, faire un brusque changement de direction. Il tourna tout court sur l'infanterie des Arabes, La Fayette, Zayd, Œuvres, t. I, p. 275, dans LACURNE.

    Dans un sens analogue, tomber court. Il est bon que j'imite Phoebus qui, sur la fin du jour, Tombe d'ordinaire si court Qu'on dirait qu'il se précipite, La Fontaine, Fianç.

    Tourner court, être interrompu brusquement. L'engagement fut d'abord vif, mais il tourna court ; l'avant garde russe se retira précipitamment derrière le ravin, Ségur, Hist. de Napol. IV, 8.

    Fig. Tourner court, ne pas ménager les transitions dans sa conduite, dans son langage. Ils [les hommes faibles] tournent si court quand ils changent de sentiments qu'ils ne mesurent plus leurs allures, Retz, IV, 49. Tournons tout court, et venons à la conclusion, Bossuet, Réf. On a dit un mot de Chantilly, mais cela est tombé si court qu'il n'en est plus question, Sévigné, 378.

  • 11Court-vêtu, qui a un vêtement court. Légère et court-vêtue…, La Fontaine, Fabl. VII, 10. La véritable reine reprenait un bon teint frais et vermeil, mais elle était crasseuse, court-vêtue, Fénelon, XIX, 5. D'un regard étonné j'ai vu sur les remparts Ces géants court-vêtus, automates de Mars, Voltaire, Voy. à Berlin.

    Les Orientaux chevauchent court, ils n'allongent pas leurs étriers autant que nous.

    Être pendu haut et court, être exécuté à la potence. Sinon, il consentait d'être en place publique Guindé, la hart au col, étranglé court et net, La Fontaine, Fabl. VI, 19. On le menace, on lui dit que sous peine D'être pendu, d'être mis haut et court En un gibet, il faut que sa puissance Se manifeste avant la fin du jour, La Fontaine, Belph.

  • 12Tout court, loc. adv. Sans ajouter un mot, sans plus d'explication. Il ne fut plus que messire tout court, La Fontaine, Faucon. Hé bien, monsieur tout court, et non plus monsieur de Sotenville, j'ai à vous dire que…, Molière, G. Dand. I, 4. Ce nom de Mademoiselle tout court passa ainsi dans l'esprit du monde pour être affecté à la première petite-fille de France, Saint-Simon, 227, 43.

    Brusquement, subitement. Je lisais votre lettre et je m'arrêtais tout court, Sévigné, 52. Quand il lui échappe quelque chose, elle s'arrête tout court, Sévigné, 181. Souvent l'on trouvait de l'eau en quantité qui arrêtait tout court les ouvriers et semblait devoir les rebuter pour toujours, Rollin, Hist. anc. œuvres, t. I, p. 213, dans POUGENS.

PROVERBES

On dit d'un homme peu dévot, qu'il fait courte messe et long dîner.

Courte prière pénètre les cieux, ce n'est pas la longueur, c'est la ferveur de la prière qui en fait l'efficacité.

Les plus courtes folies sont les meilleures, il convient de se retirer le plus tôt possible d'une mauvaise affaire où l'on est engagé.

Le chemin le plus long est quelquefois le plus court, c'est-à-dire, en se détournant de la route directe on évite parfois des obstacles et on arrive plus vite au but.

À vaillant homme courte épée, un homme courageux n'a pas besoin d'être bien armé, un homme habile n'a pas besoin d'être bien outillé.

REMARQUE

1. Dans le XVIIe siècle, les grammairiens ont discuté la question de savoir si une femme devait dire : je suis demeurée courte ou court. Marguerite Buffet voulait que courte fût ici un adjectif et s'accordât. Vaugelas, Chifflet, Th. Corneille ont décidé que court était adverbe et invariable ; et tel est l'usage aujourd'hui. Une femme dit : je suis demeurée court. L'interprétation de cette locution est : demeurer dans le court, sans aller jusqu'au bout.

2. Une femme doit-elle dire : je suis courte d'argent. Les mêmes grammairiens se sont partagés, Marguerite Buffet voulant qu'une femme dît : je suis courte ; et les autres : je suis court. L'Académie en fait, dans cet emploi, non un adverbe, mais un adjectif ; et la construction grammaticale ne paraît pas permettre ici un adverbe.

3. Être court d'argent, et non être à court d'argent, qui est une locution fautive, puisque rien n'y justifie la préposition à.

HISTORIQUE

XIe s. Curte la cuisse et la crope bien large, Ch. de Rol. CXIII. Espiez [ils] ont forz, et les hanstes sont curtes, ib. CCXXII.

XIIe s. Gardez bien ces messages [messagers], car lor vivres est cors, Sax. XXVII. Car joie a corte durée Qui avient par tel folor, Couci, I. Jambes [ils] ont cortes, gros les os, Rou, 14459.

XIIIe s. Chascuns l'a fiancé [promis], cours en fu li sermons, Berte, XXIII. Il les tenoient si court, que sept ou huit fois les convenoit le jour armer, Villehardouin, LXXIV. Et nequedent [cependant] il les tenoit si cours qu'il ne savoient pooir de movoir cascuns de son lieu, Chr. de Rains, p. 73. La court retient mieus le court que le lonc, Ass. de J. 46.

XVe s. Lors les seigneurs Poulains luy dirent tout court, qu'ils ne le serviroient plus en tel estat, Jeh. de Saintré, ch. 50. Incontinent le duc d'Aquitaine coupa court, Monstrelet, liv. I, ch. 134. Nous avons un de leurs prescherres Tué et lapidé à pierres ; Les autres plus en douteront ; S'en les tient court, ilz cesseront, Mart. de S. Étienne. [Il] Retourna tout court, et [je] croy que, s'il fust passé oultre deux traictz d'arc, qu'il eust été prins comme aucuns autres qui chassoient devant lui, Commines, I, 4. Et pour le vous faire court, il sejourna aucuns jours en la cité, Commines, II, 4. Et après le disner, lequel fut court et sec, monterent à cheval, Louis XI, Nouv. LXXXI. Il les convint departir, voulsissent ou non ; et moult en pesa au chevalier au tref d'argent ; mais Gulphar en fut joyeux, car il se sentoit de courte alaine, Perceforest, t. VI, f° 37. Très cher sire, bien est vrai que, quand nous eusmes esté entre vous et moy secretement ensemble, aucunes fois je vous ay moult court tenu [sollicité] de sçavoir vostre nom et dont vous estes, ib. t. I, f° 39. Pour ce ne laissent pas qu'ilz ne se mettent à la voye par devers la vieille que la jeune damoiselle et ses deux chamberieres tenoient toute courte ; car elle s'en vouloit fuyr, ib. f° 45. Lors regarde son compaignon et voit que le chevalier le tenoit si court, qu'il ne pouvoit yssir hors de l'eaue et lui avoit ja fait une playe au cousté senestre, ib. f° 52. Quant je ouy ce, si fus moult courroucé et convoiteux de sçavoir qui il estoit ; si la tins de si court [une femme] et tant la requis qu'elle me dist que c'estoit Lancelot, Lancelot du lac, t. III, f° 120.

XVIe s. Il y en a aucuns meschans, lesquels pensent estre leur plus court d'avoir en moquerie toutes religions, Calvin, Instit. 283. Et pour le faire court [en un mot], Calvin, ib. 605. Il nie plat et court que…, Calvin, ib. 573. L'ennemy ne avoyt pensée plus urgente que de sa retraicte, accompaignée de courte honte, Rabelais, Pant. IV, Nouv. prol. Si mon argent est court, je me recommanderay à voz aulmosnes, Rabelais, Épi. I. Demeurer court [à faire quelque chose], Rabelais, I, 190. Un parler court et serré, Rabelais, I, 191. Et, en estants assiegez tout court [par la neige], ils furent…, Rabelais, I, 262. Si la douleur est violente, elle est courte, Rabelais, I, 304. Ces bœufs, ayants faict leur tasche, s'arrestoient tout court, Rabelais, II, 174. Je trouvay mon plus court de gaigner les solitudes, Rabelais, II, 193. Il tenoit les soldats de plus court, estant prez des ennemis, Rabelais, III, 174. Avoir la veue courte, Rabelais, IV, 32. Pirithous ne s'en fouit point, ains retourna tout court au devant de luy, Amyot, Thésée, 38. Estant pour lors l'argent fort court à Athenes, ces amendes là estoient fort griefves, Amyot, Solon, 44. Les vivres commencerent à estre courts aux Gaulois, Amyot, Cam. 41. En ceste extreme necessité les Atheniens eurent une courte joye pour 150 galeres que l'on apperceut près d'Aegine, Amyot, Démétr. 44. Cela ne se peut pas faire des terres sableuses ; parce qu'elles sont toutes courtes et vaines [cassantes, sans consistance], Palissy, 305. Les vivres estant courts et chers, D'Aubigné, Hist. I, 212. Vienne se trouva en peu de jours courte de vivres, D'Aubigné, ib. III, 349. Les seditieux que l'on tiendra de si court qu'ilz n'oseront entreprendre…, Condé, Mémoires, p. 643. Avons esté contraints de retourner, je n'ozeray dire avecques nostre courte honte ; car elle n'a esté que trop grande, Pasquier, Lett. t. II, p. 89, dans LACURNE. Ayant un desir importun de mon retour, pour en sçavoir moy mesmes, comme l'on dit, le court ou le long, l'Amant ressuscité, p. 486, dans LACURNE. Se on ne tient jeunesse bien court, elle sera bien tost gastée, Palsgrave, p. 597. Tesmoignage de la foiblesse et insuffisance humaine, qui, à faute de bonne monnoye, employe la courte et la fausse, Charron, Sagesse, p. 220, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

COURT.
13 En termes de marin, temps court, temps qui ne permet pas de voir au loin.

HISTORIQUE

Ajoutez :

XIVe s. Il faudra qu'avec moy veigniez Pour les mener [des prisonniers] jusqu'à la court, Et que nous les tenions de court Et près de nous, Théâtre français au moyen âge, Paris, 1839, p. 317.

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Court : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* COURT, adj. (Gram.) terme relatif à l’étendue & à la durée, dont il désigne une portion peu considérable, relativement à une autre portion à laquelle nous comparons dans notre esprit celle que nous nommons courte. Si la chose que nous nommons courte, est un individu, nous la comparons à l’étendue ou à la durée moyenne de celle de son espece, au-dessous de laquelle nous la trouvons : si cette chose est une espece, il y a une autre espece qui n’est ni la plus grande, ni la plus courte du même genre, qui nous sert de modele, & ainsi de suite : ainsi nous disons d’une telle élégie qu’elle est courte, relativement à la longueur commune des élégies. Nous disons qu’une élégie est entre les pieces de Poësie une des plus courtes.

Court, nom que les Anatomistes donnent à un grand nombre de muscles, par opposition à ceux qui sont nommés longs. Voyez Long.

Le court extenseur de l’avant-bras, Voyez Anconé.

Le court radial externe, voyez Radial.

Le court palmaire, voyez Palmaire.

Le court supinateur, voyez Supinateur.

Le court extenseur commun des doigts du pié, voyez Extenseur.

Le court peronier, voyez Peronier.

Le court extenseur du pouce de la main & du pié, voyez Extenseur.

Le court fléchisseur commun des doigts du pié, voyez Perforé. (L)

Court, (Manege.) Un cheval court est celui dont le corps a peu de longueur du garot à la croupe. Voyez Garot, Croupe.

Court-jointé, est un cheval dont le paturon est court. Voyez Paturon.

Court, en Architecture. Voyez Cour.

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Étymologie de « court »

Étymologie de court - Littré

Bourguig. cor ; provenç. cort ; espagn. corto ; portug. curto ; ital. corto ; du latin curtus ; sansc. krita, couper.

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Étymologie de court - Wiktionnaire

(Adjectif) Du latin curtus (« écourté, tronqué, diminué, circoncis, court »).
(Nom commun) De l’anglais court, issu de l’ancien français cort, lui-même du bas latin cortis (« enclos, cour, basse-cour ») qui procède du latin cohors, cohortis. Voir cour et ses dérivés courtisan, courtiser, courtois, courtoisie, etc.
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Phonétique du mot « court »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
court kur play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « court »

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Citations contenant le mot « court »

  • L'aventure dans la Somme aura été de courte durée pour Isaac Mbenza. Relégué en Ligue suite suite à la décision de la LFP d'arrêter l... réagir › Foot National, OM : Mc Court s'agace et dénonce une tentative de déstabilisation
  • Le 30 juin, Netflix va dévoiler une collection de courts-métrages réalisés par des cinéastes confinés. Plusieurs grands noms se sont prêtés au jeu, à l’instar de Ladj Ly. Le réalisateur des “Misérables” ne sera pas le seul, puisque Kristen Stewart et Maggie Gyllenhaal sont aussi annoncées à la réalisation de deux œuvres made in confinement. Journal du Geek, Netflix : une collection de court-métrages réalisés pendant le confinement
  • Faisant de la prison une métaphore pour le cloisonnement psychologique dont beaucoup d’hommes gays refoulés souffrent, la réalisatrice propose une exploration très sensible de l’homophobie intériorisée. Elle mise d’ailleurs sur un scénario travaillé et une photographie sobre, offrant une allure presque documentariste à son deuxième court-métrage. TÊTU, Pourquoi il faut voir "Baltringue", court-métrage fort sur l'homosexualité en prison - TÊTU
  • Tout a été dit (ou presque) sur les Beatles. Mais quand Gordon Zola signe la première autobiographie de la basse Höfner de Paul McCartney, tout devient différent. Rencontre avec l’auteur de « La basse… court toujours ». France Bleu, Les livres de votre été avec France Bleu Périgord : « La basse... court toujours » de Gordon Zola
  • Comme l’avaient envisagé, les deux initiatrices du court circuit (voire édition du 10/06/2020) le marché de Pailhes fait peau neuve. Ce marché qui était installé le dimanche matin place Nelson Mandéla se déroulera dès le 3 juillet 2020 tous les vendredis de 17heures à 20heures sur la place de l’église. Nombre de producteurs et artisans locaux ont déjà réservé leurs places. Ce marché aura également une dimension culturelle avec des animations et des stands divers, livres, objets anciens, spectacles. ladepeche.fr, Pailhès. Le court circuit fait son marché - ladepeche.fr
  • La bonne renommée reste couchée, la mauvaise court les chemins. De Proverbe russe
  • Le plus court chemin est la ligne droite. De Proverbe français
  • Quand court le renard, le poulet a des ailes. De Proverbe français
  • Qui sème le vent court après son chapeau. De Professeur Choron
  • Le jour est court et l'ouvrage est long. De Le Talmud
  • Tout arrive plus vite à qui court après. De Proverbe québécois
  • Dieu est le plus court chemin entre les hommes. De Anonyme
  • On ne ferre pas un cheval qui court. De Proverbe hollandais
  • Tout le monde court après sa jeunesse. A douze ans, on court après un cerf-volant. Puis, on court après son âme d'enfant. De Francis Blanche
  • Le mot long est plus court que le mot court, c’est dingue non ? De Philippe Geluck / Le Chat
  • Le cheval court, le cavalier se vante. De Proverbe kurde
  • Tout ce qui est exact est court. De Joseph Joubert / Pensées
  • La honte court comme le feu. De Proverbe berbère
  • Qui naquit chat court après les souris. De Proverbe français
  • La vie est un court exil. De Platon
  • Je n'ai fait [cette lettre-ci] plus longue que parce que je n'ai pas eu le loisir de la faire plus courte. Blaise Pascal, Les Provinciales, 16e lettre

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Traductions du mot « court »

Langue Traduction
Corse cortu
Basque laburrak
Japonais ショート
Russe короткая
Portugais curto
Arabe قصيرة
Chinois
Allemand kurz
Italien corto
Espagnol corre
Anglais short
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Synonymes de « court »

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Antonymes de « court »



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