Concours : définition de concours


Concours : définition du Wiktionnaire

Nom commun

concours \kɔ̃.kuʁ\ masculin

  1. Action de tendre vers un même but, de coopérer.
    • Ceux-là le croiront qui admettent que Guibour, femme de Guillaume d'Orange, a pu entrer dans la légende sans le concours des moines de Gellone, lesquels conservaient son nom dans leur cartulaire; […]. — (Joseph Bédier, La légende de Raoul de Cambrai, 1926, dans Revue historique, Vol.97, Librairie G. Baillière, 1965, p.10)
    • L’humidité ne favorise la végétation que par le concours de la chaleur.
    • Le concours des deux chambres est nécessaire à la confection des lois.
    • Cette mesure exige le concours de l’autorité civile et de l’autorité militaire.
    • Le concours de l’Etat dans les travaux faits par les communes.
    • Prêter son concours, apporter son concours.
  2. Réunion ; rencontre ; rassemblement.
    • Chez tous les animaux dont il a été question précédemment, le concours de deux individus de sexe différent est indispensable pour donner naissance à une nouvelle génération. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, Les Métamorphoses et la généagénèse, Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 3, 1856 (pp. 496-519))
    • Parmi un concours de peuple considérable — estimé à 150 000 personnes — , la cérémonie serait présidée par S. Em. le cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, légat de Sa Sainteté le pape Pie XII, entouré de nombreux évêques et archevêques : […]. — (Maurice Lelong, Célébration du fumier, Le Jas du Revest-Saint-Martin (Haute-Provence) : chez Robert Morel éditeur, 1966, p. 153)
    • Depuis un siècle, ces concours de pinsons n’ont guère variés, à ceci près qu’on ne les prive plus de la vue ; les pinsons sont désormais entraînés à chanter par imitation d’un ou de plusieurs chanteurs. — (Marie Cegarra, Pierre Pierrard, Les Fils du sang: Coqs combattants du Nord, 1992)
    • Un comédien c'est une vocation, un métier qui s'apprend, c'est un choix de vie. Un acteur c'est une personnalité, forte en général, prise et mise au service du cinéma par un concours de circonstances. — (Alain Delon, Le Monde, 18 juin 2003)
    • Le concours d’événements si extraordinaires ne peut aisément s’expliquer.
  3. Affluence de monde en quelque endroit.
    • Le bruit et le tumulte, qui accompagnent toujours un grand concours d’hommes rassemblés dans la même localité et qui ont été agités par les mêmes événements, furent maintenant remplacés par le bourdonnement éloigné des groupes divers […]. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • […]; les places et les rues attenantes, […], étaient, quoiqu’il fût minuit, encombrées de populaire.
      Tout ce concours menaçant, pressé, bruyant, ressemblait, dans l’obscurité, à une mer sombre et houleuse dont chaque flot faisait une vague grondante ; […].
      — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre I)
    • Tumultueux concours de monde aux abords de l’embarcadère, gens qui partent et gens qui regardent partir, recrutés parmi la population cosmopolite de Bakou. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. III, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
  4. (Géométrie) Situation d’intersection commune de plusieurs droites.
    • L'objectif de ce texte est de produire plusieurs démonstrations du concours des hauteurs d'un triangle du plan euclidien. — (Daniel Perrin, le concours des hauteurs d'un triangle, Université Paris-Sud)
  5. Épreuves mettant en compétition des candidats (individus, groupes, entreprises, des cabinets d'architectes pour la réalisation d'un bâtiment, par exemple), pour un nombre de places fixé d'avance, pour obtenir un prix ou pour établir un classement honorifique.
    • Le Gouvernement a renouvelé pour la dixième fois, en 1865, le grand concours biennal de composition musicale, institué par l'arrêté royal du 19 septembre 1840. — (Bulletin de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 1865, 34e année, 2e série, vol.20, p.326)
    • Certaines communes, écrivait le préfet, à l'occasion des fêtes patronales, ou de manifestations agricoles, ont, à leur programme de réjouissances, des concours de buveurs de cidre ou autres boissons. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • La maison est toujours pleine de monde, des repas avec animation, des concours de rummikub, de boules, des conférences, la chorale, le club informatique, le karaoké... — (Les meilleures Maisons pour personnes âgées de votre région : Ile-de-France, Senior Plus, 2005-2006)
    • Ted n'avait jamais vraiment prêté attention à son apparence jusqu'à un soir de beuverie où elle avait accepté en titubant d'affronter une belle blonde du LAPD lors d'un concours de T-shirt mouillé. — (Mark Haskell Smith, Défoncé, traduit de l'américain, Payot & Rivages, 2014, chap.16)
    • Concours général ou grand concours, lutte par classes respectives entre les meilleurs élèves des lycées de paris et ceux des départements.
    • Concours agricoles généraux, régionaux ou départementaux, Exposition des produits de l’agriculture ou de l’élevage, à la suite de laquelle ces produits sont primés et les producteurs récompensés.
  6. (En particulier) (Éducation) Épreuve scolaire pour être reçu étudiant dans une école.
    • Dans le courant de 1914, il avait interrompu ses études, sur les conseils du directeur du collège, qui ne l'estimait pas de santé assez robuste pour affronter le difficile concours, et la guerre l'avait surpris à Biarritz , où il villégiaturait. — (Un héros de la France : Guynemer, Paris : éd. Jean Cussac, anonyme, s.d (1918), non paginé)
    • A l'époque, j'étais en Maths spé et, pendant les concours, rendant ma copie (vide) au bout de l'heure légale à partir de laquelle chaque candidat pouvait user de son libre arbitre pour quitter la salle, je me précipitais à la Vidéothèque de Paris, […]. — (Yann Moix, « Mon cinéma », dans La règle du jeu n°23, Paris, octobre 2003)
  7. Participation ou contribution à une action ou un projet.
    • Le banquier ayant le devoir de s’informer est fautif s’il consent des concours avec des documents comptables non assortis du visa du commissaire aux comptes ou lorsqu'il ne prend pas connaissance de leur rapport. — (André Buthurieux, Responsabilité du banquier, chez l’auteur/TheBookEdition, 2012, p. 97)

Forme de verbe

concours \kɔ̃.kuʁ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de concourir.
  2. Deuxième personne du singulier de l’indicatif présent de concourir.
  3. Deuxième personne du singulier de l’impératif de concourir.
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Concours : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CONCOURIR. (Il se conjugue comme COURIR.) v. intr.
Tendre ensemble au même but, coopérer. Il se dit des Personnes et des choses. Diverses causes ont concouru à cet effet. Vous avez concouru avec moi au succès de cette affaire. Il concourut à le perdre. Il n'a concouru à cela ni directement ni indirectement. Concourir au bien public. Tout semblait concourir à son bonheur, à son élévation, à sa perte. Il signifie, en termes de Physique et de Géométrie, Se diriger vers le même point, se rencontrer. Deux forces qui concourent vers un même point. Deux lignes qui concourent en un point. Il signifie aussi figurément Entrer ou être en concurrence pour obtenir un prix, un emploi, un titre, etc., promis au plus capable, au plus digne. Concourir pour le prix d'éloquence, de peinture, etc. Être admis à concourir. Il a concouru avec un tel pour... Concourir pour une chaire de droit, de médecine, etc. On le dit aussi des Ouvrages mêmes faits par les concurrents. Les ouvrages envoyés après telle époque ne pourront concourir. Il signifie encore Avoir les mêmes droits, pouvoir prétendre à la même situation. Tous les officiers de l'armée concourent pour l'avancement. On dit, en termes de Droit, Des créanciers concourent, quand leur hypothèque est de même date.

Concours : définition du Littré (1872-1877)

CONCOURS (kon-kour ; l's ne se lie pas : un concours odieux, dites : un kon-kour odieux) s. m.
  • 1Action d'une foule qui se porte vers un point ; affluence. Le concours des curieux était très grand. L'audace d'une femme arrêtant ce concours…, Racine, Athal. I, 1. Je voulais éviter cette foule importune ; Au devant de mes pas le concours s'est grossi, Chénier M. J. Gracques, I, 5. Me refusant d'abord à ce concours d'hommages, Ducis, Hamlet, IV, 7. Un concours pénitent de dévots pèlerins, De l'Helvétie entière inonde les chemins, Masson, Helvétiens, V.
  • 2Action de se trouver ensemble, rencontre. Un concours de voyelles formant un hiatus. Le favorable concours des circonstances. Le monde, formé, suivant Démocrite, par le concours des atomes. Fuyez des mauvais sons le concours odieux, Boileau, Art p. I. Formé par un concours fortuit des premiers corps, Bossuet, Hist. II, 1.

    Coïncidence. Le concours de deux époques.

    Terme de géométrie. Le concours de deux lignes, leur intersection.

  • 3 Terme de jurisprudence. Se dit lorsque plusieurs prétendent droit à un même objet. Concours entre créanciers. Concours de priviléges, lorsque plusieurs créanciers privilégiés se disputent la priorité.

    Concours d'actions, lorsque plusieurs actions concourent pour obtenir un même résultat.

  • 4Action de concourir, de coopérer à un résultat. [Ces choses] dépendent du concours de deux causes, Descartes, Médit. 4. Et prêtant son concours à ce fameux ouvrage, Rotrou, St-Gen. IV, 2. Il veut que Dieu l'y soutienne par un concours extraordinaire, Bourdaloue, Carême, I, Tentat. 197. Il fallait qu'il y eût un certain concours entre les opérations de l'âme, Bossuet, Conn. de Dieu, 1.

    Terme d'administration. Concours de l'État, des communes, intervention financière dans l'exécution des travaux publics, dans une entreprise.

  • 5Lutte dans laquelle plusieurs concurrents se disputent des prix, des primes, des chaires ; épreuve entre ceux qui prétendent à un emploi, à l'exécution d'une œuvre d'art. Le concours est ouvert. Un brillant concours. Mettre une chaire au concours.

    Concours général, et, absolument, concours, compositions, par classes respectives, entre l'élite des élèves des lycées et colléges de Paris et du lycée de Versailles.

    Dispute ou examen qui se fait à Rome pour obtenir certains bénéfices vacants.

HISTORIQUE

XVIe s. Quand il se fait un concours [réunion] de plusieurs personnes pour quelque occasion, Amyot, De la curiosité, 22.

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Concours : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

CONCOURS, terme de Géométrie. Point de concours de plusieurs lignes, est le point dans lequel elles se rencontrent, ou dans lequel elles se rencontreroient, si elles étoient prolongées. Point de concours de plusieurs rayons, Voyez Foyer. (O)

Concours, s. m. (Metaphysiq.) Le concours est l’action réciproque de differentes personnes, ou choses, agissant ensemble pour un même effet & pour une même fin. Les scholastiques distinguent deux sortes de concours, le médiat, & l’immédiat ; le premier qui consiste à donner le pouvoir, ou la faculté d’agir ; le second qui est l’influence contemporaine de deux causes pour produire un effet ; ainsi l’ayeul concourt médiatement à la production du petit-fils, parce-qu’il a donné au pere la puissance d’engendrer : mais le pere concourt immédiatement avec la mere pour le produire. On convient généralement que Dieu concourt médiatement avec toutes les créatures, pour les rendre capables d’agir : nous ne pensons, nous ne parlons, & nous n’agissons que parce-que Dieu nous en a donné la faculté ; & sans cette providence contre laquelle les impies s’élevent, ils seroient encore dans le néant, & la terre ne seroit pas chargée du poids de ces ingrats. Mais on dispute dans les écoles, si le concours médiat est suffisant, & s’il n’est pas de plus nécessaire qu’elle concoure immédiatement avec les créatures par une nouvelle influence, pour la production de chaque acte, de la même maniere que le pere concourt avec la mere pour la production de l’enfant. Le torrent des scholastiques est pour l’affirmative. Durand de S. Portien évêque de Meaux, assez hardi pour le tems où il écrivoit, & d’autant plus hardi que tous les esprits étoient subjugués, se déclara pour le concours médiat ; voici les raisons sur lesquelles il appuie son sentiment. Si Dieu concouroit immédiatement avec les créatures, ou ce seroit par la même action numérique, ou ce seroit par une action différente ; on ne peut dire ni l’un ni l’autre. 1°. Ce n’est point par la même action numérique que Dieu concourt avec les créatures, parce-que la même action numérique ne peut émaner de deux agens, à moins qu’elles n’ayent la même faculté numérique, telle qu’elle est dans le pere & dans le fils qui produisent le Saint Esprit par la même aspiration numérique. En second lieu, Dieu ne concourt point par une action qui lui seroit personnelle ; car ou l’action de Dieu précéderoit l’action de la créature, ou elle en seroit précédée, ou ces deux actions seroient simultanées. Si l’action de Dieu précede l’action de la créature, il ne reste donc rien à faire pour la créature ; de même si c’est l’action de la créature qui précede celle de Dieu, l’influence de Dieu est inutile, parce que l’effet est produit par l’action qui précede, soit que cette action vienne de Dieu, soit qu’elle appartienne à la créature. Enfin si deux actions sont simultanées, l’une des deux devient inutile, parce qu’une seule suffit pour produire l’effet. Voilà apparemment ce que nieront les auteurs qui soutiennent le concours immédiat : ils en fondent la nécessité sur le souverain domaine que Dieu a sur toutes les créatures, & plus encore sur la conservation qui selon eux est une création continuée : voici comme ils raisonnent. La conservation étant une création continuée, Dieu est obligé de produire des substances dans tous les instans : or Dieu ne peut pas produire des substances qu’il ne les produise revêtues de leur modification ; il ne les produit pas sans doute comme des êtres sans formes, & comme des especes, ou quelqu’autre des universaux de Logique : or parmi les modifications dont les substances sont doüées, on y doit comprendre tous les actes par lesquels elles se modifient : donc Dieu les produit immédiatement avec les créatures : donc il faut admettre le concours immédiat. Mais ce sentiment paroît blesser la liberté, c’est du moins la conséquence que tire M. Bayle ; jugez s’il est conséquent dans son raisonnement. Il me semble, dit cet auteur, qu’il en faut conclure que Dieu a fait tout ce qui n’avoit point dans toutes les créatures, des causes premieres, secondes, & même occasionnelles, comme il est aisé de le prouver ; car en ce moment où je parle, je suis tel que je suis avec mes circonstances, avec telle pensée, avec telle action, assis ou debout : que si Dieu m’a créé au commencement tel que je suis, comme on doit nécessairement le dire dans ce systême, il m’a créé, avec telle pensée, telle action, tel mouvement, & telle détermination ; on ne peut dire que Dieu m’a créé éxistant, qu’il ne produise avec moi mes mouvemens & mes déterminations. Cela est incontestable pour deux raisons : la premiere est, que quand il me crée & me conserve à cet instant, il ne me conserve pas comme un être sans forme, comme une espece, ou quelqu’autre des universaux de Logique ; je suis un individu, il me crée & me conserve comme tel, étant tout ce que je suis dans cet instant. M. Bayle pousse encore davantage cette objection. Quoi, dit-il, rejetterons-nous la subsistance continue des créatures à cause des fâcheuses conséquences ? Sont-elles à comparer avec celles dont nous venons de parler ci-dessus ? L’hypothese de ces gens-là est une pure imagination inconcevable.

Il vient au concours immédiat, qui est une suite de la création sans cesse renouvellée, & dit, que si on veut que Dieu soit l’auteur immédiat de toutes les déterminaisons & de toutes les actions, il sera vrai aussi que nous serons de purs automates, de simples sujets purement passifs, & incapables d’aucun penchant, ni d’aucune détermination ; & si cela est, que deviendra le péché ? Car enfin qu’il soit néant tant qu’il voudra, l’homme ne sera néant que par son inaction qui lui est essentielle, & Dieu ne lui peut demander compte du mauvais usage d’une faculté qu’il ne lui a jamais donnée ; ainsi ce sentiment n’est pas compatible avec l’idée la plus saine qu’on puisse avoir du péché.

Telles sont les objections de M. Bayle contre le concours immédiat : il est certain que quelque système qu’on suive sur cet article, il restera toûjours de l’obscurité ; mais il est encore plus certain que la Toute-puissance de Dieu & la liberté de l’homme sont deux vérités incontestables.

Le système qui attribue aux ames le pouvoir de remuer les corps, outre qu’il n’est pas chargé de fâcheuses conséquences, est un sentiment si naturel & si général, qu’on ne devroit point s’y opposer, à moins qu’il ne fût combattu par des raisons convaincantes, ou prises de la question en elle-même, ou prises de la gloire de Dieu. Mais, dira-t-on, nous ne pouvons concevoir comment une ame qui est intelligente peut remuer la matiere qui est une substance étendue. Mais conçoit-on mieux le concours ? D’ailleurs, est-ce une raison suffisante pour nier une chose, de dire je ne la conçois pas ? Savez-vous comment l’ame forme ses volitions ? Vous ne la dépouillerez pas sans doute de ce pouvoir, à moins que vous n’en fassiez une simple machine.

Les anges sont appellés dans l’Ecriture les exécuteurs de la loi divine. Quand Dieu envoya l’ange exterminateur qui fit mourir tous les premiers nés d’Egypte, dans la supposition que Dieu est le principe de l’activité des intelligences & du mouvement du corps, que faisoit cet ange ? son dessein étoit de tuer tous les premiers nés, il venoit de l’ordre de Dieu immédiatement, l’action physique qui fit mourir les premiers nés n’en venoit pas moins ; c’étoit donc Dieu qui agissoit alors immédiatement : encore un coup, qu’y faisoit la présence de l’ange ? Saint Paul nous dit que la loi a été donnée par le ministere des anges ; si les intelligences n’ont aucun pouvoir de remuer la matiere, ce fut Dieu lui-même qui immédiatement fit paroître ces éclairs, ces tonnerres, cette voix éclatante qui a prononcé la loi ; les démons même sont représentés comme ayant le pouvoir de remuer la matiere : ferez-vous intervenir Dieu dans toutes les actions machinales du démon ? sera-ce Dieu qui, à l’occasion des possédés, les obligera à se jetter sur les passans ? Si cela est, lorsque le diable par des prestiges tente tous les hommes, ce sera par le ministere de Dieu même, puisque c’est le prestige qui séduit les hommes. Voici toutes les conséquences que je tire de tout ce que je viens de dire. Si les intelligences qui ne sont pas réunies à la matiere ont le pouvoir de la remuer, pourquoi le refuser à l’ame ? Une autre conséquence qui suit de ce principe, est que le concours immédiat, la prémotion physique, & la création renouvellée, tombent par-là, se détruisent, & renversent deux partis, qui ne sachant pas garder un juste milieu, tombent dans ces excès sous prétexte de mieux combattre les propositions de leurs adversaires. On peut encore presser ainsi les défenseurs du concours immédiat : votre concours immédiat est ou simultané, ou prévenant ; il n’y a point là de milieu : or il ne peut être ni l’un ni l’autre. 1°. Il ne peut être simultané ; car en quoi consiste le concours simultané ? n’est-ce pas dans deux causes paralleles, qui ne tirant leur force & leur activité que d’elles-mêmes, agissent de concert pour produire le même effet, de maniere pourtant que l’effet soit divisé & partagé entr’elles ? Or ceci ne peut avoir lieu dans l’hypothese du concours immédiat : 1°. parce que les créatures étant subordonnées à Dieu, tirent de lui toutes leurs forces & toute leur activité : 2°. parce que les actions des créatures étant spirituelles, & par-là simples & indivisibles, si Dieu les produit par l’influence qu’il verse dans les créatures, il faut nécessairement qu’il les produise toutes entieres ; deux conséquences qui renversent absolument le concours immédiat. Il reste donc que le concours immédiat soit prévenant ou déterminant : or ce concours se confond avec la prémotion physique, & par conséquent il doit être enveloppé dans ses ruines. Voyez l’article Prémotion.

Concours, (Jurispr.) en matiere civile, se dit lorsque plusieurs personnes prétendent chacune avoir droit au même objet.

Le concours de priviléges attributifs de jurisdiction opere que si l’un des priviléges est plus fort que l’autre, le premier l’emporte ; s’ils sont égaux, ils se détruisent mutuellement : c’est ce que l’on dit mutuellement, que concursu mutuo se se impediunt partes.

Plusieurs actions peuvent concourir en faveur du créancier pour une même créance ; il peut avoir l’action personnelle jointe à l’hypothécaire, & dans ce cas elle dure quarante ans.

En cas de concours de priviléges entre créanciers, si les priviléges ne sont pas égaux, les plus favorables passent les premiers, chacun selon leur rang ; s’ils sont égaux, les créanciers viennent par contribution. Il en est de même en cas de concours d’hypotheques ou de saisies qui sont du même jour. V. Concurrence, Créancier, Privilége, Saisie.

Concours, en matiere bénéficiale, arrive de deux manieres différentes, savoir lorsqu’un collateur a donné le même bénéfice à deux personnes le même jour & sur le même genre de vacance, ou lorsque deux collateurs différens ont pourvû en même tems.

Au premier cas, c’est-à-dire quand les provisions sont du même collateur, & que l’on ne peut justifier par aucune circonstance laquelle des deux est la premiere, les deux provisions se détruisent mutuellement, suivant la maxime qui a été apportée ci-devant en parlant du concours de priviléges.

Il en seroit de même de deux signatures ou provisions de cour de Rome ; & l’on ne donne pas plus de privilége en France à celles qui sont émanées du pape même, qu’à celles qui sont faites par le chancelier ou vice-chancelier.

Une signature ou provision nulle ne fait pas de concours, mais il faut que la nullité soit intrinseque à la provision.

Pour ne pas tomber dans l’inconvénient du concours dans les vacances, par mort ou par dévolut, il est d’usage de retenir en cour de Rome plusieurs dates, afin que si plusieurs impétrans ont obtenu des provisions du même jour & sur un même genre de vacance, on puisse enfin en obtenir sur une date pour laquelle il n’y ait point de concours.

En cas de concours entre le pape & l’ordinaire, le pourvû par l’ordinaire est préféré.

De deux pourvûs le même jour, l’un par l’évêque, l’autre par son grand-vicaire, le premier est préféré ; mais si le pourvû par le grand-vicaire a pris possession le premier, il sera préféré. Quelques auteurs sont néanmoins d’avis que le pourvû par l’évêque est toûjours préféré. Cap. si à sede de præbend. in 6°. Pastor, lib. II. tit. xvij. Chopin, de sacrâ polit. lib. I. tit. vj. Bouchel, somm. bénéf. verbo prise de possession. Castel, defin. can. au mot concours. Brodeau sur Louet, lett. M. n. 10. Papon, Rebuffe, Gonzales, Drapier, des bénéf. tome I. ch. x.

Concours pour les Cures, est en quelques provinces un examen que l’évêque ou les commissaires par lui nommés font de tous ceux qui se présentent pour remplir une cure vacante, à l’effet de connoître celui qui en est le plus digne & le plus capable.

Il se pratique dans les évêchés de Metz & de Toul, lorsqu’une cure vient à vaquer au mois du pape ; l’évêque fait publier dans la ville de son siége le jour auquel il y aura concours, & l’heure à laquelle il commencera.

Le concours fini, l’évêque donne acte au sujet qu’il estime le plus capable, soit sur sa propre connoissance ou sur le rapport de ceux qu’il a commis pour assister au concours ; & sur cet acte, celui qui est préféré obtient sans difficulté des bulles en cour de Rome, pourvû qu’il ne s’y trouve d’ailleurs aucun empêchement.

Si l’évêque laissoit passer quatre mois sans donner le concours, la cure seroit impétrable en cour de Rome.

Ce concours avoit aussi lieu autrefois en Artois ; mais depuis que cette province a été réunie à la couronne, il y a été aboli par arrêt du 12 Janvier 1660.

Autrefois pour les cures de Bretagne le concours se faisoit à Rome ; mais par une bulle de Benoit XIV. revêtue de lettres patentes dûement enregistrées au parlement de Bretagne, & suivie d’une déclaration du Roi du 11 Août 1742, le concours doit se faire devant l’évêque diocésain, & six examinateurs par lui choisis, dont deux au moins doivent être gradués ; & tous doivent remplir ce ministere gratuitement. Le concours doit être ouvert dans les quatre mois de la vacance de la cure. Les originaires de la province sont seuls admis au concours ; & en cas d’égalité de mérite, les originaires du diocese où est la cure doivent être préférés. Nul n’est admis au concours d’une cure vacante, qu’il n’ait exercé les fonctions curiales pendant deux années au moins en qualité de vicaire ou dans une place équivalente, ou qu’il n’ait pendant trois ans travaillé au ministere des ames ; & si l’aspirant est d’un autre diocese que celui où est la cure, il faut qu’il prouve quatre ans de service. Les évêques peuvent néanmoins accorder des dispenses aux gradués en Théologie. Ceux qui sont déjà paisibles possesseurs d’une cure ne peuvent être admis au concours. Il faut aussi, pour y être admis, savoir & parler aisément la langue Bretonne, si la cure est dans un lieu où on parle cette langue. La déclaration regle aussi la forme du concours pour l’examen des aspirans, & pour le choix d’un d’entre eux. Enfin le Roi déclare qu’il ne sera rien innové en ce qui concerne l’alternative dont les évêques joüissent en Bretagne, ni pour le droit des patrons laics ou ecclésiastiques, & pour les maximes & usages reçûs dans la province, qui seront observés comme par le passé. (A)

Concours entre Gradués, c’est lorsque plusieurs gradués ont tous requis un même bénéfice en vertu de leurs grades. Voyez Grades & Gradués. (A)

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Concours : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « concours » les plus populaires.

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Étymologie de « concours »

Étymologie de concours - Littré

Espagn. concurso ; ital. concorso ; du latin concursus, de cum, et cursus, cours.

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Étymologie de concours - Wiktionnaire

Du latin concursum, supin du verbe concurrere (« courir ensemble ») de con- et currere (« courir »).
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Étymologie de concours - Wiktionnaire

Du latin concursus.
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Phonétique du mot « concours »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
concours kɔ̃kur play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « concours »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « concours »

  • L'Union des commerçants de Besançon organise un concours photo du 1er au 22 juillet 2020. Le thème : "Besançon décalée" ! macommune.info, « Besançon décalée » : un concours photo de l’Union des commerçants • macommune.info
  • Son professeur a saisi son poème sur le site du concours « Poésie en liberté 2020 » qui se déroule à chaque édition dans tous les pays francophones. , Seine-et-Marne : handicapé, ce lycéen de Meaux remporte un concours de poésie | La Marne
  • Les concours amicaux de pétanque du jeudi soir, à 20 h 30, à la salle des fêtes de Saint-Côme-d’Olt, reprennent dès demain 2 juillet. Lancer du bouchon à 21 heures précises. Afin de respecter les règles de distanciation, les terrains seront tracés à l’arrière, comme à l’avant de la salle, et sur les côtés et espacés de 1,50 m. Le respect sanitaire sera assuré par la présence de gel hydroalcoolique au bar, ainsi que des barrières qui garantiront la distanciation. Des tables seront mises à disposition pour les consommateurs du bar. Les inscriptions se feront en mentionnant les noms, prénoms et numéros de téléphone de chaque participant. Le concours est toujours en doublettes formées, avec 3 parties assurées. Des lots récompenseront les gagnants des 3 parties. centrepresseaveyron.fr, Des concours tous les jeudis soir à Saint-Côme-d’Olt - centrepresseaveyron.fr
  • Si la France, pour son compte, s'applique, comme vous le savez, à associer à son œuvre économique et à son développement scolaire toutes les catégories de ses citoyens, je pense qu'avec le concours de son université, l'Argentine en fait autant. De Charles de Gaulle / Discours à la Faculté de Droit de Buenos Aires le 5 octobre 1964
  • Un comédien c'est une vocation, un métier qui s'apprend, c'est un choix de vie. Un acteur c'est une personnalité, forte en général, prise et mise au service du cinéma par un concours de circonstances. De Alain Delon / Le Monde - 18 Juin 2003
  • C'est l'enfant lui-même qui doit s'éduquer, s'élever avec le concours des adultes. Nous déplaçons l'acte éducatif : le centre de l'école n'est plus le maître mais l'enfant. De Célestin Freinet / Naissance d'une pédagogie populaire
  • On appelle "bonheur" un concours de circonstances qui permette la joie. Mais on appelle joie cet état de l'être qui n'a besoin de rien pour se sentir heureux. De André Gide
  • À mon époque, j’ai fait et remporté tous les concours possibles: Prosper Montagné, Taittinger, le Trophée national, le meilleur ouvrier de France… J’ai aussi représenté la France dans des concours internationaux. Quand j’étais jeune, on m’appelait «la bête à concours»! De Joël Robuchon / TV Mag, Interview du 11 avril 2018
  • Je rêve de voir le concours du Meilleur Ouvrier de France se jouer autour d'un panier de légumes! De Joël Robuchon / Le Figaro et vous, Interview du 4 mai 2013
  • Des femmes peuvent très bien lier amitié avec un homme ; mais pour la maintenir - il y faut peut-être le concours d'une petite antipathie physique. De Friedrich Nietzsche / Humain, trop humain
  • Pour devenir habile en quelque profession que ce soit, il faut le concours de la nature, de l'étude et de l'exercice. De Aristote
  • Les marchés financiers sont des concours de beauté qui ne donnent pas la vraie valeur des entreprises. De Jean-Pierre Chevènement / Libération - 31 Août 2001
  • La présidence n'est pas un concours de popularité, c'est un combat quotidien pour le peuple. De Al Gore / Libération - 19 Août 2000
  • Je n'ai jamais pu faire un concours de beauté : on me colle toujours dans le jury. De Pauline Carton
  • Chaque contribuable est quelqu’un qui travaille au profit du gouvernement sans être astreint à passer les concours de fonctionnaires. De Ronald Reagan
  • La cérémonie des Oscars, ça ressemble à un concours d'élégance pour chiens ! De Patricia Arquette / Ici-Paris - 7 mai 1996
  • Renard n'est pas juge à un concours d'oies. De Proverbe anglais
  • Qui obtiendra le premier prix dans un concours de circonstances ? De Paul Claudel / Journal

Images d'illustration du mot « concours »

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Traductions du mot « concours »

Langue Traduction
Corse cuncorsu
Basque lehiaketa
Japonais コンテスト
Russe конкурс
Portugais concurso
Arabe مسابقة
Chinois 比赛
Allemand wettbewerb
Italien concorso
Espagnol concurso
Anglais contest

Synonymes de « concours »

Antonymes de « concours »

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